Le 5 mars 1977, la Coopérative vidéoscopique de Montréal est fondée. Les principaux fondateurs, parmi 8, sont Robert Morin, Jean-Pierre St-Louis, Gilbert Lachapelle et Suzanne Girard. Lorraine Dufour et Marcel Chouinard se joignent à eux quelques temps après. Dès le départ, la Coop Vidéo s’inscrit parmi les pionniers de la création cinématographique. Ses premières années se concentrent sur la production de courts et moyens métrages, puis en 1987, le groupe s’agrandit. Ses créateur·trices passent alors au long métrage. Avec plus de 80 films de tous genres et de tous formats à son actif, le Coop Vidéo est connue à l’international. Ses films ont obtenu plus de 90 reconnaissances, ont fait l'objet d’une dizaine de rétrospectives et ont été présentés dans des festivals réputés comme Cannes.
Historique La Coop Vidéo de Montréal s’inscrit dès sa fondation dans un mouvement de production cinématographique collectif et indépendant. Portée par ses cinéastes-membres, la coopérative se positionne rapidement comme un espace de création audacieux, tant par les sujets abordés que par leurs traitements. Les premières années sont marquées par une forte précarité financière, compensée par une stratégie d’autofinancement fondée sur la location d’équipement et la réalisation de contrats institutionnels, notamment en production de matériel éducatif au milieu des années 1980. Cette période de travail « alimentaire » permet aux membres de soutenir leur pratique tout en développant leurs projets personnels, dans un équilibre entre contraintes économiques et liberté artistique.
La production d'un premier long métrage de fiction en 1986, Tristesse modèle réduit, marque un tournant décisif : elle ouvre la voie à une stabilisation progressive du modèle de production et à une reconnaissance accrue des œuvres. À partir de la fin des années 1980, l’organisme se structure davantage autour du long métrage et connaît une visibilité internationale importante, avec des œuvres présentées et primées dans des festivals majeurs comme Cannes, Berlin et Locarno. Le modèle coopératif permet de concentrer les ressources sur la création elle-même, soutenu par des partenaires publics tels que la SODEC, Téléfilm Canada et les conseils des arts, tout en préservant l’autonomie des cinéastes. Cette approche contribue à définir l’identité singulière de la Coop comme lieu de cinéma d’auteur exigeant et expérimental.
Au fil des décennies, la Coop consolide un catalogue de plus de 85 films et une réputation internationale nourrie par de nombreuses distinctions et rétrospectives. Dans les années 2010, des ajustements de gouvernance transforment la structure de direction, passant d’un modèle de direction générale à une approche plus collégiale, amorçant une réflexion sur les pratiques organisationnelles et artistiques. Cette évolution prépare la transition vers une nouvelle phase à partir de 2020, où la mission de la Coop est réaffirmée autour de la liberté créative, du soutien aux voix singulières et du rayonnement du cinéma d’auteur québécois à l’échelle internationale. La Coop engage également une réflexion sur la relation entre producteurs et réalisateurs-scénaristes, cherchant à la redéfinir sur des bases plus équitables et transparentes. Soucieuse de représenter la diversité des voix du cinéma québécois, elle veille à maintenir un équilibre dans le profil des cinéastes qu'elle accompagne.
Mandat et mission de la Coop Vidéo de Montréal La Coop Vidéo de Montréal soutient la liberté créative de ses cinéastes et les voix singulières du cinéma québécois en leur offrant un espace où explorer leurs démarches et développer une diversité de points de vue. Elle contribue ainsi au rayonnement du cinéma d’auteur sur les scènes nationale et internationale.
Les membres sont des cinéastes, réalisateur·trices et scénaristes. Lieu de réflexion et d’échange sur la création cinématographique, le centre d'artistes crée un contexte durable qui favorise leur développement et leur épanouissement. La Coop leur permet d'obtenir un accompagnement administratif, professionnel et humain personnalisé.
