Peypin-d'Aigues est une commune française située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Peypinois.
Géographie Peypin-d'Aigues est un village éclaté en quatre parties, le village et trois hameaux : hameau des Dônes, hameau des Roux et hameau de Fonzillouse (ou Fontjoyeuse) ().
Relief Le relief est très contrasté. La commune est divisée en deux, d'un côté la plaine irriguée dans le lit majeur de la Durance, de l'autre la surrection du Luberon.
Géologie La partie méridionale est composée d'alluvions récentes apportées par la Durance. Le massif du Luberon compose l'autre partie de la commune. Cette chaîne a commencé à se former au crétacé inférieur, c'est-à-dire entre -135 et -95 millions d'années pour finir de se plisser à partir de -15 millions d'années d'abord dans un axe nord-sud, puis de NNE-SSO. entre -7 et -3 millions d'années. Ces compressions successives ont trouvé leurs termes au pliocèneJacques Buisson-Catiln Le Luberon des origines, Notice 4 d'archéologie vauclusienne, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1997. p. 9.. Il est à noter – chose assez rare - que sur le territoire de la commune se trouve un (minuscule) affleurement basaltique. On n'en découvre d’identiques qu’à Évenos (83), Beaulieu (06) ou Rougiers (83).
Voies de communication et transports Voies routières
Services autocars Lignes départementales Le village est desservi par une ligne départementale. : + LigneTracé 17.2 Peypin-d'Aigues ↔ Pertuis
Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « La Bastide des Jourdans », sur la commune de La Bastide-des-Jourdans à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Peypin-d'Aigues est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (70,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (55,1 %), zones agricoles hétérogènes (16,4 %), cultures permanentes (15,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine Répartition des sols La répartition des sols de la commune est la suivante . (donnée pour un total de) :
Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares) Zones urbaines 1,85 % 32,10 Zones agricoles 25,71 % Zones naturelles 72,50 % Total 100 %
Les zones naturelles (presque 9/10 du territoire) sont principalement formées par les forêts méditerranéennes couvrant le petit Luberon. Les zones agricoles sont formées de vergers de fruitiers (oliviers, amandiers, etc.), des champs de lavandin et des vignes (AOC côtes-du-luberon).
Logement
Toponymie Podium Pini est d'origine romane, la racine Pey (Podium, Puy) désigne aussi bien la pierre qu'une sommité rocheuse. Il faut voir dans le suffixe Pini l'évocation d'une forêt de pins accrochée aux flancs de cette colline de pierres..
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Au quartier des Roux a été identifié le seul vestige de l'âge du bronze, une hache aux bords martelés. Celui de Notre-Dame a, par contre, livré de nombreuses tombes dont l’une était recouverte d’une dalle épigraphique. Leur présence est l'indice probable de l’existence d’une villa gallo-romaine.
Moyen Âge
Au ce lieu était couvert de pins et ce fut sans doute ici (in Pineto), en 925, que s'abrita l'archichancelier Bernuin, archevêque d’Aix-en-Provence, fuyant les Sarrasins et partant se réfugier à Reims. Les textes des cartulaires provençaux citent ensuite Pinetus (991) et Peipi (1092). C'est une déformation de « Podium Pinus » - Podio Pino est attesté au – signifiant le Puy des Pins.
Le sanctuaire le plus ancien fut celui de Notre-Dame de Peipi, à la fin du , qui a depuis disparu.
Le fief de Peipin relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Peipin, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 486..
En 1331, Elzéar de Sabran rendit hommage de ce fief à Robert d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples. Il venait de racheter à Delphine, veuve de son oncle et parrain Elzéar, l’héritage que celui-ci lui avait légué et qu’elle distribuait aux pauvres. À cette époque le vieux château des Sabran s’élevait sur le site du Castellas.
