L'aéroport de Cannes - Mandelieu est un aéroport du département des Alpes-Maritimes. Son emprise est située sur le territoire des villes de Cannes et de Mandelieu-la-Napoule.

Historique Les premiers vols dans la vallée de la Siagne remontent aux années 1905Philippe Jung, « L'aéroport de Cannes - Saint Cassien, de la mer aux étoiles », conférence dans la chapelle de la butte de Saint-Cassien, 14 juin 2008, L'aéroport de Cannes - Saint Cassien, de la mer aux étoilesPhilippe Jung, Œuvre commune sous la direction d'Alain Ruggiero (CMMC), Histoire de Cannes, Éditions Privat, Toulouse, décembre 2011, 348 pages, .

En 1908 est fondé un aéro-club, en lien avec l'automobile club, mais faute d'aérodrome, il n'aura pas de réelle action avant 1928. Le , il fusionne avec l'Aéroclub de Cannes et le Club d'aviation de Cannes, devenant l'Aéroclub de Cannes, présidé par le colonel Antonin Jules Chapelet, installant son siège social au Carlton sur la Croisette et se dotant d'un organe de diffusion : la revue Ailes d'AzurJean Bernard-Lacroix, Hélène Cavalié, Cent ans d'aviation dans les Alpes-Maritimes, Édition Conseil général des Alpes-Maritimes & Silvana Editoriale Spa, octobre 2011, 240 pages.

Ferdinand Bret C'est le commandant Ferdinand BretVoir l'histoire de la famille Bret aux archives de Cannes, président de la commission municipale de l'aéronautique, sous l'autorité du maire André Capron, qui lance l'idée de la création d'un aérodrome à Cannes en 1928.

Le choix se porte sur un espace dégagé au sud-est de la butte de Saint-Cassien entre la route nationale 7 et le chemin de fer, comportant un plan d'eau pour les hydravions, alimenté par la Siagne.

Le la Chambre de commerce et d'industrie de Nice-Côte d'Azur appuie fortement la réalisation d'un aéroport à Cannes.

Le le conseil départemental des Alpes-Maritimes réclame également la création d'un aéroport à Cannes conformément à l'avis du ministère de l'Air.

En , en l'absence de réponse favorable du ministère pour aider au financement, deux pilotes "as" de la guerre de 1914-1918 : Hippolyte Parent et Paul Tarascon« Un terrain d'aviation à Cannes », dans Le Littoral illustré, , Un terrain d'aviation à Cannes, encouragés par les clubs d'aviation, précipitent le mouvement en faisant aménager eux-mêmes un terrain d'atterrissage sur l’emplacement choisi par le conseil municipal au lieu de Saint-Cassien, en louant des terrains avec promesse de vente.

Jean Ossola

En , le conseil municipal, réclamant encore avec insistance l'aide de l'État, et avec l'appui de Jean Ossola, député de Grasse et ancien sous-secrétaire d'État, lance la première compagnie aérienne au départ de Cannes vers Paris et Londres : la STAR (Société de Transport Aérien Rapide)Voir la Star sur le site historique de l'association Cannes Aéro Spatial Patrimoine.

André Auniac 300px|thumb|Plan du projet d'aérodrome de Cannes, l’Éclaireur de Nice et du Sud-Est, 14 janvier 1928. Les deux initiateurs de l'aérodrome sont rapidement confrontés à des difficultés financières, la ville de Cannes ne tenant pas ses promesses de rembourser la somme de pour les travaux engagés sur le terrain. Parent voulant se retirer, traite à l'insu de son associé avec André Auniac, agent immobilier à Cannes et chargé d'affaires du banquier anglais Benjamin GuinnessVoir Benjamin Guinness sur le site de l'association Cannes Aéro Spatial Patrimoine. C'est lui qui va poursuivre les négociations avec la ville de Cannes« La question de l'aéroport - Rapport de Monsieur Jouffray », dans Le Littoral illustré, 4 avril 1936, Un terrain d'aviation à Cannes.

