Les élections législatives népalaises de 2022 ont lieu le afin d'élire les 275 députés de la Chambre des représentants du Népal.
Les élections sont par deux fois prévues de manière anticipée un an plus tôt, en raison de dissensions au sein du Parti communiste au pouvoir ayant mené en mai 2021 à la chute du gouvernement du Premier ministre sortant Khadga Prasad Sharma Oli. La dissolution du Parlement est cependant invalidée chaque fois par la Cour suprême, jusqu'au vote de confiance début juillet du nouveau Premier ministre Sher Bahadur Deuba.
Les résultats du scrutin sont contrastés. Comme en 2017, le Parti communiste marxiste-léniniste unifié arrive en tête des suffrages, suivi du Congrès népalais et du Parti communiste unifié maoïste, mais les deux partis communistes enregistrent un fort recul après deux années de dissensions ayant mené à la rupture de leur coalition, la chute du gouvernement de Khadga Prasad Sharma Oli et son remplacement par celui de Sher Bahadur Deuba.
De même, les partis de la coalition sortante menée par le Congrès népalais de Sher Bahadur Deuba obtiennent un total cumulé de siège supérieur à celui de tout autre groupe, mais ne parviennent pas à obtenir la majorité absolue. Formée par la réunion en 2021 de la quasi-totalité de l'opposition, la coalition souffre par ailleurs de sa composition hétéroclite, qui allie les maoïstes à leurs adversaires congressistes des élections précédentes. L'absence de majorité claire conduit à de difficiles négociations en vue de la formation d'un gouvernement de coalition.
Le scrutin aboutit finalement à un retournement d'alliance : le Parti communiste maoïste se rallie au Parti communiste marxiste-léniniste, reformant ainsi leur coalition de 2017, élargie à plusieurs autres partis. En échange de son ralliement, le dirigeant des maoïstes, Pushpa Kamal Dahal, obtient le poste de Premier ministre.
La coalition ne tient cependant que trois mois, l'élection présidentielle de mars 2023 étant l'occasion pour Dahal de négocier le retour à la coalition préexistante tout en se maintenant au poste de Premier ministre, en échange de l'élection à la présidence de Ram Chandra Poudel, membre du Congrès népalais.
Contexte vignette|gauche|Le Premier ministre sortant K. P. Oli. Les élections législatives de sont les premières organisées sous la nouvelle Constitution népalaise de 2015, mettant un terme à la longue transition ayant transformé la monarchie unitaire en une république fédérale. Elles voient la très nette victoire de l'alliance du Parti communiste marxiste-léniniste unifié (centre-gauche, malgré son nom) et du Parti communiste maoïste (extrême-gauche) qui remporte plus de 60 % des sièges. Le Congrès népalais (centre-gauche) du Premier ministre sortant Sher Bahadur Deuba est nettement distancé Proportional representation: A likely scenario KathmanduPost.
Khadga Prasad Sharma Oli devient Premier ministre le Oli appointed as 38th PM of Nepal MyRepublica, soutenu par une coalition communiste élargie au Forum fédéral socialisteWith FSFN on board, Oli govt has two-thirds majority Myrepublica, obtenant ainsi le soutien d'une majorité des deux tiers du parlement pour la première fois depuis plus de soixante ansTwo-third majority government after six decades-Chair Dahal My Republica. Suivant une promesse de campagne, les deux partis communistes fusionnent pour former le Parti communiste du Népal (PCN)Nepal's 2 major parties merge to form Nepal Communist Part.
Courant 2020, cependant, Oli fait face à des dissensions internes au parti causées par une faction menée par Pushpa Kamal Dahal et Madhav Kumar Nepal, qui accusent le Premier ministre d'échouer à mettre en œuvre ses promesses de campagne et à lutter contre la corruption. Ces désaccords culminent avec le dépôt d'une demande de mise au vote d'une motion de censure pour le dimanche . Oli réagit en demandant à la présidente Bidya Devi Bhandari la dissolution de la chambre avant que ne puisse être votée la motion, une décision qui provoque de vives critiques au sein de la classe politique népalaise et plusieurs manifestations à son encontre....
