L'archevêché latin de Corinthe est un siège titulaire de l'Église catholique romaine. Sa création date de 1210, date à laquelle un archevêque catholique est installé sur le territoire de la Métropole orthodoxe de Corinthe, dans le sud de la Grèce, au lendemain de la quatrième croisade. Depuis la reconquête byzantine au début du , et à l'exception d'une brève période de domination vénitienne de 1688 à 1715, il est attribué en tant que siège titulaire. Il est vacant depuis 2005.
Historique Le siège de Corinthe a une longue histoire, et est considéré comme fondé par l'apôtre Paul. À l'époque romaine, ainsi qu'au début de la période byzantine, Corinthe est la capitale et le siège métropolitain de la province d'Achaïe (Grèce du Sud). Cependant, à partir du début du , la primauté de Corinthe sur le Péloponnèse est contestée par le siège de Patras, et à partir du , la juridiction du siège de Corinthe est limitée à l'est du Péloponnèse, ainsi qu'à certaines îles Ioniennes.
En 1203-1204, la ville passe sous le contrôle du seigneur de l'Argolide, Léon Sgouros, qui profite de la faiblesse du gouvernement byzantin, ainsi que les troubles liés à la quatrième croisade, afin de se créer un État pratiquement indépendant dans le sud et le centre de la Grèce. Cependant, les ambitions de Sgouros de créer son propre État sont contrariées par l'assaut des Croisés victorieux, qui s'emparent de Corinthe en 1210 après un long siège.
Les Croisés créent un archevêché catholique romain (« latin ») afin de remplacer le siège grec orthodoxe, couvrant le même territoire : les sept sièges suffragants de Céphalonie, Zante, Damala, Lacédémone/Monemvasia, Argos, Hélos et Zemena. En réalité, Monemvasia et Hélos ne passent sous contrôle latin que trente ans plus tard, tandis que le clergé latin rencontre des difficultés à s'imposer auprès de la population grecque rurale et du clergé orthodoxe local. Par conséquent, les sièges de Damala, Hélos et Zemena semblent n'avoir jamais été occupés, tandis que Zemena et la moitié du territoire de Damala finissent par faire partie du diocèse de Corinthe lui-même. Avec son rival, l'archevêque latin de Patras, l'archevêque de Corinthe est l'un des deux principaux barons ecclésiastiques de la principauté d'Achaïe, avec huit fiefs de chevaliers attachés à lui (et quatre pour les évêques suffragants d'Argos et de Lacédémone). Néanmoins, malgré son ascendance et son prestige, Corinthe est rapidement éclipsée par Patras pendant la période de domination franque.
Le Quien (III, 883) mentionne vingt prélats latins de 1210 à 1700, mais Eubel (I, 218; II, 152) mentionne vingt-deux archevêques pour la période de 1212 à 1476. La ville est reconquise par le despote byzantin de Morée en 1395 et, après une courte période (1397-1404) de domination par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, elle passe de nouveau sous contrôle byzantin, où elle reste jusqu'à sa conquête par l'Empire ottoman le . Après cela, le siège catholique continue son existence en tant que siège titulaire.
L'archevêché de Corinthe redevient le centre spirituel de l'Église catholique dans le Péloponnèse pendant la brève période de domination vénitienne de 1688 à 1715, tandis que la métropole orthodoxe de Patras reste, quant à elle, le centre spirituel de l'Église orthodoxe locale. Vialart (repris par Matougues)Charles de Saint-Paul [Vialart], Geographia sacra, seu Notitia antiqua episcopatuum ecclesiæ universæ, Paris, 1641, p. 23, repris par B. Matougues, Dictionnaire de Géographie Sacrée et Ecclésiastique, I (in Migne, J.-P., éd., Encyclopédie théologique, XXVIII), Paris 1848, p. 852., CommanvilleM. Echard de Commanville, Histoire de tous les archeveschez, Table alphabétique des Archevêchés et Evêchés, Rouen 1700, p. 80. et MoroniG. Moroni, Dizionario, XVII, Venezia 1842, p. 140. attribuèrent aux archevêques latins de Corinthe le titre de « primat de toute l’Achaïe », mais il s’agit d’un décalque erroné du titre d’« exarque et hypertime de tout le Péloponnèse »Georgius Codinus Curopalata, De officiis magnæ ecclesiæ, et aulæ Constantinopolitanæ (Τακτικόν περί τών όφφικίων τού Παλατίου Kωνσταντινουπόλεως και τής μεγάλης Έκκλησίας), reproduite et traduite in Emmanuel Schelstrate, Antiquitas ecclesiæ dissertationibus, monimentis ac notis illustrata opera et studio, II, Roma 1697, p. 784-786. que portaient les archevêques grecs de Corinthe, car depuis Thomassin au moins, les ecclésiologues catholiques avaient l’habitude de traduire « exarque et hypertime » par « honoratissimus et primas »Louis Thomassin, Ancienne & nouvelle discipline de l'Eglise, I, Paris 1725, p. 177..
