Cet article propose une liste des opérations d'urbanismes réalisées sous le Second Empire. Certaines de ces réalisations, planifiées par le préfet Haussmann et son administration, ne seront terminées que sous la Troisième République.

Pour une présentation des travaux haussmanniens dans leur ensemble, voyez l'article principal : Transformations de Paris sous le Second Empire.

1000px|center|

Code couleur : Selon l'année de prise du décret de percement ou d'alignement (ou du commencement des travaux en cas de différence importante). Caractères de couleur jaune en cas de voie préexistante faisant l’objet uniquement d’un alignement ou d’un élargissement.

(1854) : Année de la prise de décret pour le percement ou l'alignement

(1854-1858) : Année de la prise de décret et année de la fin des travaux si elle est connue

(1857/1866) : Année de la prise de décret et année du commencement des travaux en cas de différence importante

(1859, puis 1902) : Années des prises de décret pour des travaux différés d'alignement

Le plan figure les percements ou alignements de voies commencés sous le Second Empire et sous la Troisième République ainsi que les autres réalisations urbaines commencées ou achevées sous le Second Empire uniquement.

Places et bâtiments publics l’île de la Cité est réaménagée. Seule la partie place Dauphine et le quartier situé entre Notre-Dame de Paris et le quai aux Fleurs sont conservés. En dehors des monuments historiques tels que Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, la Conciergerie, le reste de l’île est rasé et remplacé par des équipements publics comme le nouvel Hôtel-Dieu, le Tribunal de Commerce, la caserne de la Cité qui deviendra la Préfecture de Police, ainsi que la partie occidentale du palais de Justice ou des espaces libres comme le parvis de Notre-Dame et les jardins. Tous les ponts actuels sont construits, reconstruits ou, dans le cas du pont Neuf, transformés de manière importante. 1.1 : Palais de Justice. Travaux commencés sous Louis-Philippe, presque achevés à la chute de Napoléon III, avant la destruction dans un incendie lors de la Commune. 1.2 : Tribunal de commerce. Il est construit de telle manière que sa coupole soit dans l’axe précis du nouveau boulevard de Sébastopol, afin de le fermer au sud, la perspective étant fermée au nord par la nouvelle gare de l'Est. Le projet, confié à Antoine-Nicolas Bailly, est achevé en 1864. 1.3 : Hôpital de l’Hôtel-Dieu, reconstruit dans le périmètre réaménagé de la Cathédrale Notre-Dame, entre 1866 et 1878, par Arthur-Stanislas Diet. 1.4 : Préfecture de police, construit entre 1863 et 1867, par Pierre-Victor Calliat. 1.5 : Le Jeu de paume (1861). 1.6 : Galerie de l’Orangerie (1853) par Firmin Bourgeois puis Louis Visconti. 1.7 : Aile nord du palais du Louvre (le long de la rue de Rivoli) ébauchée sous Napoléon , achevée en 1855, sous la direction de Louis Visconti et Hector-Martin Lefuel. 1.8 : Place du Louvre, aménagée en 1853-1854. La place est agrandie, encadrée à l’est par deux immeubles côté nord et côté sud, à l’architecture homogène avec arcatures en plein cintre, rappelant celle de la rue de Rivoli en construction. 1.9 : Mairie du (1858-1860), par Jacques Hittorff. Elle est construite au flanc de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. À la suite des travaux de la place du Louvre, cette église du se trouve isolée et de biais face à la colonnade du Louvre. Elle échappe cependant à une destruction programmée : Haussmann, de confession protestante, ne souhaite pas voir disparaître l’église dont les cloches ont donné le signal du massacre de la Saint-Barthélemy. Le préfet de la Seine fait alors édifier la mairie du , ainsi que le beffroi, construit par Théodore Ballu en 1858, qui sépare les deux édifices, redonnant à la fois de la consistance à la place et rétablissant l’harmonie géométrique, en refermant l’angle que l’église formait avec la colonnade du Louvre. 1.10 : Place Joachim-du-Bellay (usuellement, « square des Innocents ») (1856-1860). La fontaine des Innocents, réalisée en 1549, a été déplacée à cette occasion. 1.11 : Aménagement des Halles. Les rues du Pont-Neuf et des Halles sont percées pour mieux desservir le « ventre de Paris ». Victor Baltard voit son premier projet refusé par Napoléon III, alors même que les travaux ont commencé : ce dernier préfère des charpentes métalliques, sur le modèle de la nouvelle gare Saint-Lazare d’Alfred Armand. Après une seconde consultation et grâce à l’appui de Haussmann, le second projet de Baltard est retenu, sous la forme de dix pavillons (construits entre 1856 et 1870, portés à douze en 1936) faits de fer, de verre et de fonte, matériaux du modernisme à l’époque. De 1971 à 1973, les pavillons sont détruits pour laisser place à un jardin et à un complexe commercial et de transport, le forum des Halles. Deux pavillons subsistent à Nogent-sur-Marne (servant de salle de spectacles) et dans un parc de Yokohama, au Japon (seulement une partie de la structure). 