Jacques Merquey, né le à Souillac (Lot), est un joueur international français de rugby à XV et de rugby à XIII dans les années 1940 à 1960.

Baigné par le rugby à XV dans sa jeunesse à Souillac où il y intègre le club de l'U.S. Souillac, Jacques Merquey au talent précoce est repéré et s'engage au Stade cadurcien puis une année plus tard au RC Toulon. Il côtoie aussitôt à ses vingt ans la sélection française et prend part au Tournoi des Cinq Nations 1950 nommé par le comité de sélections composé par Roger Lerou, Adolphe Jauréguy et René Crabos.

Six mois plus tard, le club du code de rugby rival de RC Marseille, club de rugby à XIII, le convainc alors de changer de code de rugby lui permettant d'allier ses études en pharmacie. Durant trois années, il joue les premières places du classement avec ses coéquipiers Jean Dop, André Béraud et Raoul Pérez, et découvre la sélection française de rugby à XIII. En 1953, il rejoint le club du SO Avignon d'A. Béraud, Paul Césard, Jean Rouqueirol et André Savonne et y remporte deux Coupe de France en 1955 et 1956. Après une année au Bataillon de Joinville en 1957-58, il termine sa carrière à l'US Villeneuve aux côtés d'Antoine Jimenez, Jean Foussat, Jacques Dubon et Jean-Pierre Clar remportant le Championnat de France en 1959 et 1964.

Centre référence des années 1950, tout aussi à l'aise au poste de demi d'ouverture, Jacques Merquey a marqué l'histoire de l'équipe de France de rugby à XIII près de dix années, prenant même le rôle de capitaine, et remporte les titres de Coupe d'Europe des nations en 1951 et 1952, participe à la finale de la Coupe du monde en 1954, et effectue les tournées de l'équipe de France en Australie et Nouvelle-Zélande en 1951 et 1955.

Biographie

Enfance, jeunesse et débuts en rugby à XV à l'U.S. Souillac et au Stade carducien

Jacques Merquey naît le à Souillac (Lot). Son père, Paul Merquey (né le à Baladou et mort le à Souillac) est restaurateur et sa mère s'appelle Aurélie Constant (née le à Borrèze et morte le à Avignon), ils tiennent un café à Souillac. Il a deux sœurs prénommées Paulette (1924-2016) et Danielle.

Né à Souillac, Jacques Merquey s'adonne qu'à partir de ses seize ans au rugby à XV dans sa ville natale de Souillac au club de l'U.S. Souillac, et dispute pour dépanner une rencontre de Coupe de France de rugby à XIII avec le Cahors XIII. Alliant ses études et les performances au rugby à XV, il rejoint lors de la saison 1948-1949 le Stade cadurcien tout en étant scolarisé au lycée de Cahors pour le baccalauréat philo-sciences comprenant son équipe de rugby à XV dénommée la « Quercynoise ». Dans le club de Cahors sous la houlette de M. Bernatas, il prend part au Championnat de division inférieure nommé « Division d'honneur » mais affronte cette-saison-là le grand Stade toulousain en Coupe de France 1948-1949 en s'inclinant 29-6. Ses performances en club où il se fait remarquer par le fort nombre d'essais inscrits interpellent alors grandement les sélectionneurs de l'équipe de France dont Henri Galau qui décident en de le sélectionner en équipe de France B pour affronter l'Italie. Cela amène de nombreux clubs à se renseigner sur lui que cela soit de rugby à XV - Stade toulousain - ou de rugby à XIII - Toulouse olympique XIII. Cette rencontre France B - Italie est marquée par la révélation de J. Merquey au niveau national, il y inscrit un essai dans une rencontre pour une victoire 27-0. En fin de saison, à la suite de l'obtention de son baccalauréat, il désire poursuivre des études en pharmacie et doit pour cela rejoindre une grande faculté, plusieurs destinations s’offrent à lui- Paris, Toulouse et Aix-en-Provence. Les médias annoncent son départ et avancent de nombreuses destinations tels que le Paris U.C., le Stade français et le Stade toulousain. Le choix de J. Merquey est lié à son avenir dans les études et celui-ci privilégie des études en pharmacie, le R.C. Toulon semble répondre en ce sens et propose également en complément la tenue d'une rencontre de propagande contre le club du Stade carducien. Fin août, il est finalement annoncé que le R.C. Toulon obtienne sa signature permettant au joueur de poursuivre ses études de pharmacie sur la ville de Marseille tout en jouant sous le maillot toulonnais.

