Bertrand Bessières, né le à Prayssac dans le Quercy et mort le à Chantilly dans l'Oise, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Il commence sa carrière sous la Révolution française et participe à plusieurs campagnes, notamment celles d'Italie et d'Égypte, qui lui permettent d'obtenir tous les grades inférieurs.
Nommé général de brigade en 1805, peu après Austerlitz, il sert de nouveau en Italie avant d'être transféré en Espagne. Il y remplit divers commandements, aussi bien dans la cavalerie que dans l'infanterie ou comme gouverneur militaire. Ayant refusé sa promotion au grade de général de division en 1811, il est rappelé à la même époque pour participer à la campagne de Russie puis à celle d'Allemagne, au cours de laquelle il est sérieusement blessé à Leipzig. Il n'occupe plus par la suite que des postes secondaires. Il est le frère puîné du maréchal Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie.
Biographie
Du simple soldat au général de brigade Né le à Prayssac, Bertrand Bessières est le frère cadet du maréchal Jean-Baptiste Bessières. Soldat au de cavalerie le , le jeune Bessières est nommé provisoirement sous-lieutenant le et passe en cette qualité dans le régiment de chasseurs à cheval. Il fait avec ce corps les campagnes de 1792 à 1794 aux armées du Centre et du Nord, sous les ordres des généraux Lafayette et Dumouriez. Il suit son régiment à l'armée d'Italie au commencement de l'année 1795, est confirmé comme sous-lieutenant le et est promu lieutenant le de cette même année. Il fait la guerre en Italie en 1796 et 1797 avant d'être incorporé par le général Bonaparte dans la compagnie des guides le avec le grade de capitaine. Participant à la campagne d'Égypte, il devient chef d'escadron sur le champ de bataille d'Aboukir le et chef de brigade du régiment de chasseurs à cheval le .
Rentré en France avec le général Menou à la fin de l'année 1801, il sert à l'armée des côtes de l'Océan de 1803 à 1805 et est également employé aux camps de Boulogne et de Saint-Omer. Membre de la Légion d'honneur le et officier de l'ordre le , l'Empereur le nomme peu de temps après électeur du département du Lot. Son régiment fait avec la Grande Armée la campagne de 1805 au sein de la brigade de cavalerie légère du corps commandée par le général Margaron.. Il est blessé d'un coup de feu à la tête au cours de la bataille d'Austerlitz le et se voit remettre par l'Empereur le brevet de général de brigade le . En 1806, Bessières est affecté à l'armée d'Italie où il commande à partir du une brigade de chasseurs à cheval puis, le , la réserve de cavalerie légère de cette armée. Le , il se rend à Turin auprès de la division du général Giuseppe Lechi pour y prendre la tête d'une brigade de cavalerie provisoire en cours de formation. Toutefois, ce commandement ne dure pas, car dès le , il est chargé de diriger la brigade de cavalerie du corps d'observation des Pyrénées-Orientales sous les ordres du général Guillaume Philibert Duhesme.
Campagnes d'Espagne, de Russie et d'Allemagne vignette|gauche|Un cuirassier français en 1812, par Carle Vernet. Bessières, qui a eu sous ses ordres un régiment de cuirassiers provisoire en Espagne, commande par la suite une brigade de grosse cavalerie en Russie et en Allemagne.
Arrivé en Espagne au mois de , Bessières reçoit le commandement de deux régiments de cavalerie provisoires, les cuirassiers et chasseurs, aux côtés de la brigade de cavalerie italienne du général Schwarz. Au , les cuirassiers alignent 423 hommes et les chasseurs 483, pour un total de 906 cavaliers. Bessières a son quartier général à Barcelone. Très vite, des tensions naissent entre lui et son supérieur, le général Duhesme, peut-être accentuées par son caractère ombrageux ; toutefois les origines exactes de cette mésentente ne sont pas connues. Après avoir menacé de donner sa démission, Bessières est finalement maintenu à son poste. Le , il participe à un combat au pont de Molins de Rei sur le Llobregat. À la même période, sa brigade de cavalerie compte 825 hommes. Il est employé à la pacification de la région de Barcelone sous les ordres du général Gouvion-Saint-Cyr, arrivé en septembre, jusqu'à la dissolution de sa brigade en . Il prend alors le commandement de la brigade de la division d'infanterie du général Joseph Souham, composée des et régiments d'infanterie légère ainsi que du régiment de dragons, et prend part à ce titre aux opérations du siège de Gérone durant l'année 1809.