La Cour suprême annule cependant la dissolution le , avant de juger invalide la fusion des deux partis communistes par une décision rendue publique le 7 mars suivant, ajoutant à la confusion dans laquelle se trouve alors plongé le système politique népalais. La cour juge invalide la fusion en raison de l'existence d'un parti du même nom au moment de la création du nouveau parti, tout en n'excluant donc pas une fusion future sous un nom différent.
vignette|redresse|Sher Bahadur Deuba Avec le retrait du soutien du parti maoïste ainsi recréé, Oli se voit contraint à demander un vote de confiance à la Chambre des représentants. Le vote, organisé le voit le Premier ministre échouer à réunir la majorité absolue nécessaire pour se maintenir en poste. Seuls 93 parlementaires votent ainsi la confiance, bien en deçà des 136 voix sur 275 nécessaires. Ses opposants réunissent quant à eux 124 voix à son encontre, le reste s'abstenant. La chute du gouvernement conduit Oli à assurer les fonctions de Premier ministre par intérim... Quatre jours plus tard, cependant, il est à nouveau nommé Premier ministre par la présidente, l'article 76 de la constitution permettant la nomination du chef du parti ayant le plus de parlementaire à la chambre, à condition qu'il se soumette dans les trente jours à un vote de confiance...
Sher Bahadur Deuba parvient à réunir autour de lui l'opposition, y compris une partie de ses anciens adversaires maoïstes, ce que lui permet de recueillir suffisamment de soutien pour une candidature au poste de Premier ministre, qui doit alors être confirmée par un vote de confiance. Bénéficiant du soutien de la présidente Bidya Devi Bhandari, Oli lui fait cependant initier le la procédure de recherche d'une majorité à la chambre prévu par l'article 76 de la constitution, sans pour autant démissionner ni se soumettre devant cette dernière à un vote de confiance. Jugeant la chambre dans l'incapacité de réunir une majorité stable autour du Premier ministre sortant comme de son concurrent, la présidente dissous le soir même la chambre des représentants, et convoque pour la deuxième fois des élections anticipées, cette fois-ci fixées au 12 et 19 novembre..
Le , cependant, la Cour constitutionnelle provoque un nouveau retournement de situation en jugeant inconstitutionnelle la décision de la présidente de dissoudre la chambre sur demande de K.P Oli.. la Cour ordonne que celle-ci soit réinstauré dans ses fonctions, et que Sher Bahadur Deuba soit nommé Premier ministre dans les 28 heures.... Après avoir prêté serment le lendemain, Deuba dispose de 30 jours pour obtenir un vote de confiance, faute de quoi la chambre sera dissoute.... Le , il remporte le vote de confiance par 165 voix pour et 83 contre. Il réunit les soutiens des députés de son parti, le Congrès népalais, du Parti communiste unifié maoïste, du Parti socialiste populaire, et d'une vingtaine de dissidents du Parti communiste marxiste-léniniste unifié...
Système électoral vignette|Bâtiment du parlement à Katmandou. Le Népal est dotée d'un parlement bicaméral, dit Parlement fédéral, dont la Chambre des représentants est la chambre bassepdf Constitution du Népal, article 83. Elle se compose de 275 députés élus pour un mandat de cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sont ainsi à pourvoir 165 sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels se rajoutent 110 sièges pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste avec seuil électoral de 3 % dans une unique circonscription nationalepdf Constitution du Népal, article 84. Les électeurs votent ainsi sur deux bulletins de vote séparés. Les députés élus au scrutin majoritaire mais appartenant à un parti ayant échoué à atteindre le seuil électoral sont classifiés au parlement comme indépendants.
Chaque parti se voit attribuer un logotype officiel représentant un objet dessiné de manière simple et reconnaissable, afin que même les individus ne sachant ni lire ni écrire puissent voter. L'analphabétisme touche en effet plus de 30 % de la population adulte au Népal..
