Le Foyer de l'étudiant catholique (abrégé en FEC) est une résidence étudiante situé au centre de Strasbourg. Fondé en novembre 1925 lors de l'arrivée de Frère Médard., il évolue sous sa direction à travers des transformations progressives des bâtiments ainsi qu'un rôle culturel de plus en plus important, qui en fait un véritable centre de la vie politique et culturelle alsacienne.. Au départ proche de la Société Saint-Vincent-de-Paul et de la Congrégation des Frères de la doctrine chrétienne (dits Frères de Matzenheim) à laquelle appartient Frère Médard, le foyer gagne peu à peu en indépendance, encourageant l'engagement religieux, politique, culturel et social. Les activités du FEC s'inscrivent dans le courant de la doctrine sociale de l'Église issue de l'enseignement de l'encyclique Rerum Novarum.
En lien avec les étudiants ainsi qu'avec de nombreux intellectuels et personnes intéressés, le FEC est, depuis sa fondation, et plus encore depuis la Seconde Guerre mondiale, un lieu unique de partage, réflexion et de création. Cela se manifeste notamment par ses conférences., organisées dans la salle Léon XIII, ainsi que par diverses productions écrites.
Tout au long de l'année, Il héberge des étudiants de tous les horizons, de toutes les filières, de toutes les confessions et de tous les niveaux universitaires. Pendant l'été, il accueille également des groupes de passage à Strasbourg. L'établissement dispose de plus de 160 lits et un restaurant universitaire agréé par le CROUS depuis le milieu du .
Le FEC, 17 place Saint-Étienne Le foyer est situé au cœur de Strasbourg, au numéro 17 de la Place Saint-Étienne, passagère et animée par plusieurs commerces. Mais bien avant la création du FEC en tant que tel, cet endroit était déjà un lieu important dans la capitale de l'Alsace.
Aux origines des lieux
Les historiens ont établi la présence d'activités humaines à cet emplacement dès l'Antiquité.
Vers 12 av. J.-C., est fondé Argentoratum, nom antique de l'actuelle ville de Strasbourg. Cette dénomination latine désigne le camp romain (castrum). Il est alors situé dans la province romaine de Germanie supérieure, capitale de la Germanie première au
Des vestiges archéologiques des fortifications du camp perdurent aujourd'hui dans les sous-sols du centre-ville de Strasbourg, le FEC se situant au cœur de ce castrum.
C'est au qu'apparaît le monastère Saint-Étienne créé par un dénommé Adalbert, frère de sainte Odile ; il donne son nom à l'actuelle place. Sur l'emplacement du FEC est établie la chapelle Sainte-Croix, qui devient ensuite basilique. Mais vieillissante et devenue inutile pour la vie religieuse du diocèse en raison de la présence d'autres lieux de culte à proximité, elle est détruite le 2 janvier 1553..
En 1598, Thierry y établit un hôtel particulier pour sa famille (l'Hôtel des Boecklin de Boecklinsau), une dynastie parmi les plus anciennes d'Alsace.. Le style Renaissance qu'il arbore dès l'origine est encore visible aujourd'hui pour partie (façade, escalier, salle Léon XIII). Puis, aux , le bâtiment sert de siège au Directoire de la noblesse de Basse-Alsace. Il connaît au différentes fonctions, habitation café et commerce. Le mathématicien Paul Appell. y naît en 1855. En 1910, c'est un restaurant qui s'y trouve, nommé le Ritter en référence à l'utilisation des lieux par la Noblesse alsacienne. La Société de Saint-Vincent-de-Paul acquiert les lieux en 1921, y mettant en place son Œuvre de prévoyance pour la jeunesse catholique à Strasbourg, plan d'accueil de jeunes délinquants. Mais la Communauté des Frères de Matzenheim s'en occupe dans les faits dès le départ, avec Frère Ernest entre 1923 et 1925, puis Frère Médard.
Malgré certaines modifications, la bonne conservation de l'architecture du est la raison du classement de la façade, avec le très ancien escalier de la Tourelle et de la salle Léon XIII, aux Monuments historiques français le 10 novembre 1927..