Société de l'aéroport de Cannes-Côte d'Azur Ce n'est qu'en que Pierre NouveauPierre Nouveau, architecte, sera plus tard maire de Cannes, conseiller général, et M. Duval, inspecteur général du service des bases au ministère de l'Air font visiter l'aérodrome, les vols réguliers de la STAR et les services rendus, à des personnalités départementales, sous la conduite de MM. Chauve, ingénieur en chef du Département, Bozano, ingénieur de l'arrondissement, Eynard, ingénieur des Ponts, leur expliquant que c'est le seul endroit possible du département à l'ouest du Var. Il est entendu qu'une visite officielle de tous les membres du conseil général, paraissant ignorer l'existence d'une telle installation, soit organisée afin d’entériner la juste renommée de cet aéroport servant les intérêts de toute la Côte d'AzurVoir Le Littoral illustré du 17 mai 1931Voir Le Littoral illustré du 7 juin 1931.

Le , le maire de Cannes rend compte de ses pourparlers au Conseil municipalLa Ville de Cannes et l'aéroport - Historique et documents - Délibérations du Conseil municipal, Publication des archives de la ville de Cannes, Atelier "Histoire de l'aviation", 25 novembre 2013, en ligne.

Le , André Auniac crée la société anonyme de l'aéroport de Cannes-Côte d'Azur au capital de en actions de avec un conseil d'administration comptant notamment le banquier cannois Sauvan et l'industriel Étienne Romano. Il en est élu présidentVoir Le Littoral illustré du 30 août 1931. La société est devenue propriétaire de et en loue 15.

Le , la municipalité décide d'acquérir destinés à fournir l'assiette de l'aéroport, au besoin par expropriation. La décision est soumise au ministère de l'Air qui exige au moins pour asseoir à long terme la capacité d'un tel aéroport vital pour la région. La ville accepte d'ajouter sur la commune de Mandelieu-la-Napoule.

Le , le ministère de l'Air accorde son agrément pour la circulation aérienne avec quatre lignes d'envol de 600 à de long, deux hangars et un distributeur de carburant et lubrifiant. Depuis un moment déjà, l’aéroport accueille la compagnie Air Union.

Le , André Auniac engage des pourparlers avec la municipalité pour réaliser des aménagements de plus grande envergure au cours d'une séance extraordinaire du conseil municipal. La Ville décide d'acquérir une surface complémentaire de et vote un nouveau crédit d'un million de Francs. Le maire est autorisé par le conseil à signer la convention avec M. Auniac et de passer un marché de gré à gré avec la société Aéro-France pour la réalisation des travaux d'extension.

Le lendemain, , la convention pour une durée de 30 ans est signée avec la Société de l'aéroport.

Le dossier est alors transmis pour approbation au ministère de l'Air. Mais les négociations traînent en longueur.

Le , le ministère fait connaître à la Ville les conditions dans lesquelles pourrait être réalisé l’aéroport : l'aéroport de Cannes sera un aérodrome d'État il aura une superficie de la Ville apportera les terrains libres de toutes servitudes et charges l'État versera à la Ville une subvention d'un million de Francs pour l'acquisition des terrains et assumera la totalité des frais d'aménagement évalués à 9 millions.

La Ville ne va pas accepter ces conditions et, à la suite de ses observations, le ministère établit, le de nouvelles propositions : l'aérodrome sera communal établi avec le concours de l'État sa superficie sera de la Ville acquerra les terrains en toute copropriété l'État accordera une subvention de pour l'exécution des travaux.

Cette formule ne donnant pas plus satisfaction à la Ville, la subvention de l'État étant trop faible pour lui permettre la réalisation de cet aéroport, une nouvelle négociation avec le ministère aboutit le : accordant une subvention de 4 millions, portée ensuite à 5 millions oblige l'aérodrome à avoir une surface de , comprenant l'aérodrome existant.

En 1937, dans la foulée des nationalisations décidées par le Front populaire, il devient aéroport d'État et est géré par le Secrétariat de l'Air.

Par la suite, l'État agrandit sa superficie à (dont sur la commune de Cannes et 36 sur celle de Mandelieu). À cette époque, étant le seul aéroport de la Côte d'Azur, les vols d'Air France atterrissent à Cannes.

Compagnies aériennes Un certain nombre de compagnies aériennes régulières utiliseront l'aéroport de Cannes - MandelieuLes compagnies aériennes sur le site www.cannes-aero-patrimoine.net. Compagnie générale transaérienne thumb|Henry Deutsch de la Meurthe en 1912.

