L' (en occitan : avenguda de Murèth) est une voie publique de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description L'avenue de Muret est une voie publique. Elle traverse les quartiers du Fer-à-Cheval, au nord, et de la Croix-de-Pierre, au sud.

Elle correspond à une partie de la route nationale 20, qui allait de la porte d'Orléans, au sud de Paris, à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales), à la frontière espagnole. En 2006, la majeure partie de la route nationale est déclassée, et l'avenue de Muret intégrée à la voirie communale.

Voies rencontrées L'avenue de Muret rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Route de Seysses (g) Route d'Espagne (d) Impasse Hector-Berlioz (g) Rue Axel-Duboul (g) Rue Saint-Hippolyte (g) Avenue Henri-Barbusse (d) Rue Fieux (g) Allée des Pêcheurs-de-Sable (d) Rue Roc (g) Impasse Boutinon (d) Rue d'Alès (d) Rue Raymond-Lafage (g) Place de la Croix-de-Pierre Rue Bernard-Bénézet (g) Rue Rapas (g) Rue Gaston-Phoebus (g) Impasse Barthère (g) Rue du Cimetière-Saint-Cyprien (g) Rue Germain-Cany (g) Impasse du Lavoir (d) Rue Henri-Lavigne (g) Place du Fer-à-Cheval

Transports L'avenue de Muret est parcourue, entre la place du Fer-à-Cheval et la place de la Croix-de-Pierre, par la ligne de tramway et desservie par les stations Fer-à-Cheval, Avenue-de-Muret – Marcel-Cavaillé et Croix-de-Pierre. À partir de la place de la Croix-de-Pierre et jusqu'à la Pointe, l'avenue est parcourue et desservie les lignes de Linéo et la ligne de bus . La ligne de bus a également un arrêt à proximité directe.

Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long de l'avenue de Muret ou à proximité : les stations (5 place du Fer-à-Cheval), (3 rue Charles-Laganne), (219 avenue de Muret), (2 boulevard Déodat-de-Séverac), (121 avenue de Muret), (44 avenue de Muret) et (39 route d'Espagne).

Odonymie L'avenue de Muret tient ce nom de ce qu'elle conduit de Toulouse à Muret. Les premières mentions de ce nom n'apparaissent qu'au , où elle est simplement désignée comme le chemin de Muret (cami de Murel en occitan médiéval)Salies 1989, vol. 2, .. Ce nom doit être ancien, puisque la porte du rempart du faubourg Saint-Cyprien, où débouchait le chemin, était déjà connue comme la porte de Muret (emplacement de la place du Fer-à-Cheval).

Au début du , la route de Muret devient une partie de la route nationale , de Paris à la frontière espagnole (Bourg-Madame), et elle est désignée comme la route d'Espagne. En 1866, avec le développement de l'urbanisation le long de la route d'Espagne, on rend à la première partie de la route, entre la place du Fer-à-Cheval et la Pointe, le nom d'avenue de MuretSalies 1989, vol. 1, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, le « chemin » ou la « route » de Muret (cami de Murel en occitan) n'est qu'un chemin qui traverse les champs, dans la campagne toulousaine, et qui, depuis la porte de Muret, au sud du faubourg Saint-Cyprien, longe la Garonne en rive gauche.

Époque contemporaine et première moitié du C'est dans la première moitié du que commence véritablement l'urbanisation du quartier qui se forme entre la place du Fer-à-Cheval et la nouvelle place de la Croix-de-Pierre, aménagée vers 1835-1840Salies 1989, vol. 1, .. D'ailleurs, en 1861, la barrière d'octroi qui se trouvait place du Fer-à-Cheval est déplacée place de la Croix-de-Pierre, incluant la moitié nord de la route d'Espagne. Le développement du quartier et l'accroissement de la population pousse les autorités à aménager le quartier. Au début des années 1850, il est décidé d'élever une nouvelle église pour desservir la paroisse de la Croix-de-Pierre, l'église Saint-François-Xavier. La première pierre en est posée en 1852, mais elle est élevée lentement, grâce aux donations des habitants principalement, et c'est seulement en 1859 qu'elle reçoit son premier curé, le Père Martin. C'est aussi un quartier industriel, qui compte plusieurs usines (actuel et anciens à 223 bis). Près de la place du Fer-à-Cheval est créé en 1865 un moulin, le moulin Vivent (emplacement de l'actuel ), qui utilise la force du courant de la Garonne, grâce à une chaussée aménagée en travers du fleuve, entre la rive gauche et l'île du Ramier.

