vignette|Représentation de Sarutahiko Ōkami, peinture japonaise de la fin du .

est une divinité du panthéon shintoïste. C'est un kami protecteur très puissant consacré au temple . Il est le dirigeant des kamis terrestres et le gardien du pont du ciel, ainsi que celui qui accueillit Ninigi-no-Mikoto le petit-fils d'Amaterasu lorsque celui-ci descendit de Takamagahara. Il apparaît très souvent dans le Kojiki accompagné de sa femme Ame-no-Uzume.

Saruta-hiko est un des sept kamis à posséder le titre de , les autres étant Izanagi, Izanami, Chigaeshi no ōkami (kami gardien scellant l'entrée de Yomi), Toyouke Ōmikami (déesse pourvoyant nourriture, vêtements et abri au service d'Amaterasu) et Sashikuni Ōkami et Amaterasu elle-même. Tous sont des amatsukami (déités célestes), à l'exception de Sarutahiko qui fait partie des kunitsukami (déités terrestres).

Description Saruta-hiko est décrit comme imposant, barbu et armé d'une épée incrustée de pierres précieuses ou d'une lance représentant son rôle de protecteur. Dans les fêtes religieuses, il est représenté sous les traits d'un tengu. C'est un symbole de force autant physique que morale, c'est pourquoi il est le patron de certains arts martiaux comme l'aikido. La tradition l'associe à la mer et aux pêcheurs.

Origines vignette|gauche|Saruta-hiko au Tenjin matsuri d'Osaka en 2010.

Le culte de Saruta-hiko prend ses origines dans la croyance populaire du Kōshin, qui sont des périodes particulières du calendrier chinois. Cette croyance issue du taoïsme veut que le soir du jour Kōshin, ou Kanoë-Saru revenant tous les soixante jours, l'insecte Sanshi vivant dans le corps des humains s'en aille raconter à , les mauvaises actions de l'humain qu'il habite, attirant sur son hôte la colère du dieu. La nuit du Kōshin, il était donc usuel de ne pas dormir et participer à grand bruit à des évènements festifs de façon que Sanshi ne quitte pas le corps des humains..

Cette croyance, ancrée en Chine, se répandit au Japon durant la période Heian, où des soirées Kōshin-machi (ou « attente du Kōshin ») étaient tenues par l'aristocratie. Le plus ancien témoignage de cette croyance remonte à 838.. La croyance devint populaire durant la période Edo où le peuple commença à organiser des veillées Kōshin-machi puis inventa des divinités en rapport avec cette célébration.

Il semblerait que le kami Kōshin ait été associé à Saruta-hiko durant cette période.. Cette association reposerait sur un jeu phonétique établi par le lettré confucéen Yamazaki Ansai (1619-1682) entre shin, le neuvième « rameau » du cycle sexagésimal chinois désignant le jour Kōshin, et saru, « singe » en japonais, l'un des noms de Sarutahiko lui-même.

Saruta-hiko fait partie des dōsojin, des déités phalliques japonaises représentées par couples dont l'origine pourrait remonter à la période Jōmon (entre - et -300 ans avant Jésus-Christ). Ces déités ont toutes pour point commun d'être des divinités liées à la terre, protectrices des récoltes et de la fécondité.. C'est aussi un des kamis dits terrestres, dont il est le dirigeant..

Mythe Saruta-hiko apparaît dans le Kojiki, le Nihon shoki ainsi que le Kogo Shūi, tous des textes fondateurs de la religion shinto. Sa première apparition intervient lors de la descente de Ninigi du ciel vers la terre, accompagné de Ame no Uzume. Effrayés par l'apparence de Saruta-hiko et ne sachant pas qui il est, Ninigi envoie Ame no Uzume en reconnaissance. Saruta-hiko se présente et il est décidé qu'il accompagnera la visite de Ninigi sur Terre....

Culte Son culte est consacré au temple japonais de dont il est la divinité principale, tutélaire et protectrice, ainsi qu'au Tsubaki Ōkamiyashiro d'Amérique.

Le prêtre du Tsubaki, Ōkami-yashiro, a analysé le nom de Saruta-hiko comme étant composé des mots « sa », qui viendrait de , « diviser » ; « ru » de , « protéger » ; « ta », « terre ou rizière » ; « hi », le « soleil » et « ko », l'« enfant ».

Honneur L'astéroïde est nommé en son honneur.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Catégorie:Divinité shinto Catégorie:Kunitsukami Catégorie:Éponyme d'un objet céleste