Verkh-Ouïmon (, , litt. « le Haut-Ouïmon »), aussi appelé Verkhni-Ouïmon, est un village de la république de l'Altaï en Russie. Se trouvant dans le raïon d'Oust-Koksa, sa population s'élevait à 583 habitants lors du recensement de 2021. Village le plus ancien du raïon d'Oust-Koksa, il fut fondé par des vieux-croyant au .
Situé dans la steppe d'Ouïmon, le village vit de l'agriculture et depuis plus récemment du tourisme grâce aux richesses naturelles qui se trouvent dans les alentours du village.
Étymologie Le nom du village, Verkh-Ouïmon (Верх-Уймо́н), est une forme raccourcie de Verkhni-Ouïmon (Верхний Уймон), qui signifie « dans le Haut du Ouïmon ». Selon les Altaïens, Ouïmon aurait été un mot apporté par les premiers colons russes, car leur nom à eux de la steppe était Kiouksou. Une autre hypothèse serait que la steppe porte le nom d'un chef Altaïen de l'époque où les premiers colons russes sont arrivés dans la steppe.
Géographie Verkh-Ouïmon se trouve dans la république de l'Altaï, une république russe du sud de la Sibérie. Le village fait partie du district fédéral sibérien, et se situe à au sud-est de Novossibirsk, la capitale du district. Elle se trouve aussi à à l'est de Moscou, ainsi qu'à au sud de Gorno-Altaïsk, la capitale de son sujet.
Verkh-Ouïmon est incluse dans le raïon d'Oust-Koksa, un des dix raïons de la république qui se trouve dans son sud-est, avec comme chef-lieu le village d'Oust-Koksa, dont Verkh-Ouïmon est à une dizaine de kilomètres. Le village est inclus dans la municipalité de Verkh-Ouïmon, et en est son chef-lieu. Cette municipalité regroupe 6 localités : Verkh-Ouïmon ; Moulta ; Tikhonskaïa ; Gagarka ; Zamoulta et Maralnik-1.
Concernant la géographie, le village se trouve dans la steppe d'Ouïmon, un bassin intermontagneux long de d'ouest en est, où se trouve la majorité des villages du raïon, dont son chef-lieu. Ce bassin, coincé au nord par les monts de la Terekta, et au sud les monts Katoun, fait partie de l'Altaï, vaste système montagneux d'Asie centrale.
La Katoun, une des deux rivières qui donne naissance à l'Ob, traverse la steppe, et le village se trouve sur sa rive droite. Précisément, le village se trouve à un endroit où la Katoun a plusieurs défluents et îles fluviales. Au sud du village se trouvent des contreforts des monts Katoun, plus haut massif de l'Altaï, avec le point culminant de ce dernier, le Béloukha, à d'altitude, à au sud de la localité.
Le village se trouve dans la vallée de la rivière Okol, une petite rivière naissant quelques kilomètres au sud et se jetant dans la Katoun au niveau du village après l'avoir traversé. Le village est à la fin d'une vallée en forme de demi-cercle, avec l'ouverture au nord, où se trouve le village et la steppe. Les monts entourant cette vallée vont de jusqu'à au mont Tcherny Chouch, à l'endroit où les deux crêtes de la vallée se rejoignent. Par comparaison, l'altitude du village varie de .
La superficie du village est de , avec une part résidentielle de , une part publique et commerciale de , une part agricole de , une part d'entreposage (industriel ou municipal) de , et une part liée aux transports de . vignette|Monts Katoun sous les nuages depuis le village avec une forêt au premier plan.
Géologie Concernant la géologie, le village se trouve dans une plaine inondable, qui est composée d'alluvions. Presque 96% du sol est composé de galets et autres cailloux. Les terres autour du village sont cultivables, grâce justement à ces alluvions.
Les roches du village datent d'il y a au moins 50 millions d'années, datant du Protérozoïque tardif, tout comme les roches de la région. Ces roches sont pour la plupart métamorphiques. Pour la sismicité, le village se trouve dans une zone à risque, avec des séismes pouvant atteindre la catégorie VIII sur l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik. Le pergélisol est profond en moyenne de .
Climat
Le climat de Verkh-Ouïmon est continental humide, de type Dfb selon la classification de Köppen. Les précipitations sont supérieures à , et la température moyenne est de seulement . Janvier et février sont les mois les plus secs, juin et juillet les plus pluvieux. En janvier, les températures sont les plus froides et en juillet les plus chaudes. L'ensoleillement à Verkh-Ouïmon est de , soit une moyenne de . En juin, il y a d'ensoleillement () contre en janvier ( ).
L'étendue des températures moyennes est de , celui des précipitations de . Concernant la steppe, où se trouve le village, il faut noter son climat rigoureux, avec un minimum absolu de , mais un maximal absolu enregistré de . Dans la zone, la période sans gel est en moyenne de 95 jours, et il y a du vent en moyenne 200 jours par an. Typiquement, la neige commence à tomber aux alentours du 14 octobre, et fond vers le 22 mars. La hauteur de la couverture atteint en moyenne .
Faune et flore vignette|Une forêt avec un défluent de la Katoun et des chevaux. Le village est entouré de prairies subalpines et de forêts de haute montagne, rendant le paysage très verdoyant. En termes de flore, la région, environ 700 espèces de plantes poussant dans la zone, dont plus de 20 qui sont répertoriées dans le livre rouge de la Russie ou de la république. Les arbres les plus répandus sont les mélèzes de Sibérie et les bouleaux, avec aussi des épicéas et cèdres de Sibérie. Dans l'ensemble, les forêts sont mixtes, avec à la fois des feuillus et conifères.