1949-1950 : Passage au R.C. Toulon et obtention de la qualité d'international français de rugby à XV

Lors de cette saison 1949-1950, le R.C. Toulon ambitionne pour jouer les premiers rôles en Championnat de France en comptant sur les grands espoirs placés en ses centres Jacques Merquey et Joseph Galy, rappelant les grands souvenirs d'avant-guerre laissés au club toulonnais par Léopold Servole et Marcel Baillette. En , J. Merquey est appelé en match de sélection de l'équipe nationale à Vienne (Isère). Incorporé dans l'équipe de France B aux côtés de son coéquipier Léon Bordenave, et avec Marcel Bodrero sur le banc. La sélection « France A » remporte la rencontre 12-5 dans une rencontre où Roger Arcalis s'y révèle et J. Merquey est auteur d'un essai. Rebelote quelques semaines plus tard au stade Mayol de Toulon, au cours d'une rencontre où J. Merquey, toujours en sélection France B, semble être la révélation centre tant attendue. J. Merquey, malgré son jeune âge, fait sensation au cours de cette rencontre, remporté par la sélection France A seulement 15-14, et emporte l'adhésion à un possible statut de titulaire dans le XV de France dans l'optique du Tournoi des Cinq Nations.

Cela est confirmé par le début de l'année 1950 où aucun centre ne parvient à infléchir la tendance, et J. Merquey est sélectionné pour la première rencontre du Tournoi face l’Écosse prévue le à Edimbourg, unique toulonnais dans le XV titulaire de l'équipe de France. Battue 8-5, J. Merquey inscrit tout de même un essai et laisse une excellente impression. De nouveau sélectionné pour la seconde rencontre du au stade olympique de Colombes face à l'Irlande, J. Merquey est l'une des armes offensives de ce XV de France, accompagné lors de cette rencontre d'un autre Toulonnais Firmin Bonnus. Résultat nul de 3-3, le France n'a pas su prendre le dessus laissant l'Irlande égaliser à la dernière minute. Les sélectionneurs hésitent à renouveler, avant de se raviser, J. Merquey pour la rencontre face à l'Angleterre du malgré ses bonnes performances. La France remporte le match 6-3 avec deux essais de Jean Pilon et Fernand Cazenave. Pour la dernière rencontre face au pays de Galles, seule nation invaincue de cette édition, l'équipe de France renouvelle sa confiance en J. Merquey. Toutefois, la sélection est amputée de Jean Prat, sorti avant la mi-temps pour blessure (les remplacements ne sont pas autorisés), et est sévèrement battue 21-0 à Cardiff dans une rencontre où J. Merquey rate l'occasion d'un essai à la minute en oubliant sur son aile Maurice Siman alors que le score est encore 0-0.

Parallèlement, la saison du R.C. Toulon ne rencontre pas le succès espéré, avec des éliminations précoces en Coupe de France 1950 face au Stade montois 10-3 et en Championnat de France 1950 face à l'U.S. Carmaux. Dans cette dernière, le club toulonnais avait dominé sa poule en ne subissant qu'une unique défaite face à l'A.S. Soustons lors de la dernière journée après avoir remporté tous ses matchs et terminé premier de sa poule devant l'A.S. Soustons, le Biarritz olympique, le C.A. Périgueux, le S.C. Graulhet et le S. Lavelanet. Le R.C. Toulon affronte le modeste U.S. Carmaux en seizième de finale, difficile quatrième de sa poule E, et subit une défaite inattendue 6-5 en étant tenu en échec sur ses avants et voyant ses arrières malmenés