Le Lab Le Lab est un programme annuel de développement artistique et humain créé par la Coop Vidéo de Montréal en 2023. Conçu par le directeur artistique Hany Ouichou, le projet vise à offrir aux cinéastes et leurs producteurs un espace de réflexion, d'échange et de ressourcement centré sur les dimensions humaines de la pratique artistique, plutôt que sur les aspects techniques du cinéma. Organisée sur quelques jours en dehors de Montréal, l'initiative favorise le développement de compétences relationnelles et réflexives, la création de liens entre les membres et le renforcement du sentiment de communauté au sein de la coopérative. Chaque édition est structurée autour d'un thème particulier — notamment la cocréation, l'ouverture à l'autre ou l'exploration de l'incertitude dans le processus créatif — abordé à travers des ateliers, des discussions et des activités collectives. Depuis sa création, Le Lab est devenu un rendez-vous annuel important de la Coop Vidéo et un outil central de sa mission d'accompagnement du parcours artistique de ses membres.
Santé mentale et création La Coop Vidéo a formalisé une approche structurée de soutien à la santé mentale de ses membres cinéastes. En automne 2025, un projet pilote de « facilitation du bien-etre » a été introduit sur le plateau de tournage de Gagne ton ciel, réalisé par Mathieu Denis, offrant un support direct en termes de bien-être psychologique dans le milieu de travail. Cette démarche se concrétise aussi par l'organisation de rencontres régulières abordant les défis psychologiques et émotionnels inhérents au processus créatif. Une équipe de réflexion composée de professionnel·les en santé mentale est mobilisée selon les besoins des cinéastes et/ou leurs projets pour guider le développement de ces initiatives, souvent innovatrices dans leur conception. Cette approche s'inscrit dans une vision plus large de la coopérative, qui considère le bien-être des artistes comme une condition fondamentale à la pérennité et à la vitalité de la création cinématographique indépendante.
Programmes et partenariats La Coop Vidéo de Montréal s'inscrit dans l'écosystème cinématographique québécois et collabore avec plusieurs partenaires du milieu. Des prix sont décernés dans le cadre de festivals : les RVQC remettent le prix du meilleur court-métrage étudiant, Plein(s) Écran(s) remet le prix Yes, Sir! Madame..., et les RIDM décernent le prix du meilleur court ou moyen métrage documentaire national. En plus d'une bourse, chacun de ces prix offre une résidence artistique d'un an à la Coop. Dans le cadre du partenariat avec le Festival Regard, la Coop offre une résidence de six mois destinée à un·e cinéaste autochtone en voie de professionnalisation, consacrée à l'écriture d'un court-métrage. Depuis 2011, la Coop accueille également des cinéastes issu·es de la diversité pour leur première expérience professionnelle à Montréal, dans le cadre du programme DémArt du Conseil des arts de Montréal.
La Coop organise aussi des rencontres avec des cinéastes invité·es à l'intention de ses membres et de la communauté cinématographique. En 2023, elle a accueilli Yann Gonzalez, et Harold Hutter en 2024. En 2025, en collaboration avec les RIDM et le daphne, la Coop a organisé une discussion sur l'autodétermination narrative réunissant un panel de cinéastes autochtones.
Équipe de la Coop Vidéo Le Conseil d’administration de la Coop est composé par des membres représentant les trois catégories qui existent au sein de la structure coopérative: membres-utilisateurs (les cinéastes), membres de soutien et membres employés.
La direction de l’organisme est partagée entre Hany Ouichou, producteur et directeur artistique, et Christyne Lagarde, directrice administrative. Karine Bélanger est productrice et chargée des opérations, Laurie Pominville est productrice et coordinatrice aux productions. Léa Marinova est chargée de projets.