La faune de la région est aussi très riche, principalement parmi les oiseaux et rongeurs. Pour les oiseaux, on retrouve des fauvettes grisettes et couturière, fauvettes des jardins, paruline à calotte verte, pipit forestier, moucherolle gris, pinson des arbres, etc. Dans les bosquets et champs se retrouve particulièrement fauvettes à tête noire, alouette des champs, chardonneret; , caille, etc. Sur les cultures peuvent se voir des corneilles noires, des corbeaux, pies et autres. Outre les oiseaux, on retrouve chez les rongeurs des souris des bois et de terre, campagnols, des écureuils, des rats d'eau, des pikas de l'Altaï, des tamias de Sibérie, etc.
À cause des animaux, des maladies dangereuses peuvent toucher des personnes, avec des risques d'anthrax, de rage, et surtout de l'encéphalite à tiques.
Histoire
Histoire ancienne À la périphérie ouest du village se trouve un site archéologique composé de 50 petits kourganes en pierre. Ils appartiennent à la culture hunno-sarmate, soit la période Xiongnu dans l'histoire du Haut-Altaï. Ils datent à peu près du , prouvant un établissement de population dans la zone où se trouve aujourd'hui le village.
Empire russe vignette|Vue des monts de la Terekta au loin depuis la steppe au niveau d'un défluent de la Katoun.
Fondation
L'histoire du village est intiment lié aux vieux-croyants, groupe séparée de l'église orthodoxe russe par leur refus des réformes introduites par le patriarche Nikon en 1666-1667. Leur existence au était semi-légale dans l'Empire russe, voire des fugitifs, qui étaient réprimés pour leur foi. Dans les années 1760, un groupe de vieux-croyants, les , qui vivaient originellement le long de la Kerjenets dans le gouvernement de Nijni Novgorod, sont venus s'établir dans la vallée de la Boukhtarma et ses affluents (Bobrovka, Iazovaïa, Tikhaïa, etc). Cette région se situe aujourd'hui de l'autre côté au Kazakhstan de la frontière mais tout proche de la steppe d'Ouïmon. Ils ne devaient cependant pas dépasser la frontière, l'Altaï russe étant devenir russe depuis 1756. vignette|Aire de répartition des Kamenchtchik dans les années 1790, avec le village au centre-haut (Уймон). À cette époque, l'endroit faisait partie du Khanat kazakh, permettant à ce groupe de pouvant vivre sans réel répression à cause de leur religion, grâce à l'isolement des terres. Les Kamenchtchiks devaient cependant faire attention et se protéger des multiples incursions des Qing, des nomades, mais aussi de troupes militaires de l'Empire russe. C'est pour cela que les premiers villages furent construits si loin des villes, dans une partie de l'Altaï aujourd'hui appelé l'Altaï de minerai.
Pendant les années 1780, la politique de répression s'intensifia, désormais considérés comme des criminels, même si le pouvoir les voyait aussi comme des colons pouvant peupler des régions. En 1790, certains Kamenchtchiks qui avait franchi la frontière entre Khanat et l'Altaï russe et qui s'étaient installé dans la steppe d'Ouïmon malgré la peur de répression demandèrent à être légaliser. Ils s'engagèrent à payer tout impôt ou à se rendre utile. De plus, ils s'engagèrent à créer une ligne militaire composé jusqu'à 300 personnes armées à la disposition du commandement militaire russe sur la frontière le Khanat et l'Empire.
Le 15 septembre 1791 (a.s.), un décret de Catherine II pardonna une partie de la population Kamenchtchiks, c'est-à-dire tous ceux ayant fait la promesse de servir la Russie et s'étant donc déjà établi dans la zone. Leur situation fut régularisée, et la steppe d'Ouïmon commença à voir des villages de ces populations apparaître. Ainsi, le village d'Oust-Koksa apparu en 1807, mais avant cela apparu celui de Verkh-Ouïmon. La date du village n'est pas certaine, mais le village étant mentionné par la Chambre d'État de Tomsk en décembre 1836 sur un fait s'étant produit dans le village en 1792, attestant le village au moins à cette date.
Cependant, selon une historienne de l'Université du Haut-Altaï, un document montre que la population du village a été soumis au Iassak 60 ans après sa fondation. Étant certain que le Iassak a été établi dès la légalisation de la population en 1791, cela ferait de la date de fondation du village 1731. Le lieu du village s'explique par l'arrivée de ces colons. En traversant les monts Katoun, ils auraient trouvé le cours de la rivière Okol, l'auraient descendu pour arriver le long de la Katoun, où se trouvait une grande plaine fertile, fondant ainsi le village.
Développement Il est certain que quand les colons sont arrivés, le village était recouvert de taïga. Ils durent ainsi défricher afin de laisser place aux terres cultivées et aux habitations. La steppe d'Ouïmon était un bon endroit pour ces colons, ils étaient loin de tout, entourés de montagne, rendant difficile l'accès, mais ayant une assez grande plaine pour cultiver pour leurs besoins. Mais ces premières années, et ce jusqu'en 1824, les vieux-croyant vivaient sous la subordination des peuples Altaïens et de leurs conseils tribaux. En échange d'un impôt, ils pouvaient bénéficier de la terre. Mais en 1824, une administration fut créée à Verkh-Ouïmon, mais aussi à Katanda et à Oust-Koksa, s'affranchissant du pouvoir des Altaïens. En 1859, la population était de 286 habitants dans le village, mais peu à peu, les habitants allèrent créer de nouveaux villages dans la steppe. Le village vivait alors de l'agriculture, mais aussi de l'élevage, principalement de maral.