Jean-Baptiste Vence (né le à Marseille et mort dans la même ville le ) est un capitaine de navire, corsaire, négociant et armateur français.
Biographie Jean-Baptiste Vence est baptisé le à Marseille en l'église Saint-Laurent de Marseille. Son père Nicolas (1697-1771)René Borricand, Nobiliaire de Provence, Éditions Borricand 1976, ancien capitaine de vaisseau marchand, devient armateur et intendant de la Santé à Marseille, possédant des exploitations sucrières à Saint-Domingue et participant avec la famille Clary à la fabrication de savon à Marseille ; sa mère, Marie Caudière, est issue d'une vieille famille de juristes et de marins de la bourgeoisie de Martigues, dont est issu notamment Paul Caudière. Par sa mère, il est également le cousin de Jean-Joseph Rigordy et de Joseph Roux. Son frère cadet, Jean Gaspard de Vence (1747-1806), sera corsaire, amiral et le premier préfet maritime de Toulon.
Formé à la mer, il devient capitaine de navire et de navire corsaire. Durant la guerre de Sept Ans, l'armateur marseillais Fesquet lui confie le commandement de la Pallas, frégate de 14 canons avec un équipage de 86 hommes. Partant de la baie de Cadix le , il navigue en direction de Saint-Domingue. Le , il croise un corsaire anglais, de 16 canons et 130 hommes, qu'il prend en chasse et coule le lendemain après plusieurs heures de combat. Avec une frégate chargée de marchandises, prévoyant qu'il aurait affaire à d'autres corsaires avant d'arriver à Saint-Domingue, il se trouve dans l'impossibilité d'amariner le vaisseau anglais et de recevoir un grand nombre de prisonniers. Le 7 au matin, il essuie un nouveau combat face à un navire supérieur au sein, qu'il arrive à faire reculer en prolongeant sa civadière pour l'aborder et en lui tirant une décharge. Le lendemain, il soutient avec succès un nouveau combat contre deux corsaires anglais à la fois, durant lequel il est blessé. Alors qu'il est sur le point d'entrer dans la baie de Monte-Cristo pour se sauver, il se trouve à portée d'un vaisseau de guerre anglais de 60 canons et d'un brigantin de 16 canons et 110 hommes d'équipage, qui étaient en mouillage. Il réussit à éloigner le brigantin après lui avoir lâché sa bordée, mais se retrouve barré par quatre nouveaux corsaires. Les Anglais prenant le dessus, le navire de Vence, qui perd beaucoup de sang de sa blessure, finit par se rendre. Le commandant anglais, touché par la valeur et la situation de Vence, le fait soigner, lui rend tout ce qui lui appartenait et adresse une lettre d'éloges à son sujet au chef d'escadre français Guy François de Kersaint. Il reçoit du roi Louis XV une épée d'honneur pour sa bravoure dans ses combats corsairesBulletin de la Section de géographie, Comité des travaux historiques et scientifiques. Section des sciences géographiques et de l'environnement, 1952.Pierre-Augustin Guys, Voyage littéraire de la Grèce ou Lettres sur les Grecs, anciens et modernes, avec un parallele de leurs mœurs, Volume 2, Veuve Duchesne, 1783..
La Chambre de commerce de Marseille écrit à son sujet : .
Négociant et armateur notable de Marseille, il est l'un des douze membresaux côtés de Jean-Louis Rolland, Basile Samatan, Ange Rambaud, Antoine Patot, Gimon l'ainé, Albouy, Seimandy, Charles Salles, Jean François, Roustan et Sallier du Comité de correspondance nommé par les négociantsGeorges Guibal, Mirabeau et la Provence, Thorin, 1891Paul Masson, Marseille depuis 1789: études historiques, Volume 1, Hachette, 1919. Ses affaires se concentrent principalement avec Saint-Domingue et la Régence d'AlgerCharles Carrière, Négociants marseillais au XVIIIe siècle: contribution à l'étude des économies maritimes, Volume 1, Institut historique de Provence, 1973..
