Le de parachutistes d'infanterie de marine () est une unité d'infanterie parachutiste de l'armée française créée en 1947. Il est l'héritier du et des parachutistes coloniaux.
Historique
Origines et création (1947-1954) Le régiment est issu des premières formations parachutistes des troupes coloniales. Le est formé à Tarbes le 5e BPIC (5e Bataillon de Parachutistes de l'Infanterie Coloniale) qui regroupe des volontaires ayant déjà servi en Indochine, issus notamment du Groupement autonome Ponchardier, ainsi que des vétérans SAS de la Seconde Guerre mondiale. Un important détachement de cette unité, fort de 700 hommes et commandé par le chef de bataillon André Dupuis, est formé pour être envoyé en Indochine le . De son côté, le 5e BPIC est transféré à Vannes, est transformé en demi‑brigade coloniale de commandos parachutistes (DBCCP) sous le commandement du colonel Massu, et devient la matrice des bataillons parachutistes coloniaux envoyés en Indochine.
À son arrivée en Indochine, le détachement Dupuis est renommé colonial de commandos parachutistes – SAS ( BCCP‑SAS), pour marquer la filiation avec les parachutistes SAS français de la Seconde Guerre mondiale. Le sigle SAS est abandonné ensuite. Le bataillon combat en Indochine jusqu'en 1953, en deux séjours (1947‑1949 et 1950‑1953). Pour ses faits d'armes, il est cité trois fois à l'ordre de l'armée.
À l'issue de la guerre d'Indochine, le bataillon est recréé en 1954 sous l'appellation bataillon de parachutistes coloniaux (BPC) à la citadelle de Bayonne. Il est alors affecté à Marrakech au Maroc, puis est dissous le .
Guerre d'Algérie (1955-1962) L'unité est recréée en 1955 à Constantine (Algérie)Entretien téléphonique du 8 avril 2021 avec l'officier Traditions du et Monsieur Paul Villatoux. par regroupement des , et BPC dissous. Elle prend l'appellation de régiment de parachutistes coloniaux ( RPC) puis, en 1958, de régiment de parachutistes d'infanterie de marine ( RPIMa).
Le régiment sert de 1955 à 1962 en Afrique du Nord. Le , lors de la crise du canal de Suez, il saute en deux vagues à Port-Saïd (opération Mousquetaire) et est cité à l'ordre de l'Armée.
En , il saute sur Bizerte et participe aux affrontements avec l'armée tunisienne.
Recréation et installation outre-mer (1965-1973) Dissous le , le RPIMa est recréé le à Ivato (Madagascar) à partir du parachutistes d'infanterie de marine.
Il rejoint La Réunion en 1973 au « Parc des Casernes » à Saint‑Pierre, où il intègre en son sein la , compagnie de tradition de l'île et dont un grand ancêtre est le corps des volontaires de Bourbon (1799).
En 1980, le régiment déménage dans de nouveaux locaux flambant neufs situés à proximité immédiate de l'aéroport de Pierrefonds à Saint‑Pierre. Le chef de corps chargé de ce déménagement, qui implique soldats, officiers et familles, est le colonel Raymond Sepulchre.
Depuis La Réunion, il participe à diverses opérations : Comores (1990), Djibouti (1993‑1994), Rwanda (1994), Comores (opération Azalée, 1995‑1996).
Le RPIMa fait la démonstration de ses savoir‑faire lors de l'exercice interarmées Bizerte 2008 sur la zone de sauts de L'Étang‑Salé sur l'île de La Réunion..
Le , le RPIMa effectue un saut en parachute au‑dessus de la baie de Saint‑Paul avec le GAM (groupe d'assaut par mer)..
Le , le régiment participe à un exercice militaire de grande ampleur en baie de Saint‑Paul..
Organisation Le RPIMa est la seule formation militaire française possédant une capacité de projection parachutiste stationnée en permanence outre‑mer.
