Canal+ est un opérateur de télévision par satellite et de télévision IP français, ainsi qu'un service de vidéo à la demande payant (SVOD) appartenant au groupe Canal+, formé autour de la chaîne de télévision Canal+ et lui-même contrôlé par le groupe Bolloré.

Lancé le sous l'appellation Canalsatellite, puis renommé Canalsat (2005–2016), puis les offres Canal (2016–2019) et enfin les offres Canal+ (2019–), le bouquet voit initialement le jour au format analogique Sécam, avant d'adopter la norme numérique, le . Durant l'année 2006, Canalsat absorbe son concurrent direct TPS appartenant aux groupes TF1, M6 et Orange puis les deux offres fusionnent sous le titre « Nouveau Canalsat ». À partir de 2007, Canalsat est détenu à 100 % par le Groupe Canal+ et il exploite pour sa retransmission, les satellites luxembourgeois Astra, à . Le pour accompagner une nouvelle stratégie commerciale, Canalsat devient « Canal » et fusionne avec l'offre « Les Chaînes Canal+ ».

Historique Canalsatellite analogique La société Canal+ et Europe 1 Communication lancent le premier « bouquet » satellitaire français en analogique, le à l'occasion de l'année des Jeux olympiques d'hiver d'Albertville et le baptisent « Le câble par satellite ». Ce lancement intervient après l'échec du bouquet gratuit/payant franco-allemand des satellites TDF 1 et TDF 2 lancé entre 1989 et 1992 (dans lequel Canal+ en 16/9 côtoie alors La Sept - future Arte, Euromusique - future MCM, Antenne 2, « France Supervision » - future Mezzo, plusieurs chaînes de télévision allemandes, ainsi qu'en projet, la chaîne sportive européenne - TV Sport et Canal Jeunesse - future Canal J). Ce bouquet est exploité sur les satellites Télécom 2A et 2B avec la nouvelle norme D2 Mac Paquet pour ses chaînes cinéma, norme de transition entre le SECAM et le numérique DVB, qui s'impose dès 1994. Les chaînes sont alors reçues grâce à l'utilisation d'un décodeur Syster de Canal+.

Le bouquet en 1992 est composé des chaînes éditées par les deux coactionnaires du bouquet : Ellipse Câble, filiale de Canal+ et Europe 1 Communication : En canal partagé comme sur le câble Canal J : chaîne jeunesse (Europe 1 Communication) Canal Jimmy : chaîne générationnelle consacrée aux années 1960 et 1970 (Ellipse Câble) CinéCinéfil : chaîne du cinéma consacrée aux classiques du cinéma des années 1930 à 1960 (Ellipse Câble) CinéCinémas : chaîne du cinéma récent (Ellipse Câble) MCM : chaîne musicale (Europe 1 Communication) Planète Câble : chaîne documentaire (Ellipse Câble) TV Sport puis Eurosport : chaîne sportive (Ellipse Câble)

Lors de son lancement, le bouquet, sans les chaînes de cinémas, coûte , contre avec les chaînes de cinémas. Plus tard, le bouquet sans les chaînes de cinémas coûte , contre avec les chaînes de cinémas.

puis sont arrivées : Paris Première (Lyonnaise des eaux) en 1993 LCI : première chaîne d'information française en continu (Groupe TF1) en 1995 Monte-Carlo TMC : chaîne généraliste monégasque à vocation familiale (Ellipse Câble) en 1995 La Chaîne météo : La chaîne spécialement pour la météo en 1995

Canalsatellite propose un bouquet enrichi en numérique sur le satellite Astra dès le en parallèle avec le bouquet analogique qui est définitivement abandonné le . Festival : France Supervision : La Cinquième : France 3 Sat :

