Titus Labienus, né vers 100 ou en 98 av. J.-C. et mort le à la bataille de Munda, est un général romain, l'un des principaux lieutenants de César durant la guerre des Gaules.
Il commença à servir en Cilicie vers 78- sous le commandement de Servilius.
En , à la demande de César, il poursuivit Caius Rabirius pour haute trahison. La même année, en tant que tribun de la plèbe, il organisa un plébiscite qui assura à César la charge de pontifex maximusDion Cassius, xxxvii, 37..
Il servit comme légat lors de la guerre des Gaules, et remplaçait César lorsqu'il s'en absentait. Ses principaux exploits dans ce conflit furent de défaire les Trévires commandés par Indutiomaros en 54 av. J.-C., son expédition contre Lutèce et sa victoire sur Camulogenus en 52, et des opérations contre les Éduens cette même année. Il fut un commandant de cavalerie talentueux.
Il est un des premiers à abandonner César lorsque celui-ci franchit le Rubicon, lui reprochant peut-être une certaine ingratitude, en plus d'entrer en guerre contre la République.
Accueilli avec allégresse par les partisans de Pompée, il combat à Dyrrachium et à Pharsale, puis suit Caton en Afrique, où il réussit à tenir César en échec à Ruspina, mais est défait à Thapsus.
Il rejoint ensuite Pompée le Jeune en Hispanie, et meurt en combattant à Munda.
Il eut un fils, Quintus Labienus.
Biographie Famille et naissance Il appartient à une famille de rang équestre originaire du PicenumCicéron, Pro C. Rabirio, 8, 22 ; Claude Nicolet, L'Ordre équestre à l'époque républicaine (312-43 av. J.-C.), II, Paris, 1974, p. 921, n. 192., très certainement de la ville de Cingulum., qui fut restaurée, embellie et agrandie par lui avec ses propres deniersCésar, Commentaires sur la Guerre civile, I, 15.. Il n'y a cependant pas de preuve qu'il y fût né, plutôt que, par exemple, à Rome, où son père était installé.
Une tradition qui remonte à la Renaissance rattachait cette famille à la gens Atia ; le premier à avoir proposé ce rattachement est sans doute Paul Manuce …dans ). Cette conception, qui ne repose sur aucune source antique, est aujourd'hui abandonnée..
Sa date de naissance n'est donnée par aucune source antique et n'est pas connue avec précision. Münzer. situe cette naissance après l'an , puisque Cicéron, dans le Pro Rabirio perduellionis reoCicéron, Pro C. Rabirio, 14, 25., indique qu'il n'était pas né au moment de l'assassinat de Lucius Appuleius Saturninus et de ses partisans, en décembre 100. En tenant compte de l'âge minimum requis pour se porter candidat aux magistratures, la plupart des historiens placent sa naissance en 99 ou 98Biography of Titus Labienus, Caesar’s Lieutenant in Gaul par Wm. Blake Tyrrell.. Politiquement, la famille se divise en tendances divergentes : Quintus Labienus, oncle de Labienus est tué au côté de Saturninus, tandis que son père Titus soutient l'autorité consulaireCicéron, Pro C. Rabirio, 8, 22..
De 78 à 75, Titus Labienus accompagne Publius Servilius Vatia, proconsul de Cilicie, et participe à ses campagnes contre les pirates. C'est peut-être en 78 que Labienus rencontra César, qui était alors officier dans la suite de Servilius..
Cursus honorum Contrairement à ses parents qui n'ont pas exercé de magistrature, Titus Labienus suit le et entre dans l'ordre sénatorial.
Il est tribun de la plèbe en 63 av. J.-C. À l'instigation de Jules César selon SuétoneSuétone, Vie de César, 12., il intente un procès en haute trahison contre C. Rabirius, pour le meurtre du tribun Saturninus, survenu trente-sept ans plus tôtDion Cassius, XXXVII, 26-27.. À travers Rabirius, l'action de Labienus visait le Sénat et sa proclamation d'un , qui avait entraîné l'exécution de Saturninus. Après avoir dirigé trois réunions publiques, Labenius lors d'une quatrième réunion ne laisse parler Cicéron, défenseur de Rabirius, qu'une demi-heure et fait entamer le vote de la condamnation à mort de Rabirius par les comices. Le préteur Metellus Celer sauve Rabiruis en interrompant la tenue des comices. Labenius pourrait continuer son action judiciaire, mais il s'abstient de persister.
Pendant son tribunat, Labienus fait voter deux lois : la première concerne le remplacement du Metellus Pius, décédé. Labienus promulgue que la désignation des pontifes se fasse par le vote du peupleDion Cassius, XXXVII, 37., ce qui permet l'élection de César à ce sacerdoceSuétone, César, 13. ; la seconde accorde le triomphe à Pompée, ainsi que d'autres récompenses.
Il est probablement préteur en 61, 60 ou 59.
Guerre des Gaules De 58 à 49 av. J.-C., Labienus prend part à la guerre des Gaules comme légat propréteur du proconsul Jules César.
Campagne de 58 av. J.-C. contre les Helvètes et les Germains
En 58 av. J.-C., César confie à Labienus le commandement de la ligne fortifiée établie pour bloquer le passage aux Helvètes vers la Gaule narbonnaise, pendant qu'il amène depuis la gaule cisalpine le renfort de cinq légions.
