Les Forces armées estoniennes (en estonien: Eesti Kaitsevägi) sont les forces armées unifiées de la république d'Estonie. L'armée estonienne est une force de défense composée des forces terrestres, de la marine, de l'armée de l'air et d'une organisation paramilitaire. La politique de défense nationale vise à garantir la préservation de l'indépendance et la souveraineté de l'État, l'intégrité de son territoire, de ses eaux territoriales et de son espace aérien ainsi que son ordre constitutionnel.

Ses principaux objectifs restent le développement et le maintien d'une capacité crédible pour défendre les intérêts vitaux de la nation et le développement des forces de défense d'une manière qui garantit leur interopérabilité avec les forces armées des États membres de l'OTAN et de l'Union européenne pour participer à l'ensemble des missions de ces alliances militaires..

Historique

vignette|gauche|Fusiliers marins estoniens en 1919. vignette|gauche|Haut commandement de l'armée estonienne en 1920 : Aleksander Tõnisson, Andres Larka, Johan Laidoner, Karl Parts et Jaan Soots. Après la révolution allemande, du 11 au , mettant fin à l'occupation allemande en Estonie, les représentants de l'Allemagne remettent officiellement le pouvoir politique au gouvernement estonien. Quelques jours plus tard, l'Estonie est envahie par les forces militaires de la Russie bolcheviste, marquant le début de la guerre d'indépendance estonienne. La petite armée estonienne, également connue sous le nom de Force populaire (en estonien : Rahvavägi), mal armée, est initialement repoussée par l'Armée rouge dans les environs de la capitale de l'Estonie, Tallinn. À peine 34 kilomètres séparent Tallinn de la ligne de front. En partie grâce à l'arrivée à temps d'une cargaison d'armes apportée par une escadre navale britannique, les bolcheviks sont stoppés.

En , les forces armées estoniennes lancent une contre-offensive, l'offensive de mai, sous la direction du commandant en chef Johan Laidoner. Les forces terrestres sont soutenues par la Royal Navy ainsi que par des volontaires finlandais, suédois et danois. À la fin de , l'Armée rouge est expulsée du territoire de l'Estonie. Le , le traité de paix de Tartu est signé par la république d'Estonie et la république socialiste fédérative soviétique de Russie. Après avoir remporté la guerre de libération de l'Estonie contre la Russie soviétique et les volontaires allemands du Corps franc, l'Estonie maintient son indépendance pendant vingt-deux ans.

En , juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Staline et Hitler décident secrètement du sort de la république d'Estonie, les deux dirigeants acceptent de diviser l'Europe de l'Est en « sphères d'intérêt spécial », comme le souligne le pacte Molotov-Ribbentrop dans son protocole additionnel secretThe World Book Encyclopedia ; selon ce traité, l'Estonie devait être occupée par l'Union soviétique. Le gouvernement estonien est contraint de donner son assentiment à un accord qui permet à l'URSS d'établir des bases militaires et de stationner sur le sol estonien à des fins de « défense mutuelle »Smith, David J. The Baltic States: Estonia, Latvia and Lithuania, Page 24, . Le , l'ordre de blocage militaire total de l'Estonie est donné à la flotte soviétique de la BaltiquePavel Petrov sur la page des Forces de défense finlandaisesDocuments publiés des archives d'État de la marine russe. Compte tenu de la supériorité écrasante des forces soviétiques, afin d'éviter un bain de sang et une guerre futile sans espoir, le gouvernement estonien décide le de ne pas résisterSmith, Page 19.. L'occupation militaire de l'Estonie se termine le Smith, Page 27.Five Years of Dates, Time magazine, 24 June 1940. Les forces armées d'Estonie sont désarmées en par l'Armée rouge selon les ordres soviétiquesHistoire des forces de défense estoniennes . Seul le bataillon des transmissions stationné à Tallinn, rue Raua, en face de l'école de Tallinn, continue de résister. L'Armée rouge achemine des renforts supplémentaires appuyés par des véhicules de combat blindés, la bataille dure plusieurs heures jusqu'au coucher du soleil. La résistance militaire se termine par des négociations ; le bataillon des transmissions se rend et est désarmé51 ans après la bataille de la rue Raua sur le site des Forces de défense estoniennes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Estoniens rejoignent les unités auxiliaires de la Wehrmacht allemande, et rejoignent finalement les volontaires et les conscrits de la division de grenadiers de la Waffen SS qui combat l'Armée rouge.

L'Eesti Kaitsevägi est restauré le par le Conseil suprême de la république d'Estonie.. Depuis 1991, les forces armées estoniennes créent et restaurent plus de 30 unités anciennes et nouvelles ainsi que plusieurs branches de l'armée.

Le pays possède également un corps de volontaires, la Ligue de défense estonienne avec, en 2015, . L'ensemble des organisations paramilitaires comprenant un total de ..

Ayant adopté une attitude relativement prudente face à la Russie, l'Estonie compte sur son alliance militaire avec l'OTAN à laquelle elle adhère en 2004, qui prévoit, entre autres choses, de protéger l'espace aérien du pays et de développer son économie avec l'Union européenne.

L'Estonie participe à la mesure de ses ressources limitées aux missions à l'étranger sous le commandement des Nations unies ou de l'OTAN. Elle a fourni un contingent dans la coalition militaire en Irak, elle participe à la KFOR au Kosovo et est partie prenante à la Force intérimaire des Nations unies au Liban renforcée en 2006.