Le , Henry Deutsch de la Meurthe crée la Compagnie générale transaérienne (CGT) avec un hydravion Astra CM assurant une liaison aérienne régulière entre Cannes et Nice. Dès le , elle est prolongée jusqu'à Monte-Carlo.

Air Union Air Union est une compagnie aérienne fondée le à partir de la fusion de la Compagnie des messageries aériennes et la Compagnie des grands express aériens. Elle commence par desservir une ligne nord-sud de Londres à Marseille via Paris.

À la fin de 1926, elle absorbe l'Aéronavale, une compagnie desservant l'Afrique du Nord par hydravions depuis la base d'hydravions d'AntibesVoir Base d'hydravions d'Antibes sur le site de CASP. Mais, le , elle reprend par concession de l'État ces installations, l'exploitation de la ligne posant le problème du raccordement à son réseau nord-sud. Enclavé, la base d'Antibes ne pouvant être associée à un terrain d'aviation terrestre, est condamnée. Et c'est donc depuis Cannes que, le , elle inaugure une liaison par hydravion avec Marseille, permettant la correspondance avec LondresVoir Le Littoral illustré du 4 mars 1928.

La réorganisation du transport aérien français, sous l'égide du ministre de l'Air, Pierre Cot, aboutit à la fusion de grandes sociétés, dont Air Union, donnant naissance à Air France, le .

Société de transports aériens rapides thumb|Fokker F-VII. La Société de transports aériens rapides (STAR), est une compagnie aérienne créée en avec un capital de , en tant que filiale de la société Nieuport-Delage, Gustave Delage en devenant directeur général, et Jean Denis d'Air Union comme chef pilote. Son objectif est de faire du transport à la demande et des liaisons rapides entre Paris et d'autres villes en France, dont les publications d'Hachette. En outre, des services réguliers sont inaugurés vers Genève et Lympne en Grande-Bretagne.

Entre juin et elle acquiert 7 Nieuport-Delage Ni-D641 Rob Mulder, Robert Espérou, Régis Biaux, « STAR et le Nieuport-Delage 641 », STAR and the Nieuport-Delage 641 et 3 Fokker F.VIIa.

En 1930, André Auniac est l'agent de la compagnie dans son agence Auniac du 3 square Mérimée. Son implication dans la création de l'aéroport de Cannes - Mandelieu l'incite à faire ouvrir une liaison Paris – Cannes. Elle est inaugurée le Voir le Littoral illustré du 5 avril 1931 avec un service Paris – Dijon – MoiransVoir aérodrome de Moirans sur le site www.anciens-aerodromes.com – Cannes, le premier vol effectué avec un Fokker F.VIIa.

En , il est envisagé un service postal aérien vers Paris utilisant les avions de la STAR faisant gagner beaucoup de temps par rapport à la solution via MarseilleVoir le Littoral illustré du 7 juin 1931.

Malheureusement 1931 voit plusieurs accidents causant la perte d'un certain nombre de Ni-D 64 contribuant à la fin de la compagnie en fin août, au moment où des financements arrivent pour la ligne Paris – Cannes ! En particulier le vers 12 heures, le Nieuport-Delage, type 641, , immatriculée F-AJRB s'écrase dans le brouillard, lors de son approche sud du col de Lus-la-Croix-Haute. Deux passagers trouvent la mort dans cet accident, ainsi que le pilote, Albert Bouthier, dont la cérémonie funéraire se tiendra à la chapelle Sain-CassienVoir la cérémonie des obsèques d'Albert Bouthier dans le Littoral illustré du 26 juillet 1931. Sur les lieux de l'accident, un monument commémore la mémoire du pilote, et un autre celle de ses deux passagersDrames aériens dans le département de la Drome.

La Société Air Union se met sur les rangs pour reprendre la STAR. Son directeur-général, M. Gaucher, se rend à Cannes, en pour étudier les modalités de cette reprise avec la Municipalité proposant que le service Cannes-Grenoble-Dijon-Paris se transforme en service régulier Cannes-Lyon-Paris avec correspondance immédiate pour LondresVoir Le Littoral illustré du 25 octobre 1931.

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