La locution « dépressions périnatales » (parfois au singulier) regroupe un ensemble de troubles de l'humeur survenant durant la grossesse (dépressions prénatales) ou après l'accouchement (dépressions ou postnatales). Ces troubles surviennent chez la future ou nouvelle mère ou le père, parfois même l'enfant dans un spectre et une intensité variable suivant la durée et la gravité des symptômes.

Des études récentes s'attachent à identifier un phénomène proche chez les pères, et les répercussions de dépression du père pendant la période péri-natale sur la santé psychique de l'enfantRamchandani PG, Stein A, O'Connor TG, Heron J, Murray L, Evans J.(2008)Depression in men in the postnatal period and later child psychopathology: a population cohort study. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry, 47(4): .résumé en ligneGawlik S, Muller M, Hoffmann L, Dienes A, Wallwiener M, Sohn C, Schlehe B, Reck C.(2014) Prevalence of paternal perinatal depressiveness and its link to partnership satisfaction and birth concerns.Arch Womens Ment Health, 17(1): ..

Dépression prénatale Avant l'accouchement, certaines mères présentent tous les éléments d'une dépression qui est liée à leur grossesse et qui rend celle-ci compliquée. Elles semblent ne pas pouvoir se réjouir de la venue de l'enfant et parfois cela vient de circonstances de vie difficiles (problèmes familiaux, de couple, migration, conditions matérielles…) ; dans d'autres cas, la dépression n'est pas liée à un événement extérieur mais à l'état intrapsychique de la future mère que la grossesse confronte à des problèmes non résolus.

Dépressions post-natales

Le apparaît entre le troisième et le dixième jour suivant l’accouchementDayan, J. & Baleyte, J-M (2008) Dépressions périnatales. dans : Les dépressions Périnaltales, Évaluer et traiter. éd. Masson. . Il n’est pas corrélé avec une psychopathologie sous-jacente de la mèreGillain B, Dubois V (2003) Troubles psychiques aigus du . Conférence Médecins, [www.sfmu.org/fr/formation/cours_sup/telecharger/?id=46] et n'entraîne pas de conséquences pour elle ou pour son enfant, ce qui le distingue de la dépression . Le partage, par contre, certains symptômes avec la dépression : pleurs, insomnies, hypersensibilité et irritabilité. Le dure rarement plus de deux semaines. Entre 30 et 75 % des mères seraient concernées. Il n'est pas considéré comme un trouble psychiatrique. Le est souvent sans lendemain. Il est bien différent de la dépression qui survient le plus souvent après un intervalle libre de un à deux mois et réalise un tableau de la dépression typique ou masquée.

Dépression (DPP) La dépression post-partum est un syndrome dépressif qui apparaît le plus souvent dans les quatre à huit semaines après l'accouchement et dont l'intensité est variée. Elle est plus persistante que le et présente des symptômes plus nombreux et plus sévères. Elle se manifeste par un sentiment de découragement, des pleurs constants, une perte de confiance en soi, l’impression de ne pas être une bonne mère, la culpabilité, l’anxiété, l’irascibilité et l’épuisement. À ces symptômes psychiques s’ajoutent des troubles physiques tels que des maux de tête, un engourdissement, des douleurs thoraciques et de l’hyperventilation. La dépression engendre généralement un sentiment d’ambivalence face à la maternité et au nouveau-né. Elle demeure souvent méconnue, en raison de tabous culturels et du sentiment de culpabilité de la mère qui peine à envisager que l'arrivée d'un bébé ne soit pas vécue dans le bonheurDayan J, Andro G, Dugnat M (1999) Psychopathologie de la personnalité, Paris, éd. Masson.. L'identification du problème et sa prise en charge sont souvent retardées parce que l'évaluation est faite dans le cadre d'une consultation en pédiatrie et que le tableau clinique est considéré, par erreur, comme le simple résultat de la fatigue importante d'un bébé qui pleure trop ou dont le sommeil n'est pas réglé.

La mesure de la prévalence de ce syndrome varie suivant la méthode de calcul utiliséeGlangeaud-Freudenthal Nine M-C (1999) Évaluation de la prévalence de la dépression post partum en France. Éditions Médecine et Hygiène, Devenir Zubaran C, Schumacher M, Roxo M R, Foresti K (2010). Screening tools for postpartum depression: validity and cultural dimensions. Afr J Psychiatry ;13:.  La fourchette de 10 % à 15 % est souvent rapportéeLanes A1, Kuk JL, Tamim H. (2011) Prevalence and characteristics of postpartum depression symptomatology among Canadian women: a cross-sectional study. BMC Public Health. 11(11): 302.Robertson E, Grace S, Wallington, Stewart D E (2004) Antenatal risk factors for postpartum depression: a synthesis of recent literature. General Hospital Psychiatry 26 (2004) 289–295.

La dépression survient chez les femmes après la naissance d'un nouveau-né. Elle débute durant les semaines et dure au moins après la naissance d'un enfant., voire un an . Consulté le 13 juin 2010.. Les troubles peuvent persister jusqu'aux deux ans de l'enfant, si la dépression n'est pas prise en charge.

