L'insurrection des Forces démocratiques alliées est un conflit armé opposant l'Ouganda, la République démocratique du Congo et la MONUSCO aux Forces démocratiques alliées. Le conflit a éclaté en 1996 et s'est intensifiée en 2013, faisant des centaines de morts. On sait que les ADF contrôlent actuellement un certain nombre de camps cachés qui abritent environ 2 000 personnes ; dans ces camps, les ADF opèrent comme un proto-État avec ainsi que des écoles pour garçons et filles.

Contexte Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont été créées par Jamil Mukulu, un musulman ougandais ultra conservateur, appartenant au groupe Tablighi Jamaat. Né sous le nom de David Steven, Mukulu a été baptisé en tant que catholique, puis s'est converti à l'islam, a adopté un nom musulman et s'est radicalisé. Il aurait passé le début des années 1990 à Khartoum, au Soudan, et serait entré en contact personnel avec Oussama ben Laden.

L'ADF a fusionné avec les restes d'un autre groupe rebelle, l'Armée nationale de libération de l'Ouganda (NALU), dans les années qui ont suivi la chute d'Idi Amin Dada. L'objectif initial de l'ADF-NALU était de renverser le gouvernement du président ougandais Yoweri Museveni et de le remplacer par un État fondamentaliste islamique. Le groupe a ensuite recruté d'anciens officiers de l'armée ougandaise, ainsi que des volontaires de Tanzanie et de Somalie. Financés par les industries minières et forestières illégales de la République démocratique du Congo, les ADF ont créé 15 camps bien organisés dans le Rwenzori, située dans les zones frontalières entre la RDC et l'Ouganda. L'insurrection n'a pas été affectée par l'amnistie gouvernementale et les efforts de dialogue, car ses membres ont épousé des femmes locales.

Selon des sources de renseignement, les ADF ont collaboré avec Al-Shabaab et l'Armée de résistance du Seigneur. Ils reçoivent une formation et un soutien logistique, avec une implication directe limitée du côté d'al-Shabaab. Parmi les autres parrains présumés de la faction figurent le politicien islamiste soudanais Hassan al-Tourabi et l'ancien président de la RDC Mobutu Sese Seko.

Formée en 1989, l'ADF a mené ses premières attaques en 1995. Le conflit s'est progressivement intensifié, culminant avec l' en 1998, qui a fait , et au cours duquel ont été enlevées. En 2002, la pression continue de l'armée ougandaise a forcé les ADF à déplacer la plupart de leurs activités en république démocratique du Congo. L'insurrection s'est poursuivie à une échelle plus réduite jusqu'en 2013, qui a marqué une résurgence de l'activité des ADF, avec le lancement d'une campagne de recrutement et de nombreuses attaques.

Tueries de Beni Un rapport du Congo Research Group de l'Université de New York, publié en , a accusé les commandants de l'armée congolaise d'avoir orchestré les massacres à Beni de 2014 à 2016. Il cite de multiples témoins affirmant que des commandants de l'armée, dont l'ancien général en chef de la zone, ont soutenu et, dans certains cas, organisé les tueries. Des sources lui ont dit que pendant certains massacres, les soldats sécurisaient le périmètre afin que les victimes ne puissent pas s'échapper. Le rapport indique que les premiers massacres ont été orchestrés en 2013 par d'anciens chefs du groupe rebelle de l'Armée populaire congolaise (APC), qui a combattu pendant la deuxième guerre du Congo, afin de créer une nouvelle rébellion et de saper la confiance dans le gouvernement central de la RDC. Selon le rapport, ces rebelles travaillaient avec l'ADF. Cependant, lorsque les massacres ont commencé, les commandants de l'armée ont coopté de nombreux réseaux des milices locales pour affaiblir leurs rivaux.

Chronologie 1996 Le , l'ADF a perpétré sa première attaque de grande envergure contre les villes de Bwera et Mpondwe-Lhubiriha dans le district de Kasese, en Ouganda. Environ 50 personnes ont été tuées lors de cette attaque. 25 000 personnes ont fui les villes, avant qu'elles ne soient reprises par les troupes ougandaises.

