Pierre E. Lamaison, né le à Ondres et mort le à Bayonne, un éditeur et illustrateur français, engagé volontaire lors de la Première Guerre mondiale, membre des Forces françaises libres et évadé de France pendant la Seconde guerre mondiale, promoteur des cultures basque et landaise.
Biographie Pierre Eugène Lamaison naît le à Ondres (Landes) de Fabien Léon Lamaison, représentant de commerce et de Marie Lastrade. Il s’engage à et demi en à l’instar de son frère Jean Pascal Lamaison, engagé volontaire en , disparu le à Craonnelle (Aisne), déclaré « Mort pour la France » à Oulches (Aisne)Ville de Dax, Registre des décès, 21 avril 1921, transcription du jugement du tribunal de Dax du 30 décembre 1920 ; Mémoire des Hommes, « Base des Morts pour la France de la Première Guerre Mondiale », consulter en ligne..
P.E. Lamaison épouse Marie Lartigau en 1920 et s’installe comme imprimeur d’art et éditeur à Bayonne. Sans enfant, le couple adopte en 1940, Robert Lamaison, officier de l’Armée de l’AirRobert Lamaison (1916-1957), sous-lieutenant en 1938, Croix de Guerre avec deux palmes et une étoile d'or (La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 24 septembre 1940, , col. 3), devient directeur général de Renault aux États-Unis et meurt dans un accident d’avion dans le Pacifique., et Henri Lamaison, ingénieur de l’École polytechniqueHenri Lamaison (1918-2000), officier d’artillerie, prisonnier de guerre au château de Colditz, accomplit toute sa carrière professionnelle chez Esso S.A.F., directeur de la Raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon, puis PDG. demi-frères de P.E. Lamaison. Il est l’oncle de Pierre Lamaison, anthropologue et historien.
Pierre E. Lamaison s’engage dans la Résistance en dans la région de Bayonne occupée depuis Fondation de la France Libre, Liste des volontaires FFL version 42, ligne 28033 (consulter en ligne).. L’invasion de la zone libre en le pousse à passer en Espagne où il subit l’emprisonnement comme tous les évadés. Parmi les premiers libérés, il peut gagner Casablanca en et contribue aux activités de l’Union des évadés de France. De retour à Paris il en devient l’une des chevilles ouvrières avec Jacques Meyer, conseiller d’État, président de la Sofirad jusqu’au début des . Parallèlement, P.E. Lamaison reprend en 1946 ses activités d’éditeur et d’illustrateur. Retraité à Hendaye, il meurt à Bayonne en 1980.
Premières implications dans la vie culturelle du Sud-Ouest Les premières peintures de Pierre E. Lamaison sont exposées en à Hossegor lors de la Quinzaine régionaliste où une partie d’un chalet landais spécialement édifié dans la forêt est consacrée à l'exposition rétrospective du peintre Lizal Alex Lizal (Dax, 1878-1915) à qui le Musée de Borda à Dax consacre une exposition en 2016. et l’autre à une exposition des œuvres d'artistes régionaux dont Ramiro Arrue et Maurice RigaudLa Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 28 août 1927, p. 1, col. 3 ; Id. 7 novembre 1927, , col 3, p. 4, col. 1.. L'année suivante il illustre l'ouvrage d'E. Valdeyron, Sous le soleil d'Olympie avec ses lettrines, vignettes et culs-de-lampe.
On retrouve des œuvres de Ramiro Arrue dans l’exposition d’Arts graphiques montée en 1932 par P.E. Lamaison dans les nouveaux bureaux de son imprimerie d‘art, les Ets Madim, place des Basques à BayonneLa Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 11 juin 1932, .. Cette même année, fin août, il expose à nouveau à Hossegor à la première exposition de la Société des artistes landais, présidée par Suzanne LabatutSuzanne Labatut (Dax, 1889-Hossegor, 1966), artiste-peintre, l’un des artisans du lancement d’Hossegor dans les années 1920-1930, présidente de la société des artistes landais, architecte voir en ligne., association dont il est l’un des membres fondateursLa Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 30 août 1932, p. 1, 4..
