Des portes de ville de Bordeaux, il n'en subsiste plus que six de nos jours, deux du Moyen Âge, la porte Saint-Éloi, dite de la Grosse Cloche (la plus ancienne) et la porte Cailhau (ou porte du Palais) et également quatre portes du : la porte d'Aquitaine, la porte de Bourgogne (ou porte des Salinières), la porte Dijeaux (ou porte Dauphine), et la porte de la Monnaie.

Durant des siècles, la ville fut fortifiée afin de se protéger des attaques, d’en contrôler les accès et de prélever des taxes sur les marchandises.

L’Intendant Tourny prit ensuite la décision d’ouvrir la ville au , et d’en faciliter l’accès. Il remplaça alors d'anciennes portes médiévales par des portes monumentales prenant souvent la forme d’arcs de triomphe.

Descriptions La porte Saint-Éloi et la Grosse Cloche

vignette|upright|La Grosse Cloche. vignette|droite|La porte en 2013. vignette|droite|La grosse cloche de la porte Saint-Éloi en 2013. Des six portes que compte actuellement Bordeaux, la porte Saint-Éloi (du nom de l'église accolée) est la plus ancienne que la ville conserve du Moyen Âge. Elle est aussi appelée porta Sancti Jacobi (car située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle). Le beffroi de l'ancien hôtel de ville a été surnommé "la Grosse cloche".

C'est un des rares monuments civils (avec la porte Cailhau) que la ville conserve du Moyen Âge.

Elle a été édifiée au sur les restes de l'ancienne Porte Saint-Éloy (dite aussi porte Saint-James) du (adossée à l’église Saint-Éloi du ), ouverte sur le rempart du et sous laquelle passaient les pèlerins de Saint-Jacques en route pour Compostelle. D'où le nom de la rue Saint-James voisine, Saint James étant le nom gascon de Saint JacquesParcours Le Moyen Âge à Bordeaux - Document du CRDP d'Aquitain.

Toutes les modifications successives effectuées entre le et le transformèrent la physionomie primitive de cette porte devenue beffroi, le clocher du ban communal lui ayant été adjoint dès le .

Les magistrats de la ville sonnaient la cloche pour donner le signal des vendanges et alerter la population en cas de débuts d'incendies.

C'est la raison pour laquelle elle est depuis toujours le symbole à la ville et figure encore aujourd'hui sur les armoiries de la cité. Les Bordelais sont très attachés à cette cloche.

Lorsque le roi voulait les punir pour leur insubordination, il faisait enlever la cloche : les habitants ne tardaient guère alors à rentrer dans le rang pour retrouver leur emblèmeFiche de la Grosse cloche de bordeaux sur le site du caruso33.. C'est ainsi qu'elle est enlevée aux Bordelais par le roi Henri II et brisée pour les punir de leur révolte de 1548 (la Jacquerie des pitauds); la cloche revint en 1561 pour la plus grande joie des habitants.

La Grosse Cloche est composée de deux tours circulaires de de haut reliées par un bâtiment central et dominée par le léopard d'or.

À l'origine c'était un ensemble de quatre tours rondes et crénelées auxquelles furent adjointes, au , deux autres tours et ne s'élevait que d'un étage. Ces deux dernières se situaient à l'emplacement du milieu de l'actuel cours Victor Hugo qui était à l'époque un fossé longeant le rempart.

Après l'incendie de 1755, crénelage et campanile viennent couronner les tours couvertes en forme de poivrière.

Au centre de la grille en fer forgé () qui ferme la baie dans laquelle se trouve la cloche, un écusson représente les armes de la ville tandis que, face nord, des gargouilles grimaçantes du subsistent avec, au-dessous, des inscriptions gravées sur marbre noir et datées de 1592.

La cloche actuelle fut coulée en juin 1775 par le fondeur Turmeau (voir la plaque sous la tour) . Elle pèse pour deux mètres de hauteur et de diamètre. Elle est classée au titre d'objet depuis le .. Elle a sonné la commémoration de la victoire du , depuis en raison de son poids et des risques de fissures que pourraient provoquer les vibrations de la cloche, elle n'a sonné qu'à quelques reprises, lors de sa remise en place dans le campanile, à la suite de sa restauration et lors de la visite du Général de Gaulle dans la ville, le .