Canalsatellite numérique Le marque le vrai démarrage commercial de Canalsatellite : l'analogique cède sa place au numérique et le bouquet comporte alors davantage de chaînes, toujours présentes : Canal J, chaîne jeunesse du Groupe M6 Canal Jimmy, chaîne consacrée aux séries Ciné Cinémas, devenue Ciné+ Premier, la chaîne du grand cinéma Ciné Cinéfil, devenue Ciné+ Classic, chaîne du cinéma classique Eurosport, chaîne de sport en tous genres du groupe TF1 codétenue à l'époque avec Canal+ LCI, première chaîne d'information française en continu du groupe TF1 MCM, chaîne musicale éditée par le Groupe M6 Monte Carlo TMC, chaîne généraliste monégasque contrôlée à l'époque par Multithématiques. (Groupe TF1) Muzzik (qui fusionne avec Mezzo en 2001), chaîne de musique classique et de jazz éditée par Lagardère Active Paris Première, chaîne généraliste contrôlée par la Lyonnaise des eaux acquise en 2004 par le groupe M6 Planète, chaîne de documentaires. (Planète+ depuis 2011) Canal 38, destinée à diffuser des petites annonces grand public dans un programme nommé CTV.

Période de forte concurrence thumb|upright|Jérôme Clément président de la chaîne Arte et du nouveau bouquet francophone gratuit par satellite à droite et le président de l'opérateur Eutelsat, en . Préfigurant le futur concurrent de Canalsatellite et à l'initiative d'Alain Juppé en , au tout début de son mandat de Premier ministre« TF1 rejoint le bouquet francophone d'Eutelsat », Les Échos , , p. 39, un bouquet de chaînes françaises gratuites numériques par satellite est constitué. L'opérateur Eutelsat et le service public français sous la direction de Jérôme Clément, président de la chaîne franco-allemande Arte voit rapidement se conforter avec l'arrivée du géant TF1. Ce bouquet numérique "gratuit" comprend alors les chaînes TF1, France 2, France 3, La Cinquième, Arte, Canal France International, la chaîne musicale MCM Euromusique, TV5 Monde et des chaînes étrangères comme celles de la SSR (Suisse) et la RTBF (Belgique). Stratégiquement, cette annonce permet de freiner l'avancée du groupe Canal+ comme acteur majeur de la télévision payante en France et en Europe. Quelques semaines plus tard, M6 rejoindra aussi le groupement. Privée des chaînes nationales TF1 et M6, le bouquet Canalsatellite subira durant les années 1996 à 2004, l'exclusivité donnée à son concurrent TPS. Le choix d'exploiter un satellite différent de celui du groupe Canal+ (SES Astra) et l'incompatibilité entre leurs décodeurs respectifs, va également permettre à chacun des acteurs du secteur de verrouiller leur marché. La bataille s'engage donc dès le , quand par Patrick Le Lay, P.D.G. de TF1 au JT de 20h de Claire Chazal annonce en direct sur TF1, le lancement de Télévision Par Satellite (TPS). TPS est détenu par tous les concurrents majeurs du groupe Canal+ : Groupe TF1, Groupe M6, France Télécom France Télévisions Le Groupe CLT (M6) Lyonnaise des eaux (câblo-opérateur)

Son objectif est de concurrencer le leader du secteur de la télévision payante en France, le Canal+ et son bouquet satellitaire Canalsat, lancé en 1992. La diffusion exploite les satellites Hot Bird d'Eutelsat.

En plus du puissant consortium TPS, Canalsatellite voit aussi débarquer un acteur inattendu et bien plus modeste : AB Groupe. Après avoir inauguré en avril 1995, la première diffusion numérique par satellite d'un mini bouquet payant français, plusieurs semaines avant Canal+, le bouquet AB Sat est créé par des personnalités de l'audiovisuel parmi lesquelles outre Claude Berda (Président du groupe AB), Christian Dutoit (ex-dirigeant de TF1, de la production sur Antenne 2, fondateur de plusieurs chaînes comme La Cinq, LCI et I>Télévision) ou encore Ghislain Achard (ex dirigeant du groupe France Télévisions). La société AB Sat fait alors office de « petit poucet » face au géant Canal+ et à son concurrent direct TPS. Astucieusement, si le bouquet AB dispose de son propre décodeur-récepteur, il s'invite de fait chez ses deux concurrents car les chaînes AB sont distribuées dans le basique ou en option payante dans Canalsatellite et TPS. En 1999, le groupe AB revoit sa stratégie en abandonnant officiellement la commercialisation de ses propres décodeurs sur la France. Mais la stratégie commerciale d'AB est agressive, en particulier sur les tarifs d'abonnement (une cinquantaine de chaînes à partir de 49 francs par mois soit ) dès 1996. De plus, la première chaîne cryptée réservée aux adultes (XXL) à être conventionnée par le CSA est proposée par AB.