Implantation Le RPIMa tient garnison à Pierrefonds, au sud‑ouest de l'île de La Réunion, au cœur de l'océan Indien. Proche du centre de Saint‑Pierre (7 km), il est situé à 85 km de la préfecture, Saint‑Denis.
Composition 1 état‑major 2 compagnies de combat (dont 1 tournante) 1 compagnie de réserve 2 compagnies de soutien (1 compagnie de commandement et de logistique et 1 compagnie de maintenance)
Missions Le régiment assure des missions opérationnelles de souveraineté territoriale, de coopération régionale et de service public. Il assure également le soutien terrestre des forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI).
Matériels
Véhicules Il dispose de véhicules de gamme civile et de véhicules tactiques (P4), poids lourds (GBC 180, TRM 2000), postes de transmissions (PR4G)…
Armement Il est équipé de fusils d'assaut (HK416F), de fusils de précision (FR‑F2), de mortiers de 81 mm, et de mitrailleuses de calibre 7,62 puis 12,7 mm.
Traditions
Devise Jusqu'au , sa devise était : « À la vie. À la mort ». La devise actuelle du RPIMa est : « Ne pas subir ».
Insigne régimentaire alt=|vignette|270x270px|Brevet parachutiste de l'armée française. Un sabre planté avec l'inscription « Qui ose gagne » devant un parachute avec une ancre de marine soutenu par deux ailes égyptiennes. La devise « Ne pas subir » apparaît au dos de l'insigne régimentaire.
L'insigne, créé par le colonel Château‑Jobert, représente : le parachute des troupes aéroportées, les ailes égyptiennes du badge SAS britannique et le poignard, arme spéciale des commandos, avec la devise « Qui ose gagne », hérités des SAS ; l'ancre d'or des troupes de marine ; les trois couleurs de la France.
Drapeau et décorations Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantesDécision 12 350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007.Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie. : bordure|gauche|246x246pxbordure|centré|300x300px
Sa cravate est décorée de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix des Théâtres d'opérations extérieurs. Le régiment est cité quatre fois à l'ordre de l'armée.
La fête des troupes de marine Elle est célébrée à l'occasion de l'anniversaire des combats de Bazeilles, du nom de ce village quatre fois repris et abandonné sur ordres, les et .
Et au Nom de Dieu, vive la coloniale Les Marsouins et les Bigors ayant pour saint patron Dieu lui‑même, ce cri de guerre termine les cérémonies intimes qui font partie de la vie des régiments. Son origine est une action de grâce du Révérend Père Charles de Foucauld, missionnaire, voyant arriver à son secours les unités coloniales un jour où il était en difficulté avec une tribu locale.
Saint‑Michel, patron des parachutistes Comme tous les régiments parachutistes, le RPIMa célèbre son saint patron le . C'est en même temps la fête du régiment.
Chefs de corps
Indochine Chef de bataillon André Dupuis (15 novembre 1947 – 28 novembre 1948)André Adolphe Auguste Dupuis – Mort pour la France le 9 septembre 1948 (Laithien, province de Thudaumot, Cochinchine). Né le 16 février 1911 à Chartres (Eure‑et‑Loir). Saint‑Cyrien promotion « Joffre » (1930‑1932). Passage au R.T.A. de Saïgon. Officier du SAS Bataillon (Cdo Ponchardier) en 1945. Brevet de parachutiste le 12 septembre 1945. Nommé capitaine le 27 septembre 1945 et commandant le 24 juin 1946 à titre exceptionnel à la dissolution de son unité. Officier de la Légion d'honneur – Croix de guerre 1939‑1945 avec palme, étoile de bronze et étoile de vermeil – Croix de guerre des TOE avec palmes. Tué au combat par balle dans une embuscade alors qu'il circulait en jeep sur la route Saïgon – Lai Thieu. Extrait de citation : « Avait permis une bonne préparation stratégique et la réussite de débarquements et la reconquête de Mytho, Vinh Long et Travinh, se portant au combat et payant largement de sa personne. » (MemorialGenWeb). Capitaine Roger Trinquier (29 novembre 1948 – 13 décembre 1949) Capitaine Raymond Toce (1er février 1950 – février 1952). Capitaine Albert Lenoir (1953).
