La cité-jardin du Kapelleveld (Tuinwijk Kapelleveld en néerlandais), également appelée cité-jardin de Kapelleveld ou cité-jardin de la Chapelle-aux-Champs, est un quartier d'habitations sociales de style moderniste dessiné par l'urbaniste Louis Van der Swaelmen et édifié par les architectes Huib Hoste, Antoine Pompe, Jean-François Hoeben et Paul Rubbers à Woluwe-Saint-Lambert, dans la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique.

Cette cité-jardin fait partie des 25 quartiers-jardins construits entre 1920 et 1933 dans l'agglomération bruxelloiseCécile Vanderpelen-Diagre, Le monde catholique et les cités-jardins à Bruxelles dans l’entre-deux-guerres, Archives de sciences sociales des religions, 2014, ...

Parmi ces 25 cités-jardins, la cité du Kapelleveld est la seule avec la Cité Moderne de Berchem-Sainte-Agathe à présenter un G. Van Cauwelaert, Direction des Monuments et des Sites du ministère de la Région de Bruxelles-capitale, Modernisme art déco, Pierre Mardaga éditeur, 2004, ., et la seule cité-jardin belge à être mentionnée dans la littérature internationale avec la Cité Moderne et Le Logis-Floréal.

Localisation La Cité-jardin du Kapelleveld est située sur le territoire de la commune de Woluwe-Saint-LambertMarieke Jaenen, Woluwe-Saint-Lambert à la carte, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, 2011, dans la banlieue sud-est de Bruxelles.

Elle est construite autour de trois grandes avenues (avenues Dumont, Vandervelde et de l’Assomption) disposées en éventail et occupe une série de rues secondaires, tracées perpendiculairement à ces trois axes principauxPaulette Girard et Bruno Fayolle-Lussac, Cités, cités-jardins : Une histoire européenne, éditions de la maison des Sciences de l'homme d'Aquitaine, 1996, . : avenue de la Lesse, avenue de la SemoyLa maison avenue de la Semoy sur le site de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, avenue du Bois JeanLa maison avenue du Bois Jean sur le site de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, avenue du Rêve, avenue de la Spirale...

Statut patrimonial La Cité-jardin du Kapelleveld ne fait pas l'objet d'un classement au titre des monuments historiquesRegistre du patrimoine immobilier protégé dans la Région de Bruxelles-Capitale mais figure à l'Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale sous de très nombreuses références : 29875, 29876, 29877

Historique

Le concept de cité-jardin : le concept de la cité-jardin est promu par plusieurs théoriciens anglais dont Ebenezer Howard dès 1898, et par Raymond Unwin qui érige les cités-jardins de Letchworth en 1904 et de Hampstead en 1905, qui seront visitées ensuite par de nombreux architectes et urbanistes étrangers.

Le concept s’étend ensuite du Royaume-Uni au reste de l’Europe mais la Première Guerre mondiale en retardera la réalisation.

La Première Guerre mondiale .

Le gouvernement belge en exil au Havre prend des mesures, comme la loi du qui stipule que , une loi qui .

À la fin de la guerre, en 1918, la pénurie en Belgique est estimée à .

À la suite de ces ravages, plusieurs conférences internationales abordent dès 1915 la problématique du logement, comme .

Par ailleurs, durant la Guerre, . Des groupes d’études se forment à Londres, à Paris et aux Pays-Bas, comme , le Belgian Town Planning Committee à Londres et la Commission d’étude franco-belge à Paris.

La reconstruction en Belgique et les cités-jardins vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1| vignette|droite|redresse=1| En est créée en Belgique la Société Nationale des logements et des habitations à bon marché (S.N.L.H.B.M.).

Les architectes ont alors à choisir entre le bloc de logements communs et la cité-jardin : cette dernière l'emporte car .

Entre 1920 et 1930, une trentaine d'architectes belges travaillent sur des projets de cités-jardins, ce qui mène à la réalisation de 25 quartiers-jardins à Bruxelles. La première cité-jardin dont la construction est entamée à Bruxelles est la cité de « La Roue » à Anderlecht (1920-1928), une cité dont la construction avait été décidée avant la Première Guerre mondiale.

