Lhôtel Ryugyong (en ) aussi translittéré / – ou encore Ryu-Gyong Hotel ou Yu-Kyung Hotel. – est un gratte-ciel pyramidal de situé dans le quartier de Potong-gang à Pyongyang en Corée du Nord. Son nom, (hangeul : ; hanja : ), littéralement « capitale des saules », est également un des noms historiques de Pyongyang.

La construction a commencé en 1987, avec un achèvement prévu pour 1989. Cependant, après d'importants retards, la construction est arrêtée en 1992, la dislocation de l'Union soviétique ayant conduit à l’abandon du soutien à la Corée du Nord, notamment en matières premières. L'hôtel Ryugyong reste durant seize ans sans fenêtres ni aménagements intérieurs. La construction reprend en sous la supervision du groupe égyptien Orascom., qui a grandement investi en Corée du Nord, notamment dans la téléphonie mobile ou les industries de constructionPhilippe Pons, « En Corée du Nord, Lafarge s'est engagé à achever l'hôtel fantôme de Pyongyang », Le Monde, 26 décembre 2008. - Page en archive.. Orascom a terminé l'extérieur du bâtiment en 2011, et aurait assuré l'aménagement des à l'intérieur jusqu'à la livraison du chantier en , pour le centième anniversaire de Kim Il-sung A Fabulous New Luxury Hotel—In North Korea?.. En réalité, l'aménagement intérieur du bâtiment n'a toujours pas été réalisé contrairement aux dires d'Orascom et du gouvernementNorth Korea's Ryugyong 'Hotel of Doom' pictures released. et en 2026 le bâtiment est toujours vide.

Nom et caractéristiques de l’ouvrage L'immeuble fut baptisé du nom de Ryugyong (hangeul, ; hanja, ), littéralement la Capitale des saules, l'un des noms historiques de Pyongyang.. L'immeuble est également connu comme étant le , en référence au nombre d'étages.

Avec ses 105 étages et ses prévues, le Ryugyong culmine à de haut pour une surface de plancher de ; c’est la construction la plus imposante de la ville et le plus haut gratte-ciel du pays. La construction aurait dû être achevée pour le treizième festival mondial de la jeunesse et des étudiants en , ce qui aurait permis à la Corée du Nord de décrocher le titre de plus grand hôtel du monde. Le Ryugyong était la haute tour au monde à son achèvement mais se classe en 2026 au-delà de la place.

Historique Contexte de création L'origine de cet hôtel remonte à la guerre froide. Il s'agit de la réaction à la construction du plus grand hôtel du monde en 1986, le Westin Stamford Hotel à Singapour, par le groupe sud-coréen . La construction d'un hôtel géant en Corée du Nord est vue par le gouvernement comme une occasion d'inciter les occidentaux à investir dans le pays. Une entreprise est créée, la , afin de réunir des fonds d'un montant espéré de . Un représentant nord-coréen a déclaré que le gouvernement faciliterait la mise en place de structures absentes du pays : ..

L'entreprise de construction nord-coréenne (aussi connue sous le nom de ) commença la construction de l'hôtel-pyramide en 1987 .. La construction a été assurée par la société Sangwon Cement Company, détenue à 36 % jusqu'en par la société LafargeHolcim via sa participation dans OrascomLéna Corot, LafargeHolcim cède ses actifs dans une cimenterie en Corée du Nord, Usinenouvelle.com, 16 août 2017 (consulté le 9 octobre 2017).

Suspension des travaux vignette|gauche|redresse|L’hôtel tel qu'il apparaît entre 1992 et 2008.

L'inauguration de l'hôtel doit initialement se tenir en afin de coïncider avec le treizième festival mondial de la jeunesse et des étudiants, mais des problèmes liés aux méthodes de construction et aux matériaux ont ralenti les travaux.. Le but est alors de dépasser en taille le Swissôtel The Stamford afin de devenir l'hôtel le plus haut du monde Dan Beckmann, « Pyongyang: Home to the Tallest Hotel in the World That Could, but Will Never Be », ABC News, The Walt Disney Company, 23 octobre 2006, consulté sur abcnews.go.com le 7 mai 2009, et de devenir aussi par la même occasion le septième bâtiment le plus élevé du monde.