Mais en 1875, la rive gauche de Toulouse est ruinée par la crue de la Garonne. Toutes les maisons, tous les immeubles qui s'élèvent le long de la route d'Espagne sont endommagés, sinon détruits. L'église Saint-François-Xavier, dont les travaux ne sont pas encore terminés, est fortement ébranlée. La croix de pierre, qui donnait son nom au quartier, est renversée et briséeSalies 1989, vol. 1, ..

Le quartier n'en poursuit pas moins son développement. Une école de garçons est ouverte en (emplacement de l'actuel ). Entre 1909 et 1912, une école maternelle et une école de filles sont construites par l'architecte Joseph Galinier (actuelle école Maurice-Bécanne, ). D'ailleurs, pour accompagner le développement de l'instruction des filles, une école normale d'institutrices est ouverte en 1881 (actuels )Hervé Terral, « Un IUFM dans ses lieux (1991-2001) : l'ancien et le nouveau (testaments) », Spirale. Revue de recherches en éducation, , 2003, .. Entre la fin du et le début du , de nouveaux bâtiments : ce sont généralement des immeubles bas, d'un seul ou de deux étages et des maisons (actuels à 27, 31 à 47, 53, 59 à 63 bis, 69, 73, 75, 99 à 131 147 à 151, 155-157, 161 à 165, 175, 177, 195 à 201, 207 à 213, 225, 233, 237, 243, 247 à 271, et 275). Certaines d'entre elles sont caractéristiques des « toulousaines », maisons ouvrières ou maraîchères typiques des faubourgs et de la banlieue de Toulouse (actuel ). D'autres témoignent au contraire de l'installation de maisons de villégiature (actuel ). Dans l'Entre-deux-guerres, l'urbanisation se poursuit. Plusieurs immeubles témoignent de l'influence des styles Art Déco et Paquebot (actuels , 229 et 235 ; ).

Vers 1890, Georges Labit rachète une station d'élevage de poissons. Impressionné par le développement de la pisciculture en Orient, il souhaite fonder à Toulouse une station de pisciculture, qui se consacre à l'élevage des poissons et des plantes aquatiques, et au repeuplement des eaux douces, mais aussi à l'étude, avec un bâtiment ouvert à l'enseignement populaire (emplacement de l'actuel , et à 8 boulevard Déodat-de-Séverac). En 1902, trois ans après la mort de Georges, son père, Antoine Labit fait don de la station de pisciculture à l'université. Le professeur Louis Roule, directeur du département de zoologie de la faculté des sciences, développe l'enseignement et la recherche, avec des laboratoires de physiologie et de pathologie des poissons. L'aquarium et le musée sont ouverts au public les dimanches après-midi, et les conférences, qui restent ouvertes au public, attirent chaque année entre 150 et 200 auditeurs. Les bassins d'élevage sont alimentés par les eaux du canal de Saint-Martory, d'un canal de dérivation de la Garonne et de la nappe phréatique elle-même. En 1923, la station devient Institut de pisciculture et d'hydrobiologieSalies 1989, vol. 2, .Charles Atwood Kofoid, Bulletin of the United States Bureau of Education, , The Biological Stations of Europe, Government Printing Office, Washington, 1910, ..

Deuxième moitié du et Dans la deuxième moitié du , le quartier de l'avenue de Muret poursuit son développement. En 1948, l'Institut agricole de Toulouse, fondé en 1909 par Paul Sabatier, fusionne avec l'Institut de pisciculture et d'hydrobiologie et devient l'École nationale supérieure agronomique de Toulouse (ENSAT). Un nouveau bâtiment est élevé près de la place de la Croix-de-Pierre (emplacement des actuels )Salies 1989, vol. 2, et 389..