Afrique française du Nord Chef de bataillon Victor Chaudrut (février 1954 – juillet 1955) au MarocChaudrut (Victor, Jean), lieutenant‑colonel, troupes de marine. Officier du 3 décembre 1954. (Sud Ouest). Chef de bataillon Maurice Ferrano (octobre 1955 – novembre 1955). Colonel Chateau‑Jobert, dit « Conan » (1955‑1957) Colonel Fossey‑François (1957‑1958) Colonel Olivier Le Mire (1958‑1960) Colonel Toce (1960‑1961) Chef de bataillon Marcel Mollo (1961‑1962)Marcel Pierre Mollo – Né le 16 avril 1920 à Gâvres (Morbihan). Résistant FFI. Cote : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 425082.
Madagascar – Ivato (1965-1973) Chef de bataillon Yves Gras (1965‑1966)Yves Robert Octave Grassin – Né le 23 avril 1922 à Sérigné (Vendée). Résistant FFI. Cote : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 268702. Colonel Le Borgne (1966‑1968) Lieutenant‑colonel Lucien Le Boudec (1968‑1970) Lieutenant‑colonel Hubert Foucher (1970‑1972) Lieutenant‑colonel Ralph Firth (1972‑1973)
Île de La Réunion – Parc des Casernes de Saint‑Pierre (1973-1980) Lieutenant‑colonel Firth (1973‑1974) Lieutenant‑colonel Jean Subregis (1974‑1976).. Lieutenant‑colonel Salaun (1976‑1978) Lieutenant‑colonel Dominique Viard (1978‑1980)
Île de La Réunion – Pierrefonds, quartier Dupuis (depuis 1980) Colonel Raymond Sepulchre (1980‑1982) Colonel Cluset (1982‑1984) Colonel Fruchard (1984‑1986) Colonel Pierre Meaudre‑Desgouttes (1986‑1988) Colonel Jean‑Paul Raffenne (1988‑1990) Colonel Jean‑Michel Joana (1990‑1992) Colonel Jean Brantschen (1992‑1994) Lieutenant‑colonel Christian Soum (1994‑1996) Colonel André Helly (1996‑1998) Colonel Philippe Beny (1998‑2000) Colonel Fernand Georges (2000‑2002) Colonel Franck Reignier (2002‑2004) Colonel Éric de Vathaire (2004‑2006) Colonel Thierry de La Doucette (2006‑2008) Colonel Thierry Chigot (2008‑2010) Colonel Xavier Lafargue (2010‑2012) Colonel Vincent Alexandre (2012‑2014) Colonel Pierre Demont (2014‑2016) Lieutenant‑colonel Fabrice Murat (2016‑2018) Colonel Daniel Brunet (2018‑2020). Colonel Geoffroy Rondet (2020‑2022) Colonel Fabien Striffling (2022‑2024). Colonel Vincent Lehmuller (2024‑2026). Colonel Jean‑François Varry (2026‑...)
Personnalités ayant servi au sein du régiment Roger Trinquier (1908‑1986), officier français. Albert Fossey‑François (1909‑1958), officier français, Compagnon de la Libération. Maurice Ferrano (1909‑1981), officier français, Compagnon de la Libération. Pierre Chateau‑Jobert (1912‑2005), officier français, Compagnon de la Libération. Lucien Le Boudec (1923‑2013), général français.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des régiments français Troupes de marine Liste des grades dans l'armée française Liste des unités des troupes de marine Régiment parachutiste français Mémorial des guerres en Indochine
Bibliographie . . .
Liens externes
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