1998 Le , les ADF ont enlevé 30 enfants, à la suite d'une attaque contre un collège adventiste du septième jour à Mitandi, dans le district de Kasese.

Le , 5 personnes ont été tuées et au moins 6 ont été blessées, lorsque des bombes ont explosé dans deux restaurants à Kampala.

Le , les rebelles de l'ADF ont tué 80 étudiants du collège technique de Kichwamba dans le district de Kabarole, en Ouganda. 80 étudiants ont été enlevés au cours du même raid.

En , les rebelles de l'ADF ont enlevé plus de 100 écoliers dans une école de Hoima, en Ouganda.

En , 30 personnes ont été tuées dans trois attentats à la bombe distincts contre des bus, perpétrés par les ADF.

1999 Entre le et le , les ADF ont mené sept attaques qui ont fait 11 morts et 42 blessés.

Le , les ADF ont attaqué la prison de Katojo, libérant 360 prisonniers détenus pour terrorisme.

2007 à 2008 vignette|Une patrouille conjointe MONUSCO-FARDC pendant une opération anti-ADF. En , l'UPDF a engagé des groupes ADF dans de multiples échanges de tirs, tuant au moins 46 personnes dans les districts de Bundibugyo et de Mubende. La plus grande bataille s'est déroulée le , lorsque les UPDF ont affronté une soixantaine de troupes ADF et en ont tué 34, dont trois commandants supérieurs. L'UPDF a affirmé avoir récupéré de nombreuses armes ainsi que des documents liant les ADF à la LRA.

Le , l'UPDF et les ADF ont engagé une bataille intense à l'intérieur du parc national de Semuliki, près de la destination touristique haut de gamme Semliki Lodge.

Des pourparlers de cessez-le-feu et d'amnistie entre le gouvernement ougandais et les ADF se sont tenus à Nairobi à partir de . Les négociations ont été compliquées par la fragmentation de la direction des ADF. Les personnes à charge non combattantes des ADF ont été rapatriées en Ouganda par l'OIM. Au moins 48 combattants des ADF se sont rendus et ont été amnistiés. Alors que la menace de la LRA en RDC s'est estompée, l'UPDF a mis de plus en plus l'accent sur les ADF comme raison pour le personnel de l'UPDF de rester en RDC.

Le , 200 militants des ADF et de la NALU se sont rendus aux autorités ougandaises.

2012 Entre et , plus de 60 insurgés des ADF ont été arrêtés en Ouganda.

2013 Le , les insurgés ont torturé puis exécuté 13 personnes qui avaient été précédemment enlevées dans la ville d'Oicha, au Nord-Kivu.

En , il a été rapporté que les ADF ont commencé une campagne de recrutement à Kampala et dans d'autres parties du pays. Citant un transfuge des ADF, allAfrica a rapporté qu'environ 10 nouvelles recrues rejoignaient les forces des ADF chaque jour.

En , les ADF ont renouvelé leurs combats dans le district congolais de Beni. Selon Radio Okapi de l'ONU, les ADF, avec les NALU, ont livré une bataille rangée contre les FARDC, prenant brièvement les villes de Mamundioma et Totolito. Le , les ADF ont attaqué la ville de Kamango, déclenchant la fuite de plus de 60 000 réfugiés à travers la frontière vers le district ougandais de Bundibugyo.

Début , les dirigeants régionaux dans le cadre de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) ont demandé à la Brigade d'intervention combative récemment formée sous la MONUSCO d'attaquer les positions des forces négatives étrangères opérant en RDC, y compris les ADF.

Le , 3 personnes ont été tuées lors d'une attaque des ADF dans le secteur de Watalinga, Nord-Kivu, RDC.

Le , des militants ADF ont tué cinq personnes et en ont enlevé 30 lors d'une attaque contre un centre de santé dans la ville de Maleki, en RDC.

Le , des guérilleros de l'ADF ont enlevé 26 personnes dans le village d'Upira, au Nord-Kivu, pour les transférer ensuite vers les bastions rebelles de Makembi et Chuchubo.

Entre et , les ADF ont procédé à 300 enlèvements.

