Zero Patience est un film musical canadien réalisé par John Greyson, sorti en 1993. Il critique de manière parodique la théorie du patient zéro développé par Randy Shilts dans And the Band Played On et est emblématique dans l'histoire de la science-fiction queer.
Genèse Lorsque le film sort en 1993, les connaissances scientifiques à propos du sida restent confuses et peu développées. En 1987, la sortie de l'essai de Randy Shilts And the Band Played On identifie Gaëtan Dugas comme patient zéro de l'épidémie du sida aux États-Unis. Zero Patience est une réponse critique et parodique à l'essai de Randy Shilts.
Le film décrit comment les marqueurs de la sexualité sont utilisés pour qualifier certaines personnes de monstrueuses et dégrader leur humanité. Il définit les contours de vies « invivables » en détaillant comment la catégorisation normative provoque la libération de discours homophobes, voire génocidaires, dans le public.
Le film n'est à priori pas de la science-fiction ou de la fantasy. Cependant, la romance décrite entre Richard Francis Burton et un fantôme séduisant qualifié de Zéro le place dans ce genre. Burton est obsédé par la capture du patient zéro, qu'il veut empailler pour mettre dans un musée, mais il finit par en tomber amoureux. Le film développe une filiation entre sa volonté de faire de Zéro un monstre et celle de Frankenstein de créer son propre monstre.
Le film se révèle très critique de l'industrie pharmaceutique, et dans une moindre mesure de Act Up. Sur le mode de la parodie, le film questionne la production scientifique continue de discours scientifiques populistes racistes, sexistes et homophobes autour de la maladie du sida, en faisant un soi-disant « cancer gay » avec des origines africaines.
Le film est disponible en DVD (VO avec sous-titres français) inclus dans le livre de Didier Roth-Bettoni : Les années sida à l'écranErosOnyx éditions, 2017, voir site www.erosonyx.com. Il est emblématique du cinéma LGBT au Canada.
Synopsis Sir Richard Francis Burton est toujours en vie et est devenu le taxidermiste du Musée d'histoire naturelle. Il veut capturer le patient zéro pour sa « galerie de la contagion ». Ce dénommé Zéro serait le premier porteur du sida, responsable de l'importation de la maladie en Amérique du Nord.
Le fantôme de Zéro, décédé, erre dans la ville sans pouvoir entrer en contact avec sa mère ou ses amis, y compris Georges qui souffre d'un début de cécité à cause de la maladie ou du traitement médical. Au fil de ses recherches et de sa rencontre avec Zéro, qu'il est le seul à voir, Burton remet en cause sa thèse du patient zéro et en tombe amoureux.
Réception Sorti la même année que Philadelphia, qui explore les mêmes thèmes, Zero Patience en diffère par le fait qu'il développe le sujet de la prévention par la protection lors des rapports sexuels. Le film fait scandale à sa sortie pour sa dépiction explicite de la sexualité gay, mais finit par devenir emblématique du cinéma LGBT au Canada.
Réception dans les communautés queers Michele Aaron cite le film Zero Patience comme typique du New Queer Cinema, de par sa remise en cause des conventions cinématiquesAaron . Le film, selon lui, modifie nos attentes sur la façon d'être « divertis » par l'industrie du cinéma sur des sujets graves comme le sida, la sexualité et sa représentation et le moralismeAaron . La chercheuse féministe et productrice de vidéos sur le sida souligne comment le film constitue une critique efficace du sensationnalisme stupide utilisé dans les reportages. Le film s'élève contre les mélodrames du journalisme des tabloïdes.
Toutes les critiques ne sont pas positives dans la communauté LGBT à sa sortie. Le critique de cinéma gay , par exemple, qui a visionné le film alors qu'un de ses proches était en phase terminale du sida, a positives a qualifié le film de .
Fiche technique Réalisation : John Greyson Scénario : John Greyson Photographie : Miroslaw Baszak Musique : Glenn Schellenberg Production : Alexandra Raffé (Producteur délégué), Louise Garfield, Anna Stratton Distribution initiale en salle au : Strand Releasing Langues : anglais, français Durée : Date de sortie : (première au Festival international du film de Toronto)
Distribution John Robinson : Sir Richard Francis Burton Normand Fauteux : Zero Dianne Heatherington : Mary, activiste Richardo Keens-Douglas : George, un des anciens amis-amants de Zero Bernard Behrens : le docteur Placebo, directeur du musée Brenda Kamino : le docteur Cheng, médecin de George Michael Callen : Miss VIH, le virus Marla Lukofsky : un vervet ou singe vert Von Flores : Ray, un des activistes la journaliste Ann Medina : un reporter de télévision
Bibliographie
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Notes et références
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