Le , Bessières se voit attribuer le commandement d'une brigade de dragons de la division de cavalerie du général Caulaincourt, comprenant les et régiments de dragons provisoires. Il passe ensuite avec sa brigade dans la division de dragons du général Kellermann qui reste en poste jusqu'au mois d'avril, date à laquelle il est remplacé le 26 de ce mois par le général Trelliard. Le , les deux régiments de la brigade Bessières sont transférés à la division Seras dans la province militaire, où le général a pour mission d'assurer la sécurité des lignes de communication de l'armée du Portugal. Il obtient le une dotation de francs de rente annuelle sur la Westphalie. Au mois de , il est placé à la suite de l'état-major de la province et conserve cette position un certain temps, avant de remplacer Kellermann au commandement de cette région en ; dans l'intervalle, il est fait baron de l'Empire le . À cette époque, il a pour secrétaire Charles Dunoyer, un ami de la famille.. Promu général de division par décret impérial du , il refuse néanmoins d'accepter ce grade pour des raisons qui demeurent inexpliquées ; l'annulation de sa nomination a lieu le suivant, ce qui constitue un cas sans précédent dans l'histoire du Premier Empire. À la fin de l'année, il bat un corps de cavalerie venu au secours d'Astorga. Appelé le au commandement d'une brigade de cuirassiers de la division Saint-Germain, il quitte définitivement la péninsule Ibérique.
Commandant la brigade de la division Saint-Germain le , puis la brigade de cette même division au , Bessières participe à la campagne de Russie. Il se distingue à la tête de ses cuirassiers au début de la campagne et une nouvelle fois à la bataille de la Moskova, recevant un coup de mitraille à l'épaule gauche. Le , il est chargé de mener la brigade de la division de cavalerie de Bordesoulle, appartenant au corps de cavalerie, et combat en cette qualité à la bataille de Leipzig. Dans la journée du , sa brigade composée des , et cuirassiers est engagée dans la grande charge de cavalerie de Murat contre le centre de l'armée alliée. L'attaque rencontre d'abord un franc succès et la cavalerie française parvient à refouler ses adversaires au-delà du village de Güldengossa. Voyant une colonne de cavalerie ennemie s'approcher sur son flanc gauche, Bordesoulle ordonne à Bessières, resté jusque-là en réserve, d'envoyer contre elle un de ses régiments. Transgressant les directives de son chef, celui-ci entraîne toute sa brigade à la charge. Ses cuirassiers sèment le désordre dans les rangs de l'infanterie et s'emparent d'un grand nombre de canons, mais l'absence de réserve empêche les Français d'exploiter cet avantage et Bordesoulle est contraint de battre en retraite. Selon l'historien Bruno Colson, Bessières et porte une part de responsabilité dans cet échec. Il écrit : . Blessé d'un coup de sabre à la tête pendant le combat, il est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur le , non sans être titulaire depuis le de francs de rente annuelle sur le département de l'Ourthe.
Au service du roi vignette|Le général Bertrand Bessières en uniforme de général de brigade au règlement de vendémiaire an XII. Huile sur toile d'école française. Resté en disponibilité le , il adresse sa soumission à Louis XVIII qui le fait chevalier de Saint-Louis le . Le , il est nommé au commandement du département du Doubs, d'où il passe le à celui de Lot-et-Garonne. Pendant les Cent-Jours, son nom est proposé pour commander un dépôt de cavalerie. Il est mis en non-activité le . En octobre de la même année, il se présente au tribunal civil de Cahors pour déposer en faveur du maréchal Ney, jugé pour haute trahison et dont le procès se tient à la Chambre des pairs. Ses propos sont lus à la Chambre le suivant dans le cadre de l'instruction.. Le , il est désigné pour remplir la place de lieutenant du roi de la place de Calais. Il est réintégré immédiatement dans le cadre d'activité des officiers généraux, et obtient, le , le commandement de la de la militaire à Laon. Nommé lieutenant-général le de l'année suivante, il est admis à la retraite par ordonnance royale du .
Il meurt à Chantilly dans l'Oise le , à l'âge de 81 ans. Il repose dans le cimetière Bourillon de Chantilly.. Son nom figure sous l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris.
Titre baron Bessières et de l'Empire ().
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire le 19 frimaire an XII (), puis, Officier le 25 prairial an XII (), puis, Commandeur de la Légion d'honneur le ; Chevalier de Saint-Louis ; Chevalier de l'ordre de Charles III
Hommage, honneurs, mentions Il fait partie des 558 officiers à avoir son nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile.
Armoiries Figure Nom du baron et blasonnementArmes du baron Bessières et de l'Empire Ecartelé : au I, d'or, au lion de gueules ; au II, du franc-quartier des Barons militaires de l'Empire ; au III, d'azur, à une tête de cheval d'or ; au IV, d'or, à un lévrier rampant de sable..
Annexes Bibliographie . . . . . .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Réserve de cavalerie durant la campagne de Russie Château de Neuilly Liste des membres de la noblesse d'Empire Armorial des barons de l'Empire Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile
Lients externes
Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1805 Catégorie:Naissance en janvier 1773 Catégorie:Décès en novembre 1854 Catégorie:Décès à Chantilly Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1813 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Bertrand Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Naissance dans le Quercy Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes