Le sanctuaire Notre-Dame de Beauraing, également connu sous le nom de sanctuaire de la Vierge au cœur d'Or, est un édifice religieux catholique de style néo-roman qui est le sanctuaire marial construit après les apparitions de la Vierge Marie à cinq enfants, entre 1932 et 1933, dans la petite ville de Beauraing, en Belgique.

La construction de la première chapelle de ce sanctuaire marial débute en 1947, peu de temps avant la reconnaissance officielle des apparitions par Charue, évêque de Namur. Cette chapelle est consacrée en 1954. D'autres lieux de culte sont construits dans les années suivantes (la crypte, l'église supérieure), le site est progressivement aménagé, des bâtiments proches sont achetés par les responsables du sanctuaire pour accueillir et héberger les pèlerins. Le site s'étend et se développe jusqu'à la fin du . Ensuite vient le temps des rénovations et opérations d’entretien liées au vieillissement des installations.

En visite pastorale en Belgique (1985), le pape Jean-Paul II visite le sanctuaire en pèlerin et y célèbre la messe. En 2013, l'église du sanctuaire est élevée au rang de basilique mineure par le Saint-Siège.

Même si de nombreuses activités et retraites sont organisées, depuis une dizaine d'années, la fréquentation du sanctuaire diminue passant de à par an.

Localisation

Le sanctuaire est situé dans la petite ville de Beauraing, en Belgique, proche de la frontière française. La ville compte aujourd'hui ..

Historique Apparitions mariales de Beauraing thumb|Azulejos représentant l'apparition (Ponte da Barca, Portugal).

Du au , cinq enfants de Beauraing sont témoins de trente-trois apparitions mariales...

Ces événements entraînent durant, et après , une forte polémique dans la population entre les tenants de et leurs opposants. Cette polémique a lieu à l'intérieur de l'Église catholique et en dehors. Après plusieurs enquêtes canoniques, l'autorité diocésaine décide de reconnaître les apparitions. Le culte à la Vierge est autorisé en 1943, et le caractère surnaturel des événements est officiellement reconnu en 1949. Avant même la reconnaissance officielle, des pèlerins se rendent sur le site des apparitions...

Construction du sanctuaire thumb|right|La chapelle mariale (architecte Michel Claes). La construction de la première chapelle fait suite à une demande qu'aurait faite la Vierge le aux voyants. Ce n'est qu'après la reconnaissance du culte en 1943, puis la fin de la Seconde Guerre mondiale, que les travaux de construction de la vont pouvoir être entrepris. Ces travaux débutent en 1947 et sont terminés en 1954. La chapelle est bénie les 21 et par Charles-Marie Himmer, évêque de Tournai (et ancien vicaire de Beauraing).

Cette première chapelle est construite en pierres calcaires provenant de la région. Elle est l'œuvre de l'architecte Michel Claes (Namur, 1913 - Beauraing, 1995).. Passionné par l’architecture romane et l'harmonie des proportions basée sur le nombre d'or, Michel Claes (ancien assistant de Henry Lacoste, avec lequel il avait réalisé un premier projet pour le sanctuaire de Beauraing) a lu attentivement et annoté tous les ouvrages relatifs aux apparitions afin d'inscrire le message marial dans la construction.

Le jardin des apparitions est l'objet de multiples aménagements. Une statue, œuvre d'Aurélien Pierroux (le secrétaire du comité Pro Maria) remplace, le , les représentations antérieurement mises en place. La statue avait d'abord été réalisée en terre glaise le en suivant les indications des cinq enfants. Après approbation de l'œuvre par Charue, la statue a ensuite été taillée dans un bloc de marbre et a été placée à l’endroit précis où la Vierge est apparue. thumb|right|Podium et Vierge de l'Aubépine.

En 1946, l’œuvre (gestionnaire du sanctuaire) fait l'acquisition de la moitié de l'ancienne propriété des Ducs d'Ossuna, pour francs belges. Cette acquisition comprend le château Une source indique la date de 1945 (au lieu de 1946) pour l'achat du château. Voir . et un parc de . Dans le cadre des activités du sanctuaire, l'association le y organise des retraites pour adultes et pour des groupes de jeunes ainsi des rencontres diverses.