Les cités-jardins bruxelloises peuvent être regroupées en trois catégories :

 les ensembles dont les volumes peuvent être considérés comme cubistes (Cité Moderne et Kapelleveld) ;

 les ensembles qui s'inspirent des villages ouvriers, des béguinages, de l'habitation rurale et des immeubles de rapport (Janson, Wannecouter, Villas, Clos Saint-Martin, cité de Saulnier, Noget, Errera, Volta, Het Krietiekpad) ;

 les ensembles qui relèvent de modèles régionalistes et de la tradition des cottages anglais (La Roue, Le Logis-Floréal, Moortebeek, Verregat, cité Diongre, Heymbosch, Heideken, Bon Air, Forest-Vert, Homborch, Joli-Bois, Transvaal et Terdelt).

Le modèle des cités-jardins mourra en 1930, .

La cité-jardin du Kapelleveld La Société coopérative d'habitations à bon marché « La Cité-Jardin du Kapelleveld » est créée en 1922 en vue d’aménager le plateau de Kapelleveld, alors vierge de tout habitat et composé de terrains peu coûteux. La coopérative tient son capital de l’État belge, de la Province et de ses 300 locataires-coopérateurs. Le premier souscripteur en est Emile Vinck, avocat et sénateur socialiste très impliqué dans la reconstruction.

À la demande des autorités communales, les habitations sont destinées à la classe moyenne (fonctionnaires, employés, typographes, artisans d’art, comptables, officiers) et non à la classe ouvrière, comme c'est le cas des autres cités. Le bourgmestre Edmond Lambert déclare à l'époque à l'urbaniste Louis Van der Swaelmen : .

Les plans de la cité sont confiés à l'urbaniste Louis Van der Swaelmen (1883-1929), qui : Antoine Pompe (1873-1980), Huib Hoste (1881-1957), Jean-François Hoeben (1896-1968) et Paul Rubbers (1900-1985)Jos Vandenbreeden, France Vanlaethem, Art déco et modernisme en Belgique : architecture de l'entre-deux-guerres, Editions Racine, 1996, .Marcel Smets, L'avènement de la cité-jardin en Belgique: Histoire de l'habitat social en Belgique de 1830 à 1930, Pierre Mardaga éditeur, 1977, ..

La construction du noyau dur de la cité-jardin s'échelonne entre 1923 et 1926Jean-Paul Midant, Diccionario Akal de la Arquitectura del siglo XX, éditions Hazan 1996, éditions Akal 2004, .Les Cahiers de l'urbanisme, Numéros 24 à 27, Inspection générale de l'aménagement du territoire de la Région wallonne, 1999, . sous la houlette de ces quatre architectes, mais elle ne se terminera qu'en 1970. Huib Hoste pratique son style cubique et géométrique, Antoine Pompe développe une approche moderniste plus nuancée et le jeune Rubbers adopte tantôt le style de l'un et tantôt le style de l'autre.

Description Style La cité-jardin du Kapelleveld compte, avec la Cité Moderne, parmi les premiers exemples d'architecture cubiste en Belgique.

Plan . Van der Swaelmen a tenté de . .

Maisons La cité de Kapelleveld comporte 412 maisons individuelles et 14 maisons à deux logements, conçues par les quatre architectes Pompe, Hoste, Hoeben et Rubbers : Antoine Pompe et Jean-François Hoeben réalisent des tandis que , juxtaposant des volumes cubiques, à l'exemple du mouvement néerlandais De Stijl.

Ancienne église provisoire et autres services .

Après la construction de l'église Notre-Dame de l’Assomption définitive en 1955, l'ancienne église provisoire (située avenue Émile Vandervelde ) connaît différentes affectations. Le bâtiment moderniste, orné en façade de la statue d'une prêtresse de l'Égypte antique, est occupé par une salle de sport de 1981 à 2015 puis accueille à partir de 2016 l'atelier d'un couple d'artistes designers, le sculpteur Pol Quadens et la décoratrice Vanessa Bruffaerts.

La cité est également pourvue d'un certain nombre de services : une salle des fêtes, une bibliothèque, un terrain de sport.

Articles connexes Architecture moderniste en Belgique Cité-jardin Cité-jardin à Bruxelles Cité Moderne Louis Van der Swaelmen Huib Hoste Antoine Pompe Jean-François Hoeben Paul Rubbers Woluwe-Saint-Lambert

Références

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