Alfred Capus, né à Aix-en-Provence le et mort à Neuilly-sur-Seine le , est un journaliste, romancier et dramaturge français. Il est également connu sous les noms de plume de Canalis et Graindorge pour Le Figaro.

Biographie

Fils d'un avocat marseillais, Albert Capus, et de Zoë Arréat, décédée l'année de ses dix-sept ans, Alfred Capus était le frère aîné de Joseph Capus, député puis sénateur de la Gironde qui fut ministre de l'Agriculture en 1924. Alfred est l'aîné de trois garçons et deux filles, dont la dernière est issue d'une seconde union de son père avec Hermance Lefèvre.

Alfred Capus fit ses études secondaires à Aix-en-Provence, puis à Marseille où sa famille s'installe, à Toulon et enfin les termine à Paris en 1872. Ayant échoué au concours de l'École polytechnique, il entra à l'École des Mines en 1876 mais n'obtint pas son diplôme. Après avoir été un temps dessinateur industriel, il s'orienta vers le journalisme. Un des premiers articles qu'il fit paraître portait la marque de sa formation scientifique, puisqu'il s'agissait d'une nécrologie de Darwin. Mais c'est surtout par ses chroniques légèrement fantaisistes, publiées au Gaulois, dans L'Écho de Paris et dans L'Illustration qu'il se fit connaître. Il écrivit également plusieurs articles pour Le Figaro, sous le pseudonyme de « Graindorge ». À la mort de Gaston Calmette, en 1914, Capus devint rédacteur en chef du Figaro. À ce poste, il rédigea avec le plus grand patriotisme, pendant les quatre années de la Grande Guerre, le « bulletin » quotidien.

Auparavant il s'était lancé, parallèlement au journalisme, dans la littérature, avec une série de romans. Mais c'est au théâtre qu'il donna la pleine mesure de son talent avec des pièces de boulevard mettant en scène les mœurs de la Belle Époque. En 1899, le guide Paris-Parisien le présente comme une « notoriété des lettres », soulignant son « observation spirituelle et philosophique des milieux bourgeois » et son « grand talent de qualité supérieure ».

Appelé à la présidence de la Société des Auteurs, commandeur de la Légion d'honneur, Alfred Capus fut élu à l'Académie française le , par seize voix, au fauteuil d'Henri Poincaré. Une anecdote veut que l'un de ses interprètes ayant demandé à un guéridon si Capus entrerait un jour à l'Académie française, le guéridon répondit par l'affirmative ; quand on lui demanda alors combien de fois il devrait se présenter, le meuble se mit à battre des coups si répétés qu'il fallut l'arrêter.

Alfred Capus avait en effet subi deux échecs, contre Eugène Brieux au fauteuil de Ludovic Halévy en 1909, et contre Denys Cochin au fauteuil d'Albert Vandal en 1911, mais les « immortels » surent lui rendre hommage : Robert de Flers dit de son répertoire de comédies qu'il était . Quant à Édouard Estaunié, qui prononça son éloge en lui succédant, il en parla comme d'un . Alfred Capus fut reçu le par Maurice Donnay.

Décédé le des suites d'une fièvre typhoïde, ses obsèques ont lieu à l'église Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine en présence de journalistes et de nombreuses figures politiques et littéraires, avant d'être inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().

Œuvres Théâtre 1894 : Brignol et sa fille 1896 : Innocent (en collaboration avec Alphonse Allais) 1897 : Petites folles 1897 : Rosine, Théâtre du Gymnase 1898 : Mariage bourgeois 1900 : La bourse ou la vie 1900 : Les maris de Léontine (adaptation cinématographique réalisée en 1947 par René Le Hénaff) 1901 : La Veine, Théâtre des Variétés 1901 : La Petite Fonctionnaire, comédie en trois actes, représentée pour la première fois au théâtre des Nouveautés, le . 1902 : Les Deux Écoles, Théâtre des Variétés 1902 : La Châtelaine (créée par Lucien Guitry) 1903 : L'adversaire (en collaboration avec Emmanuel Arène) 1903 : Le Beau Jeune Homme, comédie en cinq actes, Théâtre des Variétés, 1904 : Notre jeunesse, Comédie-Française 1905 : Les Deux Hommes, Comédie-Française, 1905 : Monsieur Piégeois 1906 : Les Passagères, Théâtre de la Renaissance, 1908 : Les Deux Hommes 1908 : L'Oiseau blessé, Théâtre de la Renaissance 1909 : Un ange, Théâtre des Variétés 1910 : L'Aventurier, comédie en quatre actes, Théâtre de la Porte-Saint-Martin, (créée par Lucien Guitry)voir adaptation cinématographique : L'Aventurier (film, 1934) 1911 : Les Favorites., Théâtre des Variétés 1913 : Hélène Ardouin, Théâtre du Vaudeville 1913 : L'Institut de beauté, Théâtre des Variétés 1921 : La Petite Fonctionnaire, comédie musicale en trois actes, musique d'André Messager, livret d'Alfred Capus et Xavier Roux, Théâtre Mogador,

Romans, nouvelles, autres publications Qui perd gagne, Librairie Paul Ollendorff (1890) ; « presque un chef-d'œuvre », aux dires de Jules Lemaître Faux départ, Librairie Paul Ollendorff (1891) Monsieur veut rire, Librairie Paul Ollendorff (1893) Années d'aventures, Librairie Paul Ollendorff (1895) . Histoires de parisiens, Charpentier et Fasquelle (1907) Robinson, Charpentier et Fasquelle (1910) Les mœurs du temps, 2 vol. (première et deuxième série), Bernard Grasset (1912) Scènes de la vie difficile, J. Ferenczi (1922)

Adaptations cinématographiques de son œuvre 1912 : La Petite Fonctionnaire de Georges Denola 1924 : L'Aventurier de Maurice Mariaud et Louis Osmont 1927 : La Petite Fonctionnaire de Roger Goupillières 1928 : La Veine de René Barberis 1928 : Leontines Ehemänner de Robert Wiene 1934 : L'Aventurier de Marcel L'Herbier

Hommage Square Alfred-Capus (Paris) Avenue Alfred Capus (Aix en Provence)

Liens externes

Notes et références

Bibliographie

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