L'élection présidentielle péruvienne de 2000 se déroule le et le pour désigner le président de la République et ses vice-présidents. Des élections législatives ont lieu le jour même du premier tour.

À l’issue du deuxième tour de ces élections, Alberto Fujimori est élu président de la République pour un troisième mandat consécutif, et ce, avec environ trois quarts des voix. Cet exercice demeure néanmoins entaché d'allégations de corruption, d'inconstitutionnalité et de fraude électorale, où un peu moins du tiers des bulletins de vote du deuxième tour sont déclarés invalides. Qualifié pour le second tour, le candidat Alejandro Toledo le boycotte d'ailleurs.

Contexte

Alberto Fujimori convoque les élections générales dans le délai prévu par la Constitution. Malgré les réactions internationales défavorables, il présente sa candidature. Selon la Constitution de 1993, un président de la République ne peut accomplir que deux mandats consécutifs. Cependant, Fujimori fait valoir qu’il avait été élu la première fois alors que la constitution de 1979 était en vigueur et que dans le cadre de la nouvelle constitution, ce ne serait que son deuxième mandat.

La congressiste Lourdes Flores cherche avec d’autres parlementaires une issue légale qui pourrait empêcher la réélection de Fujimori, mais ce dernier contrôle le Congrès. Une majorité de congressistes de l’opposition entrevoient d'organiser un référendum sur la question de la légitimité de la candidature de Fujimori, mais ce projet échoue. Les trois membres du Tribunal constitutionnel qui se sont prononcés contre la candidature de Fujimori sont destitués.

L'opposition doit mener une campagne dans des conditions difficiles, la télévision étant totalement contrôlée par le gouvernement, les menaces et intimidations récurrentes contre les médias indépendants, et la presse à scandales multipliant les accusations contre les représentants de l’opposition.

Système électoral Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans non renouvelable de manière consécutive. Est élu le candidat qui recueille la majorité absolue des votes valides au premier tour. À défaut, les deux candidats arrivés en tête au premier tour s'affrontent lors d'un second, et celui recueillant le plus de voix est déclaré élu.

Chaque candidat à la présidence se présente avec deux colistiers qui deviennent premiers et second vice présidents en cas de victoire, le premier ayant pour seule réelle fonction de mener le mandat du président élu à son terme si celui-ci en est empêché, et le second à remplacer le premier en cas d'incapacité. La passation de pouvoir a lieu le , jour de l'indépendance du Pérou de l'Espagne, devenu depuis fête nationale..

La Constitution péruvienne tend vers l'organisation simultanée des élections législatives et présidentielle. De même qu'un président ne pouvant terminer son mandat est remplacé par son vice-président jusqu'au terme de son mandat, un congrès dissout de manière anticipée voit celui suivant assurer la durée restante du mandat de la législature initiale..

Candidatures

Alberto Fujimori pour Alejandro Toledo pour Pays possible Alberto Andrade Carmona pour Somos Perú Luis Castañeda Lossio pour le Solidarité nationale Federico Salas pour Avancemos Abel Salinas pour le Partido Aprista Peruano Ezequiel Ataucusi pour le FREPAP Víctor A. García Belaúnde pour Action populaire Máximo San Román pour Union pour le Pérou

Déroulement

Premier tour Les deux candidats les mieux placés sont Alberto Fujimori et Alejandro Toledo. Toledo obtient 40,3 % des voix et Alberto Fujimori 49,8 %. Aucun n’ayant obtenu 50 % plus une voix, un second tour est nécessaire.

Deuxième tour Au second tour, Toledo demande que l’élection soit reportée, invoquant le manque de crédibilité du système électoral. Devant le refus du Jury national des élections de reporter le deuxième tour, Alejandro Toledo menace de retirer sa candidature. Cela reste une simple menace car il n’officialise pas son retrait auprès des autorités compétentes.

Alberto Fujimori obtient 74,3 % des voix mais seulement 51,2 % des suffrages exprimés. Le pourcentage de bulletins de vote nuls atteint 30 %. Le Président entame donc son le .

Le , lors de l'investiture d'Alberto Fujimori pour son troisième mandat, une manifestation pacifique est réprimée, faisant six morts et des dizaines de blessés.

Résultats Présidentielle +RésultatsElections in the Americas, A data handbook, Vol.2 South America, by Dieter Nohlen, p455CandidatPartisPremier tourSecond tourVoix %Voix %Alberto FujimoriPérou 200049,8774,33Alejandro ToledoPérou possible40,2425,67Alberto AndradeNous sommes le Pérou3,00Federico SalasAvançons2,23Luis Castañeda LossioSolidarité nationale1,80Abel SalinasAlliance populaire révolutionnaire américaine1,38Ezequiel Ataucusi GamonalFront populaire agricole du Pérou0,72Víctor Andrés García BelaúndeAction populaire0,42Máximo San RománUnion pour le Pérou0,33Votes valides91,8868,88Votes blancs ou invalides8,1231,12 Total100100 Abstention 17,17 19,00Inscrits/Participation82,8381,00

Législatives

Dénouement

L’opposition à Fujimori est cependant majoritaire au Congrès, mais de nombreux congressistes des différents partis changent de camp pour aller dans celui du président. Le , , congressiste de l’opposition, montre une vidéo où l’on voyait Vladimiro Montesinos, bras droit de Fujimori, subornant un congressiste pour qu’il passe du côté du gouvernement.

Le gouvernement d’Alberto Fujimori tombe en . L’opposition récupère la majorité au Congrès, et élit Valentín Paniagua à la présidence du corps législatif.

Alberto Fujimori décide de démissionner depuis le Japon par télécopieur.

Valentín Paniagua, en tant que Président du Congrès, devint Président de la République à titre transitoire le temps de convoquer de nouvelles élections générales.

Liens externes Résultats sur le site Peru.com Site officiel de l'ONPE, organisme chargé de superviser le processus électoral

Notes et références

Perou 2000 Catégorie:Politique en avril 2000 Catégorie:Politique en mai 2000 Catégorie:2000 au Pérou