Expansion progressive et aménagements
Le FEC ne correspond au départ qu'au bâtiment nommé aujourd'hui le Ritter. Le foyer s'organise dans les premiers temps avec une annexe, rue des Juifs, qui comprend à la fin des années 1920 une trentaine de chambres. Mais cette organisation est bien vite abandonnée par Frère Médard, qui souhaite simplifier l'organisation du FEC : un foyer n'accueillant plus que de jeunes étudiants. En effet, il y a au départ à la fois de jeunes délinquants, des étudiants et des lycéens qui fréquentent le FEC. Il réorganise progressivement le foyer, concentrant l'activité sur les étudiants, et il ne reste plus que ceux-ci en 1937.
Mais arrive la Seconde Guerre mondiale et le FEC est confisqué par les occupants nazis en août 1940. Ceux-ci s'emparent des meubles et ordonnent à Frère Médard et aux étudiants de quitter les lieux. Se succèdent alors différentes fonctions pour le Ritter, qui est d'abord utilisé par la Wehrmacht à des fins administratives et devient ensuite musée de guerre à la gloire du Reich. À la Libération, il est un temps investi par les Forces françaises de l'intérieur.
Après l'occupation, lorsque Frère Médard peut retourner au FEC, fin 1944, il le trouve dépouillé d'absolument tous ses meubles. Mais cela ne le décourage pas et il cherche par tous les moyens à en récupérer un maximum. Très rapidement, le foyer peut de nouveau accueillir des étudiants. S'ensuit une modernisation avec une organisation en chambres chauffées et disposant de l'eau courante. Une nouvelle chapelle est construite avec d'autres chambres en lieu et place d'anciens dortoirs, et d'une salle des fêtes qui était un théâtre actif au début du siècle. Le nouvel étage que constitue ces changements est placé juste au-dessus du nouveau restaurant universitaire. Résultant d'un agrandissement des installations de restauration déjà présentes, il est bien vite agréé par le CROUS et devient l'un des RU les plus fréquentés de la ville.
C'est à cette époque que le FEC acquiert un chalet dans les Vosges, au Col de Steige. Un deuxième est très vite ajouté à celui-ci, grâce aux talents de communication de Frère Médard, qui obtient du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme un ancien chalet allemand en pièces, qu'il peut remonter au Col. D'autres sont acquis avec le temps, ce qui permet la mise en place d'un véritable village de vacances pour l'été. Avec le déplacement, hors période scolaire, des salariés qui gèrent le FEC, une part des chalets est mise en location et a du succès, notamment vis-à-vis des familles peu aisées du Nord et de l'Est de la France qui veulent partir en vacances sans trop dépenser. Le Col de Steige est très fréquenté des années 1950 aux années 1980, comme en témoignent les cartes postales et brochures publicitaires. Mais avec la montée des exigences en matière de confort, avec la concurrence des « vacances à la côte » et l'impossibilité pour un tel établissement d'investir massivement, il faut revoir l'organisation. Progressivement, Jean-Luc Hiebel, directeur à partir de 1988, est contraint de cesser les locations, puis de mettre en vente les chalets. Au début des années 2000, ils sont détruits par la commune de Ranrupt à laquelle ils avaient été cédés.
Pour ce qui est du FEC à proprement dit, outre la rénovation des chambres, une expansion a lieu. Elle commence en 1948, avec l'achat du bar Le Monaco (16, place Saint-Étienne), qui est transformé en chambres. Grâce à la collaboration de l'architecte Ferdinand Fetsch, compagnon de route de Frère Médard et ancien pensionnaire du foyer, un nouvel élément voir le jour dans les années 1960 : le bâtiment Robert Schuman, qui compte 50 chambres. Il porte le nom du père fondateur de la construction européenne, ami fidèle de frère Médard et du FEC..
