Jean Marie Bienaimé Bonnassieux est un sculpteur français, né le à Panissières (Loire) et mort le à Paris .

Bonnassieux est avant tout un sculpteur de commande, qui se spécialise par la suite dans la sculpture religieuse. Il commence sa carrière de sculpteur en étudiant auprès de Jean-François Legendre-Héral à Lyon, puis dans l’atelier d'Auguste Dumont à Paris.

Biographie Jeunesse et études Jean Marie Bienaimé Bonnassieux est né le à PanissièresJacques Beauffet, Dictionnaire des artistes Foréziens du , Éditions Ceysson.. Son frère jumeau meurt en naissant. Il est le fils de Jeanne Vergoin et Mathieu Bonnassieux, un menuisier.

Son intérêt pour la sculpture se manifeste dès le plus jeune âge, notamment avec des figurines taillées en bois. C’est ainsi qu’en 1828, le curé de la commune fait entrer Bonnassieux, avec l’accord de son père, en apprentissage chez Juveton, fabricant d’ornements d’église à Lyon. En 1832, il remporte la médaille d’or du concours de fin d’année et est ainsi exempté de service militaire. En 1833, il exécute un Hyacinthe blessé par le disque d’Apollon, qui est exposé à l’Exposition lyonnaise de 1833, puis au Salon de 1834.

Le jeune sculpteur est remarqué par Jean-François Legendre-Héral qui l'accompagne à Paris en . Il le recommande à David d'Angers et Orsel et, par la même occasion, le fait rentrer dans les ateliers de Denis Foyatier puis d'Auguste Dumont.. Legendre-Héral eut sur sa vie une influence particulière et positive puisqu’il était complètement dévoué à son élève, il partageait son temps, son expérience et même en cas de besoin sa bourse. L’artiste dit à propos de son maître : .

À l'automne 1834, Bonnassieux passe le concours d'entrée à l'École des beaux-arts, où il est admis à la place. Pendant son parcours aux Beaux-Arts, il étudie l'anatomie en assistant aux dissections du docteur Terrasse à Clamart. Ces observations sont source de réflexion pour Bonnassieux, tel qu'il l'écrit le dans son journal : ..

Voyage à Rome vignette|redresse|Jean-Marie Saint-Ève, Portrait du sculpteur Bonnassieux (1842), gravure d'après Michel Dumas. En 1836, Bonnassieux obtient le grand prix de Rome avec son bas-relief La Mort de Socrate, ce qui lui permet d'être pensionnaire à la villa Médicis à RomeAntoinette Le Normand, La tradition classique et l’esprit romantique : Les sculpteurs l’Académie de France à Rome de 1824 à 1840, Éditions D’ell Elefante, 1981. de 1836 à 1842. Il y obtient plusieurs commandes publiques et privées, dont de nombreux bustes en raison de son habileté à traiter le portrait. Parmi eux, on peut citer le Buste de Lacordaire situé à Paris, ou celui de Jeanne Hachette visible au jardin du Luxembourg.

Malgré son enthousiasme durant ses premiers à Rome, Bonnassieux prend rapidement du retard sur son travail, en partie à cause des nombreuses fièvres dont il souffre régulièrement. À la fin de l'année 1841, le sculpteur ne loge plus à la villa Médicis, mais est contraint de s'installer en ville jusqu'en pour terminer David, sa figure de dernière année. Quelques mois avant le rendu, l’œuvre est encore au stade d'ébauche.

Carrière vignette|redresse|Les Heures de la vie (entre 1860 et 1863), Lyon, palais de la Bourse. Sous le Second Empire, Jean-Marie Bonnassieux se voit confier plusieurs travaux à Paris, notamment pour le palais du Louvre, ainsi qu'à Lyon. En 1844, il réalise un groupe en bronze pour la fontaine Saint-Jean à Lyon, au côté de l'architecte René Dardel. La sculpture représente le baptême du Christ, elle est surmontée par un édicule inspiré de certains détails des maisons avoisinantes. Entre 1860 et 1863, Bonnassieux sculpte Les Heures de la vie, marbre destiné à orner une salle du palais de la Bourse de Lyon..

