droite|vignette|redresse=1.5|alt=Frontispice d'un livre format paysage, montrant un orgue surmonté des mots « Johann Sebastian Bach's Kompositionnen für die Orgel »|Page de couverture des partitions en neuf volumes de l'œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach, publiée entre 1845 et 1855 par les éditions Peters.
Lœuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach constitue une part importante du catalogue des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Elle constitue le septième chapitre du Bach-Werke-Verzeichnis.
Historique Jean-Sébastien Bach découvre probablement l'orgue très jeune, avant ses dix ans, grâce à Johann Christoph Bach, un cousin de son père et titulaire de l'instrument de l'église Saint-Georges d'Eisenach. Entre les âges de dix et de quinze ans, le jeune prodige est instruit à la pratique de l'orgue par son frère aîné, également nommé Johann Christoph..
Les cours deviennent plus formels à Lunebourg sous la direction de Georg Böhm entre 1700 et 1708 ; c'est durant cette période que Jean-Sébastien Bach découvre les œuvres de Johann Caspar Ferdinand Fischer, de Nicolaus Bruhns, de Girolamo Frescobaldi, de Nicolas Lebègue ou de Charles Dieupart, et également qu'il compose ses premières pièces, en s'inspirant notamment des modèles d'Allemagne du Nord, et notamment de Dietrich Buxtehude.
La période la plus féconde de Bach pour la création d'œuvre destinée à l'orgue est la décennie suivante, durant laquelle le compositeur réside à Weimar de 1708 à 1717 ; c'est également le moment de sa découverte de la musique italienne, qui le bouleverse profondément. Durant ces dix ans, Bach compose ses Concertos, les Chorals de Leipzig, les Orgelbüchlein, etc.
À partir de 1717, Bach n'occupe plus de poste d'organiste de manière officielle jusqu'à la fin de sa vie ; toutefois, il continue à jouer de l'orgue en concert ou pour son propre plaisir. En ce qui concerne la composition, ces trois décennies correspondent à des retouches d'œuvres antérieures, mais aussi à la composition de nouvelles pièces, notamment des Préludes et fugues, d'autres Chorals de Leipzig et de la .
Six sonates en trio (BWV 525-530)
Les six sonates en trio ont probablement été composées par Bach entre 1723 et 1729, et dédiées à son fils Wilhelm Friedemann. L'influence d'Arcangelo Corelli et du trio italien y est sensible, mais également celle de la disposition des trios portée par certains organistes français, notamment Louis-Nicolas Clérambault et François Couperin. À l'exception de la première sonate qui ne comporte qu'un seul thème, elles en comptent toutes deux.. Édith Weber les décrit, d'un point de vue de l'exécution, comme et, en termes de composition, comme .. estime pour sa part qu'elles ..
+ Liste des sonates en trio pour orgue de Bach Numéro BWV Titre Tonalité Mouvements Remarques Extrait de partition Enregistrement BWV 525 Sonate en trio Mi majeur Allegro moderato — Adagio — Allegro. C'est la seule sonate monothématique. 240px vignette|Premier mouvement enregistré par Johannes-Ernst Köhler en 1971 dans l'. BWV 526 Sonate en trio Ut mineur Vivace — Largo — Allegro.
120px vignette|Enregistrement du premier mouvement réalisé par Hans Otto en 1971 sur l'orgue Silbermann de l'église de Fraureuth. BWV 527 Sonate en trio Ré mineur Andante — Adagio e dolce — Vivace.
vignette|Enregistrement du premier mouvement réalisé par Hans Otto en 1971 sur l'orgue Silbermann de l'église de Fraureuth. BWV 528 Sonate en trio Mi mineur Adagio / Vivace — Andante — Un poco allegro L'Andante en ré mineur BWV 528a est une variante de cet AndanteL'Adagio-vivace du premier mouvement est une transcription textuelle de la Sinfonia issu de la cantate BWV 76.
vignette|Enregistrement du premier mouvement réalisé par Christoph Albrecht en juillet 1966 sur l'orgue Silbermann de l'. BWV 529 Sonate en trio Do majeur Allegro — Largo — Allegro Le style de cette sonate est italianisant, le thème du dernier mouvement s'inspirant d'ailleurs de lAllegro de la troisième des de Corelli. 120px vignette|Enregistrement du premier mouvement réalisé par Hans Otto en juillet 1965 sur l'orgue Silbermann de l'. BWV 530 Sonate en trio Sol majeur Vivace — Lento — Allegro.
vignette|Enregistrement du premier mouvement réalisé par Erich Piasetzki en juillet 1968 sur l'orgue Silbermann de l'.
