Le Tennis Club de Lyon (TCL) est l’un des plus anciens clubs de tennis de France. Fondé en 1864 sous le nom de Lyon’s Cricket Club (LCC) par des Britanniques établis à Lyon, il adopte son appellation actuelle, Tennis Club de Lyon, en 1898. Selon l’historien du sport Henry Wallet, « le Tennis Club de Lyon est un des premiers clubs fondés en France ». L’ancien président de la Fédération française de lawn-tennis (devenue Fédération Française de Tennis par la suite) Philippe Chatrier, souligne également son ancienneté en rappelant que le club « est peut-être celui dont les lettres de noblesse sont les plus anciennes de France. Songez qu’il est plus vieux que le tennis puisqu’il est né dix ans avant que le major Wingfield n’inventât le Sphairistikè ».

Au cours de son histoire, les courts du Tennis Club de Lyon ont accueilli de nombreux joueurs de premier plan sur la scène nationale et internationale. Le club est notamment associé à Henri Cochet, l’un des « Quatre Mousquetaires » et ancien numéro 1 mondial, qui y est né, ainsi qu’à la formation de joueuses comme Marion Bartoli et Elsa Jacquemot, cette dernière ayant occupé la première place mondiale en juniors en 2020.vignette|Vue aérienne du Tennis Club de Lyonalt=Terrasse et bar du Tennis Club de Lyon|vignette|Terrasse et bar du Tennis Club de Lyon

Histoire alt=Livres d'archives du Tennis Club de Lyon|vignette|Livres d'archives du Tennis Club de Lyon

Origines Fondé en 1864, le Lyon's Cricket Club (LCC) est créé sur les pelouses du parc de la Tête d’Or par des hommes d’affaires britanniques établis à Lyon, sous le patronage de l’empereur Napoléon III et la présidence honoraire de la maréchale Canrobert. Le club compte alors environ 80 membres. À partir de 1878, en complément de la pratique du cricket, ses dirigeants introduisent le lawn-tennis (tennis sur gazon), discipline qui prend progressivement le pas sur le cricket : en 1879, l’acquisition d’un nouveau filet de lawn-tennis témoigne de l’essor de ce sport au sein du club. En 1889, le Lyon's Cricket Club organise son premier tournoi officiel de lawn-tennis.  

L’année 1893 marque un tournant dans l’histoire du club. Contraint de quitter le parc de la Tête d’Or, choisi comme site de l’Exposition universelle, internationale et coloniale de Lyon de 1894, le Lyon's Cricket Club s’installe à proximité, sur les terrains de la Société des courses, boulevard de l’Hippodrome du Grand Camp, un emplacement appartenant également à la ville de Lyon.

De la cricket society au Tennis Club de Lyon En 1898, le Lyon’s Cricket Club prend officiellement le nom de Tennis Club de Lyon. À cette occasion, les statuts du club sont révisés et les comptes rendus des assemblées générales ainsi que des réunions de comité, jusque-là rédigés en anglais, le sont désormais en français. L’année suivante, en 1899, le club fait construire deux courts couverts en bois attenants au restaurant et adhère à l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques, ce qui permet à ses joueurs de participer à l’ensemble des tournois organisés sous son égide. Le club compte alors 198 membres. En 1900, il dispose de huit courts en terre battue, en plus des courts couverts.  

