Les Verts, officiellement depuis Les VERT-E-S suissesLe logo officiel du parti utilise des points médians, et non des tirets, qui sont présents dans les statuts et dans les communications du parti., anciennement Parti écologiste suisse (abrégé PES), sont un parti politique suisse écologiste.

Les Verts sont issus de deux courants historiques, une aile rouge-verte, clairement marquée à gauche, et une aile plus centriste. Dans quelques cantons, il y a eu deux partis verts, représentant chacun un courant. Cette situation a tendance à disparaître, même si elle subsiste encore dans certains cantons (Bâle-Ville, Berne). Au niveau fédéral, les Verts se situent à gauche..

Les Verts constituent une fédération de partis cantonaux. Actuellement, 23 partis cantonaux, issus de 19 cantons (il y a parfois plusieurs groupes par canton), forment le parti suisse, auxquels il faut ajouter deux groupes observateurs.

Alors qu'il a longtemps été plus fort en Suisse alémanique qu'en Suisse romande, la situation semble s'être inversée depuis les élections de 2003 en particulier dans les trois cantons de Genève, Vaud et Neuchâtel.

Histoire 1971-1983 : écologistes suisses avant les Verts L'histoire du parti écologiste suisse remonte aux années 1970, même s'il n'a été officiellement fondé que le en regroupant différents partis cantonaux. Le mouvement émerge de différents mouvements antinucléaires, environnementaux, pacifistes ou féministes..

Dans les années 1970, des groupements écologistes apparaissent dans différents cantons et enregistrent quelques succès électoraux.

En , le Mouvement populaire pour l'environnement (MPE) est fondé en ville de Neuchâtel pour s'opposer à un projet d'autoroute N5 dont la construction était prévue près des rives du lac. Les fondateurs du MPE ont quitté leurs partis respectifs (partis libéral, radical et socialiste) pour s'opposer à ce projet. En , le MPE enregistre un premier succès en ville de Neuchâtel avec 17.5 % des voix et sur 41 au parlement de la ville, devenant ainsi le troisième parti.. Quatre ans plus tard, le Conseil général (législatif) place un écologiste, le président du MPE Jacques Knoepfler, parmi les cinq membres de l'exécutif communal. Il n'est pas réélu en 1980..

En 1973, un autre Mouvement pour l'environnement est fondé dans le canton de Vaud par un ingénieur, Jean-Jacques Hédiguer.. Il est composé majoritairement de jeunes et d'étudiants. Lors des élections communales qui se tiennent la même année, le parti obtient ses premiers élus, notamment à Lausanne.. En 1974, lors des élections cantonales, le MPE de Hédiguer s'allie à l'Alliance des Indépendants, provoquant la scission des groupes de Lausanne et de Chavannes-près-Renens qui fondent le Groupement pour l'environnement (GPE).. Si le MPE vaudois disparait peu après les élections, le GPE continue. Après les élections communales de , Jean-Claude Rochat est élu à l'exécutif de la ville par le Conseil communal.. Il est le premier écologiste à siéger dans une ville de plus de en Suisse. En 1978, quatre membres du GPE, dont Daniel Brélaz, font leur entrée au Grand Conseil vaudois, le parlement du canton. La députée Marie-José Gaillard est alors la cadette du Grand Conseil vaudois.. Lors des élections fédérales de 1979, les Vaudois du Groupement pour l'environnement (GPE) réalisent une première européenne en faisant élire Daniel Brélaz au Conseil national, devenant ainsi le premier écologiste au monde à siéger dans un parlement national. En 1982, le GPE obtient six sièges au Grand Conseil, soit deux de plus qu'en 1978..

Dans le canton de Genève, le Rassemblement démocratique genevois (RDG) se constitue peu avant les élections cantonales de 1977, suivi d'un autre, le Mouvement pour une écologie humaine, qui fait liste commune avec l'Alliance des Indépendants.. Aucun des deux partis n'obtient le quorum et ils disparaissent rapidement. En 1981, l'ancien président du RDG, Otto Caduff, se présente à l'élection au Conseil d'État genevois.. Bien que ne bénéficiant pas du soutien des associations écologistes, il obtient ..