La concurrence farouche que se livrent les trois acteurs durant des années permet au consommateur de bénéficier de tarifs compétitifs et d'un large choix de chaînes. Entre 1995 et 2005, les chaînes thématiques payantes se multiplient chez les trois opérateurs français. L'arrivée de la télévision numérique terrestre en 2005, bouleverse considérablement ce secteur.

Fusion avec l’opérateur concurrent TPS Le a lieu la fusion effective entre une partie du groupe Canal+, dénommé « Canal+ France » (et pas seulement la filiale Canalsat) avec TPS (Groupe TF1/Groupe M6; ces deux diffuseurs devenant actionnaires minoritaires de la dite société, respectivement à hauteur de 9,9 % et 5,1 %), ce qui débouche sur un bouquet satellite dominant en France, en plus de l'offre d'Orange TV et celles d'AB Groupe, Bis tv et AB Sat« Bercy autorise la fusion TPS-Canalsat », sur le site du quotidien Le Monde, source complémentaire Agence France-Presse, .

La nouvelle entité Canal+ France vise à consolider les millions d'abonnés acquis depuis , conquérir de nouveaux abonnés et acquérir certaines exclusivités sportives et cinématographiques en renforçant le pouvoir de négociation face aux ayants droit (Sociétés de production de cinéma françaises et internationales et les ligues de football). Pour compenser le déficit créé, Canalsat entend privilégier la commercialisation des chaînes Canal+ et la VOD (vidéo à la demande). Les cinéphiles doivent donc s'abonner à l'offre « Premium » et acheter des films à la séance pour satisfaire leur passion. Toutefois, dès l'annonce de la fusion, plusieurs observateurs soulignent les risques de dérives de cette stratégieChloe Hoorman « Les perdants de la fusion TPS-Canalsat » sur le site de L'Expansion, le .

Selon l'opérateur Canalsatellite, les synergies réalisées par le nouveau groupe permettent de réaliser de nombreuses économies d'échelle et réduit les coûts de revient, notamment grâce à : La suppression d’une quinzaine de chaînes (Plus de quinze chaînes thématiques et sept chaînes cinéma) mais partiellement limitée par l'obligation d'une double diffusion en HD. Un plus fort pouvoir de négociation avec les chaînes indépendantes, les éditeurs français ou étrangers comme AB Sat, NextRadio, Bolloré, Warner/TCM, Viacom/MTV, NRJ, etc. et les majors américaines du cinéma (Universal, Paramount Pictures…) dont l'objectif vise à aligner les tarifs à ceux pratiqués aux autres opérateurs européens. La réduction du financement des productions cinématographiques (dans les limites du respect de la réglementation). Des économies en termes de campagne de promotion et de publicité.

On note qu'un plan social touche les deux opérateurs TPS et Canalsat dès 2007. Au total, près de postes sont supprimés, sous forme de départs volontaires subventionnés (administration, production, chaînes disparues, centre d'accueil téléphonique, services techniques, services commerciaux, etc.). Au total, 230 personnes sont touchéesGuy Dutheil « Fusion Canalsat-TPS : plan social moins important que prévu », Ozap, .

En 2007, cette fusion doit permettre au groupe Canal+, de devenir l'unique et seul acteur, du marché de la télévision à péage par satellite, en France. Dans un premier temps, avec le maintien des offres concurrentes d'AB Groupe, voire son renforcement par le soutien du groupe TF1 d'une part, ainsi que l'arrivée d'Orange« Chaînes cinéma : Canal+ et Orange changent de cap », Les Échos, et le développement de la télévision via Internet sur ce marché d'autre part, Canalsat peut invoquer la libre concurrence qui représente l'une des conditions essentielles pour l'autoriser à prendre le contrôle de TPSOlivier Babeau « L'OPA de Canal+ sur la télévision, un défi à la concurrence », Les Échos, .