Jusqu'en , elle sonnait tous les ans cinq fois par an. Le 1er janvier (nouvel an), le (Victoire du 8 mai 1945), le (fête nationale), le (libération de Bordeaux en 1944) et le (Armistice de 1918) en présence de nombreux spectateurs à 11 heures..

Depuis, elle sonne aussi tous les premiers dimanches du moisLa "grosse cloche" de Bordeaux sonnera désormais chaque mois

Représenté sur la girouette, le léopard anglais rappelle les armes de la province de la Guyenne anglaise dont Bordeaux était la capitale.

L'horloge construite en 1759 d'après les plans du mathématicien et astronome Paul Larroque a remplacé celle de 1567 exécutée par Raymond Sudre. Au-dessus d'elle se trouve un cadran à équation solaire.

thumb|left|340px|Plaque sur la Grosse Cloche. Ce texte est gravé sur la cloche : J'appelle aux armes J'annonce les jours Je donne les heures Je chasse l'orage Je sonne les fêtes Je crie à l'incendie.

La porte et les tours sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle a été restaurée du 4 au .. La tour est visitable de 13 heures à 19 heures durant l'été.

Porte Cailhau

vignette|Porte Cailhau. La porte originelle était implantée dans le rempart du . Elle a été remplacée par le monument actuel, construit plus près de la Garonne entre 1493 et 1496Annick Descas, Dictionnaire des rues de Bordeaux..

Située entre les embouchures des deux principales rivières de Bordeaux, le Peugue (cours d'Alsace et Lorraine) et la Devèze (rue de la Devise), c'était la principale entrée dans la ville depuis le port. Elle donnait accès au Palais de l'Ombrière, résidence des ducs de Guyenne. Le futur roi de France, Louis VII, y séjourna à l'occasion de son passage à Bordeaux pour son mariage avec Aliénor d'Aquitaine. Au , le palais fut remplacé par un autre. À partir de 1462, le Parlement de Bordeaux de Bordeaux y siégea. Ravagé par plusieurs incendies (1597, 1704), il fut démoli en 1800, permettant ainsi l'ouverture de l'actuelle rue du Palais de l'Ombrière.

Élevée dans un style gothique Renaissance (mâchicoulis, toitures aiguës de de haut, lucarnes, lanternes) au , en souvenir de la victoire remportée en 1495 par Charles VIII à la Fornoue, elle faisait office d'arc de triomphe et de porte défensive (présence d'une niche à l'effigie du roi).

Le nom de la tour signifie caillou (calhau en gascon). Il était donné au quai en pente douce situé entre les deux rivières, que l'on Pierre Bernadau, Le Viographe bordelais, Ce quai s'est ensuite appelé quai Bourgeois, quai de Bourgogne puis quai Richelieu aujourd'hui.. Ce nom est partagé avec la puissante famille bourgeoise bordelaise médiévale des Cailhau ou Caillau , établie près du Palais de l'Ombrière non loin de la porte fortifiée qui perpétuerait leur nom, et qui donna plusieurs maires à la ville ( - )Bordeaux : un tour de ville en 101 monuments Édition Le Festin juillet 2008.

Le hasard a voulu qu'en fin de construction, le roi Charles VIII remporte en 1495 à la bataille de Fornoue contre les Italiens, au cours de laquelle l'archevêque de Bordeaux, André d'Espinay conduise un contingent bordelais. Pour commémorer cette victoire, la porte a été dédiée par les jurats à Charles VIII, et ornée de sa statue en marbre blanc, tenant globe et sceptre. La statue, brisée par les révolutionnaires en 1793 a été remplacée par une copie en pierre en 1880. L'architecte initial en fut probablement Raymond Macip. Par la suite, l'édifice a été assez remanié, notamment par l'élargissement de la baie par l'architecte Charles Dardan en 1753-1754. Mais c'est surtout, l'architecte Charles Durand qui la restaure et la dégage des édifices accolés de 1880 à 1890. Ses bas-reliefs alors abîmés sont conservés au Musée d'Aquitaine.