Le 22 février 1901, M. et Mme Gustave Cochet s’installent comme gérants du club et, le 14 décembre 1901, leur fils Henri Cochet y naît. Il deviendra l’un des principaux représentants du tennis français, plusieurs fois champion du monde et membre du groupe des « Quatre Mousquetaires ». En 1904, le club engage son premier professeur de tennis, puis crée en 1905 le Tournoi international de Lyon sur courts couverts, organisé au sein même de ses installations.vignette|Henri Cochet Entre-deux-guerres et diversification Entre 1914 et 1918, les compétitions sont interrompues en raison de la Première Guerre mondiale et les courts couverts du club sont réquisitionnés par l’autorité militaire pour le stockage de matériel. En 1920, après la création de la Fédération française de lawn-tennis (future Fédération française de tennis, FFT, en 1976), le Tennis Club de Lyon organise son premier tournoi depuis le conflit, où Henri Cochet, alors âgé de 19 ans, affronte notamment Jean Borotra, tandis que le club compte 340 membres. Les années suivantes voient à la fois des difficultés et un rayonnement sportif : en 1922, une crue du Rhône détruit les courts couverts, mais dès 1923, le club accueille la rencontre France–Suisse de Coupe Davis, puis organise en 1925 la première « Coupe de Noël », réunissant notamment Jean Borotra, Jacques Brugnon et Max Decugis, alors qu’il dispose de quatorze courts en terre battue.

Parallèlement, le club diversifie ses activités : une équipe de hockey sur gazon est créée en 1926, avec la participation d’Henri Cochet, avant que cette section ne fusionne en 1998 avec celle du Football Club de Lyon (FCL) à la demande de la ville. En 1936, l’équipe de bridge du Tennis Club de Lyon se classe vice-championne de France. Durant la Seconde Guerre mondiale, le club est de nouveau affecté par le contexte : en 1944, une nouvelle crue du Rhône endommage les installations, puis, en 1945, le site est utilisé comme dépôt et dortoir pour les troupes.

Rayonnement national et international Entre 1947 et 1948, le Tennis Club de Lyon accueille les Internationaux de France de tennis en salle : Jean Borotra s’impose en 1947 face au Suédois Torsten Johanssen, puis l’Espagnol Pedro Masip l’emporte en 1948 contre Henri Cochet. En 1950, le club reçoit le tournoi du trentenaire de la Fédération française de tennis. En 1951, le Tournoi international de Lyon sur courts couverts, créé en 1905, prend le nom de Coupe Cozon, en hommage à l’un des présidents du club, et un match d’exhibition y réunit plusieurs champions australiens. L’édition 1955 de la Coupe Cozon est marquée par une finale exceptionnelle entre Jaroslav Drobný et Budge Patty, interrompue après 100 jeux et finalement déclarée nulle, battant le record alors établi à Wimbledon.

Dans les années suivantes, le club continue d’accueillir des compétitions d’envergure : en 1959, il organise le Grand Prix d’Europe professionnel, réunissant notamment Tony Trabert, Lewis Hoad, Frank Sedgman et Ken Rosewall, puis en 1962 la rencontre France–Autriche de la Coupe du Roi de Suède, considérée comme l’équivalent européen de la Coupe Davis. En 1963, un match de gala des « Quatre Mousquetaires » accompagne la rénovation des structures d’accueil, tandis que l’équipe de hockey du club remporte le championnat de France.

À partir de 1964, l’avenir du Tennis Club de Lyon est à plusieurs reprises remis en question par des projets d’aménagement urbain (création de l’INSA, du campus de la Doua, d’un CREPS, puis projet d’autoroute LY II), qui menacent l’intégrité du site. Le club célèbre toutefois son centenaire la même année lors d’une exhibition réunissant Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon, Marcel Destremeau remplaçant René Lacoste. En 1966, il compte 1 140 membres et, en 1969, le projet d’autoroute est finalement réduit à un simple élargissement du boulevard Stalingrad, limitant l’impact sur ses installations.

Modernisation et crise des effectifs Dans les années 1970, le Tennis Club de Lyon continue d’accueillir des compétitions d’envergure nationale. En 1970, il reçoit à nouveau les Internationaux de France de tennis en salle, puis en 1974 le Championnat national de France dit « Le National », remporté par François Jauffret face à Patrick Proisy. En 1978, la Coupe Cozon passe au second plan derrière le Masters, disputé l’après-midi : Patrice Beust s’impose en finale de la Coupe Cozon contre Denis Naegelen, tandis que la finale du Masters oppose Gilles Moretton, formé au club, à Yannick Noah. Cette rencontre en cinq sets se conclut par un tie-break resté marquant, remporté 27-25 par Moretton.