Lorsque les sœurs de la doctrine chrétienne quittent leurs bâtiments pour s'installer près de la rue de Rochefort (au tournant de 1950), elles libèrent les bâtiments de l'école qui sont récupérés par le Sanctuaire pour y organiser un accueil des malades.

En 1953, un carillon est placé au sommet de la tour de Hainaut. Le carillon est réalisé grâce à la générosité et à la compétence de l'abbé Molitor : vingt-neuf cloches fondues par la fonderie Michiels de Tournai. Elles sont bénies par Martin, archevêque de Rouen et André-Marie Charue, évêque de Namur.

La est construite à proximité de la chapelle, et un podium est construit au-dessus de ce lieu de culte.

vignette|L'intérieur du sanctuaire, réalisation de l'architecte Roger Bastin. L'église supérieure est construite de 1964 à 1968, et elle est consacrée à la Mère de Dieu. Ce grand bâtiment en béton est construit sur la colline selon les plans de l'architecte Roger Bastin (et G. Van Oost, collaborateur), au-dessus d'une crypte.

L'année 2007 a été marquée par d'importants travaux de restauration du Castel-Sainte-Marie et de la tour Charles-Quint.

En 2020, des failles dans le béton du podium, situé au-dessus de la crypte Saint-Jean, et des soucis d’étanchéité sont décelés. Un ingénieur, mandaté pour étude constate que la structure est endommagée, . Devenu dangereux, l'accès à la crypte est fermé, en attendant les travaux..

Grands événements dans le sanctuaire En 1982, à l'occasion du cinquantenaire des apparitions, le jésuite Camille-Jean Joset réalise une série de cinq dossiers historiques sur les faits : Thomas-Louis Heylen, de Namur (1899–1941), président du comité permanent des Congrès Eucharistiques Internationaux (1901–1941) confronté aux apparitions de Beauraing ; André-Marie Charue, de Namur (1941–1974), reconnaît les apparitions ; Au rendez-vous de Notre-Dame, message d'un demi-siècle 1932–1982 ; Sources et documents primitifs inédits antérieurs à la mi- ; Enquêtes officielles 1933–1951. thumb|Plaque mémorielle en souvenir du pèlerinage de Jean-Paul II. Le , le pape Jean-Paul II se rend en pèlerinage sur le lieu des apparitions. Il s'arrête au jardin des apparitions et rencontre les voyants et leurs familles, puis il célèbre une messe en plein air. À l'occasion du des apparitions, de multiples événements ont été organisés, dont une messe télévisée en Eurovision le . Un livre mémorial a été écrit par le recteur des sanctuaires et le président du séminaire de Namur.. Le sont lancées officiellement un ensemble de 19 routes de pèlerinagesL'article d'Alteia de 2013 indique un projet de vingt-cinq chemins de pèlerinage, celui de la Croix, en 2020 en indique 19., permettant de rejoindre le sanctuaire à pied ou à vélo, depuis toute la Belgique.. Le , l'église du sanctuaire est élevée au rang de basilique mineure par le pape.., lors de la messe de clôture des festivités du jubilé du des apparitions. Le ont lieu dans le sanctuaire les funérailles de Gilberte Degeimbre, la dernière des 5 voyants de Beauraing...

Recteurs des sanctuaires Liste des Recteurs du sanctuaire depuis sa fondation : 1943–1972 : chanoine Henri Massart 1972–1989 : abbé Albert Chenot 1989–1996 : chanoine Louis Son 1996–2007 : abbé Jacques Gilon 2008–2019 : abbé Claude Bastin 2019-ajd. : chanoine Joël Rochette (Vicaire général du Diocèse de Namur)

Description Présentation générale Le sanctuaire est composé d'un ensemble de bâtiments construits progressivement, ou achetés et agrégés à l'ensemble. À l'entrée se trouve un édifice de style néo-roman en calcaire bâti de 1947 à 1954 par l'architecte Michel Claes. Il s'agit de la première chapelle construite sur le site. Au-delà, se trouve une esplanade en pente dominée au fond par , elle-même construite sur la , et couverte d'une importante structure en béton étagée sur la pente du terrain.

