Bryan Jared Kramer, né à Madang le "'I am Papua New Guinean'", Post-Courier, 21 octobre 2020, est un homme d'affaires et homme politique papou-néo-guinéen, connu notamment pour son engagement contre la corruption et pour son utilisation des réseaux sociaux.
Biographie Débuts et député d'opposition Scolarisé dans la province de Madang en Papouasie-Nouvelle-Guinée puis dans le Queensland en Australie, il obtient un diplôme de licence en comptabilité en 1999 à l', université catholique privée à Madang. Il travaille ensuite dans le milieu de la finance pour le réseau KPMG, tout en dirigeant à partir de la fin des années 1990 plusieurs entreprises, dont un réseau de boîtes de nuit "Hon. Bryan Jared Kramer, MP", Parlement national "Bryan Kramer", PNGi.
Entré au Parlement national comme député de Madang aux élections législatives de 2017, il siège sur les bancs de l'opposition au gouvernement de Peter O'Neill et accuse le Premier ministre de détournement de fonds publics "FACT-CHECKING THE KRAMER ALLEGATIONS", PNGi, 22 février 2019, ainsi que de gaspillage d'argent public par l'achat de voitures de luxe pour le sommet de l'APEC à Port Moresby en 2018 "ACTS TRUMP GOVERNMENT SPIN IN MASERATI FURORE", PNGi, 15 octobre 2018 "Thousands hold 'Maserati strike' in PNG amid anger at Apec summit spending", The Guardian, 26 octobre 2018. Il crée sur Facebook la plateforme "Kramer Report" (« Rapport Kramer ») où il révèle les résultats de ses enquêtes personnelles en matière de corruption et commente sur la vie politique du pays ; sa page sur ce réseau social devient la plus suivie de Papouasie-Nouvelle-Guinée "Digital declarations: Political ads on PNG social media must be clear", The Interpreter, 7 mai 2020 "'I will eventually get killed': Meet Bryan Kramer, Papua New Guinea's anti-corruption tsar", The Guardian, 10 août 2019.
En 2018 il quitte le parti Pangu Pati pour fonder le , dont le nom désigne une allégeance « à Dieu et au pays ». Il en est l'unique député "Allegiance Party gets certified", post-Courier, 10 mai 2018.
Ministre de la Police En , le gouvernement O'Neill perd la confiance du Parlement, et le nouveau Premier ministre James Marape nomme Bryan Kramer ministre de la Police. Ancien réserviste dans la police, il explique avoir constaté que la police -la Royal Papua New Guinea Constabulary- est souvent passive, notamment en réponse aux violences conjugales ; il appelle alors les victimes et les témoins de crimes et de délits à les lui signaler personnellement sur Facebook pour qu'il puisse s'assurer que la police mène effectivement une enquête. Après quelques mois, il décrit publiquement la police comme étant infestée de corruption et de complices de crimes organisés et de trafiquants de drogues et d'armes à feu. Il accuse également la police d'être indisciplinée, brutale, de se livrer à des vols de fonds publics et d'être devenue « une entreprise de sécurité privée au service de politiciens corrompus et d'hommes d'affaires étrangers douteux ». Il s'attache à la réformer « de haut en bas » en remplaçant tout d'abord ses principaux responsables "Bryan Kramer: One year in – why so quiet about corruption in PNG?", Asia-Pacific Report, 17 septembre 2020 "Papua New Guinea police accused of gun running and drug smuggling by own minister", The Guardian, 18 septembre 2020.
Il nomme un nouveau chef de la police, David Manning, qui admet publiquement que certains personnels de police sont « des criminels en uniforme » et promet d'appliquer une « tolérance zéro » à cet égard. Un rapport australien ayant établi que la police de Papouasie-Nouvelle-Guinée souffre d'un grave manque de personnels, de formation et de financement, Bryan Kramer obtient un financement du gouvernement australien pour la rénovation et la modernisation de la station de police du quartier de Waigani, le cœur de la capitale Port Moresby. Des caméras et des GPS sont installés dans les véhicules de police, à des fins de transparence, le ministre expliquant que les policiers ne pourront ainsi plus nier les accusations de membres du public à leur encontre, ni utiliser leurs voitures à des fins personnelles "Cameras installed to monitor drivers, officers", The National, 9 octobre 2020 "City police change up", Post-Courier, 9 octobre 2020. Ces mesures sont progressivement étendues à d'autres parties du pays, à commencer par la ville de Madang qui connaît le taux d'homicides le plus élevé du pays "RPNGC RE-FLEETING ITS VEHICLES", Kramer Report, 25 octobre 2020.
