Borsalino est un film policier franco-italien réalisé par Jacques Deray et sorti en 1970. Il s'agit d'une adaptation du roman Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano.
Le film raconte les aventures de deux jeunes voyous qui tentent de devenir les caïds de la pègre marseillaise. Il réunit, pour la première fois en tête d'affiche, les deux acteurs vedettes du cinéma français, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.
Le long métrage rencontre un gros succès avec 4 710 381 spectateurs en salles et une quatrième place au box office. Il a eu une suite, Borsalino and Co. (avec Alain Delon, sans Jean-Paul BelmondoBelmondo ne fait partie de la suite, car son personnage (Capella) meurt à la fin de ce premier film.), sortie sur les écrans en 1974, qui connaît un accueil moindre au box-office.
Synopsis vignette|redresse=0.9|gauche|Jean-Paul Belmondo et Alain Delon (ici en 1961 à Rome).
Marseille, 1930. Roch Siffredi (Alain Delon) est un jeune voyou récemment libéré de prison. Il rend visite au dénommé « le Danseur » (Christian de Tilière), patron d'un cabaret, pour retrouver sa compagne Lola (Catherine Rouvel). Il est persuadé que le Danseur l'a donné et l'a fait envoyer en prison : il met le feu au cabaret. Il retrouve Lola sur les indications du Danseur : celle-ci s'est entichée d'un certain François Capella (Jean-Paul Belmondo), truand lui aussi, pendant qu'il purgeait sa peine.
Après une rencontre orageuse, les deux hommes deviennent amis et s'associent. Après avoir éliminé la concurrence sur le marché du poisson pour le compte de notables peu scrupuleux, ils se rendent compte qu'ils peuvent en faire plus et décident de conquérir la ville ensemble. Dénués de scrupules et imaginatifs, ils s'attaquent à l'un des deux parrains de Marseille nommé Poli, propriétaire d'un restaurant et gérant de l'approvisionnement de Marseille en viande, le second étant Marello (Arnoldo Foà), le propriétaire d'un casino clandestin. À cause d'une fuite, l'opération de sabotage des entrepôts de viande appartenant à Poli est un échec et ils sont obligés de se retirer. Ils partent alors à la campagne pour se faire oublier, pour recruter de nouveaux membres dans leur bande, pour acheter de nouvelles armes et pour préparer leur vengeance. À leur retour, ils tuent Poli devant son restaurant à l'aide de pistolets-mitrailleurs Thompson, c'est ainsi qu'ils gagnent leur rang parmi les notables de Marseille.
Lorsque (Michel Bouquet) annonce sa candidature au poste de député, Roch Siffredi veut intervenir, car est l'avocat de Marello, désormais leur concurrent ; élu député, Rinaldi donnerait à leur rival une influence accrue. Capella conseille à Siffredi de ne rien faire pour l'instant car ils seraient les premiers soupçonnés. Or, est blessé par deux balles alors qu'il joue au tennis. Capella croit alors que Siffredi a commis cet agression sans le prévenir et lui demande des explications. vignette|redresse=0.9|Cette Lorraine-Dietrich B3 6S apparait sur l'affiche du film Peu de temps après, Rinaldi est assassiné à l'hôpital. Le meurtrier n'est autre que le Danseur, qui déteste Siffredi depuis l'incendie de sa boîte de nuit, et qui de plus espère provoquer des règlements de compte entre les deux empires criminels rivaux. Malheureusement pour lui, la veuve de Rinaldi l'identifie et un membre de la bande de Capella l'assassine.
Malgré cela, Marello fait tuer des proches de Capella et de Siffredi. Réconciliés, les deux amis échafaudent alors un plan audacieux. Après s'être rendus au casino de Marello, Capella doit jouer une partie pendant que Siffredi tue discrètement Marello ; au même moment, leur propre bande braquera le casino afin de semer la confusion et de leur fournir un alibi, puisqu'ils seront encore présents à l'intérieur du casino et feront partie des « otages » du gang attaquant le casino. Ce plan réussit à merveille et leur permet de prendre le contrôle total de Marseille, face à la police impuissante qui sait parfaitement qu'ils ne sont pas innocents, sans disposer d'aucune preuve pour les confondre.
Siffredi organise alors une réception pour fêter leur succès ; Capella lui annonce qu'il a décidé de quitter Marseille, car il pense qu'ils finiront inéluctablement par devenir rivaux puis par s'entretuer.
Capella quitte la réception. Siffredi, resté seul, se plonge dans ses pensées. Il en est brutalement tiré lorsqu'une rafale de pistolet-mitrailleur retentit à l'extérieur ; c'est Capella qui a été pris pour cible. La dernière scène du film montre Capella s'effondrant sous les balles, expirant dans les bras de Siffredi.
