Raoul Charles Magrin-Vernerey, plus connu sous le pseudonyme de Ralph Monclar, né le à Budapest et mort le à Paris, est un général français, compagnon de la Libération, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire.
Officier parmi les plus décorés de l'armée française, ce « Bayard du » s'illustre durant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est promu capitaine, fait chevalier de la Légion d'honneur, blessé sept fois et cité onze fois.
Après l'armistice du 11 novembre 1918, il sert à l'armée du Levant puis prend part à la campagne du Rif au Maroc. Il reçoit sept nouvelles citations. En , alors lieutenant-colonel, il reçoit le commandement des deux bataillons de marche de la Légion qui forment la légendaire 13e demi-brigade de Légion étrangère (13 DBLE). La demi-brigade se distingue en Norvège durant les batailles de Bjervik et de Narvik en mai-.
Il rentre en France le et, sous le pseudonyme de Ralph Monclar, se rallie au général de Gaulle. En février-, il commande victorieusement la Brigade française d'Orient en Érythrée aux combats de Massaoua et de Keren. Il fait prisonnier l'amiral , commandant des forces italiennes en Afrique orientale.
Promu général de corps d'armée le , il échange volontairement ses quatre étoiles contre les galons de lieutenant-colonel pour prendre le commandement du bataillon français de l'ONU pendant le début de la guerre de Corée avant d’être touché par la limite d’âge en 1951.
Il devient gouverneur des Invalides en 1962.
Biographie Famille Raoul Magrin-Vernerey est le fils d'Anna Magrin, fille de Martial Antoine Magrin et de Marie Élise Vernerey. Sa mère est institutrice en poste à Vienne et elle lui donne naissance à Budapest. Un comte hongrois veille d'abord à son éducation., puis il est élevé par sa grand-mère maternelle à Laviron, dans le Haut-Doubs..
Formation Après des études au lycée Victor-Hugo de BesançonSa biographie sur le site de l'Ordre de la Libération. et au petit séminaire d'Ornans, il a seize ans lorsqu'il se présente pour s'engager dans la Légion étrangère. En raison de son jeune âge, il n'est pas admis et reprend ses études et entre à Saint-Cyr en 1912, il en sort en 1914 avec la promotion de Montmirail, et le grade de sous-lieutenant.
Première Guerre mondiale Le 5 août 1914, il rejoint le régiment d'infanterie. Il combat au sein de ce régiment et au sein du 260 et termine la guerre avec le grade de capitaine, en ayant reçu la croix de chevalier de la Légion d'honneur et 11 citations. Par ailleurs, il est blessé sept fois et réformé avec une invalidité de 90% : cuisse fracturée par balle, bras droit brisé par l'explosion d'une grenade, deux blessures à la tête imposant deux trépanations, les yeux brûlés par des gaz.
Entre-deux-guerres Après l'armistice du 11 novembre 1918, mis à la disposition du commandant en chef des armées alliées en Orient, il rejoint l’état-major comme chef du au début de 1919. Il est alors administré par le régiment de tirailleurs marocains (RTM). Le , il est désigné pour effectuer un stage au centre d’aviation du 415 RI de San Stefano, où il est formé comme observateur avion. À l’issue, il rejoint les services administratifs du Levant à Beyrouth, en qualité d’adjoint à l’administrateur. Il est nommé conseiller administratif de Caza de Sayoun, le , puis inspecteur des milices du territoire des Alaouites, le . À ce poste, il mérite une citation à l’ordre de l’armée. Le , il est désigné pour encadrer la Légion syrienne. Il est affecté à la du , escadron dont il prend le commandement le . Il cumule cette fonction avec celle d’adjoint au chef de corps.
Le , il obtient enfin de rejoindre la Légion étrangère dont il rêve depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au REI, il est affecté au REI et prend part à la campagne du Rif au Maroc jusqu'en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient, où il est promu au grade de chef de bataillon en 1928.
Le , il est désigné pour prendre le commandement du de chasseurs à pied.
Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme qu'en . Affecté au REI, il séjourne au Maroc, puis il rejoint le REI au Tonkin.
Rentrant d'Extrême-Orient, il prend en le commandement du bataillon d'instruction de Saïda, il est promu au grade de lieutenant-colonel le de la même année, avant de repartir au Maroc avec le REI.
Seconde Guerre mondiale Le , il rejoint le REI qui forme un groupement de bataillons de marche de type montagne. Il est désigné comme chef de corps des deux bataillons de Légion qui forment la légère de montagne de Légion étrangère (DBLE). Regroupée d’abord au camp du Larzac puis à Sathonay, son unité se prépare à une campagne, dont la destination n’est pas fixée. Ce sera le début de l'épopée de la DBLE, la longue route ne fait que commencer.
Le , à Bjervik en Norvège, la DBLE livre son premier combat, conquiert quatre objectifs, force les Allemands à fuir, en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer, et jusqu'à dix avions bimoteurs.
Du au , le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent à Narvik ce que l'on a appelé « la seule victoire française de 1939-1940 », victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre de l'Armée, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeilSite de la promotion de Saint-Cyr "Général Monclar", pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.
