François Martin dit Martin de Grenoble est un sculpteur français actif principalement à Paris durant la période révolutionnaire, né le à Grenoble (Isère). et mort le à Lyon (Rhône)..
Biographie Jeunesse grenobloise François Joseph Martin naît dans le quartier Saint-Louis de Grenoble, où son père est luthier. Dès l’âge de 11 ans, il fréquente l’École Publique de Dessin de Grenoble, dirigée par Jacques-André Trelliard-Desprats., qui s'est lui-même formé en Italie. Il reçoit cet enseignement jusqu’en , où il obtient un accessit pour le "genre des académies"..
François Martin concourt pour le grand prix de sculpture à l'ancienne Ecole académique de Paris entre 1772 et 1775...
Années parisiennes Sa carrière de sculpteur commence vraiment lorsqu'il monte à Paris en , où il est élève de l'Académie royale. En , une lettre au ministre de l'intérieur révèle qu'il a été , car il appose cette mention à côté de sa signature.
En , il apparaît dans un "état des élèves formés par l'école de dessin de Grenoble" comme ..
Il expose au Salon de la Correspondance, en ainsi que l’année suivante.
A cette époque, travaillant plusieurs matières, il exécute de nombreux bustes de personnages connus, historiques ou contemporains, et quelques figures de femmes, bustes dont il vend des épreuves commercialement. Le , le Journal général de la cour et de la ville fait l'éloge de ses bustes (valeur équivalente en : 62 €)....
Engagement révolutionnaire Outre sa lettre de au ministre de l'intérieur, véritable credo révolutionnaire (), de nombreuses sources montrent que François Martin a épousé les idées de la Révolution, mettant son art au service de cette cause, tout en exerçant une action militante .
Le , Pascal-Thomas Fourcade, adjoint à la commission de l'instruction publique du Comité de salut public, écrit dans un rapport à celui-ci .
Le même jour, un arrêté du Comité lui attribue la somme de pour sa participation au concours de l'an II par la soumission d'une figure en pied de la Liberté. Cette indemnité lui sera renouvelée le par un arrêté co-signé par Robespierre.
Le , pour les bustes de Jean-Jacques Rousseau et de Benjamin Franklin offerts au Comité de salut public, celui-ci ..
Le , nouvelle autorisation accordée pour .
Le , le Comité de salut public décide d'octroyer des . en bénéficient, dont François Martin à hauteur de .
Le rapport de Fourcade atteste l'amitié entre François Martin et Marat.
Il fut lié également avec Fréron,Tallien et Chénier..
Adresses successives à Paris En : collège des Trésoriers près de la porte de la Sorbonne En : rue de Tournon à l'hôtel du Saint-Esprit Le : 3 rue Neuve-Saint-Marc Le : 5 rue Gît-le-Cœur Le : rue Hautefeuille Le : 2 rue Grétry
Installation à Lyon À la fin de l’année , début du Directoire, il s’établit à Lyon.. Il y poursuit son activité de statuaire en exécutant les bustes de personnalités civiles et militaires, généralement locales.
Il se marie à Grenoble le avec Thérèse-Françoise Barberoux, native de Saint-Marcellin (Isère)..
Il meurt à Lyon le . Son acte de décès le qualifie de . Il s'était donc remarié. Bénézit rapporte que ses amis se cotisèrent pour le faire enterrer., et Edmond Maignien, qu'il laisse .
Selon une rubrique nécrologique parue dans un journal de Grenoble quelques jours après sa mort, .
Expositions
En et : il expose au salon de la Correspondance les bustes du botaniste Linné, de Parmentier, de Bailly, de La Fayette. En , au musée Carnavalet, exposition "Paris et la Révolution" : buste de Marat...
Du au au Musée de la Révolution française, Vizille (Isère), exposition temporaire "Face à face – Laneuville et Martin de Grenoble" : onze bustes réalisés par François Martin sont rassemblés et exposés, dont ceux de Voltaire et d'un personnage supposé être Diderot, signés au dos "Martin fecit". Et c'est en mettant une petite annonce dans la Tribune de l'art que le musée a retrouvé une pièce maîtresse de Martin de Grenoble, un buste de Marat signé et daté au dos "Martin de Grenoble fecit 1791 mai" .....
