La famille Collin est une famille bourgeoise française originaire de Lorraine. Des prétentions nobiliaires infondées ont amené certains de ses membres à se faire appeler du Collin de Barizien et à arborer les titres de chevalier puis de comte de Civry.

Comptant plusieurs magistrats dès le , cette famille s'est surtout fait connaître au par son implication dans plusieurs affaires judiciaires et par la notoriété de certains de ses membres dans divers domaines tels que le journalisme, la littérature et le sport.

Histoire Des Colin aux Collin Au milieu du , un certain Jean Colin (avec un seul « l ») habitait à Vrécourt, dans le Bassigny barrois. Il est l'aïeul de Claude-Gaspard Colin (1705-1787), procureur fiscal dans le comté de Morvilliers (Liffol-le-Grand). C'est à partir de l'acte de décès de ce dernier que le patronyme familial prend son second « l »Fontaine (1922), -131..

Claude-Gaspard est le père de : Pierre Collin (1739-1818), curé de GrandArchives départementales des Vosges, état civil de Grand, registre des décès de 1818, acte (vue 28 sur 33). ; Claude-Nicolas Collin (1743-1818), avocat, notaire, prévôt puis juge de paix à Grand ; Marie Thérèse Collin (1748-1817) qui épousera à Grand (Vosges) le , Pierre Georges FORMET, maître chirurgien agrégé en médecine. Il sera le premier maire de la commune de Grand de 1790 à 1826 (36 ans), y décédera en 1852 à l'âge de 89 ans. Charles-François Collin, avocat, lieutenant général du bailliage de Vézelise.

Les Collin de Barizien À partir des années 1780, Claude-Nicolas et Charles-François se font appeler « Collin de Barizien » (ou Collin de Barisien) et revendiquent le titre de chevalier. Quelques années plus tôt, entre 1772 et 1778, Claude-Nicolas avait acquis auprès de la fille du marquis de Germay la terre seigneuriale de « Sivry-Belpré » (Civry-Belpré), située à Grand. S'il était donc bien le seigneur de Civry, son titre de noblesse était en revanche usurpé.

Ces prétentions nobiliaires s’appuyaient notamment sur une généalogie communiquée à La Chesnaye des Bois, qui l'a publiée en 1757 dans son Dictionnaire généalogique. La lignée des Collin y est présentée comme issue d'un certain Perrinet Collin, anobli en 1414 par Jean de Bourbon. L'un de ses descendants serait Regnaut (ou Renaud) Collin, « écuyer, prévôt d'Ancerville, dit le Barizien », époux de « Louise le Barizien, seule et unique héritière des biens et armes de la maison de ce nom en Champagne ». La Chesnaye des Bois ayant indiqué que l'un des fils de ce couple était prénommé JeanFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique, t. I, Paris, Duchesne, 1757, -515 (consultable en ligne sur Google Livres)., les Collin lorrains identifieront ce dernier à leur arrière-grand-père vrécurcien.

L'abbé Fontaine, curé de Vrécourt à la fin du et auteur d'une monographie de la commune, a démontré que l'un des héritiers de Claude-Gaspard n'avait pas hésité à falsifier des actes notariés et même des actes de registres paroissiaux afin d'accréditer son appartenance à la noblesse.

La Révolution française ayant momentanément mis un terme à l’ostension de titres nobiliaires, Claude-Nicolas Collin reprend son vrai patronyme. Charles-François se fera quant à lui appeler Collin-Barisien, sans particuleArchives départementales de Meurthe-et-Moselle, état civil de Vézelise, registre des mariages de 1810, acte du 16 mai (vue 344 sur 833)..

Son fils Charles Collin-Barisien (1789-18..) fait à son tour carrière dans la magistrature. Procureur du roi à Verdun sous Charles X, il reprend avant 1829 le nom de « Collin de Barisien »Journal des débats, 15 septembre 1829, ..

Le premier comte de Civry Fils de Claude-Nicolas, (1776-1844) est propriétaire à Serécourt. En 1810, il épouse en secondes noces sa cousine Marie-Thérèse-Rosalie Collin-Barisien, fille de Charles-François. Séparé par la suite de son épouse, il devient veuf pour la seconde fois en 1813Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, état civil de Vézelise, registre des décès de 1813, acte du 26 décembre (vue 326 sur 886).. Établi comme « homme de loi » puis comme « homme de lettres »Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, état civil de Nancy, registre des mariages de 1819, acte (vue 326 sur 700)., et enfin comme libraire et bouquiniste à Nancy, Mémoires pour servir à l'histoire de la Lorraine, , Nancy, 1845, ., il y épouse en 1819 Marie-Marguerite-Sophie Bertaud.