Les Romains rattrapent les peuples helvètes au franchissement de l'Arar (la Saône) et taillent en pièce les Tigurins qui constituent l'arrière-garde. Plutarque crédite Labienus de ce succèsPlutarque, Vie de César, 20., tandis que Jules César s'en attribue seul le mérite . Les Helvètes ravagent le pays des Éduens. Ils s'arrêtent au pied d'une montagne. Labienus, sur les ordres de Jules César, en occupe avec deux légions le sommet. Alors que César avance dans la plaine vers les Helvètes, une méprise lui fait prendre les troupes de Labienus pour celles des ennemis, il rebrousse chemin vers une colline voisine. Labienus, qui a ordre d'attendre César pour lancer son attaque, ne bouge pas. Les Helvètes en profitent pour s'échapper. César attribue la faute de la méprise à son éclaireur Considius. Pour le reste de cette année, Labienus n'est pas cité lors des batailles contre les Helvètes, ni contre le Germain Arioviste. Lorsque les légions prennent leurs quartiers d'hiver chez les Séquanes, César lui confie le commandement et repart en Gaule citérieure.
Campagne de 57 av. J.-C. contre les Belges En 57 av. J.-C. Titus Labienus, depuis ses quartiers d'hiver, prévient Jules César, dans une lettre, que tous les peuples de la Belgique se coalisent contre Rome. Les troupes romaines marchent rapidement vers la Belgique. Les Rèmes font leur soumission. Les autres peuples les attaquent, la bataille de l'Aisne a lieu entre les Romains et les Belges. Ces derniers, battus, décident de se replier. Jules César envoie toute sa cavalerie et Titus Labienus avec trois légions à leur poursuite. Ils massacrent les fuyards et rentrent au camp.
Labienus sauve par son intervention l'armée d'une possible déroute à la bataille de la Sambre : Tandis que César établit son camp, il se fait surprendre par l'attaque des Nerviens, tandis que Labienus est à l'arrière avec deux légions. L'intervention d'une légion envoyée en renfort par Labienus permet de redresser la situation et d'obtenir la victoire.
Campagne de 56 av. J.-C. contre les Vénètes Les peuples de l'Océan, menés par les Vénètes, se soulèvent. César fait construire une flotte sur la Loire. Afin d'éviter que la coalition ne s'étende aux autres peuples, il divise son armée. Titus Labienus est envoyé avec de la cavalerie chez les Trévires, il doit rentrer en contact avec les Rèmes, maintenir les Belges dans le calme et barrer la route aux Germains qui pourraient être appelés en renfort par les Gaulois. Les Vénètes sont finalement battus comme les Aquitains. Labienus ne semble pas avoir eu à mener des combats.
55 et 54 av. J.-C., incursions en Bretagne En 55 av. J.-C. César fait une incursion en Germanie, puis en Bretagne (Britannia, actuelle Grande-Bretagne) après avoir traversé la Manche. Au retour, deux navires, qui ont dérivé, abordent le continent plus loin que le gros de l'armée et sont pris à partie par une troupe de Morins. César envoie donc Labienus, avec les légions ramenées de Bretagne, ramener les Morins à la soumission, puis l'armée romaine prend ses quartiers d'hiver chez les Belges.
En 54 av. J.-C. César décide une deuxième incursion dans l'île. Il se rend à Portus Itius et laisse sur le continent Labienus avec trois légions et deux mille cavaliers avec pour ordre de garder le port, de garantir l'acheminement du blé pour l'armée en campagne et de surveiller la Gaule. Après avoir perdu une quarantaine de navires, César lui demande par écrit d'en construire le plus possible. Labienus en fabrique soixante, qui sont perdus à vide lorsque César ramène ses troupes sur le continent.
Quartiers d'hiver 54-53 av. J.-C. César doit disperser ses légions pour leur quartiers d'hiver, en raison des difficultés de ravitaillement. Titus Labienus reçoit l'ordre d'aller chez les Rèmes non loin de la frontière avec les Trévires. Les Gaulois profitent de cette dispersion pour attaquer chaque camp légionnaire, et anéantissent une légion. Labienus est lui-même menacé par les Trévires et ne peut intervenir. Il ne peut qu'exposer dans une lettre à César la situation réelle. César intervient avec deux légions et bat les Nerviens qui assiégeaient Quintus Cicero et sa légion. Labienus apprend la victoire de César par les Rèmes. Les Trévires et leur chef Indutiomaros apprennent eux aussi la défaite des Nerviens. Les Trévires, cependant, décident d'attaquer le camp de Labienus. Avec leur cavalerie, ils harcèlent régulièrement les Romains avant de se retirer, mais Labienus interdit à ses hommes de sortir du camp et de s'exposer. Pendant ce temps, il envoie secrètement des appels à ses alliés gaulois qui lui envoient de la cavalerie, que Labienus cache dans son camp. Lorsque les Trévires reprennent leur harcelement, il ordonne une sortie de toute sa cavalerie, non sans avoir donné l'ordre de chercher avant tout Indutiomaros. Il promet de grandes récompenses à ceux qui le tueront. Le chef gaulois est finalement pris et sa tête est rapportée à Labienus. À la nouvelle de la défaite des Trévires, les Éburons et les Nerviens se retirent aussi, l'hivernage se termine dans le calme.
53 av. J.-C., combats contre les Trévires