1.12 : Place du Châtelet, réaménagée en 1858. Elle est bordée par le théâtre du Châtelet (1860-1862), de Gabriel Davioud, sur le flanc ouest et le théâtre lyrique (théâtre de la Ville) (1860-1862), du même architecte, sur le flanc est. La fontaine du Palmier, de 1806, est déplacée à cette occasion et un bassin inférieur, toujours de Davioud, lui est ajouté. 3.1 : Mairie du (1864-1867), par Pierre-Victor Calliat et Eugène-Alexandre Chat. 4.1 : Mairie du (achevé en 1868), par Antoine-Nicolas Bailly. 4.2 : Place de l'Hôtel-de-Ville (jusqu’alors place de Grève). Elle est agrandie et réaménagée en 1853. Elle est desservie par la nouvelle avenue Victoria (1855), dessinée dans la perspective de l’hôtel de ville. 5.1 : Place Saint-Michel, créée à l’occasion du percement du boulevard du même nom, en 1855. La fontaine Saint-Michel est édifiée en 1860 par Gabriel Davioud, dans la perspective du boulevard du Palais. 7.1 : Mairie du (achevé en 1862), par Joseph Uchard. 8.1 : Place de la Concorde. Dessinée sous Louis XV par Ange-Jacques Gabriel, elle est remaniée par Jacques Hittorff sous la monarchie de Juillet entre 1834 et 1840 : il y ajoute statues, terre-pleins, l’obélisque de Louxor et les deux fontaines des Mers et des Fleuves. En 1854, dans la perspective de la prochaine exposition universelle, il est nécessaire pour des raisons de sécurité de combler les fossés encadrant la place depuis Gabriel. Ce projet est également confié par l’empereur à Hittorff, malgré les rapports conflictuels que ce dernier entretient avec Haussmann. 8.2 : Place de l’Étoile. Sa conception est due directement à Haussmann, qui va plus loin que le projet initial de l’empereur ne comportant que trois avenues latérales (Foch, Kléber et Friedland). Haussmann imagine une étoile à douze branches rayonnantes à partir d’une vaste place de de diamètre sur laquelle trône l’arc de triomphe (construit entre 1808 et 1835). Les constructions qui la borderont répondent à des critères d’homogénéité. Les travaux ont lieu en 1854. 8.4 : Place de l’Europe. Entièrement refaite en 1863 sur un viaduc, à la suite de l’élargissement des voies de chemin de fer se rendant à la gare Saint-Lazare. 9.1 : Opéra Garnier. Le jeune Charles Garnier est désigné à l’issue d’un concours rassemblant cent soixante et onze participants pour construire cet opéra dans le « style Napoléon III », selon les mots de l’architecte. La construction s’étend de 1861 à 1875, avec cependant une inauguration provisoire qui a lieu en 1867. 11.1 : Place de la République (place du Château-d’Eau). Elle est remodelée en 1857 à l’occasion du percement de quatre voies magistrales qui s'y abouchent : rue de Turbigo, boulevard de Magenta, boulevard du Prince-Eugène et boulevard des Amandiers. La place est largement agrandie, en forme de quadrilatère. La caserne Vérines (caserne du Prince-Eugène) est édifiée en 1854, bordant la partie nord-ouest de la place, remplaçant le diorama de Louis Daguerre. La fontaine du Château d’eau, qui trônait sur la place depuis 1811 est jugée insuffisante pour la nouvelle place et déplacée en 1867 à l’entrée de la grande halle de la Villette où elle se situe encore aujourd’hui. Gabriel Davioud fait alors édifier une nouvelle fontaine, toujours ornée de lions, qui sera finalement déplacée en 1889 place Daumesnil. C'est à cette date qu'est construit le Monument à la République, tel que nous le connaissons aujourd’hui. 11.2 : Place Léon-Blum appelée précédemment place du Prince-Eugène jusqu’en 1870, puis place Voltaire jusqu’en 1957. Inaugurée en 1857. 11.3 : Mairie du (1862-1865), par Étienne-François Gancel. 11.4 : Canal Saint-Martin : il est recouvert le long du boulevard Richard-Lenoir et abaissé de six mètres pour le faire passer sous le nouveau boulevard du Prince-Eugène, alors en construction. 11.5 : Cirque Napoléon devenu aujourd'hui le Cirque d'Hiver. Construit en 1852 par Jacques Hittorff. 12.2 : Fondation Eugène-Napoléon. Bâtiment édifié en 1856 par la volonté de l’impératrice Eugénie qui souhaite le dédier à l’instruction professionnelle de jeunes filles pauvres. 13.1 : Place Jeanne d'Arc. Ouverte en 1855 autour de la nouvelle église Notre-Dame de la Gare, elle-même édifiée dans la perspective de la nouvelle rue Jeanne-d'Arc. 14.1 : Hôpital Sainte-Anne ou « asile clinique », construit entre 1863 et 1867. 14.2 : Prison de la Santé, construite en 1867 par Joseph Auguste Émile Vaudremer. 14.3 : Mairie du (1852-1858), par Claude Naissant. 16.1 : Place du Trocadéro (place du Roi de Rome jusqu’en 1877). Elle est créée en 1869, après nivellement du sommet de la colline de Chaillot par Haussmann en 1860. 17.1 : Place du Maréchal-Juin (place Pereire jusqu’en 1973, du nom de célèbres banquiers ayant participé très largement aux opérations immobilières dans le cadre des rénovations du Second Empire). Elle est aménagée en 1863, accueillant six nouvelles voies. 20.1 : Place Gambetta (1862) et mairie du (1867-1877), par Léon Salleron.