D’un point de vue architectural, c'est un monument de transition gothique-Renaissance Fiche de la Porte Cailhau sur le site du petit-patrimoine. : mâchicoulis le long de tout le périmètre de la tour, herse, lucarnes et meurtrières trahissent son caractère défensif directement hérité du Moyen Âge. Alors que les accolades au-dessus des fenêtres à meneau, la toiture élancée aux élégantes tourelles ou encore les dais flamboyants au-dessus des niches annoncent déjà un caractère plus décoratif propre à la Renaissance.

Les archères donnent du côté du fleuve mais aussi du côté de la ville.

Du côté de la ville, on voit la trace de l'ancien rempart (environ d’épaisseur et 8 à de hauteur) dans lequel une porte, donnant actuellement dans le vide, permettait probablement d'accéder au chemin de ronde.

Sur sa façade, côté ville, on peut voir au centre une scène théâtralisée représentant deux anges portant un écusson à 3 fleurs de lys surmonté par un heaume coiffé de la couronne royale. Le tout est au centre d'un chapiteau décoré également de fleur de lys, encadré de rideaux noués par des cordons, avec au sommet un curieux personnage chevelu semblant observé la scène.

Du côté du fleuve, on trouve plusieurs statues : Charles VIII, Saint-Jean l'Évangéliste et le Cardinal d'Épernay, archevêque de Bordeaux, qui était aux côtés du roi lors de la bataille de FornoueFiche de la Porte Cailhau sur le site de 33-Bordeux..

En plusieurs endroits, tels que les soubassement de fenêtres, les angles de portes, apparaissent des personnages inquiétants, représentations animales et chimères sculptés dans la pierre.

Plus récemment, le monument a subi une restauration également en 1960 et une mise en lumière. La rénovation de la place du Palais, située à proximité de la porte et réalisée en 2010, permet une mise en valeur du monument. Il est régulièrement ouvert au public pour des visites touristiques et est classé monument historique depuis le . Consulté le 25 septembre 2009.

Porte d'Aquitaine

Quand Tourny a supprimé les portes médiévales, il souhaitait remplacer les quatre tours rébarbatives flanquant l'ancienne porte gothique, la porte Saint Julien datant de 1302 (qui avait pris son nom d'un hôpital voisin créé en 1231 pour soigner lépreux et pestiférés) qui s'ouvrait, au sud de la rue Sainte-Catherine, sur l'actuelle Place de la Victoire, là où jadis se réunissaient les deux routes du Languedoc et d'Espagne par un véritable arc de triomphe, à l'image de la grandeur de la capitale de la Guyenne.

Le fut entreprise sa construction par Portier.

Elle a pris le nom de porte d'Aquitaine le afin d'honorer le second fils de la Dauphine, le duc d'Aquitaine Xavier de France qui venait de naître.

La porte d'Aquitaine est ornée, d'un côté, des armes royales dans une coquille bivalve et de dieux marins enlaçant l'écusson ; de l'autre, les armes de la ville émergeant d'une coupe sur laquelle retombent fruits et fleurs. Elle est faite en belle pierre de Saint-Macaire (pierre qui devient dure et rosée), percée d'une arcade de plus de onze mètres de haut et de cinq mètres de large, ornée de bossages en saillie.

Amputée de ses deux guichets latéraux (qui marquaient l’entrée symbolique (et fiscale) en ville) en 1902, elle est depuis lors un des monuments emblématiques de la place de La Victoire, vers lequel convergent tous les regards.

Elle raccordait la vaste place d’Aquitaine (la Victoire) à une plus petite, côté rue Sainte-Catherine. La rue « Entre-deux-places » reliait – à juste titre –, ces deux places, en longeant le rempart Bordeaux en 1820.

L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du . Consulté le 25 septembre 2009. Après la Seconde Guerre mondiale, elle a pris le nom de Porte de la Victoire.

Porte Dijeaux

vignette|Porte Dijeaux. La porte Dijeaux est située à l’extrémité ouest du decumanus formé par l'alignement des rues porte-Dijeaux et Saint-Rémi. Elle débouche sur la place Gambetta.