En 1855, il participe à l’Exposition universelle. La même année, il devient chevalier de la Légion d’honneur. À partir de 1860, il commence à se spécialiser dans la sculpture religieuse et produit alors de nombreuses statues de la Vierge qui sont souvent reproduites et éditées. En 1866, Bonnassieux est élu à l’Académie des beaux-arts. En 1878, il reprend la sculpture monumentale, notamment avec la statue de pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, dont l'esquisse en terre cuite est conservée à Paris au musée d'Orsay« Monseigneur Georges Darboy », notice du musée d'Orsay..

Ses élèves

Peu de choses sont connues sur la carrière d’enseignement de Bonnassieux. On sait seulement qu’il a eu quelques élèves comme Jean Lagrange, Jean-Baptiste Hugues, François Truphème, ainsi que Jean Valette à partir de 1848, ou encore Giorné Viard après 1845, Émile LaporteFiche exposant au Salon des artistes français de 1881, base salons du musée d'Orsay. vers 1881, à Paris.

Décès vignette|redresse|Tombe de Jean-Marie Bonnassieux au cimetière du Montparnasse (division 16). Une rumeur circule autour du Puy-en-Velay à propos de Jean-Marie Bonnassieux, concepteur de la statue Notre-Dame de France qui surplombe la ville depuis 1860. Selon celle-ci, il se serait suicidé du haut de la statue après avoir réalisé que l'Enfant Jésus est placé sur son bras droit contrairement aux habitudes des statuaires. Or, c'était un choix volontaire pour permettre à Jésus de bénir la ville sans cacher le visage de sa mère.

Jean-Marie Bonnassieux meurt au matin du , soit 32 ans plus tard, à son domicile au 11, rue de Saint-Simon, dans le de Paris. La déclaration de décès est faite par son gendre Jean Victor Armagnac et son fils Jean Pierre Marie, archiviste paléographe.

Il est inhumé dans la division du cimetière du Montparnasse.

Son œuvre Style Le style de Jean-Marie Bonnassieux se partage entre le courant du néo-classicisme, alors en vogue, et le genre de l’art chrétien auquel on associera ses sculptures religieuses.

La caractéristique du courant néo-classique se trouve dans sa volonté de retrouver « la raison » (selon le comte de Caylus). Il va pour cela s’inspirer de l’art antique afin de répondre aux « excès » du style rococo, affirmant une simplicité noble ainsi qu’une grandeur calmeJohann Joachim Winckelmann..

Jean-Marie Bonnassieux se démarque des sculpteurs pour sa pratique de l’art chrétien dans laquelle il excelle. Ce courant a pour but, entre exaltation de croyance et idéal religieux, de représenter l’ à travers la représentation de diverses figures saintes.

La sculpture religieuse conquiert largement l’espace public au . Elle est le témoignage de la réaction catholique sous le pontificat de Pie IX qui instaure, notamment, le dogme de l’Immaculée Conception le .

La Mort de Socrate vignette|redresse|La Mort de Socrate ou Socrate buvant la ciguë (1836), Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. Jean-Marie Bonnassieux réalise en 1836 La Mort de Socrate, également appelée Socrate buvant la Ciguë, qui lui permet de remporter le grand prix de Rome de sculpture la même année. Cette œuvre lance la carrière du sculpteur. Grâce à cette distinction, Bonnassieux est pensionnaire de la villa Médicis à Rome de 1836 à 1842. S'ensuivent de nombreuses commandes, privées puis publiques. Bonnassieux œuvre d'abord à Rome avant de retourner en France où il travaillera le restant de sa vie..

La Mort de Socrate est un bas-relief en plâtre qui, par sa rigueur néoclassique, répond aux attentes de l'enseignement académique du . La composition est articulée autour de Socrate, figure centrale insérée dans un triangle isocèle. De part et d'autre, ses disciples forment quant à eux des triangles rectangles..