Les succès sont moins rapides en Suisse allemande, notamment en raison de la présence de deux partis presque inexistants en Suisse romande : l'Alliance des indépendants au centre et les Organisations progressistes de Suisse (POCH) à gauche. En 1976, des écologistes bernois fondent l'Alternative démocratique (Demokratische Alternative, DA), orientée plus à gauche que ses prédécesseurs neuchâtelois et vaudois, qui fait son entrée en 1978 au parlement cantonal en obtenant un siège.. Les autres partis qui sont fondés en Suisse allemande dans les années 1980 - le Parti vert de Zurich (Grüne Partei des Kantons Zürich) en 1978 et les Verts du nord-ouest de la Suisse (Grüne Nordwestschweiz) en 1979 - doivent se contenter dans les années 1970 de quelques succès au niveau communal.

Le , le Forum critique d'Ibach (Kritisches Forum Ibach), fondé en 1979 et qui deviendra plus tard les Verts du canton de Schwytz, obtient un siège au Grand Conseil lors des élections cantonales... Deux ans plus tard, le , Nidwald Démocratique (Demokratisches Nidwalden), fondé cette même année et qui est devenu les Verts de Nidwald en 2009, remporte un deuxième siège écologiste dans un Grand Conseil de Suisse centrale.. En avril de la même année, l'Alternative démocratique bernoise gagne deux sièges supplémentaires au Grand Conseil et en détient désormais trois.

1983-1991 : des Verts en pleine croissance L'année 1983 voit tout d'abord la fondation du Parti écologiste genevois (PEG).. Cette section cantonale sera l'une des plus importantes des Verts suisses et a déjà donné trois présidents nationaux : Laurent Rebeaud, Patrice Mugny et Ueli Leuenberger. Au printemps 1983 également, les Verts zurichois font leur entrée au parlement cantonal en obtenant 3,2 % des voix et quatre sièges...

En 1983, deux fédérations nationales se forment presque simultanément en vue des élections fédérales de l'automne. La Fédération des partis écologistes de Suisse, qui regroupe le MPE et Écologie et Liberté, tous deux neuchâtelois, le GPE vaudois et les partis Verts de Genève, Zurich et du nord-ouest de la Suisse, est fondée à Fribourg le . En juin, les formations vertes les plus à gauche, à savoir les Bernois d'Alternative démocratique, les Vaudois d'Alternative démocratique et d'Autrement, les Jurassiens de Combat socialiste, l'Alternative verte de Zurich, l'Alternative verte de Bâle-Ville et les Argoviens de Zofingue vivant, se regroupent sous le nom de Alternative verte de Suisse (AVS) (Grüne Alternative Schweiz (GRAS)). Dans les mois qui ont précédé, des pourparlers initiés par l'Alternative Démocratique bernoise pour ne former qu'une seule organisation nationale ont échoué. La Fédération des partis écologistes de Suisse est un parti national qui veut et se concentrer sur les thèmes écologiques, tandis que l'Alternative verte de suisse est une plate-forme pour différentes organisations écologistes de gauche..