Membres actifs de la Coop Vidéo en date de 2026:
Alexandre Auger Alexandre Dostie André-Line Beauparlant Aucéane Roux Carol Nguyen Caroline Monnet Denis Côté Eric K. Boulianne Gabriela de Andrade Henry Bernadet Isabelle Lavigne Marc-Antoine Lemire Mathieu Denis Miryam Charles Normand Junior Thirnish Olivier Côté Rafael Beauchamp Jean-Martin Gagnon Sophie Farkas Bolla Justine Gauthier Romane Garant Chartrand Justine Prince Juliette Balthazard Luc Vandal Lorraine Dufour Diane Desbiens Félix Bouffard-Dumas Alexandra Myotte Jean Sébastien Hamel Jean-François Caissy Laurie Pominville Léa Marinova Hany Ouichou Christyne Lagarde
Artistes ayant été produits par la Coop Vidéo de Montréal
Robert Morin Lorraine Dufour Louis Bélanger André-Line Beauparlant Catherine Martin Lawrence Côté-Collins Rafaël Ouellet Catherine Hébert Brigitte Poupart Karine Bélanger Denis Chouinard Richard Jutras Bernard Émond Julien Lombard Jean-Pierre St-Louis Yoakim Bélanger Anaïs Barbeau-Lavalette Olivier D. Asselin Nicolas Wadimoff Henry Bernadet Miryam Charles Alexandre Auger Emmanuelle Walter Nicolas Renaud Catherine Léger Collette Loumède Louise Gendron
Filmographie 1977 : Même mort il faut s'organiser de Robert Morin et Jean-Pierre St-Louis (moyen métrage documentaire) 1978 : Rouges et bleus de Jean-Pierre St-Louis (court métrage documentaire) 1979 : Le Temps d'une virée de Marcel Chouinard et James Gray (court métrage documentaire) 1980 : Gus est encore dans l'armée de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1980 : Ma vie c'est pour le restant de mes jours de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1980 : Le royaume est commencé de Robert Morin et Lorraine Dufour (moyen métrage de fiction) 1981 : Faut pas avoir peur de la bête de Jean-Pierre St-Louis (moyen métrage de fiction) 1981: Quelques instants avant le nouvel an de Robert Morin et Yvon Leduc (court métrage de fiction) 1981 : Fait divers : Elle remplace son mari par une TV de Jean-Pierre St-Louis et Linda Craig (court métrage de fiction) 1981 : Il a gagné ses épaulettes de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1982 : Ma richesse a causé mes privations de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1984 : Le Voleur vit en enfer de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1984 : Toi t'es-tu lucky ? de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1984 : On se paye la gomme de Robert Morin, Marcel Chouinard et Gilbert Lachapelle (court métrage de fiction) 1984 : Mauvais mal de Robert Morin, Lorraine Dufour et Marcel Chouinard (court métrage de fiction) 1984 : Carapace : Autoportrait d'un chanteur inconnu de Jean-Pierre St-Louis (court métrage de fiction) 1985 : Quelques instants avant le nouvel-an de Robert Morin (long métrage de fiction) 1986 : Le mystérieux Paul de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1987 : Tristesse modèle réduit (long métrage de fiction) 1987 : Les grandes vacances obligatoires de François Béland et Marcel Chouinard (moyen métrage de fiction) 1988 : La femme étrangère de Robert Morin et Lorraine Dufour (court métrage de fiction) 1989 : La Réception de Robert Morin (long métrage de fiction) 1989 : Acceptez-vous les frais ? de Richard Jutras (long métrage documentaire) 1990 : Le soleil et ses traces de Louis Bélanger et Denis Chouinard (court métrage de fiction) 1990 : Le temps et le lieu de Bernard Émond (moyen métrage documentaire) 1991 : Pendant que nos parents dorment de François Béland et Marcel Chouinard (court métrage de fiction) 1991 : Les galeries Wilderton de Louis Bélanger (court métrage de fiction) 1991 : Zapping : Une histoire de salon de Jean-Pierre St-Louis (court métrage de fiction) 1992 : Requiem pour un beau sans-cœur de Robert Morin (long métrage de fiction)