À gauche de l'entrée, se trouve Il s'agit du lieu des apparitions.. Ce lieu est un espace de recueillement dallé et ombragé par quelques grands arbres. Cet espace est délimité sur deux côtés par un auvent en voiles de béton (également réalisé par R. Bastin).

et du sanctuaire sont installés dans l'ancien bâtiment de l'Institut des sœurs de la doctrine chrétienne. Ces bâtiments ont été aménagés (et récemment rénovés) pour accueillir des groupes de malades et accompagnants venant de Belgique et de l'étranger.

La chapelle Ce bâtiment en pierres taillées est l’œuvre de l'architecte Michel Claes. Conçu dans un style néo-roman, bâti en pierres de taille, dans du calcaire de la région, l'architecte a souhaité inscrire le message marial dans la construction et la symbolique des éléments. Ainsi : Les trois claveaux des fenêtres de l'abside évoquent la Trinité et le dernier jour des apparitions, le Les cinq ouvertures vers le lieu des apparitions symbolisent les cinq enfants, que l'on retrouve dans la loge des voyants, où les deux ouvertures représentent les deux sœurs Degeimbre et les trois lobes les trois enfants Voisin. L'ensemble est surmonté d'une rosace stylisant une fleur d'aubépine (arbrisseau auprès duquel la Vierge est apparue) les sept claveaux surmontant la chaire de vérité appellent sur le prédicateur les sept dons du Saint-Esprit les sept rainures - sources de vie coulant sous le vitrail de la Vierge - figurent les sacrements Les quinze pierres surmontant les baies du clocher de la pénitencerie sont un écho aux mystères du Rosaire cités lors du chapelet quotidien Les dix-sept claveaux de l'arcade d'entrée rappellent que c'est un que la Vierge a demandé une chapelle Les vingt-et-un triangles surmontant la fenêtre mariale commémorent le jour de décembre où la Vierge s'est manifestée comme .

Cette symbolique des nombres, omniprésente dans les éléments architecturaux, s'allie à une parfaite maîtrise technique. Ainsi l'entrée est asymétrique : à gauche, cinq piliers surmontés de cinq arcs qui se fondent progressivement en un seul évoquent les voix des cinq enfants qui s'unissaient quand apparaissait la Vierge. Mais cette entrée asymétrique est également ainsi conçue pour faciliter une sortie plus rapide des pèlerins les jours de grande affluence. L'architecte a dessiné chaque élément pierre par pierre, réalisant des centaines de plans, des milliers de dessins et de gabarits en zinc à l'usage des tailleurs de pierre.

Si le bâtiment est riche en symboles religieux, il est aujourd'hui mal adapté aux célébrations selon le concile Vatican II. Mais il favorise l'adoration qui y est possible chaque jour, car les murs épais du bâtiment, évoquant la force de la mère du Christ, isolent du bruit et du monde extérieur, et favorisent le recueillement.

Dernièrement, de gros travaux ont été réalisés dans cette chapelle.

Le jardin des apparitions

À gauche de l'entrée, se trouve . Ce lieu est un espace de recueillement dallé, et ombragé par quelques grands arbres. Cet espace est délimité sur deux côtés par un auvent en voiles de béton (également réalisé par de R. Bastin).

Après un temps de fermeture au public, un réaménagement complet du jardin et une restauration de la statue de la Vierge ont eu lieu en 2024.

L'église supérieure Construite de 1964 à 1968, l'église est consacrée à en 1968. Il s'agit d'un grand bâtiment en béton construit sur la colline selon les plans de l'architecte Roger Bastin et G. Van Oost (son collaborateur). Ce bâtiment permet d'accueillir jusqu'à . L'ensemble est couvert d'une importante structure en béton étagée, suivant la pente du terrain.

Ce bâtiment est construit au-dessus de qui supporte cette église. Au début des années 2000, la restauration des bétons, victimes d'un défaut ou d'une maladie inconnue à l'époque, a coûté un million d'euros au sanctuaire.