Une ébauche en terre et une esquisse en plâtre de l’œuvre sont conservées dans la collection d'un descendant du sculpteur..

L'Amour se coupant les ailes vignette|redresse|L'Amour se coupant les ailes (1841), Paris, musée du Louvre. La sculpture L'Amour se coupant les ailes a été réalisée par Bonnassieux en 1841. Elle est aujourd'hui conservée à Paris au musée du Louvre. Cette statue en marbre finement exécutée propose une composition originale et gracieuse. Une certaine influence de Bouchardon peut être ressentie dans la torsion du corps et l'inflexion des jambes du personnage. Bonnassieux se serait probablement inspiré de L'Amour se taillant un arc dans la massue d'Hercule, qu'il a pu voir au musée du Louvre, ainsi qu'au musée du Capitole.

Cette œuvre connait un grand succès dès son exposition à Rome en . Lors de son transport vers Paris le , l’œuvre est en partie endommagée ; les jambes sont brisées en plusieurs morceaux et le chien est complétement détaché de l'ensemble. La sculpture est rapidement restaurée dans les ateliers du Louvre. Bonnassieux chérissant son œuvre, est particulièrement affecté par cet événement, comme il l'exprime dans une lettre adressée à son maître et ami Dumont, le : .

Les reliefs de l’église Saint-Médard de Tremblay-en-France La commune de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) abrite deux bas-reliefs réalisés par Jean-Marie Bonnassieux en 1882. Les deux scènes présentent des passages de l'enfance du Christ, l'Adoration des bergers et la Fuite en Égypte. Elles ont été expressément commandées pour l'église par Monsieur Turenne, rentier et un membre du conseil municipal de la ville. Les deux reliefs présentant des fissures ont été restaurés et remis en place au printemps 2007.

L'Adoration des bergers est conçu dans une composition classique. Au centre, l'enfant Jésus est couché dans sa mangeoire, entouré de ses parents. Derrière Joseph, les bergers présentent leur respect au nouveau-né. Derrière Marie, cinq anges volants sont présents. L'espace est structuré par les rayons lumineux émanant du corps de l'enfant, qui témoignent de son essence divine. Dans cette représentation académique, Bonnassieux reprend sans surprise l'iconographie traditionnelle de ce passage biblique.

Le relief de La Fuite en Égypte propose une composition plus dynamique que son pendant. À gauche, Marie et Jésus sont assis sur l'âne. À droite, Joseph guide l'animal tout en prêtant un regard attentif à sa famille. Le mouvement est suggéré par les vêtements des personnages qui s'envolent vers la gauche, ainsi que les feuilles d'un palmier qui prennent la même direction. Cet arbre permet également de replacer la scène dans un contexte oriental..

Œuvres dans les collections publiques

Arcueil, collège Albert-Le-Grand : R.P. Captier, 1878, statue en marbre. Bagnères-de-Bigorre, ancienne église des carmes, fronton : La Multiplication des pains, 1856, bas-relief. Brest, : La Vierge aux anges, 1856, marbre ornant la tombe de Menu du Menil, représente la défunte avec ses deux filles, emportées toutes trois par une épidémie. Dampierre, église paroissiale : Tombeau de la duchesse de Luynes, 1863, marbre Dreux : chapelle royale : Ange, 1845, plâtre. musée d'Art et d'Histoire : Résurrection, 1845, bas-relief en terre-cuite. La vigueur et la spontanéité de l’exécution viennent dramatiser la composition rayonnante de la scène : les personnages sont disposés suivant des obliques qui divergent depuis le tombeau. La Flèche, place Henri IV : Monument à Henri IV, 1856, statue en bronze d'environ , surmontant la fontaine de la place Henri IV, la statue est inspirée d'une statue de Guillaume Dupré (1576-1643)Dossier sur le monument sur la base Palissy.Notice sur e-monumen.net.. Lavaur, place de la Résistance : Monument à Las Cases, comte d’Empire, 1863, bronze..