Jean de Thais, fils d’Aimery de Thais et de Françoise de la Ferté (né vers la fin du – mort en 1553 au siège d'Hesdin, Pas-de-Calais, France), est un seigneur français de la Renaissance et un grand officier de la couronne de France. Il a servi le roi François à qui il a dû ses promotions en tant que colonel général de l'infanterie en 1544 et grand maître de l'artillerie de France en 1546, avant d’être déchu en 1547 par Henri II.

Biographie Jean de Thais est le fils d'Aimery, seigneur de Thais et de Sepmes (lui-même fils de Jacques, seigneur de Thais et de Boissière et de Françoise d’Aloigny, dame de Sepmes) et de Françoise de la Ferté. La date de sa naissance n’est pas connue, mais il serait né au château de Thais, dans la commune de Sorigny, dans les dernières années du siècle. Il a pour sœur Jeanne qui épousa le Louis Brossin, seigneur de Méré en Touraine et de Sepmes, chevalier de l’ordre du roi, et qui mourut en 1572.

Jean épousa Charlotte de Mailly (fille d’Antoine de Mailly, seigneur d’Auchy et de la Neuville-le-Roy et de Marie d’Yaucourt, et qui se remaria à François, seigneur de Soyecourt). Les époux eurent pour enfant Charlotte, qui épousa en premières noces Claude des Essars, seigneur de Sautour, et en secondes noces René dit le comte de Sansay, vicomte héréditaire de Poitou.

Jean de Thais va cumuler plusieurs charges durant sa vie, traduisant une évolution de carrière impressionnante sous le règne de François . En 1529 il devient panetier ordinaire du roi. gauche|vignette|Chœur de l'église de Sepmes où repose Jean de Taix. L'emplacement précis n'est pas connu. vignette|Jean de Thais dans les années 1530- Dessin de Jean Clouet En 1530 il est un des six chevaliers choisis par le roi pour défendre un pas d'armes lors de l’entrée de la reine Éléonore d'Autriche.

En 1534 il devient gentilhomme de la Chambre du roi. Le roi l'envoya alors en ambassade à Ferrare en 1534, puis à Rome en 1538 et à Turin en 1543.

Il se distingue à la bataille de Cérisoles le (un carnage), puis lors de la campagne de Montferrat et au siège de Boulogne. Le , le Roi suspend la charge de connétable portée par Anne de Montmorency et confie la direction de l'état-major à des colonels généraux. Le , Catalogue des actes de François , t. VII, n°25146. Il est le premier titulaire de ce grade. Il est également fait chevalier de l’Ordre de Saint-Michel. C’est probablement durant cette période qu’il est pourvu du gouvernorat et de la maîtrise des eaux et forêt de Loches. Le , il devient grand maître de l'artillerie de France.

La mort du roi François le et l'arrivée au pouvoir d’Henri II, roi sous l’influence de sa maîtresse Diane de Poitiers, vont mettre un terme à la carrière militaire de Jean de Thais. D’après Jean-Louis Chalmel, celle-ci fut non seulement due à ses mérites, mais aussi en partie à l’appui de la duchesse d’Étampes, Anne de Pisseleu, qui eut une influence certaine sur le roi François . Propos écrits par Pierre de Bourdeilles, dit Brantôme (1537-1614), Discours sur les colonels de l’infanterie de France, éd. Vaucheret, p. 135.

Il fut donc déchu de son titre de maître et capitaine général de l’artillerie le Catalogue des actes d’Henri II, t. I, (04.113), remplacé par Charles de Cossé, seigneur de Brissac, et perdit également son titre de colonel et capitaine général de l’infanterie française le au profit de Gaspard de Coligny, seigneur de ChâtillonCatalogue des actes d’Henri II, t. I, n°124 (04.296). Jean de Thais conserve ses charges lochoises, exception faîte de l’office de maître des Eaux et forêts de Loches laissé vacant par sa résignation faite au profit d’Honorat de Savoie, comte de Villars, chevalier de l’ordreCatalogue des actes d’Henri II, t. III, n°9332.

En 1552, Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, obtint du roi de rappeler Jean de Thais pour son expérience militaire. Il reprit du service comme simple officier, et mourut au siège de Hesdin le . Il fut inhumé dans le chœur de l’église de Sepmes.

Étymologie vignette|Château de Sepmes, façade nord-ouest, côté cour. Jean de Thais était seigneur de Sepmes Le nom Thais s'écrit de bien des manières : Taix, Thaix, Tais, Thaïs, Thays, Tays, Taiz, Thayz etc. L’historiographie moderne indique la présence de deux familles de Thais dans la région : les Gédouins de Thaix, originaires d’Izeure-sur-Creuse et la famille de Thais, originaire de Sorigny. C’est à cette dernière famille que Jean de Thais est rattaché.

Dans la littérature et dans l'art Jean de Taix est cité dans la Princesse de Clèves de Madame de La Fayette :

On connaît quatre portraits de Jean de Taix : trois dessins par Jean et par François Clouet et un tableau par Corneille de Lyon.

Notes et références

Articles connexes Château de Sepmes Maison du Roi Guerres d'Italie

Bibliographie Luc Boisnard, Dictionnaire des anciennes familles de Touraine, Mayenne, Édition Régionales de l’Ouest, 1992, Jacques-Xavier Carre de Busserolle, Armorial général de la Touraine, Tours, imprimerie Ladevèze, 1866, réimp. Marseille, tome I, 1978, Jean-Louis Chalmel, Histoire de la Touraine depuis la Conquête des Gaules par les Romains, jusqu’à 1790, suivie du Dictionnaire Biographique de tous les hommes célèbres nés dans cette province, Paris, H. Fournier, 1828, tome III, , tome IV, Pierre de Guibours (dit le père Anselme), Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, des Pairs et Grands Officiers de la Couronne, 9 tomes, Paris, 1726-1733, Paris, réimp. Didot, 1868-1881, tome VI , tome VIII, Jacques Lablancherie, « Jean de Thaix », Bulletin de la société des Amis du Pays Lochois, , 1995, P. Louis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, Paris, tome V, 1836

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