Sous l'autorité de Bryan Kramer, la police émet par ailleurs un ordre d'arrestation de Peter O'Neill pour corruption "Peter O'Neill: police issue arrest warrant for former Papua New Guinea PM", The Guardian, 15 octobre 2019. O'Neill est arrêté et inculpé pour corruption et abus de pouvoir "Former PNG prime minister Peter O'Neill charged with misappropriation, corruption and abuse of office", Australian Broadcasting Corporation, 23 mai 2020.
Ministre de la Justice En , il est nommé ministre de la Justice. En , durant la pandémie de Covid-19 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, il est atteint par le virus et souffre pendant quatre jours de maux de tête et de douleurs musculaires "Kramer in self isolation, recovering from COVID-19", EMTV, 10 mars 2021. Il se fait publiquement vacciner peu après, lorsque commence la campagne de vaccination dans le pays, afin de contribuer à endiguer la désinformation sur la pandémie et sur les vaccins "Kramer to take vaccine", Post-Courier, 23 mars 2021 "Video footage of my vaccination", Kramer Report, 30 mars 2021.
Il fait adopter le l'abolition de la peine de mort en Papouasie-Nouvelle-Guinée, par l'abrogation de la loi de 1984 qui l'avait ré-introduite après son abolition initiale en 1970. Il explique que le pays n'a pas les moyens de l'appliquer humainement, raison pour laquelle elle n'a en fait jamais été appliquée, malgré la volonté du gouvernement de Peter O'Neill en 2013 de commencer à la faire appliquer. Le Premier ministre James Marape souligne que le peine de mort n'a pas un effet dissuasif efficace, et est contraire aux principes chrétiens du pays. Les quarante condamnés dans le couloir de la mort voient leur peine commuée en emprisonnement à perpétuité ; les crimes de meurtre, de viol aggravé, de vol avec violence, de trahison et de piraterie entraînent dès lors une peine allant de la perpétuité réelle à la prison à perpétuité avec période incompressible de trente ans "Death Penalty Act repealed", Post-Courier, 21 janvier 2022 "Papua New Guinea repeals death penalty 30 years after reintroduction", The Guardian, 21 janvier 2022.
En , à l'occasion d'un remaniement ministériel, il est rétrogradé à la fonction de ministre de l'Immigration et de la Sécurité des Frontières, remplaçant Westly Nukundj, et est remplacé à la Justice par Pila Niningi "Outspoken Kramer stripped of justice portfolio just before PNG elections", Asia Pacific Report, 18 avril 2022. Après les élections de 2022, remportées par James Marape et ses alliés, il est fait ministre du Travail en plus de conserver le ministère de l'Immigration "PNG Government Cabinet announced", Papua New Guinea Today, 23 août 2022.
Exclusion du Parlement et retour Le , Bryan Kramer est suspendu de ses fonctions de député et de ministre lorsque le procureur public l'accuse formellement d'outrage à la justice "Kramer suspended", Post-Courier, 3 octobre 2022. Le , un tribunal le reconnaît coupable d'outrage pour avoir posté un message sur Facebook sous-entendant un conflit d'intérêts chez le président de la Cour suprême Sir Gibbs Salika, et pour avoir affirmé sur Facebook que Peter O'Neill avait demandé à Sir Gibbs d'accepter un document frauduleux pour échapper à des poursuites pour corruption. Bryan Kramer est également déclaré coupable d'avoir obtenu du Parlement l'adoption d'une loi créant une Autorité publique pour le développement du district de Manang, que les juges considèrent comme ayant un fonctionnement opaque "Leadership Tribunal finds Kramer guilty of seven out of 13 counts of misconduct in office", Post-Courier, 2 mai 2023 "'Calm before the storm' - Kramer's response", Post-Courier, 2 mai 2023. Les juges lui infligent une amende de kina et, en accord avec les règles de procédure, demandent au président du Parlement, Job Pomat, de demander au gouverneur général Sir Bob Dadae de le destituer du Parlement, et donc également du gouvernement. Bryan Kramer répond publiquement que cette décision ne l'« empêchera pas de continuer à informer le public au sujet d'enjeux d'importance nationale, ni de mettre en lumière la corruption aux plus hauts niveaux de l'État ». Il est formellement démis de ses fonctions de député par le gouverneur général Sir Bob Dadae le "PNG Parliament Confirms Dismissal Of Madang MP Bryan Kramer", PNG Facts, 9 juin 2023.
Le , la justice casse son exclusion du Parlement, et il retrouve ses fonctions de député. Il rejoint la majorité parlementaire comme simple député, indiquant souhaiter se consacrer aux enjeux de sa circonscription. Le , toutefois, il quitte la majorité, expliquant ne plus avoir confiance en James Marape, évoquant l'incapacité de ce dernier à s'opposer à la corruption au sein de son gouvernement "Kramer Resigns, Citing Deepening Corruption In Marape-Rosso Government", PNG facts, septembre 2024.
Lien externe Kramer Report, Facebook
Références
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