Au cours des décennies suivantes, le club consolide son statut. Il est désigné « club le plus sportif de France » en 1980 et se dote de cinq nouveaux courts couverts en 1983. En 1987, le Tennis Club de Lyon accueille les qualifications du Grand Prix de Tennis de Lyon, créé par Gilles Moretton. La Coupe Cozon et le Tournoi international de Lyon sur courts couverts prennent alors fin, le parquet n’étant plus une surface officielle : le court central est recouvert de moquette pour la dernière édition de la Coupe Cozon, tandis que deux courts en Taraflex remplacent les parquets des courts n°2 et 3, le court en bois n°1 étant conservé.

Recomposition et professionnalisation de la gestion À partir du milieu des années 1990, le Tennis Club de Lyon fait face à un contexte plus difficile. En 1994, dans un cadre de baisse du nombre de licenciés au niveau national et de recul de ses propres effectifs et recettes, le club lance un appel exceptionnel de cotisation auprès de ses membres. L’année suivante, il recrute pour la première fois un directeur salarié, alors que la gestion était jusque-là assurée uniquement par des bénévoles : Jérôme Vanier, ancien numéro 7 français et ex-152e joueur mondial sur le circuit ATP, est nommé avec pour mission de développer l’école de tennis et la compétition, et de former de futurs joueurs du club.

Pour retrouver une capacité d’accueil de compétitions de haut niveau au cœur du site, une nouvelle surface de type GreenSet est installée en 1997 sur les parquets de chêne des courts couverts, qui bordent le restaurant, le bar et le club-house. En parallèle, le club est confronté à un projet de regroupement des grandes écoles sur le campus de la Doua : dans ce contexte de réaménagement universitaire, il demeure plus de cinq ans sans contrat formel d’occupation de son site, tandis que le nombre de membres descend à 844 en 2002, contre 1 140 en 1966. La modernisation des courts couverts est achevée en 2007, avec l’ultime tranche de travaux d’installation de la surface GreenSet.

Retour du haut niveau et ouverture multi-raquettes À la fin des années 2000, le Tennis Club de Lyon voit revenir des compétitions de haut niveau après la disparition progressive des grands tournois organisés sur son site à partir de 1987 et l’arrêt du Grand Prix de tennis de Lyon en 2009. Entre 2009 et 2011, le club accueille ainsi l’Open féminin GDF Suez. Des difficultés à réunir des partenaires et des mécènes pour un tournoi féminin conduisent cependant à l’arrêt de l’épreuve, malgré une tentative de poursuite par la ligue régionale sur ses propres installations. En 2012, le Tennis Club de Lyon devient membre de l’association Centenary Tennis Clubs (CTC), qui regroupe des clubs centenaires ayant joué un rôle important dans l’histoire du tennis, et organise à cette occasion un tournoi international réservé aux clubs centenaires européens, reconduit ensuite tous les deux ans.  

En 2014, le club célèbre son 150ᵉ anniversaire par une soirée de gala réunissant environ 850 invités, parmi lesquels le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb et plusieurs joueurs de Coupe Davis rassemblés par Gilles Moretton. La réception se tient sur les courts couverts historiques, en présence notamment de délégations venues de Dublin (Carrickmines Croquet and Lawn Tennis Club), Berlin (Rot-Weiss Tennis Club) et Barcelone (Real Club de Tenis Barcelona), invitées pour le tournoi des clubs centenaires. En 2015, le double parrainage exigé depuis 1944 est supprimé des statuts, afin de lever un frein à l’admission de nouveaux membres. Entre 2015 et 2017, le Tennis Club de Lyon accueille enfin les « Tsonga Camps », stages de tennis créés par le joueur professionnel Jo-Wilfried Tsonga en partenariat avec l’équipementier Babolat, qui rassemblent chaque été une centaine de jeunes âgés de 8 à 17 ans, en présence du joueur alors membre du top 10 mondial.

Rénovation, diversification et engagement sociétal