Œuvre Les archives permettent de dénombrer au moins une quarantaine de personnages sculptés de la main de François Martin, quasiment tous en buste. Mais sa production totale a été beaucoup plus importante, du fait de la réalisation en plusieurs exemplaires de ses bustes "en talque blanche, couleur de terre cuite & bronzée" destinés au grand public. Il utilisa aussi la terre crue patinée et le marbre blanc.
Quant à son style, l'examen global de ses œuvres fait apparaître de nombreux signes de réalisme, sans complaisance systématique envers ses modèles.
Si l'on excepte un buste en marbre blanc de Montesquieu vendu chez Sotheby's en , étrangement signé “F. MARTIN GRATIANOPOLITANUS AETATIS 15 fecit” ("F. Martin de Grenoble l'a fait à l'âge de 15 ans"), ce qui tendrait à l'attribuer à la période grenobloise du sculpteur., la majeure partie de sa production a eu lieu à Paris, puis dans une moindre mesure à Lyon.
Période parisienne Ses principales sources d'inspiration sont alors :
Personnages de l'antiquité ou de l'histoire Brutus, Scévola, Guillaume Tell.
Monde des lettres, de la philosophie, de la Renaissance ou de l'époque classique Bossuet, Corneille, Fénelon, La Fontaine, Montaigne, Newton, Racine.
Philosophes, hommes de lettres, artistes, savants des Lumières Buffon, Diderot (attribution présumée), Euler, Franklin, Gluck, Linné, Mably, Montesquieu, Parmentier, Piron, Jean-Baptiste Rousseau, Jean-Jacques Rousseau ("découvrant la Nature"), Voltaire, Washington.
Personnages de la Révolution et contemporains illustres Bailly, Desmoulins, Despréaux, La Fayette, Lalande, Marat (buste. et tombeau), Mirabeau, Philippeaux.
On peut y ajouter de Choiseul-Stainville, victime de la Révolution sans y avoir participé..
Une galerie d'art propose dans son catalogue un buste "présumé de Louis-Charles de France dit Louis XVII" en terre cuite signé au dos "Martin fecit".
Divers Selon les textes, François Martin a reçu de nombreuses commandes d'anonymes. Dans cette catégorie, très peu d'œuvres sont conservées ou lui sont clairement attribuées : une jeune fille les cheveux retenus par un ruban, en marbre blanc, un buste de femme en terre cuite. On y trouve aussi une figure en pied de la Liberté.
Période lyonnaise Des personnalités de la ville lui passent des commandes de bustes. On connaît en particulier ceux de Bureau de Pusy, préfet du Rhône, du général Duhesme, en service sous la Révolution puis sous l'Empire, de Pierre Jubié (marqué au dos "16 7 1799 Martin" et "Pierre Jubié de Lyon né à La Sône le âgé de "), Jean-Emmanuel Gilibert 1741-1814Béatrice Besse : La liberté ou la mort, François Martin sculpteur de la Révolution.
La mort le surprend alors qu'il travaille à un buste de Pie VII.
Collections publiques Musée Carnavalet Buste de Gluck en terre cuite sur piédouche, signé au dos "Martin fecit".. Photographie par Albert Brichaut du buste de Marat présenté à l'exposition de la ville de Paris en 1900.. Buste de Camille Desmoulins en ronde-bosse..
Musée Cognacq-Jay Buste présumé de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, en marbre, signé et daté au dos "François Martin fecit 1789".
Musée Jacquemart-André En , un buste d'homme en terre cuite, sur socle en marbre, de de haut, daté et signé François Martin, fut acquis par la collection Jacquemart-André..
Musée de la Révolution française (Vizille, Isère) Buste de femme en terre cuite. Buste en terre crue patinée de Pierre Jubié de Lyon, daté et signé "16 7 1799 Martin"..
Musée des Beaux-Arts de Lyon Buste d'homme en terre cuite signé au dos "Martin fecit"..
Références
Annexes
Bibliographie
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Liens externes
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