Le , à Croix-des-Bouquets (Saint-Domingue), il épouse Marie Adélaïde Gautier (ou Gantier), fille de Jean-Baptiste Gautier, propriétaire à Saint-Domingue, et de Marie Bernard, ainsi que nièce du propriétaire du château de VoinslesCompléments à Généalogie et Histoire de la Caraïbe Nouvelle Série N°4 4 trimestre 2011. D'où : Marguerite-Adélaïde, épouse de Jean Antoine Hilarion Bouge. Directeur de l’hôpital général des enfants abandonnés et orphelins de Marseille en 1790, il émigre en Sicile en 1792 et ne rentre en France qu'en 1805. Il devient un important négociant à Messine et Palerme, associé notamment à Jean-François Aubert, François Plegat, puis Jean Caillol et Nicoud, et connaîtra bien les futurs évêques de Marseille Fortuné et Eugène de Mazenod, émigrés à Palerme également. Favorable au retour des Bourbon, il reçoit la Légion d'honneur et la décoration du Lys en 1814 sous la Restauration. Il était le fils de Nicolas Bouge, lieutenant du premier chirurgien du roi, et le grand-oncle d'Auguste Bouge. Marie-Agathe (1767-1825), épouse du négociant Jean- François Charles Camoin. Grands-parents de Charles-Émile Camoin de Vence et de Charles Vincens Nicolas Jean-Baptiste Joseph Vence (1771-1793), un des chefs des insurrections fédéralistes en ProvenceLes Bouches-du-Rhône: encyclopédie départementale, Volume 2 ;Volume 4, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1937. Mort guillotiné, sa mère tentant en vain de lui sauver la vie, vint supplier Albitte pour demander la grâce de son fils en offrant à la République en contrepartie livres de sa dotNouvelle revue rétrospective, Volumes 10 à 11, 1899.. François (1774), sert dans la Marine sous les ordres de son oncle
En , son navire La Croix des Bouquets, dont il avait confié le commandement au capitaine André Denis Jauffret, de La Ciotat, et qui est affrété par Meiffrun pour charger du blé à Arzew, fait naufrageMohamed Touili, Correspondance des consuls de France à Alger 1642-1792: inventaire analytique des articles A.E. BI 115 à 145, Centre historique des archives nationales, 2001..
En relations avec le ministre Boynes, dont la seconde épouse est native de Saint-Domingue, il passe des dîners chez lui, agit comme intermédiaire sur les questions relatives à Saint-Domingue et y défend certains de ses intérêtsPierre Étienne Bourgeois de Boynes, Journal inédit, 1765-1766: Suivi du "Mémoire remis par le duc de Choiseul au roi Louis XV", 1765, Honoré Champion, 2008
vignette|Dessin original du mausolée du comte d'Ennery à Port-au-Prince, que Jean-Baptiste Vence commande au sculpteur Dominique Fossati. Il commande au sculpteur Fossaty, présent à Marseille, le mausolée érigé à Port-au-Prince en hommage au gouverneur Victor-Thérèse Charpentier. Après son exécution, il l’expose pendant quinze jours à la curiosité publiqueBulletin de l'IspanMédéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'île Saint-Dominge, Guérin, 1876..
Il est membre du Comité colonial de Saint-DomingueProsper Boissonnade, Saint-Domingue à la veille de la révolution et la question de la représentation coloniale aux États généraux, janvier 1788-7 juillet 1789, 1906.
Mort le à Marseille, il est inhumé en la collégiale Notre-Dame-des-Accoules. Son épouse et ses enfants feront partie des colons réfugiés à la suite de l'indépendance de Saint-Domingue.
Bibliographie Charles Carrière, Négociants marseillais au : contribution à l'étude des économies maritimes, 2 volumes, Institut historique de Provence, 1973.
Références
Catégorie:Naissance en février 1729 Catégorie:Naissance à Marseille Catégorie:Décès en octobre 1790 Catégorie:Décès à Marseille Catégorie:Armateur de Marseille Catégorie:Négociant français du XVIIIe siècle Catégorie:Corsaire français Catégorie:Propriétaire à Saint-Domingue Catégorie:Militaire français de la guerre de Sept Ans Catégorie:Décès à 61 ans