Préludes, toccatas, fantaisies, passacailles, fugues (BWV 531–582)
+ Liste des préludes, toccatas, fantaisies, passacailles et fugues pour orgue de Bach Numéro BWV Titre Tonalité Remarques Extraits de partitions Enregistrement BWV 531
Do majeur Pièce probablement composée à Arnstadt entre 1703 et 1707, dont le manuscrit autographe est perdu ; c'est une œuvre de jeunesse qui s'inspire des Præludium en ut majeur de Georg Böhm et de Vincent Lübeck.. BWV 532
Ré majeur L'œuvre a probablement été composée à Weimar en 1709, mais certains analystes la datent entre 1706 et 1708. L'œuvre, assez joyeuse, est généralement jouée durant le temps pascal. Le prélude porte le titre français « Pièce d'orgue » et l'influence générale de la pièce est effectivement proche des compositions des maîtres français de l'époque. Ce prélude comporte une toccata rappelant le BWV 912 pour clavecin, une et un . Le prélude est suivi d'une fugue très virtuose, dont il existe une version alternative, notée BWV 532a.. 120px vignette|Enregistrement réalisé par Manuel Doormann le à l'. BWV 533 Prélude et fugue Mi mineur L'œuvre, dite , est probablement composée durant le voyage de Bach à Lübeck en 1705. Cette pièce relativement courte et assez facile, évoquant la Passion du Christ et la Crucifixion, est toutefois particulièrement bien construite. Il existe une version alternative du prélude et de la fugue, sans utilisation du pédalier, notée BWV 533a. Le prélude est influencé par l'école d'Allemagne du Nord, avec des accents plus lyriques que virtuoses. La fugue se compose de deux si répétés desquels une cellule mélodique tente de se dégager..
BWV 534 Prélude et fugue Fa mineur Son attribution à Jean-Sébastien Bach serait douteuse.. Les analystes qui l'attribuent au cantor situent sa composition entre 1708 et 1717, mais plus probablement en 1716 à Weimar. L'œuvre est dotée d'un caractère tragique où la personnalité du compositeur transparaît et se dégage de l'influence nord-allemande, préfigurant les et , notamment dans le Prélude, qui évoque l'inéluctabilité de la mort. La Fugue, quant à elle, est écrite à cinq voix et reprend en partie le propos du Prélude, duquel émerge à la fin de l'œuvre un thème plus rythmique et harmonique..
BWV 535 Prélude et fugue Sol mineur. Cette pièce, datant probablement de 1709, évoque l'abaissement. Il existe une version alternative du prélude et de la fugue, notée BWV 535a, plus ancienne et alors nommée . Le Prélude est formé d'une toccata de cordes précédée et suivie d'une polyphonie. Le clavier est utilisé tout entier pour évoquer l'effondrement. La Fugue reprend cette thématique, mais en incorporant des éléments ascendants qui la tempèrent...
BWV 536 Prélude et fugue La majeur. Ce diptyque, probablement composé à Weimar entre 1715 et 1717, est généralement associé liturgiquement au temps de Noël. Il existe une version du prélude et de la fugue, notée BWV 536a, qui pourrait être antérieure à la version BWV 536, mais d'authenticité incertaine. Le Prélude s'ouvre sur un thème utilisant des arpèges qui créent peu à peu un motif thématique et polyphonique. La Fugue, apparentée à l'ouverture de la cantate BWV 152, utilise un rythme de danse populaire joyeuse, mais où Bach crée une ambiguïté rythmique, la mélodie pouvant s'entendre à trois comme à deux temps. La mélodie descend progressivement en utilisant des intervalles de plus en plus grand, tandis que deux thèmes secondaires émergent, la conclusion rappelant le Prélude...
