L', également connue sous les noms de « Brigade internationale anti-impérialiste », « Nippon Sekigun », « Nihon Sekigun », « Brigade de la guerre sainte » et « Front démocratique anti-guerre », est un groupe armé d'extrême gauche japonais issu de la Nouvelle gauche. Il est fondé par Fusako Shigenobu en , après s'être séparé de la Ligue communiste japonaise - .
Bien que la lutte armée ait été abandonnée par Shigenobu en 2001, l'organisation fait toujours partie en de la liste officielle des organisations considérées comme terroristes par le département d'État des États-Unis.
Le groupe qui comptait environ quarante membres et une centaine de sympathisants à son apogée était l'un des groupes terroristes les plus craints dans le monde. Les objectifs de la JRA étaient de renverser le gouvernement japonais et sa monarchie parlementaire, et de commencer une révolution mondiale.
La JRA avait des liens étroits avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Dans les , la JRA n'était plus active au Japon et était presque entièrement dépendante du FPLP pour son financement, son entraînement et son armement.
Historique
Contexte Dans l'après-guerre, le Japon est marqué par la domination politique des milieux conservateurs. Doté d'une nouvelle Constitution en 1947 sous la supervision des autorités d'occupation américaines, le pays voit se mettre en place un État policier, tandis que la corruption est fortement répandue parmi les élites politiques. Les inégalités sociales et le caractère jugé autoritaire du système politique alimentent un profond mécontentement parmi une partie de la jeunesse, qui se mobilise en faveur de réformes politiques et sociales.
Dans les , le gouvernement japonais fait face à une montée progressive d'un sentiment de défiance de la part du milieu universitaire, alors que l'activisme politique y est généralement strictement interdit.. Le , alors que , réunies par la puissante centrale étudiante Zengakuren, manifestent devant le Bâtiment de la Diète nationale contre le traité de sécurité nippo-américain, Michiko Kanba, une étudiante de de l'université Tōdai, est tuée.
Le , le chef du Parti socialiste japonais, Inejirō Asanuma, est assassiné par un étudiant d'extrême droite.
En 1965, les frais d'inscription à l'université augmentent, ce qui provoque la politisation de certains étudiants. Des grèves de protestations ont lieu.
En , le gouvernement japonais décide de construire le nouvel aéroport international de Tokyo au milieu de la campagne à Sanrizuka (ville de Narita, préfecture de Chiba) et ordonne aux habitants, vivant majoritairement de l'agriculture locale, de déménager. Des manifestations ont lieu en soutien aux habitants et pour tenter d'empêcher la construction de l'aéroport et la destruction de l'environnement.
Le , en tentant d'empêcher le premier ministre Satō d'aller au Viêt Nam (où des troupes japonaises sont engagées auprès de l'armée américaine), les manifestants se heurtent aux forces de police, et Hiroaki Yamazaki, étudiant de de l'université de Kyoto, est tué.
1968 : mobilisation étudiante La mobilisation étudiante s'organise : le , une manifestation pour empêcher le départ du porte-avions rassemble les différentes tendances du mouvement étudiant (les trotskistes Kakumaru, les Jeunesses communistes et démocrates, le front étudiant anti-impérialiste, le Front socialiste de libération...).. Le même mois, les étudiants de l'université Chūō se mettent en grève, bientôt suivis par les autres universités. Le , la révélation d'un détournement de 2 milliards de yens par l'administration de l'université Nihon provoque un scandale ; les étudiants demandent l'autogestion étudiante aux autorités. En l'absence de réponse, ils occupent l'université et la paralysent, obligeant le président de Nihon à négocier. Le a lieu la première manifestation au sein de l'Université Nihon ; le mouvement débouche sur la création le d'un comité de lutte inter-campus à l'université. L'université Tōdai est elle aussi occupée par les étudiants. Le , l'Agence de Défense du Japon est assiégé par le syndicat des étudiants socialistes. Le est célébrée la « journée internationale contre la guerre » (du Viêt Nam).. Des émeutes ont lieu à Shinjuku, protestant contre l'acheminement du napalm vers le Viêt Nam, passant par les bases américaines du Japon ; il est procédé par les forces de l'ordre à 734 arrestations. Le même soir, partent manifester avec des cocktails Molotov devant l'ambassade des États-Unis.
1969 : fondation de la Faction armée rouge Le , prennent d'assaut le Hall Yasuda de l'université Tōdai pour lever les barricades mises en place par les étudiants, qui occupent l'université depuis six mois. sont effectuées. Le , c'est le « jour d'Okinawa » : manifestent en faveur de la rétrocession d'Okinawa et de l'annulation du traité de sécurité nippo-américain ; 956 personnes sont arrêtées. L'évacuation de Tōdai et l'échec de la lutte contre le traité de sécurité sonnent le glas du soutien de la population envers le mouvement étudiant. Celui-ci est maintenant composé de nombreuses factions d'extrême-gauche antagonistes, et éclate sous les tensions, la violence et les affrontements qui s'enchaînent. Les nombreux groupes issus du fractionnement de la Zengakuren se livrent des batailles de rue, la police en profitant pour arrêter en premier lieu les dirigeants, sapant la base idéologique des protagonistes..