Lors des élections fédérales d', la Fédération des partis écologistes de Suisse obtient 1,9 % des voix et trois élus : Daniel Brélaz, réélu dans le canton de Vaud, est rejoint par Arnold Müller (Zurich), Laurent Rebeaud (Genève). Il manque un siège pour former un groupe parlementaire. L'Alternative verte de Suisse, qui présente des listes dans plus de cantons qu'elle n'a de membresEn Argovie et à Bâle-Campagne, Saint-Gall, Schwyz et Zurich, des listes vertes alternatives non fondatrices de l'AVS se présentent également., obtient 1 % des voix et aucun siège. vignette|Peter Schmid, président des Verts et à droite Laurent Rebeaud. Entre 1983 et 1986, quatre partis cantonaux rejoignent la Fédération des partis écologistes de Suisse, qui devient le Parti écologiste suisse (PES): il s'agit de l'Alternative démocratique bernoise, qui quitte l'AVS pour rejoindre le PES, et de trois partis nouvellement fondés: le Parti vert de Thurgovie (Grüne Partei Thurgau), la Liste libre bernoise (Freie Liste Bern) et le Mouvement écologiste tessinois (Movimento ecologista ticinese). En 1986, Leni Robert, élue conseillère nationale de la Liste libre bernoise en 1983, rejoint alors les autres parlementaires verts. Mais la même année, Arnold Müller avait rejoint le groupe parlementaire de l'Alliance des indépendants., sans toutefois quitter les Verts zurichois.. En , lors des élections cantonales bernoises, les Verts font leur première entrée dans un exécutif cantonal: Leni Robert et Benjamin Hofstetter y sont en effet élus. Leni Robert est alors remplacée par Lukas Fierz au Conseil National. Durant la même année, deux catastrophes écologiques vont marquer les citoyens suisses: l'accident nucléaire de Tchernobyl et la catastrophe de Schweizerhalle. L'ensemble des partis se doivent désormais de parler d'écologie. Lors des élections fédérales d', le Parti écologiste suisse obtient 5 % des voix et , contre seulement quatre sièges quatre ans auparavant, et devient du même coup le plus grand parti non gouvernemental du pays. Tous les sortants sont réélus et cinq nouveaux entrent sous la Coupole: les Bernois Rosmarie Bär et Rudolf Hafner, le Thurgovien Peter Schmid et les Zurichoises Verena Diener et Monika Stocker. Les Verts ont abordé ces élections sans s'être dotés d'un programme national. De la même manière, les alliances retenues varient d'un canton à l'autreÀ Bâle-Ville et en Thurgovie, des apparentements sont conclus avec l'Alliance des indépendants, tandis que le Parti vert de Zurich fait alliance avec le Parti socialiste et que des sections (Genève, Tessin, Valais, Vaud) choisissent de partir seules. Source: Universität Bern, Institut für Politikwissenschaften. Grüne Partei der Schweiz und Gruppierungen, die teilweise in ihr aufgegangen sind (Grünes Bündnis, POCH, SAP), .. À ces neuf sièges s'ajoutent celui obtenu par l'Argovien Hans-Peter Thür sur les listes vertes alternatives et celui de Susanne Leutenegger Oberholzer, de Bâle-Campagne, élue sur les listes des Organisations progressistes de Suisse et qui rejoindra le groupe vert en 1990.

Les Verts ont désormais assez d'élus pour former un groupe au Conseil national. Ils décident de ne pas accueillir les élus du Parti suisse du travail et des Organisations progressistes de Suisse (POCH) au sein de leur groupe et portent à leur présidence le thurgovien Peter SchmidUniversität Bern, Institut für Politikwissenschaften. Grüne Partei der Schweiz und Gruppierungen, die teilweise in ihr aufgegangen sind (Grünes Bündnis, POCH, SAP), .. En , un vert accède pour la première fois à la tête d'une commune suisse: Werner Schaffitz est en effet élu syndic de Rickenbach, dans le canton de Zurich. Entre 1988 et 1991, une tentative de fusion du PES et de l'Alternative échoue, mais plusieurs formations de l'Alternative rejoignent le PES : les Verts d'Argovie, de Bâle-Campagne, de Lucerne et de Saint-Gall. Les Verts poursuivent leur croissance lors des élections fédérales de 1991 et obtiennent quatorze sièges au Conseil National. La même année, ils lancent leur premier référendum au niveau fédéral pour combattre les nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA), le projet étant, selon eux, sur dimensionné et n'assurant pas le transfert de la route au rail.

Années 1990 : recul et dissensions face à la question européenne Le succès aux élections fédérales de 1991 ne doit pas masquer le recul des écologistes en Romandie. Il intervient dans un contexte où la question de l’intégration européenne de la Suisse marque l’agenda politique. Les Verts romands y sont majoritairement favorables alors que leurs homologues alémaniques y sont le plus souvent hostiles, les Verts se prononcent contre l'adhésion de la Suisse à l'Espace économique européen.. Cette divergence ravive l’opposition entre les Fundis de l’aile gauche plutôt opposés au rapprochement avec l’Europe et la tendance plus centriste des Verts.

Le parti se renomme officiellement Les Verts le ..