BWV 537 Fantaisie et fugue Ut mineur Ce morceau, composé à Weimar entre 1714 et 1717, évoque plus particulièrement la Passion et se rapproche stylistiquement de l'autre Fantaisie et fugue cotée BWV 562. La Fantaisie se fonde sur deux thèmes différents, chacun fugué sur dix mesures et évoquant tous deux la mort. La Fugue fait alterner des intervalles de quinte et de septième diminuée à travers un motif de croches en anacrouse ; puis une seconde fugue à deux thèmes se surimpose, avant un retour au premier thème et une rare conclusion mineure évoquant le désespoir...
BWV 538 Toccata et fugue Ré mineur Cette pièce est dite notamment pour la distinguer de la célèbre BWV 565 ; toutefois le nom est trompeur car elle est en ré mineur et pas en mode dorien. Elle est d'abord été datée de 1727 par Wolfgang Schmieder, mais l'écriture en est probablement plus ancienne. La toccata est monothématique et son thème est italianisant, avec des changements de claviers alternant positif et et rappelant les concertos inspirés de Vivaldi. La fugue, à quatre voix, est bâtie sur un sujet de huit mesures. L'ensemble emprunte au stile antico polyphonique de la Renaissance ainsi qu'à l'œuvre d'orgue de Samuel Scheidt, incorporant un sujet et deux contre-sujets ainsi qu'un double canon. L'œuvre est particulièrement ardue, notamment du fait de sa longueur, avec deux cent vingt mesures, et se rapproche spirituellement de la Passion selon saint Matthieu et des ...
BWV 539 Prélude et fugue Ré mineur L'œuvre a probablement été composée à Köthen ou à Leipzig entre 1720 et 1724. Le Prélude est la « plus française » des œuvres pour orgue de Bach, notamment dans le ménage du plein jeu et de la flûte, sans usage du pédalier. Toutefois Bach « germanise » la pièce en y incorporant un élément thématique discret. La Fugue, pour sa part, est une transcription pour orgue du deuxième mouvement de la sonate pour violon seul BWV 1001, transposée en ré mineur et augmentée de voix supplémentaires. Cette pièce s'inspire d'œuvres italiennes, notamment de Corelli. Toutefois, la paternité du Prélude et de l'adaptation de la Fugue font débat. Il existe une autre version de cette dernière, notée BWV 539a. Cette autre version a également été adaptée pour le luth sous le numéro et pour violon sous le numéro BWV 1001...
BWV 540 Toccata et fugue Fa majeur La fugue date probablement de 1716, durant la période de Weimar ; le prélude est composé entre 1717 et 1723 à Köthen, mais certains analystes l'estiment plutôt de 1734 ; et d'autres la considèrent comme écrite pour Johann Ludwig Krebs, donc probablement à Buttstädt en 1712. Cette œuvre est en tous les cas indissociable de la toccata dorienne en ré mineur, avec de nombreuses parentés, notamment l'utilisation du dans la Fugue. La Toccata est la plus longue pièce pour orgue de Bach, avec 438 mesures. Elle s'ouvre sur un canon joyeux et très long repris ensuite à la basse ; dans un second temps de la même pièce, de nombreuses imitations reprennent des éléments de ce canon dans un polyphonie concertante empruntée à la musique italienne. La Fugue, écrite dans le style d'un ricercare, lie deux sujets présentés distinctement... 120px
BWV 541 Prélude et fugue Sol majeur La date de composition est estimée entre 1724 et 1725 à Leipzig, mais d'autres commentateurs suggèrent la fin de la période de Weimar, entre 1714 et 1716. Dans cette pièce relativement modeste, les éléments du Prélude et de la Fugue sont très liés. Le prélude, joyeux, s'ouvre à la manière d'une toccata, qui enchaîne directement avec une polyphonie concertante. La fugue, exprimant la confiance, reprend un sujet esquissé en prélude, peu à peu transformé avant de revenir au propos initial. La fin de la fugue marque un passage plus dramatique, qui disparaît avec l'introduction finale d'une lumineuse...
BWV 542 Grande fantaisie et fugue Sol mineur