Surtout, les municipalités socialistes de Raymond Badiou et de Louis Bazerque ont de vastes projets de modernisation de la ville, qui passent d'abord par la construction de nouveaux équipements. En , une nouvelle crue de la Garonne touche la rive gauche. Dès l'année suivante, des enquêtes sont menées et en 1954, pour faire face à la menace persistante des inondations, une digue en béton de 10 mètres de haut est élevée, parallèlement à l'avenue de Muret, le long de la Garonne entre la place du Fer-à-Cheval, au nord, et la rue Sainte-Odile, au sudSalies 1989, vol. 1, .. C'est à cette époque que disparaissent les derniers vestiges du moulin Vivent. La modernité s'incarne aussi dans l'espace donné à l'automobile dans la ville. Le boulevard Déodat-de-Séverac, sur la rive gauche de la Garonne, et le boulevard des Récollets, sur la rive droite, sont reliés par la construction de trois ponts qui traversent la Garonne et l'île du Ramier – le pont de la Croix-de-Pierre, le pont Pierre-de-Coubertin et le pont de Garigliano, construits entre 1966 et 1969. L'année où sont achevés les travaux, un autopont est installé au-dessus de l'avenue de Muret, dans l'axe du pont de la Croix-de-Pierre et du boulevard Déodat-de-Séverac. Surtout, plusieurs immeubles de grande hauteur – généralement de 9 à 10 étages – sont élevés le long de l'avenue, qui devient un champ d'expérimentation et pour les architectes toulousains du mouvement moderne (actuels , 29, 49-51, 77, 87-91, 169, 171 et 185 ; , 146, 164-166, 174, 176, 250-252, 272 et 310).

À la fin du et au début du siècle suivant, l'avenue de Muret a connu plusieurs transformations. En 1999, l'autopont de la place de la Croix-de-Pierre – dernier des autoponts de la ville – est enfin démonté, tandis que la place de la Croix-de-Pierre est embellie d'une grande fontaineV. S., « Toulouse. L'autopont en moins, la vie de quartier en plus », La Dépêche du Midi, 13 novembre 1998.David Saint-Sernin, « Il n’y a pas si longtemps, les voitures roulaient sur des toboggans à Toulouse », actu.fr, 12 mars 2017.. En 2001, la partie sud de l'avenue de Muret, entre la place de la Croix-de-Pierre et la Pointe, est rénovée, avec la réduction du nombre de voies de circulation, la mise en place d'un terre-plein central et l'aménagement de pistes cyclables.

Le , les logements, les entreprises et les services publics de l'avenue sont durement touchés par l'explosion de l'usine AZFM. L., « Toulouse. Explosion de l'usine AZF : conséquences pour les Toulousains », La Dépêche du Midi, 25 septembre 2001.Dominique Delpiroux, « Toulouse. Ecoles : le calendrier de la reprise des cours », La Dépêche du Midi, 21 septembre 2016.. Plusieurs commerces sont contraints de fermer provisoirement, sinon définitivementDépêche, « Toulouse. Ecoles : le calendrier de la reprise des cours », La Dépêche du Midi, 25 septembre 2001.. Le site d'EDF-GDF est dévastéJacques-Franck Degioanni, « Toulouse : plus de 7 M€ de dégâts immobiliers pour EDF-GDF... », Le Moniteur, 25 septembre 2001.. L'école Maurice-Bécanne reste ainsi fermée une semaine. L'église Saint-François-Xavier, qui a subi d'importants dégâts, est fermée pour deux ansPastorale des Réalités du Tourisme et des Loisirs, Toulouse. Eglise St François-Xavier, sur le site du diocèse catholique de Toulouse (consulté le juin 2020)., comme le Bijou, salle de spectacle réputée de l'avenue. Le , alors que les travaux de requalification de l'avenue sont en partie terminés, le carrefour de la Pointe est rebaptisé rond-point du 21-Septembre-2001 lors de la cérémonie tenue par le maire, Philippe Douste-BlazyM. C., « Toulouse. Inauguration du rond-point du 21-Septembre », La Dépêche du Midi, 21 septembre 2002..