Techniquement, dans le DSM-IVAmerican Psychiatric Association. Mini DSM-IV. Critères diagnostiques. Washington DC 1994. Traduction française par Guelfi JD et al. Paris, Masson 1996., les symptômes de la dépression post-partum sont ceux de l'épisode dépressif majeur : humeur dépressive ; perte d’intérêt ; perte ou gain de poids ; insomnie ou hypersomnie ; agitation ou ralentissement psychomoteur ; fatigue ou perte d’énergie ; sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ; diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ; pensées de mort ou idées suicidaires. Le diagnostic est posé lorsque 5 symptômes (dont 1. ou 2.) sont présents pendant au moins 2 semaines et que l'éclosion survient dans les 4 premières semaines après l'accouchement.

De façon plus discriminative, cependant, l'observation clinique montre que la fréquence des symptômes et leurs manifestations distinguent la dépression post-partum des autres épisodes dépressifs majeurs. Les nouvelles mamans ont plus souvent des problèmes d'endormissement alors que dans les autres dépressions, c'est le réveil précoce qui est le plus fréquent. La perte de poids n'est pas corrélée à la dépression en post-partum alors qu'elle est caractéristique des autres dépressions. L'humeur est plus labile dans le post-partum. Les comportements suicidairesLindahl V, Pearson JL (2005) Prevalence of suicidality during pregnancy and the postpartum. Arch. Womens Ment. Health, 8(2): et le ralentissement psychomoteur y sont très rares. La perte d'estime de soi est dominante, mais presque entièrement centrée sur l'identité et le rôle de mère.    

Facteur de risques socio environnementaux Les facteurs de risques socio environnement sont reliés à l’environnement de l’individu et des personnes qu’elle côtoie. Selon Louise Séguin et Louise Cossette, Les personnes vivant dans un milieu défavorisé sont plus le risque puisqu’elles ont généralement plus de stress chronique dans leur quotidien. Aussi, l’état de santé et le tempérament du nouveau-né sont des aspects importants. Si l’enfant est né de façons prématurées ou s’il a eu des problèmes de santé dès la naissance peut aussi influencer une adaptation plus difficile au niveau rôle de parent. Ces évènements entrainent souvent un énorme stress chronique chez le parent. De plus, si l’enfant a un tempérament difficile et qu’il pleure de façon incontrôlable, l’épuisement du parent est aussi un facteur de risque puisqu’il est difficile pour le parent de s’adapter à son nouveau rôle. Ce nouveau rôle entraine de nouvelles responsabilités auxquelles le parent doit se préparer pour ne pas être plus à risque. Pour certaines personnes, le fait de ne plus avoir d’emploi durant une certaine période fait développer un sentiment de dévalorisation et de ne plus être à l’image idéale que la société attend d’elle citer. La relation entre le parent et son conjoint(e) est un facteur important. Si la relation entre les deux conjoints est insatisfaisante et a de nombreux conflits. La personne est plus à risque si elle n’a aucun conjoint. Le support social que la personne a est un facteur à considérer. Plus la personne a des personnes à se confier, plus cela peut l’aider à son ajustement psychologique.

Causes La cause de la dépression du post-partum est multifactorielle. Les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, jouent un rôle dans la survenue d’une dépression du post-partum. La dépression du post-partum survient lorsqu’une usure psychologique ou des événements stressants (ici l'enfantement) se rajoutent à une vulnérabilité préexistante Caspi A, Sugden K, Moffitt TE, « Influence of life stress on depression: moderation by a polymorphism in the 5-HTT gene » Science 2003;301(5631):386–389. Haeffel GJ, Getchell M, Koposov RA, Yrigollen CM, DeYoung CG, Klinteberg BA, « Association between polymorphisms in the dopamine transporter gene and depression: evidence for a gene-environment interaction in a sample of juvenile detainees » Psychological Science 2008;19(1):62-9 consulté le 11 novembre 2008). Cette vulnérabilité préexistante est liée aux facteurs génétiques, biologiques, psychologiques et sociaux. Cela correspond au modèle diathèse–stress Slavich GM, « » APS Observer 2004;17(9) (consulté le 11 novembre 2008).

Il est souvent considéré que la dépression est causée par un manque de vitamine John L. Beard, ; J. Nutr. 135: 267–272, 2005.. D'autres études montrent cependant que les causes incluent la modification des hormones féminines durant la grossesse Soares CN, Zitek B. , 2008 Jul;33(4):331-43.. Encore, d'autres études supposent qu'il n'existe aucune corrélation connue entre les hormones et les troubles de l'humeur , et que les traitements hormonaux n'ont pas aidé les patientes atteints de dépression . De loin, les pères, malgré aucun changement d'hormone, courent un risque élevé de souffrir de DPP.. Pour finir, toutes les mères font l'expérience de ces changements d'hormones, malgré le fait que 10-15 % d'entre elles souffrent de DPP. Ceci ne signifie cependant « pas » que les hormones ne jouent pas un rôle dans la DPP Block (2000)..

Les très grands changements du mode de vie pour s'occuper de l'enfant sont fréquemment la cause de la DPP, mais, là encore, ce n'est qu'une simple hypothèse. Les mamans ayant auparavant accouché sans souffrir de DPP pourraient néanmoins en souffrir après la naissance de leur dernier enfant..

De nombreuses recherches montrent une corrélation, d'un côté, entre la DPP et le manque de soutien social (surtout l'absence du père), de l'autre côté, entre la DPP et les problèmes de santé de l'enfant. Cette coïncidence a soulevé l'hypothèseHagen, EH (1999) The