À la fin de il prend la direction de l'hebdomadaire de la vie landaise, Les Landes , créé deux ans plus tôt à Capbreton par Mathias Morhardt, mais dont la parution s'arrête à la fin de 1934La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 2 novembre 1934, p. 4, col. 3.. Cette publication, bien qu'éphémère, permet cependant au fil de cinq de ses livraisons la republication d’un classique régional de Bernard Saint-Jours, L'embouchure primitive de l'Adour et la fixité dix fois millénaire du littoral gasconCes articles, extraits du Journal des Landes, 2, 16 et 30 décembre 1933, 3 et 10 mars 1934, sont réunis en fac-similé sous le même titre dans une plaquette éditée par l’imprimerie Madim, Pierre E. Lamaison (dir.), Bayonne (s. d.), In-8°, 16 p. Voir la notice BnF.. Le désir des deux dirigeants du journal de promouvoir la culture, l'originalité et la gastronomie de leur région les amènent à publier en le Guide de la route et de la fourchette, brochure illustrée de promotion touristique des Landes qui bénéficie de l'aura de Curnonsky son préfacierLa brochure de 36 pages, illustrée et riche de nombreux encarts publicitaires, répertorie commune par commune les hôtels et surtout les restaurants landais dignes d'intérêt (Consulter en ligne).. vignette|80px|La pêche. À cette époque il crée un ensemble de caractères typographique basques pour célébrer l’Euskara, la langue basque, en s’inspirant des graphies tombales redécouvertes dans les par L. ColasLouis Colas, La tombe basque, recueil d'inscriptions funéraires et domestiques du Pays basque français, Biarritz, chez l'auteur, 1923, 420 p., consultable à la Bibliothèque historique de Bayonne.. Cette typographie met en valeur les lettres interpénétrées de l'alphabet basque comme le DE, le OEVoir en ligne une petite histoire de la typographie basque Consulter). Ces caractères ont été taillés dans des blocs de bronze à l'imprimerie Ferrus de Biarritz qui les conserve encore au Voir l'historique du caractère Ferrus lire en ligne..
La notoriété de Pierre E. Lamaison est alors suffisamment établie pour lui permettre d’être admis en 1935 à la Société de Borda, société savante des Landes à DaxIl fait don le à la Société de Borda d'un exemplaire de l'ouvrage de Ferdinand Barbe, Essai d'une bibliographie de Bayonne et de ses environs (1550-1920), que sa maison d'édition À l'enseigne des Arts Graphiques vient de rééditer en tirage de bibliophile (Bulletin de la société de Borda, 1935, p. XXXVII, lire en ligne)..
Deux ans plus tard, il est invité à créer deux imposants tableaux, « La chasse » et « La pêche », pour le stand des artistes landais ménagé dans le pavillon de Guyenne et Gascogne lors de l’Exposition universelle de 1937 ouverte à Paris du au au Champ de Mars, au Trocadéro et sur les bords de SeineCatalogue général officiel de l’Exposition Internationale des Arts et des Techniques dans la vie moderne à Paris en 1937 , p. 239..
Engagements pour la France Première guerre mondiale P.E. Lamaison s’engage pour trois ans le au d’artillerie à Dax. Passé sur sa demande au d’infanterie il rejoint le front dans l’Aisne où, refusant de se retirer de son poste de guetteur après un bombardement, il est blessé et cité à l’ordre du régiment le . Une commission de réforme l'affecte au service autos du d’artillerie ce qui le conduit à rejoindre le (groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons du , comme mitrailleur. vignette|droite|120px|Le temps des Blindées (P. Lamaison, TacaTacTeufTeuf) Nommé maître-pointeur en , il participe au service des tranchées à Bailly dans la boucle de l'OiseArchives Départementales des Landes, 1225 W 5, Ministère de la Guerre, 18e Région, subdivision de Bayonne, Registre matricule du recrutement, classe 1916, Lamaison, Pierre Jean Eugène, matricule 160, vues 222-224/1286 (Lire en ligne)..