Pierre Collin meurt à Nancy en 1844. Son acte de décès, où il est nommé « Pierre du Collin de Barizien, comte de Civry », a été rédigé sur la déclaration de son fils Eugène, alors étudiant, qui signe « Eugène Collin de Barizien, vicomte de Civry »Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, état civil de Nancy, registre des décès de 1844, acte (vue 391 sur 749)..

Sous le pseudonyme de « baron de Bros »Olivier Barbier et collaborateurs, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 3 édition, t. III, Paris, Daffis, 1875, col. 481 (consultable ligne sur Gallica)., consacre à son père une Notice, publiée l'année suivante, qui regorge d'indications fantaisistes sur les origines, les alliances et les titres de sa famille. Une partie de ces fausses informations figurent également, au cimetière de Grand, sur l'épitaphe de « Pierre du Collin, chevalier de Barizien, comte de Civry, baron de Fenouillet, Villedieu, etc. »Asmodée (Nancy), 12 septembre 1847, -3..

Cette épitaphe, ainsi qu'un article de L'Abeille des Vosges relatant les obsèques du prétendu comte, amusent l'historien , qui a bien connu le bouquiniste nancéien : « Ce pauvre cher Collin ne se doutait pas, de son vivant, des honneurs qui lui étaient réservés à sa mort ». Noël sous-entend ainsi que le titre comtal serait une invention des héritiers de Pierre Collin. Il y avait cependant, dans l'église de Grand, un tableau du Bon Samaritain doté d'un cartel indiquant qu'il aurait été « donné le [...] par le comte et la comtesse de Civry ».

Eugène et Victor de Civry Les fils de Pierre ont signé plusieurs ouvrages historiques sous le nom « de Civry ». est ainsi l'auteur d'ouvrages sur les ruines de l'abbaye Sainte-Marie-aux-Bois (Nancy, 1845) et du château de Mousson (Pont-à-Mousson, 1848).

Son frère aîné, Pierre-Antoine-Eugène (1820-1907), dit , épouse en 1847 à Londres Elisabeth-Wilhelmine, comtesse de Colmar (1826-1880), que les Collin avaient recueillie à Nancy quelques années plus tôt. Elisabeth est la fille naturelle que le duc de Brunswick Charles IILe Droit, 25 mars 1865, . avait eu avec une maîtresse, Charlotte Munden, dite « Lady Colville ». Détrôné en 1830, le duc mourra 43 ans plus tard en exil à Genève, ville à laquelle il lèguera sa fortune. Pendant huit décennies, entre 1850Le Droit, 17 juin 1863, . et 1935, Elisabeth, puis les enfants de celle-ci, auront recours aux plus grands ténors du barreau, tels que Marie, Waldeck-Rousseau, Paul-Boncour et Bérard, afin de tenter, en vain, de se faire reconnaître en tant qu'héritiers légitimes du ducLe Figaro, 17 janvier 1935, ..

En 1856, Victor de Civry a fondé L'Œuvre des bonnes lectures pour publier Le Courrier de la jeunesse, rebaptisé deux ans plus tard L'Arc-en-ciel. L'irrégularité de cette publication et les malversations commises par Eugène lors de la campagne d'abonnement conduisent les deux frères devant le tribunal correctionnel en 1860. Défendus par M Lachaud, ils sont tout d'abord reconnus coupables d'abus de blanc-seing et condamnés à plusieurs mois de prisonLe Droit, 8 juin 1860, -547., avant d'être finalement acquittés en appelLe Droit, 2 septembre 1860, -846.. Lors des débats, l'avocat impérial Senart a affirmé que « la famille des frères Collin est éminemment honorable, mais [qu']ils n'ont pas le droit de prendre les titres de comte et de vicomte de Civry ».

Les fils d'Eugène de Civry Eugène et Elisabeth de Civry ont eu huit enfantsLe Droit, 29 juillet 1866, ., dont : (1853-1935), sous-officier de cavalerie puis homme de lettres ; (1860-1922), sportsman ; Frédéric de Civry (1861-1893), cycliste.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie Lucien Braye, « Les Collin, "Comtes de Civry et ducs de Bar" », Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1922, -6, -224 (consultable en ligne sur Gallica). Baron de Bros [Eugène de Civry], Notice sur M. le Comte de Civry (Pierre du Collin de Barizien), Paris, 1845, 43 p. (consultable en ligne sur Google Livres). Abbé André-Léon Fontaine, « Une usurpation de noblesse », Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1897, -182 (consultable en ligne sur Gallica). Abbé André-Léon Fontaine, « Une usurpation de noblesse (suite) », Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1900, -92 (consultable en ligne sur Gallica). Abbé André-Léon Fontaine, Vrécourt : pages d'histoires, Marseille, Laffitte, 1922, -131 (reprise des deux articles précédents). [apocryphe selon Braye, op. cit., ], La Seigneurie de Civry..., Paris, Garnier frères, 1906, 52 p. (consultable en ligne sur Google Livres).

Articles connexes

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