Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (Sens, - Caen, ), est un diplomate et homme politique français.
Biographie Origines Sa famille appartient au patriciat de la ville de Sens (Yonne) depuis le . Elle entre notamment en possession du petit fief de Bourienne, situé à Marsangy, village en amont de la cité. Ce fief sera attribué à une branche du lignage. Il est admis à l'École militaire de Brienne en Champagne avec Napoléon Bonaparte et s'y lie avec lui d'une étroite amitié en . Montrant peu d'aptitudes à la carrière militaire, il trouve un poste de secrétaire à l'ambassade de France à Vienne en avec une recommandation pour le marquis de Noailles Page 7-8. . Il part ensuite étudier le droit et les langues étrangères à Leipzig puis Varsovie et à nouveau à Vienne. Il rentre en France en 1792, retrouve Bonaparte et les deux assistent à l'émeute du . Il repart à Stuttgart mais à la chute de la royauté il est inscrit dans la liste des émigrés. Il se marie à Leipzig et retourne à Paris en . Il fit de la prison en deux occasions pour avoir été, tour à tour, accusé d'être un révolutionnaire jacobin en Saxe en et un émigré en France en 1796. Il doit à l'amitié de Bonaparte d'avoir été remis en liberté Page 289. lorsque ce dernier écrit un mot de recommandation à Merlin, ministre de la justice. Consulat et Empire Lorsque Bonaparte est nommé général en chef de l'Armée d'Italie, Bourrienne le retrouve à Leoben en et devient son secrétaire particulier. C'est lui qui rédige le traité de Campo-Formio. Se rendant très utile dans ses fonctions, il rentre dans l'intimité du futur Empereur, se tenant constamment à ses cotés assis à son bureau. Il suit Bonaparte en Egypte, assite au Coup d'État du 18 Brumaire et l'accompagne lors de la seconde campagne d'Italie. Des liens très forts l'unissent alors avec les Bonaparte ; le Joséphine et Cambacérès sont parrains d'un de ses enfants. Par arrêté du Il devient conseiller d’État en service extraordinaire. Ses activités ne l'empêchent pas de déjà tremper dans des affaires louches et il reçoit des subventions de Fouché en échange de quelques renseignements confidentiels. Il perd sa place en CGS-15 - 341.S - AU GÉNÉRAL DUROC, GOUVERNEUR DU PALAIS Saint-Cloud, 6 brumaire an XI [28 octobre 1802] Le citoyen Bourrienne, citoyen gouverneur, n’est plus employé auprès de moi. Mon intention est que son logement aux Tuileries reste meublé dans la situation où il se trouve, que les clés en soient remises à l’intendant, et qu’il ne soit disposé de ce logement et des meubles que par mon ordre. pour s'être intéressé à une affaire commerciale frauduleuse avec les frères CoulonTanneurs et manufacturiers à Bercy près Paris. L'un d'eux se suicida. impliquant l'équipement de la cavalerie. En , à Sainte-Hélène, Napoléon commenta :
Cependant, en souvenir de leur amitié passéeCG3 - 7267. - À Bourrienne Le Havre, 15 brumaire an XI [6 novembre 1802] Citoyen Bourrienne, ministre d’État, je suis satisfait des services que vous m’avez rendus depuis que vous êtes près de ma personne ; mais désormais ils ne sont plus utiles. Mon intention est que vous cessiez dès cette époque les fonctions de mon secrétaire intime, ainsi que d’en porter le titre. Du reste, je suis disposé à saisir promptement l’occasion, dès qu’elle pourra se présenter, de vous placer d’une manière convenable à votre activité et à vos talents, et la plus conforme au service public., au printemps 1805, Napoléon l'envoie comme chargé d'affaires à Hambourg, avec mission de veiller à la scrupuleuse application du blocus continental. Bourrienne, qui prétendra a posteriori dans ses Mémoires avoir éprouvé un dégoût profond pour ces mesures tyranniques, s'arrangea secrètement avec certains industriels saxons. Sa cupidité sans borne Napoléon dira 'son œil de pie' l'amena à commettre des exactions au détriment du Sénat de Hambourg et du duc de Mecklembourg. Au début du printemps 1807, sommé par Napoléon d'acheter dans des délais très brefs une grande