Période moderne Peypin fait partie de la quarantaine de localités, de part et d'autre du Luberon"Guide historique du Luberon vaudois", par Gabriel Audisio, page 17, Éditions du Parc naturel régional du Luberon mars 2002 dans lesquelles s'installent au moins 1400 familles de vaudois des Alpes, soit environ , venues des diocèses alpins de Turin et d'Embrun entre 1460 et 1560, selon l'historien Gabriel Audisio. Les deux-tiers de ces futurs Vaudois du Luberon sont arrivés entre 1490 et 1520 et la plupart subissent le massacre de Mérindol, qui détruit 24 villages et cause .
En 1506, le baron de Cental, Antoine René de Bolliers, passa au nom de son fils mineur François, héritier de ce fief, un acte d’habitation pour repeupler Peypin avec plusieurs chefs de famille vaudois originaires de sa baronnie piémontaise.
Une première alerte eut lieu en 1532 quand les enquêteurs envoyés par le Parlement d’Aix, sur ordre de François , partirent à la recherche de « ceux tenant pour la secte de Luther au-delà de la Durance ». Le village se vida avant leur arrivée. Ce qui ne l’empêcha pas, en 1545, d’être pillé et incendié, sur ordre de Meynier d’Oppède, par les soudards du « brave capitaine Paulin ». Même l’église Saint-Jérôme, pourtant propriété du chapitre cathédral de Saint-Sauveur d’Aix, fut détruite. Les chanoines la feront reconstruire en 1620.
Révolution française
Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.
Le temple protestant actuel date de 1870.
Période contemporaine L'adhésion de la commune au parc naturel régional du Luberon a valorisé ses nombreux atouts touristiques et économiques. Le taux de chômage actuel est de 9,8 % alors qu'il était de 12,4 % à la fin du . Pour la même période le taux d'activité atteint 70,9 % contre 68,9 % en 1999 et la population des retraités et les préretraités est passée à 21,4 % de la population alors qu'elle était de 22,4 % à la même date.
Politique et administration Tendances politiques
Administration communale
Listes des maires
vignette|Mairie de Peypin-d'Aigues.
Politique environnementale La collecte et le traitement des déchets des ménages et déchets assimilés ainsi que la protection et la mise en valeur de l'environnement sont réalisés dans le cadre de la communauté de communes Sud Luberon (ex-communauté de communes Luberon-Durance).
La commune, de par la communauté de communes, fait partie du syndicat mixte intercommunautaire pour l'étude, la construction et l'exploitation d'unités de traitement des ordures ménagères de la région de Cavaillon (Sieceutom).
La commune fait partie du syndicat intercommunal à vocations multiples (SIVOM) Durance-Luberon qui est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) qui regroupe 21 communes des 23 communes (Lourmarin et Vaugines n'en font pas partie) des deux cantons de Pertuis et de Cadenet a pour compétence la distribution de l'eau et l'assainissement. Il a été créé en 1989 par transformation du syndicat intercommunal créé en 1946 mais qui n'avait comme compétence que la distribution de l'eau. Il comprend 42 membres (deux par commune). Son président est Maurice Lovisolo (vice-président du conseil général de Vaucluse).. Le prix de l'assainissement est variable dans chaque commune (à cause de la surtaxe communale) alors que celui de l'eau est identique..
Instances administratives et juridiques Peypin-d'Aigues est une des quatorze communes du canton de Pertuis qui totalise habitants en 2006. Le canton fait partie de l'arrondissement d'Apt depuis 1801 (sauf de 1926 à 1933 où ce fut Cavaillon) et de la cinquième circonscription de Vaucluse depuis 2010 (avant l'ordonnance -935 du elle appartenait à la deuxième circonscription de Vaucluse). Peypin-d'Aigues fait partie du canton de Pertuis depuis 1801 après avoir fait partie du canton de La Tour-d'Aigues de 1793 à 1801.
Peypin-d'Aigues fait partie de la juridiction d’instance d’Apt, mais du greffe détaché Pertuis, et de grande instance, de prud'homale, de commerce et d'affaires de Sécurité sociale d’Avignon..
Intercommunalité La commune fait partie de la communauté de communes Sud Luberon (ex-communauté de communes Luberon-Durance) depuis le .
Fiscalité