Le a lieu un rassemblement du second Bundo, la ligue des communistes, à l'auberge de jeunesse de Jogashima ; sont également présents des représentants de groupes plus radicaux. Lors du débat, la création d'une armée révolutionnaire, pour reprendre la lutte contre le gouvernement, est proposée. Le Bundo la refuse, et purge de ses rangs les partisans de cette idée ; de cette purge nait la . Elle est composée essentiellement d'étudiants de province défavorisés, l'élite universitaire commençant à rentrer dans le rang ; l'utilisation du mot « armée » (gun) dans son nom est déjà significatif de sa différence avec les autres mouvements. Prenant pour modèle les guérillas vietnamiennes et cubaines, les étudiants qui en font partie pensent pouvoir abattre l'impérialisme et le capitalisme (américain et japonais) par l'action immédiate.
En , la Nouvelle Gauche arrive à rassembler contre le traité de sécurité ; la FAR s'y fait déjà remarquer, et cinq cents policiers sont chargés de surveiller leurs quatre cents membres.
1970 : chute de la Faction armée rouge Le , de la Faction Armée rouge japonaise sont arrêtés alors qu'ils s'étaient réfugiés au col Daibosatsu pour y recevoir un entrainement militaire, en vue d'enlever le premier ministre Satō. L'ampleur du projet découvert incite la police à mener une vague d'arrestations dans les forces du mouvement, afin de le neutraliser. 89 membres en tout, incluant ceux du col Daibosatsu, sont ainsi arrêtés.
Le , le fondateur et leader de la FAR Takaya Shiomi est arrêté. Ces arrestations et exils de la plupart des leaders de la FAR appauvrit la base idéologique du groupe. Tsuneo Mori, venant de la base du mouvement, en devient le leader, étant un des rares "anciens" pas encore en prison ; homme d'action, il préfère organiser des opérations plutôt que de réfléchir aux buts et aux idéaux de l'organisation..
Le , neuf membres de la FAR, menés par Takamaro Tamiya, vieil ami de Mori, d'un vol intérieur de la Japan Airlines à l'aéroport international de Tokyo. Huit membres de l'Armée rouge japonaise brandissent des katanas et portent une bombe. L'avion doit voler jusqu'à Fukuoka puis vers l'aéroport de Gimpo de Séoul, où tous les otages sont libérés. Enfin, l'avion se rend en Corée du Nord, où les terroristes libèrent l'équipage. Yoshimi Tanaka est l'un des neuf membres de l'Armée rouge japonaise à avoir été accusés de ce détournement, mais il est le seul à avoir été condamné. Trois des complices de Tanaka meurent plus tard en Corée du Nord et cinq continuent d'y vivre. Selon l'Agence nationale de la police japonaise, un autre complice serait mort en Corée du Nord.
Le , Hiroyuki Takahara et deux cents autres membres de la FAR (dont Fusako Shigenobu) sont arrêtés. , trois militants d'une branche séparatiste du parti communiste japonais sont arrêtés. La Fraction Révolutionnaire de Gauche prend d'assaut un commissariat de police à Kamiakatsuka dans le quartier d'Itabashi à Tokyo ; un des militants est tué.
Création Relâchée en 1971, Fusako Shigenobu part au Liban, ayant obtenu l'accord de Tsuneo Mori. Le groupe y trouve un appui auprès du Front populaire de libération de la Palestine.
En , l'Armée rouge unifiée (Rengō Sekigun ou United Red Army) est créée par la fusion des restes de la Faction Armée rouge japonaise et d'un groupuscule, le Comité du Parti communiste japonais de la préfecture de Kanagawa, alias , dirigé par Hiroko Nagata. Les premiers disposent de capitaux financiers (volés aux banques et aux postes durant le mois de ) tandis que les autres, anciens membres expulsés du Parti communiste, apportent des armes (volés dans une armurerie le ). Le mouvement libanais prend alors le nom de de l'Armée rouge unifiée. C'est sous ce nom que sera revendiqué le massacre de l'aéroport de Lod en Israël. Durant cette année, le mouvement arrive à voler l'équivalent de plus de dix millions de dollars.
En 1972, Rengō Sekigun pratique une purge violente de ses membres sous l'autorité de Tsuneo Mori et de Hiroko Nagata (quatorze personnes, sur les vingt-neuf membres du groupe, sont exécutées) avant de subir un large coup de filet des forces de police japonaises : la plupart des membres sont arrêtés. Par la suite, le sectarisme prononcé du mouvement entache sa légitimité et nuit au recrutement de nouveaux membres. À partir de 1974, c'est l'Armée rouge japonaise qui prédomine.
Le mari de Shinegobu, Tsuyoshi Okudaira, monte avec deux autres camarades un attentat qui va contrebalancer les mauvaises nouvelles du Japon : le massacre de l'aéroport de Lod. C'est le début de l'activisme terroriste de l'Armée rouge japonaise..
Activisme La période d'activité de l'Armée rouge japonaise s'étendra principalement de 1972 à 1977.
: massacre de l'aéroport de Lod. L'attaque à la grenade et au pistolet-mitrailleur de l'aéroport israélien Lod Airport de Tel-Aviv a tué et en a blessé . Cet attentat est salué par le Colonel Khadafi qui commentera en disant que les Palestiniens usurpent leur nom de feydahin (qui signifie sacrifice) car aucun d'entre eux ne s'était jusqu'alors sacrifié pour leur cause. Juillet 1973 : : les membres de la JRA dirigent des combattants du FPLP dans le détournement d'un avion de ligne japonais au-dessus des Pays-Bas. Les passagers et l'équipage sont libérés en Libye, où les terroristes font exploser l'avion. Le seul mort est une jeune membre de la JRA ; ses camarades, arrêtés par les autorités libyennes, seront libérés au bout d'un an.