1950-1964 : Vedette et centre référence du rugby à XIII français

1950-1953 : Jacques Merquey rejoint le R.C. Marseille

1950-1951 : Première saison marseillaise et première cape française De nombreuses discussions émanent dans la presse sur la possibilité du passage de Jacques Merquey au rugby à XIII. Effectuant ses études de pharmacie sur Marseille et désirant sécurisant son avenir professionnel, J. Merquey n'est pas insensible par l'intérêt porté par le R.C. Marseille soutenu par Paul Ricard, créateur du pastis Ricard, qui finance le club marseillais. Centre d'avenir du XV de France, un départ de cet élément prometteur peut être un coup dur pour les instances de rugby à XV. J. Merquey réserve sa réponse à la rentrée de septembre pour se donner un temps de réflexion entre l'offre marseillaise et la reprise de la saison au R.C. Toulon. Finalement, il annonce mi-septembre son passage au rugby à XIII et signe en faveur du R.C. Marseille, il fait partie des quelques noms à franchir le rubicon en cette période avec Jean Lassègue, Roger Ferrien, Armand Balent, Tresarieu et Albert Torrens. Ce transfert fait sensation dans le monde du rugby, le rugby à XV par l'intermédiaire du club Mazamet, soutenu par l'industrie de la laine, ayant proposé une surenchère dans cette même période pour éviter le départ de J. Merquey en rugby à XIII. Les négociations sont du ressort de la mère de J. Merquey puisque celui-ci est toujours mineur. Aux côtés de joueurs bien installés dans le R.C. Marseille, finaliste du dernier Championnat de France, tels que Jean Dop, André Rouzaud, François Rinaldi et Paul Poncet, J. Merquey fait ses débuts sous le maillot marseillais le face au R.C. Carpentras pour une victoire 12-7 où il marque un essai, et fait dire à la presse que .

Son début de saison laisse ainsi de grandes espérances et rapidement son nom est évoqué pour intégrer l'équipe de France de rugby à XIII qui débute la Coupe d'Europe des nations 1951 par un déplacement en Angleterre mi-novembre. Sa convocation pour une première cape est ralentie par une blessure à la cheville et un reprise de ses études de pharmacie à la Faculté de Marseille, lui-même stipulant de pas avoir prévu son pic de forme si tôt dans la saison. Par ailleurs, le rugby à XIII français possède une forte concurrence à ce poste avec Joseph Crespo, Jep Maso, Frédéric Trescases, Louis Llari et Odé Lespès. En début de saison 1951, la Fédération française de jeu à XIIIancienne appellation administrative française du rugby à XIII de 1947 à 1993 avant une décision de la Cour de Cassation donnant raison à la Fédération de rugby à XIII contre la Fédération française de rugby à XV. confirme l'organisation pour l'été 1951 de la première tournée de l'équipe de France en hémisphère sud (Australie et Nouvelle-Zélande) et le nom de J. Merquey est cité pour y prendre part et voit son nom confirmé dans la liste des vingt-sept joueurs sélectionnés pour la tournée en avec ses coéquipiers J. Dop, Guy Delaye, Maurice André, François Rinaldi et André Béraud.

Au club du R.C. Marseille, J. Merquey aligne de nombreuses belles performances et prend part à la bonne saison du R.C. Marseille en lice pour les deux titres nationaux - Championnat et Coupe. Malgré une élimination en quarts de finale de la Coupe de France contre l'A.S. Carcassonne, J. Merquey est la semaine suivante titularisé pour l'ultime rencontre de la Coupe d'Europe des nations face au pays de Galles disputée au stade Vélodrome de Marseille le , où il est présenté comme le et est placé au côté de l'ailier O. Lespès. Cette rencontre en cas de victoire française, sous réserve d'améliorer la différence de points marqués/encaissés, permettrait à celle-ci de remporter le titre.. De cette rencontre, disputée au stade Vélodrome de Marseille, la presse surnomme son atout offensive de composé de « Carrère-Galaup-Crespo-Merquey » et voit la France s'imposer 28-13 avec trois essais inscrits par Raoul Pérez.. J. Merquey s'adjuge ainsi son premier titre de Coupe d'Europe.