Roberto Calderoli, né le à Bergame, est un homme politique italien, membre de la Ligue du Nord.
De profession, il est un médecin spécialisé dans la chirurgie maxillo-faciale.
Biographie Carrière politique Il est un des dirigeants de la Ligue du Nord.
Vice-président du Sénat de 2001 à 2004, il remplace Umberto Bossi, victime d'un arrêt cardiaque, dans le gouvernement de Silvio Berlusconi en . Il occupe le poste de ministre des Réformes institutionnelles jusqu'au . Il est l'auteur principal de la controversée loi électorale italienne de 2005.
Il est nommé ministre de la Simplification (des lois) le dans le gouvernement Berlusconi IV. Alors qu'il était pressenti pour ce poste ministériel, Saïf al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen, tente d'empêcher sa nomination en menaçant l'Italie de « répercussions catastrophiques », car il le rend responsable des onze morts lors de la fusillade du . Deux jours auparavant, le , deux coups de mortier ont été tirés contre l'ambassade d'Italie de Sanaa au Yémen.
Le , dès la nomination de Fabrizio Barca comme ministre de la Cohésion territoriale, chargé donc du Mezzogiorno plus particulièrement, Roberto Calderoli de la Ligue du Nord passée à l'opposition critique très fermement la « création de ce ministère », oubliant que le ministère existait déjà dans le gouvernement Berlusconi IV.
Ses fonctions ministérielles ne sont pas réattribuées après la démission du gouvernement Berlusconi IV le .
Le , il est élu, pour la depuis qu'il est sénateur, vice-président du Sénat de la République avec 124 voix.
Le , il devient ministre pour les Affaires régionales et l'Autonomie dans le gouvernement de Giorgia Meloni.
Scandales et controverses Il est connu pour ses nombreuses provocations en particulier anti-islamiques.
Castration des délinquants sexuels En 2002, il préconise, dans ce qui se veut une boutade, la castration pénale des auteurs d'infractions sexuelles d'un coup de ciseaux non stérilisés. Il affectionne d'ailleurs cet instrument chirurgical car il a aussi conseillé à toutes les Italiennes d'avoir en permanence une paire de ciseaux dans leur sac à main pour se défendre des « agressions bestiales des immigrés ».
Crise internationale des caricatures de Mahomet Lors de la crise internationale des caricatures de Mahomet, il demande au pape Benoît XVI de lancer une nouvelle croisade contre le monde musulman.
Le , alors qu'il est ministre de la Réforme, Roberto Calderoli annonce qu'il a commandé des t-shirts portant les caricatures de Mahomet : . D'après lui cette initiative est un appel au dialogue : « Je ne qualifierais pas cette initiative de provocation. Plutôt une invitation au dialogue. » Cependant il a jugé très sévèrement les réactions violentes des manifestants : « Un ministre de Berlusconi porte des T-shirt avec les caricatures de Mahomet », La Croix, 14.02.06 ».
Le , il suscite un scandale international après avoir déboutonné sa chemise devant les caméras lors du journal télévisé de 20 heures sur la première chaîne de la Rai, et laissé apparaître un t-shirt reproduisant un des dessins hostiles au prophète Mahomet et publiés dans le quotidien danois Jyllands Posten.
Le , à Benghazi, une violente manifestation composée d'un millier de manifestants dégénère, le consulat est incendié. Les policiers libyens sont obligés d'ouvrir le feu pour protéger le consul d'Italie menacé de lynchage. Dès le soir, afin d'apaiser la situation Silvio Berlusconi demande la démission de Roberto Calderoli. Celui-ci accepte de se démettre au terme d'une réunion extraordinaire de la direction de la Ligue du Nord au domicile d'Umberto Bossi près de Varese. Il a ainsi expliqué : « Berlusconi limoge un ministre accusé d'avoir offensé l'islam », La Croix, 16.02.06.
Le , face aux reproches qu'il subit, il déclare au journal Corriere della Sera : « Un ministre de Berlusconi démissionne », TF1 News, 18.02.06..
Équipe de France
Il se fait de nouveau remarquer le , en affirmant que l'Italie a 24 Heures - 24 heures, le quotidien vaudois. Il a salué le titre de champion du monde comme
Après avoir reçu les protestations de l'ambassadeur de France en Italie, Calderoli refuse de présenter ses excuses et explique RDS - Un populiste italien jette de l'huile sur le feu. »
Accords de Schengen
À peine nommé ministre de la Simplification, il déclare le : « Le cadre européen est en train de se modifier. Le traité de Schengen a été décidé entre des États qui avaient des caractéristiques similaires, il y avait une certaine homogénéité objective, on n'imaginait pas alors l'entrée dans l'Union européenne d'autres États. C'est une chose d'évoquer la France, l'Autriche, l'Allemagne. Tout autre chose, franchement, parler de la RoumanieDevant les journalistes du palais Madama, Sénat de la République. Agr. »
Autres Après l'acceptation par la Suisse de l'Initiative populaire « Contre la construction de minarets », il a déclaré que le signal lancé était clair, qu'il s'agissait non seulement d'un non aux minarets mais d'un oui aux clochersLe Temps, « La Ligue du Nord applaudit », par Eric Jozsef, , p.6.
Cécile Kyenge
En , il entraîne un nouveau scandale en comparant la ministre de l'Intégration d'origine congolaise Cécile Kyenge à un orang-outang, affirmant que ce n'est pas un propos raciste, mais simplement une « mauvaise blague » et qu'il compare souvent les gens à des animaux. Le président du Sénat a exigé de lui des excuses et la ministre a affirmé « Je ne prends pas pour moi les paroles de Calderoli, mais elles m'attristent à cause de l'image qu'elles donnent de l'Italie ». En , Calderoli déclare être persuadé que Clément Kikoko Kyenge, leader tribal en République démocratique du Congo, qui est le père de Cécile Kyenge, lui a jeté un sort de magie noire. Depuis un an, les hospitalisations, accidents, décès s'enchaînent et le Calderoli découvre un serpent de deux mètres dans sa cuisine. Clément Kikoko Kyenge explique que le rituel pour libérer Roberto Calderoli n'appelait pas à la vengeance mais que . Il est condamné par le tribunal de Bergame en première instance à 18 mois de prison en raison notamment du caractère raciste de son propos en , lors d’un procès où Kyenge n’est pas partie civile.
Références
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