Le bâtiment atteint sa taille maximale en 1992., mais les travaux sont suspendus en raison d'un manque de financement, ainsi que d'un manque d'électricité et de nourriture en Corée du Nord. Des journaux japonais estiment alors le coût de la construction à quelque North Korea builds record-height hotel, Engineering News-Record, 15 novembre 1990, ., ce qui représente à l'époque selon Esquire environ 2 % du PIB de la Corée du Nord.

Pendant un peu plus d'une décennie, le bâtiment inachevé domine la ville sans fenêtres ni finitions, apparaissant comme une carcasse en béton. Une grue rouillée continue de siéger au sommet, ce que la BBC désigne alors comme un « rappel des ambitions avortées d'un régime totalitaire », et devient une installation permanente Donald Kirk, « Grand Illusion », Forbes, 27 octobre 2008, consulté sur www.forbes.com le 7 mai 2009.

À la fin des années 1990, la Chambre de Commerce de l'Union Européenne en Corée procède à une série d'inspections et conclut à l'impossibilité de nouveaux travaux, la structure étant irréparable.. Des interrogations concernant en particulier la qualité des bétons utilisés ainsi que l'alignement des cages d'ascenseur sont émises. Dans un article de 2006, ABC news émet par ailleurs des doutes sur la capacité de la Corée du Nord à réunir les matériaux nécessaires à l'achèvement d'un travail de cette importance. Un officiel du gouvernement déclare en 2008 au Los Angeles Times que la construction n'est pas achevée en raison d'un manque de financement Barbara Demick, « North Korea in the midst of mysterious building boom », Los Angeles Times, 27 septembre 2008, consulté sur www.latimes.com le 14 décembre 2008.

Reprise des travaux

vignette|redresse|Vue du sommet en 2008, plusieurs mois après la reprise des travaux

En , après 16 ans d'inactivité, la reprise des travaux est assurée par le groupe égyptien Orascom « Korea: N Korea Resumes Construction Of Luxury Hotel », MySinchew 25 mai 2008, consulté surwww.mysinchew.com le 7 mai 2009 « », BBC, 15 octobre 2009, consulté sur news.bbc.co.uk le 25 août 2010. Celui-ci, qui a par ailleurs passé un contrat de près de avec le gouvernement nord-coréen pour mettre en place un réseau de télécommunication 3G, déclare à l'époque que les deux marchés ont été négociés indépendamment.

Les contours du contrat restent flous à l'époque, et il n'est pas déterminé si Orascom prévoit de finir l'ensemble des travaux, ou simplement les travaux extérieurs. En 2008, le responsable du projet déclare qu'au minimum le but de l'entreprise est de rendre les façades plus belles. En 2009, le responsable des opérations, Khaled Bichara, remarque qu'ils n'ont pas eu beaucoup de difficultés à gérer les problèmes de constructions antérieurs, que des travaux intérieurs seraient aussi assurés, et qu'un restaurant serait ouvert au sommet de la structure. Le groupe français Lafarge prend le contrôle de la division ciment du groupe égyptien Orascom pendant les travaux et se retrouve associé à l'achèvement de l'hôtel. En effet, Orascom s'était engagé à le terminer et avait pris une participation à hauteur de 155 millions de dollars dans la société nord-coréenne de construction Sangwon Concrete Company, maître d'œuvre du projet initial. Le président de la société française a rencontré en Kim Yong-nam, le président du présidium de l'Assemblée suprême du peuple, qui assumait alors les fonctions de chef de l'État par intérim du fait de la maladie de Kim Jong-il.