Le , 13 personnes ont été tuées, à la suite d'une attaque des ADF contre le village de Musuku, en Ouganda.

Le , les ADF ont tué huit personnes dans le village de Biangolo, en Ouganda.

Le , les rebelles ADF ont attaqué la ville de Kamango, en RDC. Plus de 50 civils ont été tués et de nombreux bâtiments ont été incendiés. La ville a été reprise par l'armée congolaise le lendemain.

Le , les rebelles de l'ADF ont lancé une autre attaque contre la ville de Kamango. Les militants ADF ont décapité 21 civils et ont exhorté les habitants de la ville à fuir en Ouganda.

2014 Le , l'armée congolaise a chassé les militants ADF de la ville de Beni, avec l'aide du corps de paix de l'ONU " Brigade d'intervention ".

Le , un porte-parole de l'armée congolaise annonce que l'armée a tué 230 rebelles ADF à l'issue d'une offensive d'un mois, 23 soldats FARDC ont également été tués dans l'opération.

Le , des hélicoptères sud-africains frappent pour la première fois les forces de l'ADF, en soutien à l'opération Sukola 1. 2024 En , la coalition des armées congolaise et ougandaise neutralisent plus de 50 combattants des Forces démocratiques alliées.

2025

Juillet Début ,Les forces armées congolaises (FARDC), en collaboration avec l'armée ougandaise (UPDF), lancent une offensive visant à neutraliser les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Lolwa, territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Cette opération militaire conjointe cible spécifiquement le bastion stratégique des ADF à Madina 2, utilisé comme base arrière pour planifier des attaques contre les populations locales. Plusieurs villages, dont Lolwa centre, Bandenge, et Menzimenzi, sont fréquemment ciblés par les ADF.

Malgré les opérations militaires, les attaques des ADF, dans la province d'Ituri se multiplient. Entre le 8 et le , sont tuées dans plusieurs villages de la chefferie de Walese Vonkutu, située dans le territoire d'Irumu.. Dans la nuit du 26 au , des rebelles de l'ADF, attaquent une église dans la localité de Komanda.. Cette attaque fait au moins 43 morts, incluant 19 femmes, 15 hommes, et 9 enfants, avec 12 à 14 enfants portés disparus. Les assaillants ont surpris les fidèles durant une veillée de prière, les tuant à la machette.

Septembre En , les Forces démocratiques alliées (ADF), mènent plusieurs attaques qui causent la mort d’environ cent civils, dans les territoires de Lubero et Beni. Dans la nuit du 8 au , le village de Ntoyo, dans le secteur des Bapere, est le théâtre d’un massacre qui fait au moins , lors d’une attaque à la machette survenue durant un enterrement. Cette violence provoque le déplacement de milliers de personnes et la fermeture durable d’écoles locales. Une autre attaque signalée dans le territoire de Beni entraîne au moins 18 morts, tandis que, dans la nuit du 23 au , trois villages proches de Maiba sont visés, causant la mort d’au moins six personnes.

Octobre En , les ADF poursuivent leurs incursions dans le territoire de Lubero, particulièrement dans le secteur de Bapere, en visant notamment des sites miniers et des localités isolées. Le , une attaque contre un site d’orpaillage à Rizerie fait cinq mort parmi les creuseurs artisanaux. Entre le 9 et le , trois civils enlevés à Itembo sont retrouvés exécutés à Bapakombe. Dans la nuit du 12 au , une attaque contre Mukondo fait au moins et entraîne l’incendie d’au moins 26 maisons, ainsi que des pillages à Vuyinga. Le , une incursion à Manguredjipa est repoussée par la coalition des FARDC–wazalendo–UPDF, mais laisse six morts, dont un militaire. Les 29 et , plusieurs villages — Gwado, Pangoyi, Pethema et Malewe — subissent des attaques successives ou simultanées, faisant au moins sept morts.

Selon le baromètre du Kivu au moins 75 civils ont été tués lors des attaques des Forces démocratiques alliées. Le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, avec un total de est le plus touché. Les territoires de Mambasa et d’Irumu dans la province d'Ituri, sont eux aussi victimes d'attaques faisant respectivement 2 et 3 morts.

Novembre