C'est à l'automne 1916 qu'il conçoit avec Édouard Sené, maréchal-des-logis au même groupe, Taca Tac Teuf Teuf, le « Journal de tranchées des groupes d'autos-mitrailleuses ». Cette publication de 12 pages sur 2 colonnes, abondamment illustrée, imprimée à Paris, connait 9 numéros de à . P. E. Lamaison contribue activement à cette publication en lui fournissant de nombreux textes, des poèmes et plusieurs illustrations dans chaque numéro. Les combats de fin mars - début au sud de Noyon déterminent la fin du journal, d'autant que P. Lamaison, blessé le lors d'une attaque aux gaz alors qu'il veut remettre en état sa mitrailleuse, est gazé et évacué. Une deuxième citation, cette fois à l’ordre de l’armée, récompense son attitude courageuse pendant cet épisode.
Démobilisé comme brigadier en 1919, il milite dans les associations d’anciens combattants et se voit élu, en 1931, secrétaire général de la section des Basses-Pyrénées de la Fédération nationale des combattants volontaires..
Il reçoit la médaille militaire en 1934Décret du , Journal Officiel, ..
Évadé de France, le combat d’une vie Au Maroc pendant la guerre Les risques inhérents à l'engagement de Pierre E. Lamaison comme agent régulier des Forces françaises libres depuis le début de 1942 s'accroissent avec l'invasion de la zone libre en novembre. Il décide de passer en Espagne par l'Est des Pyrénées, la frontière étant devenue infranchissable par les chemins et cols du Pays basque, surprotégés. Avec ses trois camarades évadés fin , il est arrêté par les douaniers espagnols peu après le franchissement de la frontière et conduit en prison à Figueras puis, de là, transféré à GéroneVoir son témoignage, « Pâques 1943 », dans Évadés de France, bulletin de l'Union des évadés de France, février 1946 (Lire en ligne sur archive.org).. Pendant cinq mois il subit, comme tous les évadés de France dans les prisons espagnoles, des traitements indignes dont les victimes resteront marquées à vieRobert Belot, Aux frontières de la liberté, Vichy-Madrid-Londres. S’évader sous l’Occupation, Paris, Fayard, 1998, Coll. Pour une histoire du XXe siècle.. vignette|gauche|Place de France, rue de l'Horloge Casablanca Dès son arrivée à Casablanca, ne pouvant, vu son âge (), s'engager dans les Forces françaises combattantes, il contribue, aux côtés du Docteur Reboul, principal organisateur, à l'accueil des évadés, à leur hébergement et à leurs distractions. Il est désigné par le gouvernement de la France Libre pour enregistrer les déclarations des évadés (passage de la frontière, dates des arrestations, séjours et sévices dans les prisons espagnoles ou état sanitaire)J. Houdart, « La défense des évadés de France », Le Monde, 29 avril 1977 Lire en ligne dans les archives du journal.Note de Jacques Meyer à Pierre Viansson-Ponté, chef du service politique, Le Monde, s. d. (ca 1977), copie à P.E Lamaison, lire en ligne. et s'investit dans ce qui va devenir l'Union des évadés de France dont les bureaux se trouvent à l'hôtel Excelsior, place de France.
Les nécessités financières le contraignent à tenter de faire fructifier ses capacités créatrices. La galerie Goudard-Brindeau, rue de l'Horloge, proche de la place de France, accueille ainsi en une présentation de ses dioramas qu'il a voulu « animés de l'esprit de France »Le Petit Marocain, 14 mai 1944, Annonce, , col. 2..
À Paris, après-guerre vignette|150px|droite|P. Lamaison, D.A. UEF