La crise financière de 2007-2010, avec l'effondrement du PNB estonien de 25 %, restreint encore plus les budgets militaires du pays.

Depuis 2011, le commandant des forces de défense estoniennes est nommé par le gouvernement estonien et est responsable devant le ministère de la Défense, plutôt que devant le Riigikogu, comme c'était le cas auparavant.

Structure centré|vignette|500x500px|Structure des forces armées estoniennes en 2024

En , l'armée estonienne d'active était composée de volontaires et de 3336 conscrits. Forces terrestres vignette|Un XA-180 estonien en Afghanistan.

Les forces terrestres estoniennes sont le branche principale des forces armées estoniennes. Sa taille moyenne en temps de paix est d'environ dont environ sont des conscrits..

La branche terrestre se compose de 2 brigades d'infanterie qui servent de cadres d'entraînement et de soutien aux unités déployables.

Les priorités de développement de la Force terrestre sont la capacité de participer à des missions en dehors du territoire national et la capacité d'effectuer des opérations pour protéger le territoire de l'Estonie, également en coopération avec les Alliés.

Forces aériennes vignette|Un Aero L-39 Albatros estonien lors d'une parade le Jour de la Victoire, 7 mai 2007.

Les racines des forces aériennes estoniennes actuelles remontent à 1918, lorsque August Roos développe la première unité d'aviation estonienne. La guerre d'indépendance donné une grande impulsion au développement de l'armée de l'air estonienne, qui compte au milieu des années 1930 plus de 130 appareils modernes.

La force met du temps à se réformer en raison de l'infrastructure gravement endommagée laissée par l'armée de l'air soviétique. L'armée de l'air estonienne est rétablie le . De 1993 à 1995, l'Estonie reçoit deux avions de transport Let L-410UVP, trois hélicoptères Mil Mi-2 et quatre hélicoptères Mil Mi-8. La majorité des unités de l'armée de l'air estonienne sont stationnées sur la base aérienne d'Ämari dont la rénovation est achevée en 2012..

L'aérodrome et la garnison d'Ämari fournissent également un soutien aux détachements de forces aériennes de l'OTAN déployés sur la base, notamment dans le cadre de la mission Baltic Air Policing..

En 2014, l'Estonie manifeste son intérêt pour l'achat de chasseurs Saab JAS 39 Gripen à la Suède..

Marine (Merevägi)

vignette|L'EML Ugandi en mer en 2017. La marine estonienne (Merevägi) est responsable de toutes les opérations navales et de la protection des eaux territoriales estoniennes. Les principales fonctions de la force navale sont la préparation et l'organisation de la défense des eaux territoriales et des côtes, garantir la sécurité maritime, les communications et le trafic dans les eaux territoriales sur la mer Baltique et en coopération avec l'OTAN et les marines régionales des pays amis voisins. Dans le cas d'une situation de crise, la Merevägi doit être prête à défendre les accès par la mer comme les ports, les lignes de communications maritimes et de coopérer avec les unités de la coalition. La marine estonienne est composée de bateaux de patrouille, de dragueurs de mines, d'une frégate et d'unités de Garde-côtes, nécessaires pour garantir la sécurité des lignes de communications maritimes et pour établir et nettoyer des champs de mines. La majorité des forces navales et l'école navale sont situées sur la base navale de Miinisadam. le quartier générale de la marine se situe à Tallinn.

Depuis 1995, plusieurs opérations de nettoyage de champs de mines ont été réalisées avec les autres marines de la mer Baltique. En 2007, la flotte de dragueurs de mines de la Merevägi a été modernisée et équipée avec des chasseurs de mines de la classe Sandown. La plupart des officiers de la marine estonienne ont été entrainés dans les écoles navales américaines.

En 2003, la marine estonienne a établi son propre Centre d'Instruction et d'Entrainement Naval pour entraîner ses officiers.

Chaque États de la Baltique partage ses ressources limitées en matière d'entrainement, par exemple, l'Estonie fournit la formation pour les communications à la Baltic Naval Communications School à Tallinn et la Lettonie héberge la Baltic Naval Diving Training Centre à Liepaja.

Les objectifs à moyen terme sont : maintenir à disposition trois bâtiments pour participer à des opérations avec l'OTAN conjointement ou séparément de l'opération BALTRON ; continuer le développement de capacités de contre-mesures de mines ; développer le Naval and Maritime Integrated C31 System ; continuer le développement du Centre d'Instruction et d'Entrainement Naval. Baltic Naval Squadron

Le BALTRON est une force navale mixte. Composée de navires, et de leurs équipages détachés en rotations de la marine de chacun des trois pays au sein de cette unité. Cette unité navale permanente créée en 1998 a un état-major mixte qui assure la présence en mer permanente ainsi que la formation des équipages[Défense et Sécurité Nationale de décembre 2015].

Forces spéciales

La Force d'opérations spéciales estonienne est le commandement des opérations spéciales des forces de défense estoniennes. Ses tâches comprennent la reconnaissance, la surveillance, le soutien militaire et l'action directe. Le principal objectif de la branche est le développement de capacités pour la guerre non conventionnelle..

Commandement Cyber Le Commandement Cyber des forces de défense estoniennes est chargé de mener des cyberopérations afin de soutenir la zone de responsabilité du ministère de la Défense. Ses tâches consistent à assurer le fonctionnement des services informatiques et à mener une cyberguerre défensive et offensive..

Cybersécurité