Marie Harel, née Marie Catherine Fontaine le à Crouttes, près de Vimoutiers en Normandie et morte le à VimoutiersGérard Roger-Gervais, L'Esprit du camembert, Cheminements, 2005, . Confirmation par les archives départementales de l'Orne, document 3NUMECEC508/3E2_508_34 ( 1843-1852 ), ., est une agricultrice, inventrice du camembert avec l'abbé Charles-Jean Bonvoust.
Invention du camembert Elle épouse, le à Camembert, Jacques Harel, laboureur à Roiville. Le couple s'établit à Roiville, d'où la légende, qui semble historiquement peu crédible, de la fabrication du fromage à Camembert. Mais bien que le couple Harel vécût à Roiville, Marie et Jacques travaillaient à la ferme de Beaumoncel, propriété de Jean Perrier, sur les hauteurs de Camembert. Jacques était donc laboureur et Marie s'occupait des vaches et de la laiterie-fromagerie. C'est ici qu'ils se sont rencontrés. Ils se sont mariés à Camembert le et vivaient à Roiville, tout en continuant à travailler à Camembert. Donc le fait que le couple Harel vive à Roiville n'est pas incompatible avec la création du fromage dans le village de Camembert.
Il se fabriquait, depuis la fin du déjà, un fromage renommé dans le pays de Camembert. Thomas Corneille signale, dans son dictionnaire géographique, publié en 1708 : « Vimonstiers : [...] on y tient tous les lundis un gros marché où l'on apporte les excellents fromages de Livarot et de Camembert ». Pourtant, selon une légende tardive qui apparaît au début du , l'invention du camembert sera attribuée à Marie Harel qui aurait bénéficié des conseils d'un prêtre réfractaire, l'abbé Bonvoust, au manoir de Beaumoncel où elle travaillait, dont certains disent qu'il aurait été originaire de la Brie (en réalité, l'abbé Bonvoust était alençonnais), et lui aurait transmis la recette de préparation du fromage à croûte fleurie qui y est produit. Ce récit apocryphe, que rien n'atteste, reste souvent considéré comme véridique dans de nombreux ouvrages qui le transmettent avec de surprenants enrichissements.
En 1790, à la suite du vote de la Constitution civile du clergé, ce prêtre est parti se réfugier en l’abbaye de la Sainte Trinité de Fécamp. Puis, peut-être vers 1791, plus sûrement en 1796 , il revient sur ses terres ornaises, mais se sachant recherché par la nouvelle gendarmerie républicaine, il se réfugie à Camembert. Il y observe Marie Harel en train de fabriquer ses fromages, et fort de ses connaissances sur l'affinage des fromages dans diverses abbayes, comme à Neufchâtel, il lui proposa une autre méthode, laquelle forme une croute autour de la pâte molle. C'est ainsi que les 2 techniques, celle de l'abbé et celle de Marie, ont créé le fromage que l'on connait aujourd'hui.
Indépendamment de la véracité de l'histoire, Marie Harel a donc bien existé, et a fabriqué des camemberts selon un savoir-faire local. Son principal mérite fut d'avoir été à l'origine d'une lignée de fromagers entreprenants qui ont développé la fabrication du camembert à une grande échelle, notamment son petit-fils Cyrille Paynel, né en 1817, qui créa une fromagerie dans la commune du Mesnil-Mauger dans le Calvados.
L'essor de la production de camembert dans la première moitié du est l'œuvre collective des descendants de Marie Harel qui se considéraient comme les seuls détenteurs légitimes de l'appellation camembert. Mais, à partir de 1870, d'autres transformateurs normands contestent cette volonté de monopole familial.
Postérité
Une stèle en l'honneur de Marie Harel a été érigée à Camembert en 1927.
Deux statues de Marie Harel sont visibles à Vimoutiers : l'une située au carrefour des rues du 11-Novembre et du Docteur-Dentu tout près de l'église Notre-Dame, créée par souscription sous l'impulsion d'un médecin new-yorkais, le Knirim, en 1928, fut brisée par les bombardements américains de et sa tête disparut avant qu'elle ne soit réparée (elle subsiste donc décapitée) et l'autre, située place de Mackau, à l'angle de la rue de Chatelet et de celle du 14-Juin, juste à droite de l'entrée de la mairie, . Cela s'est fait dans le cadre de la reconstruction de Vimoutiers après la Seconde Guerre mondiale, alors que sous l'impulsion de Margaret Mitchell, auteur du roman Autant en emporte le vent, le Pilot Club International adopta Vimoutiers pour aider à sa reconstructionSite de la mairie de Vimoutiers http://www.vimoutiers.net/vimus/Reconstruction.htm.
Il est parfois dit qu'elle serait morte à Champosoult, mais il s'agit de sa fille, également prénommée Marie (1781-1855)Cimetières de France et d'ailleurs.
Le , l'illustration de Marie Harel est utilisée pour le Google Doodle à l'occasion du de sa naissance..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes Cuisine normande Camembert de Normandie Camembert (village) Vimoutiers Pays d'Auge Orne (département) Basse-Normandie Normandie Types de pâtes de fromage
Liens externes
. Le dossier camembert de l’Encyclopédie de l’Agora La première statue à Marie Harel inaugurée en 1928 à Vimoutiers, détruite lors des bombardements de juin 1944 Joseph Knirim, médecin américain, à Marie Harel et le camembert
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