Les précédentes élections avaient eu lieu en deux phases, le nord du pays votant dans un premier temps, et le sud la semaine suivante. En 2022 cependant, la commission électorale estime que les conditions sont réunies pour l'organisation des élections en une seule fois...
Conditions de candidature Pour être candidat, les conditions suivantes doivent être réuniespdf Constitution du Népal, article 87 : Être citoyen du Népal Avoir au moins 25 ans Ne pas avoir de casier judiciaire Ne pas être sujet à une inéligibilité issue d'une loi fédérale Ne pas occuper de poste dont la rémunération est assurée par le gouvernement népalais
Forces en présences PartiIdéologieChef de fileRésultat en 2017Parti communiste marxiste-léniniste unifiéनेपाल कम्यूनिष्ट पार्टी (एकीकृत मार्क्सवादी-लेनिनवादी), (PCN(MLU))Centre gauche Communisme, centralisme démocratique, démocratie populaire multipartiteKhadga Prasad Sharma Oli33,25 % des voixCongrès népalais नेपाली कांग्रेस, (NC)Centre à centre gaucheSocial-démocratie, troisième voieSher Bahadur Deuba32,78 % des voixParti communiste unifié maoïste नेपाल कम्युनिस्ट पार्टी (माओवादी), (PCUN-M)Extrême gaucheCommunisme, MaoïsmePushpa Kamal Dahal13,66 % des voixParti socialiste populaire du Népalजनता समाजवादी पार्टी, नेपाल), (PSP-N)Centre gauche à gaucheSocialisme démocratique, progressisme, défense des minoritésUpendra Yadav(FusionIssu de la fusion en 2019 du Parti de la nouvelle force avec le Forum fédéral socialiste, dont le parti reprend les symboles, pour former le Parti socialiste du Népal, lui même fusionné en 2020 avec le Parti populaire national pour former le Parti socialiste populaire du Népal)10,74 % des voix Parti communiste socialiste unifiéकम्युनिष्ट पार्टी (एकीकृत-समाजवादी, (PCN-SU)GaucheCommunisme, marxisme-léninisme, démocratie populaire multipartiteMadhav Kumar NepalScission duPCN(MLU)
Résultats
+Résultats des législatives népalaises de 2022Commission électoraleRésultatsFichier:Nepal House of Representatives 2022.svg PartisProportionnelleCirconscriptions Total +/- Voix % +/- Sièges Voix % Sièges +/- Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (CPN (UML))26,953430,834478 Congrès népalais (NC)25,713223,195789 Parti communiste du Népal (centre maoïste)En alliance avec le Parti socialiste du Népal. (CPN (MC))11,13149,371832 Parti national indépendant (RSP)10,70137,77720 Parti national démocratique (RPP)5,5875,24714 Parti socialiste populaire du Népal (PSPN)3,9953,62712 Parti Janamat (JP)3,7452,7916 Parti communiste socialiste unifié (CPN (US))2,8304,161010 Parti de la liberté du peuple (NUP)2,5701,6433 Parti socialiste démocratique (LSPN)1,5801,6244 Parti des travailleurs et des paysans (NWPP)0,7100,6811 Parti Hamro (HNP)0,5300,5400 Organisation nationale mongole (MNA)0,4600,4100 Front populaire national (RJ)0,4400,5511 Parti fédéral socialiste (NFSP)0,4000,0700 Parti communiste marxiste-léniniste (NCP (ML))0,2900,1800 Parti national de libération du peuple (RJP)0,2300,3200 Autres partis (42)Moins de 0,20 % chacun.2,16 –01,4500 Indépendants5,5755 Suffrages exprimés 94,9194,94 Votes blancs et invalides 5,09 5,06 Total 100 – 110 100 165 275 Abstentions38,1538,59 Inscrits/Participation61,8561,41
Analyse et conséquences vignette|Parti arrivé en tête par province vignette|Parti arrivé en tête par district vignette|Parti arrivé en tête par circonscription au scrutin majoritaire
Recul des communistes et absence de majorité nette