Louis BecqueyPar erreur, reprise par maints auteurs jusqu’à nos jours, le suffixe « Beaupré » ou « de Beaupré » est accolé au nom de Louis Becquey. Ni son acte de naissance, ni celui de ses frères, ni même l’acte de mariage de ses parents, ne font mention de ce suffixe. Aucun acte administratif relatif à Louis Becquey, ou signé par lui, ne fait également mention de ce suffixe. Dans les Archives des débats parlementaires, le nom de Becquey n’est pas cité avec le suffixe « de Beaupré ».Aussi, est-il surprenant que la Bibliothèque patrimoniale numérisée de MINES ParisTech titre des documents par « Becquey de Beaupré (François Louis)… » alors même que l’acte numérisé est signé « Becquey » et qu’il ne s’est jamais prénommé « François Louis » ; par exemple, Lettre de signée Becquey qui annonce avoir chargé Brochant de Villiers de la carte géologique de France et choisi Élie de Beaumont et Dufrenoy pour le seconder, 19 juillet 1825, ou Lettre de Becquey qui autorise Élie de Beaumont à passer l’hiver à Paris à la demande de Brochant qui « a besoin de conférer souvent avec vous pour la carte géologique de France », 7 janvier 1826.De même l’historique de l’administration des Ponts & Chaussée, sur le site du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie - comité d’histoire : « Les directions d'administration centrale, des origines à nos jours », mentionne (fichiers source PDF 1806-1829, page 77 et suiv.) « Louis-François Becquey de Beaupré » en qualité de directeur général des Ponts & Chaussées et d’ingénieur des Ponts & Chaussée, concepteur du pont d’Austerlitz, en donnant pour source, elle-même erronée, le Dictionnaire des parlementaires français... depuis le jusqu'au , Tome I, de « A à Cay », page 233 et suiv., sous la direction d'Adolphe Robert et Gaston Cougny, Paris, 1889 (sur le site Gallica de la BNF), alors même que la notice consacrée à Becquey dans ce Dictionnaire ne fait pas mention du suffixe « de Beaupré », ni de la qualité d’ingénieur des Ponts et Chaussée et encore moins de concepteur du pont d’Austerlitz conçu par son cousin Joseph Marie Stanislas Becquey-Beaupré (1750-1834) qui est, lui, ingénieur des Ponts & Chaussées.

(NB : le même fichier PDF (1806-1829) précité indique : « On doit au plan Becquey la plupart des grands canaux latéraux (Loire, Garonne, Somme, etc.) » alors que le Dictionnaire des parlementaires français... (op. cit.) ne fait pas mention de ces travaux. Au surplus le « plan Becquey » ne prévoit pas de canal latéral à la Garonne, mais une navigation sur la Garonne jusqu’à Moissac prolongée d’un canal vers Toulouse par Montauban. Le canal latéral à la Garonne a fait l’objet d’une concession en 1832, soit après le départ de Becquey de l’administration des Ponts & Chaussées).

L’erreur vient vraisemblablement de la notice consacrée à Becquey dans l’ouvrage de J.-B.-M Braun, Statistique constitutionnelle de la chambre des députés de 1814 à 1829, Paris, Pichon et Didier libraires, 1829, page 86, notice qui indique, par confusion entre Joseph Marie Stanislas Becquey-Beaupre (1750-1834), ingénieur des Ponts & Chaussées et directeur du dépôt des plans, et Louis Becquey (1760-1849), député de la Haute-Marne et directeur général des Ponts & Chaussées ; « Becquey-Beaupré (Haute-Marne), né à Vitry-le-François en 1760. Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, secrétaire du conseil et directeur du dépôt des plans dès 1800 ; ingénieur en chef du département de la seine en 1805. (…) ; directeur général des Ponts et Chaussées en 1817… ».Le suffixe « de Beaupré » appartient à une branche collatérale de la famille de Louis Becquey (cf. infra – référence généalogique) d’où est issu son cousin Joseph Marie Stanislas Becquey-Beaupré.Enfin, le prénom de François est celui de son frère. (1760 - 1849) est un magistrat, parlementaire et haut fonctionnaire sous la RestaurationSur le site internet des Annales des Mines, la carrière de Louis Becquey est résumée ainsi : « Louis Becquey, né à Vitry-le-Francois en 1760, décédé à Paris le 2 mai 1849, fut successivement membre de l'Assemblée législative en 1791, conseiller de l'Université en 1810, directeur général du commerce en 1814, député de la Haute-Marne en 1815, conseiller d'État en 1810 et directeur général des ponts et chaussées de 1817 à 1830. ». Texte repris de François-Pierre-H. Tarbé de Saint-Hardouin, Notices biographiques sur les ingénieurs des ponts et chaussées depuis la création du corps en 1716 jusqu'à nos jours, Paris, Baudry et libraires-éditeurs, 1884, page 14, note 1 bas de page.Par erreur, certains auteurs assignent à Louis Becquey l’emploi de directeur de l’École des ponts des chaussées alors qu’il n’y fut jamais nommé (Voir par exemple, Xavier Bezançon, Rétrospective sur la gestion déléguée du service public en France (Actes du colloque des 14 et 15 novembre 1996 au Sénat), in « Revue française de droit administratif », supplément au , mai-juin 1997, Paris, Sirey, repris par le même auteur dans Les Services publics en France, de la Révolution à la Première Guerre Mondiale, Paris, Presses de l'École nationale des ponts et chaussées, 1997, page 201, ou encore Xavier Bezançon & Daniel Devillebichot, Histoire de la construction - Volume 2, Paris, Eyrolles, 2014, page 69). Durant la période où Louis Becquey est à la tête de la Direction générale des ponts & chaussées et des mines, le directeur de l’École des ponts et chaussées est Gaspard Riche de Prony.