Archevêques résidentiels Nom Durée NotesGautier1212 – après 1215Inconnu10 juin 1224 – ?Inconnu1228Pierre de Confluenziafévrier 1268 – 5 avril 1278Guillaume de Moerbeke9 avril 1278 – ?Robert22 octobre 1286 – ?Matthieu d'Oseniovers 1294Louisvers 1300Jean de Spolète18 janvier 1306 – 5 juin 1307 Administrateur apostoliqueJacques5 juin 1307 – ?Barthélémyvers 1312Jacquesvers 1340 – 7 janvier 1349François de Massa29 mars 1349 – ?Paul15 mars 1363 – vers 1379Matthieu19 septembre 1386 – ?Stéphane8 juillet 1390 – 15 mars 1395Pierre-Jean26 avril 1395 - 12 janvier 1396Biagio12 janvier 1396 – ?Jeanvers le 25 juin 1407Antoine?Pierre Rainaldi14 février 1421 – ?
Archevêques titulaires Nom Durée NotesMarco Antonio Saraco 31 juillet 1476 – ?Giulio de Blanchisvers 1512 – ?Juan de Sepúlveda 1517 – ?13 février 1591 – 23 juillet 1597Dominique de Vic 1625 – 29 octobre 1629Jean-François Paul de Gondi 5 octobre 1643 – 21 mars 1654Carlo Bonelli 16 octobre 1656 – 15 avril 1665Giacomo Filippo Nini 28 avril 1664 – 15 mars 166629 mars 1666 – 18 avril 1667Galeazzo Marescotti 27 février 1668 – 23 mars 1676Francesco Martelli 9 septembre 1675 – 21 juillet 169819 décembre 1698 – 1699Angelo Maria Carlini11 décembre 1702 – 1715 (Mundillus Orsini)26 juin 1724 – 20 novembre 1724Giuseppe Spinelli5 septembre 1725 – 15 décembre 1734Giovanni Francesco Stoppani 14 mars 1735 – 20 mai 175422 juillet 1754 – 29 novembre 175528 mars 1757 – 13 mars 1758Henry Benedict Mary Clement Stuart of York2 octobre 1758 – 13 juillet 1761Marcantonio Colonna 19 avril 1762 – 20 septembre 1784Ippolito Antonio Vincenti Mareri11 avril 1785 – 21 février 1794Giuseppe Maria Spina 10 juin 1798 – 24 mai 1802Dionisio Ridolfini Conestabile9 août 1802 – 26 septembre 180326 mars 1804 – 27 mars 1837Giuseppe Angelini21 décembre 1868 – 8 janvier 1876.1 avril 1882 – mars 1911Pie de Langogne Blaise-Armand de Sabadel27 novembre 1911 – 4 mai 1914.Bonaventura Cerretti 10 mai 1914 – 14 décembre 1925Louis Petit 24 juin 1926 – 5 novembre 1927 6 novembre 1927 – 9 mai 1951Gennaro Verolino 5 septembre 1951 – 17 novembre 2005
Notes et références
Annexes Bibliographie
Konrad Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, vol. 1, p. 210; vol. 2, p. 136; vol. 3, p. 178; vol. 4, pp. 164-165; vol. 5, p. 173; vol. 6, p. 183
Liens externes
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