quantité de manteaux pour les troupes françaises stationnées en Prusse Orientale, il n'aurait vu comme seul moyen un approvisionnement auprès de fournisseurs britanniquesD'après . Cette fraude vaudra son rappel en 1813CG13 - 35086. - Au maréchal Davout, commandant le 1er corps de la Grande Armée Dresde, 30 juin 1813 Mon cousin, je reçois votre lettre du 27 juin. J’ai fait donner l’ordre positif au sieur Bourrienne de cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg. Mon ordre lui sera signifié d’ici au 5 juillet. Si, passé cette époque, il écrivait encore, je désire que vous me le fassiez connaître, afin que je puisse le faire arrêter. Tâchez de découvrir toutes les friponneries de ce misérable, afin que je lui fasse restituer tout ce qui ne lui appartient pas., l'empereur accusant Bourrienne d'avoir spéculé sur l'introduction de marchandises anglaises interditesCf. , vol. 1, .CG13 - 35098. - Au général Savary, ministre de la Police générale Dresde, 30 juin 1813 Vous ferez connaître au sieur Bourrienne qu’il ait à cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg sous quelque prétexte que ce soit ; car, la première fois qu’il écrira et s’occupera directement ou indirectement des affaires de Hambourg, je le ferai arrêter et lui ferai restituer tout ce qu’il a volé dans cette ville.. Contraint de rembourser 1 million de francs au trésor ce qu'il ne fit jamais. il s'enfuit pour vivre en Allemagne puis en France, mais toujours d'affaires douteuses.
Restauration En 1814, il se rallie aux Bourbons. Nommé par Talleyrand, son complice dans bien des affaires douteuses, il devient directeur des postes, fonction que Louis XVIII lui retire rapidement. Le il devient préfet de police et ordonne l'arrestation de Fouché. Lors de l'épopée des Cent-Jours, Napoléon l'exclut nominativement de l'amnistieDécret du 12 mars 1815 « accordant, sauf quelques exceptions, amnistie pleine et entière aux fonctionnaires civils et militaires qui ont tramé ou favorisé le renversement du trône impérial, et ont secondé les projets d’envahissement de l’ennemi ». Y sont exclus de l’amnistie : Lynch, Louis de La Rochejaquelein, Vitrolles, Alexis de Noailles, Marmont, Sosthène de La Rochefoucauld, Bourrienne, Belliard, Talleyrand, Beurnonville, Jaucourt, Dalberg et de l’abbé de Montesquiou.. Il suit alors Louis XVIII à Gand, et, à la Seconde Restauration, devient député de l'Yonne. Il siège avec les ultras lors de différentes législatures jusqu'en . Des spéculations malheureuses l'obligent à s'exiler en Belgique et se réfugier au Château de Fontaine-l'Évêque chez la duchesse de Brancas.
La révolution de juillet 1830 et la perte de sa fortune, qui en fut la suite, égarèrent sa raison. Interné par sa famille dans un asile d'aliénés il décède le
Œuvres
Ces Mémoires de Bourrienne sont signalés par le Dictionnaire Bouillet comme intéressants, mais ne sont pas exempts pour lui de partialité. L'ouvrage, pour lequel il avait compilé des notesIbid, , aurait été rédigé, selon Jean Tulard « maître des études napoléoniennes », et bien d'autres spécialistes, par M. de VillemarestCf. . Jean-Antonin Bulos, éditeur scientifique, Survilliers, Stein, et Nicolas Massias, ont publié dès 1830 une analyse critique de ce document : Bourrienne et ses erreurs volontaires ou involontaires (2 volumes, in-12°). De nombreuses hautes figures de l'Empire telles que : Gourgaud, Davout, le roi Joseph, et Méneval participèrent à cette analyse critique .
Hommage
La ville de Sens lui doit pour une large part, le rétablissement d'un établissement d'enseignement secondaire : le lycée de Sens. Il succède au collège fondé au début du . Sa gratitude s'exprime par l'apposition d'une plaque sur l'hôtel familial en centre-ville.
Armoiries D'azur à trois levrettes d'argent.
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur () ; Chevalier de l'Ordre royal de l'Étoile polaire de Suède
Notes et références
Annexes Bibliographie
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