Fervent défenseur de la royauté, il ne rejette pas pour autant les acquis révolutionnaires et napoléoniens dans la construction d’un État rationnel et moderne. Il est partisan d’une monarchie constitutionnelle incarnée par la branche aînée des Bourbon à laquelle il reste fidèle toute sa vie

Son nom est attaché à un système de navigation intérieur (« plan Becquey ») visant à procurer à la France un réseau complet de communication par voie navigable. Les ports maritimes, les phares, les mines sont également l'objet de son action comme directeur général des Ponts & Chaussées et des Mines. Par ses différentes actions novatrices, il participe à la ré-industrialisation du pays.

Retiré de la vie publique et administrative à l’avènement de la monarchie de Juillet, il meurt quasi nonagénaire à son domicile parisien.

Biographie

Famille et études Louis Becquey, fils d’Augustin Alexis Becquey (1725 - 1807), magistrat (lieutenant-criminel« Le lieutenant criminel, eft un magistrat établi dans un fiege royal pour connoître de toutes les affaires criminelles. Le premier lieutenans criminel fut établi au châtelet de Paris… » (Cf. Diderot et d'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, 1751-1772, Tome neuvième, page 507) (sur le site Gallica de la BNF).Présentation de la juridiction du Châtelet de Paris (fonction et compétence) sur le site du ministère de la Justice.La charge était héréditaire dans la famille (Cf. Arthur Beugnot (bibliographie)). au bailliage et siège présidial de Vitry-le-François), et de Marie de Torcy (1726 - 1815)Acte de mariage d’Augustin Alexis Becquey et de Marie De Torcy (folio 19 du registre paroissial de Vitry-le-François année 1753 [vue numérisée 20/32]) (registre d’État-civil conservé aux Archives départementales de la Marne, cote E_dépôt_3297*)., issue d’une famille de magistrats, est né le à Vitry-le-François.

Il est issu d’une fratrie de sept enfantsCaquot (Bibliographie) donne quelques informations sur les trois frères Becquey ; Augustin-Joseph, François et Louis. ; Marie Madeleine (1754 - 1755) ; Augustin Joseph ( à Vitry-le-François - à Châlons-sur-Marne), ecclésiastiqueActe de naissance d’Augustin Joseph Becquey (folio 48 du registre paroissial (Notre-Dame) de Vitry-le-François année 1755 [vue numérisée 48/50]) (registre d’État-civil conservé aux Archives départementales de la Marne, cote E_dépôt_3254).Biographie d'Augustin Joseph Becquey in Amédée Lhote, Biographies châlonnaises, Genève, Slatkine reprints, 1971 (réédition), page 26.Voir également, [Collectif], L'ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Tome 55, Paris, librairie ecclésiastique d'Adrien Le Clere et , 1828.Il est décoré du grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur le , (voir dans la base ELEONOR des Archives nationales le dossier LH/161/86 d’Augustin, Joseph Becquey, abbé, provicaire général de Châlons). ; Marie Madeleine (1757 - 1838), mariée à Joseph de Saint-Genis le à Vitry-le-François ;