Il est annoncé en 2008 qu'une ouverture du bâtiment est prévue pour 2012, de manière à coïncider avec le centième anniversaire de la naissance du « président éternel » Kim Il-sung. Selon Orascom, les travaux intérieurs devaient se poursuivre après cette ouverture et ne devaient s'achever qu'à la fin de l'année 2012. En , des témoignages font état de la fin des travaux Samuel Medina, « Ryugyong Hotel Exterior Completed », architizer, 22 juillet 2011, consulté sur www.architizer.com le 26 juillet 2011. Il apparait qu'Orascom a alors installé des baies vitrées sur toute la hauteur du batiment, ainsi que des antennes de communication Jon Herskovitz, « North Korea's "Hotel of Doom" wakes from its coma », Reuters, 17 juillet 2008, consulté sur www.reuters.com le 7 mai 2009. L'hôtel est finalement achevé le et est censé accueillir les bureaux d'entreprises nord-coréennes. Le bâtiment ouvre ses portes officiellement le printemps suivant« Corée du Nord : l’hôtel le plus laid du monde prêt à ouvrir », Atlantico, 10 février 2012, consulté sur www.atlantico.fr le 12 mai 2012.

Dans le courant de l'été 2017, les palissades qui entouraient l'hôtel sont détruites, laissant apparaître deux nouvelles passerelles pour accéder à l'hôtel, ainsi qu'une gigantesque affiche de propagandeLa «pyramide» de Pyongyang serait en rénovation, Lapresse.ca, 31 juillet 2017 (consulté le 9 octobre 2017). Mais près de quinze ans après son achèvement extérieur, les rares témoignages disponibles font toujours état d'un bâtiment vide.

Propagande entourant les travaux Bien que le Ryugyong domine l'horizon de la capitale nord-coréenne, les informations entourant l’hôtel et l'avancée de ses travaux demeurent pendant plusieurs années compliquées à obtenir. Le bâtiment est apparu sur une série de timbres, mais le gouvernement de Corée du Nord a longtemps démenti l'existence même de l’hôtel avant son achèvement en 2012. Des photos retouchées dans lesquelles l'hôtel est effacé sont publiées par le gouvernement, et il est absent des cartes géographiques de la ville. Certains problèmes entourant le bâtiment amènent certains journalistes à le surnommer le « pire bâtiment du monde » Jon Herskovitz, « North Koreans revamp 'world's worst building' », The Independent, 18 juillet 2008, consulté sur www.independent.co.uk le 7 mai 2009 Eva Hagberg, « The Worst Building in the History of Mankind », Esquire, 28 janvier 2008, consulté sur www.esquire.com le 7 mai 2009, « l’hôtel de la catastrophe », ou « l’hôtel fantôme » « Will 'Hotel of Doom' ever be finished? », BBC News, 15 octobre 2009, consulté sur news.bbc.co.uk le 13 octobre 2010.

Après la reprise des travaux, le gouvernement nord-coréen reprend sa communication autour du bâtiment. Le , l'agence d'information d'État KCNA a publié une nouvelle affiche de propagande faisant figurer le Ryugyong dans le paysage de la capitale New Posters Created in DPRK, KCNA, janvier 2012, consulté sur www.kcna.kp le janvier 2012. Aujourd'hui, des énormes écrans ont été installés afin d'y afficher des messages de propagande pouvant être vus à travers la ville entière.

Architecture vignette|250px|Comparaison des profils approximatifs de quelques monuments notables de forme pyramidale ou presque pyramidale. Lorsque la base est oblongue, le côté le plus long est utilisé. Les lignes pointillées indiquent les altitudes d'origine quand elles sont disponibles.

L'édifice comprend trois ailes en étoile, chacune mesurant de long pour de large. Les ailes ont un profil triangulaire avec une pente à , leur sommet convergeant en un pinacle. Le bâtiment est coiffé par un cône tronqué de de diamètre à la base. Les huit premiers étages sont de conception rotative, les six derniers restant statiques. La structure est prévue pour accueillir cinq restaurants tournants et d'hôtel, selon les sources... Selon la BBC citant Orascom en 2009, l'hôtel Ryugyong ne sera pas seulement un hôtel mais plutôt un bâtiment à usage mixte, incluant un restaurant tournant et une composition d'équipements hôteliers, d'appartements et de locaux à usage professionnel.

Photos

Notes et références Notes

Références

Annexes

Articles connexes Éléphant blanc (expression)

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