Fiche technique Titre original : Borsalino Réalisation : Jacques Deray Scénario : Jean-Claude Carrière, Jean Cau, Jacques Deray et Claude Sautet, d'après le livre Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano Musique : Claude Bolling Photographie : Jean-Jacques Tarbès Montage : Paul Cayatte, Liane Morice Costumes : Jacques Fonteray Maquillage : Michel Deruelle Affiche : René Ferracci (France) Direction artistique : François de Lamothe Cascades : André Cagnard, Yvan Chiffre, Jean-Pierre Janic et Lionel Vitrant Production : Alain Delon Production associée : Pierre Caro Sociétés de production : Adel Productions, Marianne Productions et Mars Film Produzione Société de distribution : Paramount Pictures Budget : 14 millions de francs. (soit environ en ) Pays de production : , Langue originale : français Genre : policier, film de gangsters Durée : Dates de sortie : France : États-Unis : Classification : France : tous publics États-Unis. : R (Restricted)
Distribution
Production Genèse et choix des interprètes
La genèse de Borsalino est venue d'une discussion entre Alain Delon et Jacques Deray durant le tournage à Ramatuelle de La Piscine en .. Delon vient de lire le livre Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano et plus particulièrement un chapitre sur Paul Carbone et François Spirito et veut en produire une adaptation cinématographique par sa société Adel Productions., dans lequel il partagerait l'affiche pour la première fois avec Jean-Paul Belmondo en vedettePremière n°197, août 1993, p.53, témoignage de Jacques Deray : "Et Delon ajoute : On pourrait demander à Belmondo de faire l'un des deux, je fais l'autre, tu le réalises et je le produis", eux qui s'étaient côtoyés brièvement dans une scène de Paris brûle-t-il ?, avaient tenu des rôles secondaires à leurs débuts dans Sois belle et tais-toi et étaient devenus des vedettes à la même époque, grâce à Plein Soleil pour Delon et À bout de souffle pour Belmondo... Belmondo est contacté mais ne se prononce pas. En fait, l'acteur est intéressé par le projet mais refuse de donner son accord tant qu'il n'a pas de scénario solide entre les mains. Deray écrit avec Jean Cau et Claude Sautet trente pages du script qui seront confiées à Jean-Claude Carrière pour le scénario définitif.
Delon est satisfait du script et le soumet à Belmondo, qui accepte l’offre et signe son contrat en . Devant un projet d’une telle ampleur, Delon s'associe avec le studio américain Paramount Pictures pour monter le film, qui doit s'intituler Carbone et Spirito, qui est annoncé pour avec un budget de quatorze millions de francs. Mais le milieu marseillais tente de faire pression, le scénario évoquant également la période trouble de l'Occupation durant laquelle Carbone et Spirito ont collaboré. Personne à Marseille ne veut s'impliquer sur le projet et Deray reçoit des menaces téléphoniques. Pour apaiser les tensions, la production va quelque peu modifier le scénario qui n'évoquera pas l'Occupation ; de même, le nom des personnages et le titre du film, devenu Marseille 1930 seront modifiés. C'est Delon qui choisira le titre définitif du film, Borsalino, d'après la célèbre marque de chapeaux. Afin de reconstituer le Marseille des , Deray se plonge dans les journaux et archives d'époque et obtient l'aide du photographe Jacques Henri Lartigue, qui met à disposition ses photos de cette période.
Tournage thumb|left|200px|Le pont transbordeur de Marseille, vu dans le film. Le tournage de Borsalino débute le .. Trois semaines auparavant, le budget qui est calculé en dollars est brutalement amputé de 17 %, à la suite d'une dévaluation de la monnaie, obligeant la production et les scénaristes à enlever de longs morceaux du scénario. Le patron de la Paramount, Charles Bluhdorn, récupère tous les droits du film quand Delon demande une rallonge pour terminer le long métrage. Pour reconstituer le Marseille des années 1930, la production a récupéré des automobiles d'époque et plusieurs rues de la ville ont été transformées.
L'une des premières scènes tournées est celle de la rencontre suivie de la bagarre entre Capella et Siffredi. Le cascadeur Yvan Chiffre, imposé par Delon, est chargé de coordonner la séquence. Toutefois, Deray ne s'entend pas avec Chiffre, le réalisateur n'accepte pas le passe-droit du cascadeur et insiste pour dire qu'il est le seul maître à bord. Lors d'une séance préparatoire pour la scène, Deray indique à Chiffre qu'il veut une scène similaire à celle de L'Homme tranquille entre John Wayne et Victor McLaglen, mais le cascadeur est dubitatif en raison de la morphologie de Belmondo et Delon, provoquant la colère de Deray. La scène est tournée selon le souhait du réalisateur, mais deux jours plus tard, à la suite de la projection des rushes, Chiffre dit que la scène sonne faux. Delon et Belmondo insistent pour retourner la scène selon ses indications, provoquant l'irritation du metteur en scène, mais celui-ci doit se plier aux volontés des deux stars. Après une projection de la nouvelle version, Deray reconnaît que Chiffre avait raison.
Une autre scène pose également problème, celle où l'ancien catcheur André Bollet, qui incarne le caïd Poli doit gifler Nicole Calfan, qui interprète une jeune femme s'étant entichée de Capella. Bollet devait s'arrêter à un centimètre de la joue de Calfan, mais avait peur de lui faire mal. Delon dit à Bollet de lui mettre une vraie gifle pour la scène, qui sera tournée en une seule prise, tout en prévenant la jeune actrice et en ajoutant que Belmondo et lui apporteront de la glace pour atténuer la douleur. Le tournage se poursuit dans la bonne humeur : par exemple, entre deux prises sur le port, Delon et Belmondo parient la somme de mille francs avec un gendarme, le mettant au défi de sauter dans l'eau tout habillé, ce que le militaire accepte de faire. Les deux acteurs vedettes semblent s'être bien entendus durant le tournage : d'après le maquilleur et grand ami de Belmondo, Charly Koubesserian, ils étaient en . Les prises de vues s'achèvent .
Musique La musique est confiée au compositeur Claude Bolling. Delon et Deray veulent que Bolling arrange et réenregistre des vrais airs de l'époque, mais le compositeur leur demande de lui faire confiance et de le laisser leur proposer des créations originales, comme le morceau qu'il leur fait écouter et qu'il vient d'enregistrer pour un 45 tours non encore édité. La mélodie est choisie et contribuera au succès du film (le single se vendra à plus de exemplaires l'année de sa sortie.).
Sortie et accueil Accueil critique Le film obtient un accueil critique contrasté. Le Film français note que le face à face entre les deux stars justifie le déplacement., Image et Son affirme qu'il s'agit d'un , mais ajoute .
Box-office