Les gares et les axes les reliant La France est en pleine révolution industrielle. Le nombre de kilomètres de voies ferroviaires croît de manière exponentielle dans le pays et il faut créer des infrastructures adaptées. Des gares sont créées sous Louis-Philippe et sous le Second Empire. Face à l'afflux de voyageurs et de marchandises, de nouvelles voies urbaines aérées sont percées pour mieux desservir la ville.

8.3 : Gare Saint-Lazare : troisième gare, d’Alfred Armand et Eugène Flachat, achevée en 1853, extensions en 1867. 10.1 : Gare du Nord (1861-1865), par Jacques Hittorff. 12.1 : Gare de Lyon (1855, reconstruite à l’identique en 1871 à la suite d'un incendie), par François-Alexis Cendrier. Elle laisse place à une nouvelle gare beaucoup plus large et fonctionnelle en 1902 sous la direction de Marius Toudoire. 15.1 : Gare Montparnasse (1852), par Victor Lenoir. Détruite dans les années 1960, dans le cadre du projet immobilier de la tour Maine-Montparnasse.

Voies percées pour améliorer l'accès aux gares : rues du Havre et Auber (gare Saint-Lazare). boulevards de Strasbourg et de Magenta (gare du Nord et Gare de Paris-Est). rue de Châteaudun et rue de Maubeuge, qui relient la gare Saint-Lazare à la gare du Nord. boulevard Diderot (Gare de Lyon). boulevards Saint-Marcel et Arago (gare de Paris-Austerlitz). boulevard de Port-Royal et rue de Rennes (gare de Paris-Montparnasse, alors située à l'emplacement actuel de la tour Montparnasse). La rue de Rennes, qui devait se poursuivre jusqu'à la Seine, est restée inachevée.

Les ponts P.1 : Viaduc d'Auteuil. Construit en 1863. Remplacé en 1963 par le pont du Garigliano. P.2 : Pont de l’Alma. Construit entre 1854 et 1856 par Gariel. Détruit et remplacé en 1970 (seul le zouave est conservé). P.3 : Pont des Invalides. Détruit et reconstruit en 1854. P.4 : Passerelle Solférino. Construit en 1861. Détruit et remplacé en 1961. Rebaptisée Passerelle Léopold-Sédar-Senghor en 2006. P.5 : Pont au Change. Détruit et reconstruit en 1858-1860.