À peine revenu en Bretagne, le , avec 500 de ses hommes, il embarque le à Saint-Jacut-de-la-Mer où, via l'île de Jersey, il rejoint le , avec la moitié de sa demi-brigade, les Forces françaises libres en Angleterre et adopte alors le pseudonyme de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne, d'où sa famille est originaire). Il est promu au grade de colonel.
Fin août 1940, il est envoyé en Afrique avec la DBLE (Dakar, Freetown puis le Cameroun), il refuse de participer aux combats de ralliement au Gabon, pour ne pas avoir à combattre des Français.
Participant aux opérations menées contre les forces de l'Axe en Afrique, c'est lui qui, à la tête de la brigade française libre d'Orient en Érythrée, prend Massaoua dans le cadre de la bataille de Keren en mars 1941, une opération qu'il a préparée et menée. Il entre dans la ville avec une section d'éclaireurs motocyclistes et fait prisonniers l'amiral , commandant des forces italiennes en Afrique orientale, 8 autres officiers généraux, 440 officiers et des forces italiennes.
En juin 1941, au camp de Qastina, il refuse d’être envoyé combattre d'autres Français en Syrie, en particulier les légionnaires du REI. Il est remplacé à la tête de la DBLE par le lieutenant-colonel et prince Amilakvari. De Gaulle refusa ensuite de lui confier le commandement d’une unité combattanteA.-P. Comor, (2013). « Qastina », inA. Comor (directeur de pulication), La Légion étrangère : Histoire et dictionnaire (726-727). Bouquins. https://doi.org/10.3917/bouq.comor.2013.01.0726..
En octobre 1941, il est nommé délégué et commandant des troupes pour le territoire des Alaouites et deux mois plus tard, en décembre 1941, il est promu général de brigade. Il retourne à Londres en , où il devient Commandant des Forces terrestres françaises en Grande-Bretagne.
En novembre 1943 et jusqu'à la fin de la guerre, il est adjoint au général commandant supérieur des troupes du Levant et participe à la pacification du nord de la Syrie, où se déroulent des troubles violents en mai et .
Après guerre Promu général de division en 1946, il devient adjoint au commandant supérieur des troupes d'Algérie. Il est, en 1948, « chargé de mission permanente d'inspection des unités de Légion ». Pendant près de , il effectue d'incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en Algérie, au Maroc, à Madagascar, en Indochine où il participe aux combats de Cochinchine et du Tonkin.
En 1950, général de corps d'armée, à la veille de sa retraite, il se porte volontaire pour commander le bataillon français de l'ONU en cours de formation, pour intervenir en Corée et échange ses étoiles contre les 5 galons panachés de lieutenant-colonel, pour pouvoir le faire.
Ayant atteint la limite d'âge, il rentre en France en 1951.
En 1958, il est suppléant du député UNR Achille Peretti dans la .
En 1962, succédant au général Kientz, il devient gouverneur des Invalides. À ce titre il est désigné président d'honneur de l'association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire.
C'est à ce poste d'honneur, qu'il meurt le au Val-de-Grâce à Paris. Il est inhumé dans le caveau des gouverneurs, dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides.
Il a été le président fondateur de l'Association nationale des anciens des forces françaises de l'ONU et du régiment de Corée(ANAFFC ONU et RC, voir le site de l'association à l'adresse suivante ).
Décorations et honneurs Décorations françaises (1952)Nota : la médaille militaire se porte avant la LH pour les officiers généraux ayant commandé au front, attention selon La Grande Chancellerie aucun texte officiel n'existe et il s'agit d'une simple habitude (1949)
50px Médaille commémorative française des opérations de l'Organisation des Nations unies en Corée.
Décorations étrangères
(décoration coloniale) 50px Grand-croix de l'ordre royal
50px Croix de guerre 1914-1918
50px Grand-croix de l'ordre de l'Étoile d'Anjouan
50px Grand cordon de l'ordre de Taegeuk avec étoile d'argent, à titre militaire
50px Silver Star 50px Officier de la Legion of Merit
50px Croix de guerre
(décoration coloniale) 50px Grand officier de l'ordre du Dragon d'Annam
(décoration coloniale) 50px Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite
50px Grand-croix de l'ordre de Saint-Olaf
50px Ordre militaire de Virtuti Militari
sans_cadre|51x51px Officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie avec glaives
Hommages En 1979, la place du Général-Monclar dans le arrondissement de Paris prend son nom en hommage. La de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1984-1987) porte son nom. Stade Monclar à Neuilly-sur-Seine. En 2011, la mairie de Monclar-de-Quercy lui rend hommage en inaugurant une stèle en son honneur devant l'entrée des officiels de la mairie. Une place et la salle d'honneur de la mairie prennent également son nom. Une allée du quartier Driant de Bitche - où est cantonné le de chasseurs - porte son nom.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Jean-Marie Thiébaud, La Présence française en Corée de la fin du à nos jours, L'Harmattan, 2005, . Edme des Vollerons, Le Général Monclar, un condottière du , Paris, Economica, Hautes études militaires, ISC, 2000. 180 p. Fabienne Monclar, Monclar, le Bayard du , Via Romana, 2014, 468 p.
Liens externes
Ordre de la Libération Petite histoire de Raoul Monclar Histoire du Bataillon Français de l'ONU en Corée Le chef prestigieux du BF/ONU fut le général Raoul-Charles MAGRIN-VERNEREY dit "MONCLAR" Generalmonclar.fr
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