Entre 2000 et 2004, une vaste rénovation est réalisée sous l'impulsion du président Gabriel Wackermann. Un investissement de de francs permet de rendre les chambres conformes aux normes de sécurité incendie et un bloc sanitaire est installé dans toutes les chambres. Le foyer devient alors mixte, et le restaurant universitaire est entièrement rénové. Un bar animé et tenu par les étudiants, l'EuroStudentCafé, est ouvert au nez-de-chaussé au début des années 2000. En 2022, 35 bicyclettes sont mises à disposition des étudiants, en gestion libre.
Aujourd'hui, il y a une répartition en cinq bâtiments pour le logement. Ce sont le Ritter, la Tourelle qui lui est adjacente, le Monaco (où se trouve l'accès principal de l'administration), le Leclerc et le Schuman. En plus de cela, on trouve le restaurant universitaire dont l'entrée est dans la grande cour. Le foyer met à disposition de ses étudiants une chapelle, une grande salle de travail, une salle de sport, une pièce pour la lecture et une conviviale salle de télévision..
Le Restaurant Universitaire Dès l'acquisition du foyer par la Société de Saint-Vincent-de-Paul en 1921, des cuisines sont présentes, provenant du restaurant Le Ritter. Mais en 1927, de nouvelles sont aménagées pour répondre aux besoins nouveaux d'un FEC en pleine croissance. Un réfectoire est créé sur l'emplacement de l'actuel restaurant universitaire.
C'est en 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, que le réfectoire devient un Restaurant universitaire à proprement parler, c'est-à-dire qu'il est agréé par le CROUS pour accueillir les étudiants à des tarifs préférentiels le midi et le soir.
Le Restaurant universitaire accueille toujours de nombreux étudiants, du lundi au vendredi, et est ouvert à tous, étudiants et passagers. En 2022, plus de repas y sont servis.
La salle Léon XIII
L'actuelle salle Léon XIII sert dans les premières années du FEC de salle d'étude pour ceux qui fréquentent l'internat du Ritter. Elle a plusieurs usages à travers le temps, mais reste toujours un lieu central du foyer, sa surface de étant propice au rassemblement. C'est aujourd'hui le principal lieu où s'organisent les conférences du FEC. La salle Léon XIII est réputée pour ses plafonds d'époques aujourd'hui restaurés. Cela lui vaut d'être classée sur la liste des monuments historiques. Un grand portrait du Pape, dont elle porte le nom, trône par ailleurs sur le mur près de l'estrade servant aux conférences.
Il y a d'autres salles importantes destinées à la discussion et à la rencontre. La salle Pierre Pflimlin, du nom du célèbre homme politique et très fidèle compagnon de Frère Médard, est plus petite que la salle Léon XIII, avec une surface de et est plutôt adaptée aux réunions d'entreprises et discussions particulières. La salle Frère Victor, nommée comme celui qui fut le bras droit de Frère Médard durant de nombreuses années, est aussi un lieu de rencontre, mais propre aux étudiants du FEC..
Les salles Léon XIII et Pierre Pflimlin sont disponibles à la location pour diverses activités. Elles permettent aux associations d'y tenir des réunions, conférences, colloques. Les partis politiques y organisent volontiers des meetings et autres rencontres d'information..
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Une institution indépendante Association à but non lucratif de droit local, le FEC dispose maintenant d'une identité marquée, connu par les Strasbourgeois comme le plus grand foyer étudiant du centre-ville et indépendant de toute organisation supérieure. Mais cela n'a pas toujours été une évidence et des différends, ainsi que la volonté des dirigeants, ont permis la formation progressive de ce projet original. C'est Joseph Weydmann, qui en 1921, est président de la Maison Saint-Vincent, puis, en 1946, de l’Association du FEC.
Précision des projets d'organisation Le foyer accueille au départ de jeunes délinquants et des travailleurs, donc pas seulement des étudiants. Ces derniers sont cependant la priorité de Frère Médard, qui fait le choix de réserver progressivement le Ritter à leur logement. Avec le départ progressif de jeunes délinquants et des lycéens en internat, il n'y a en 1937 plus que des étudiants au FEC.