La Communauté germanophone de Belgique (en allemand et en néerlandais ), ou Belgique de l'Est ( et )Depuis mars 2017., est l'une des trois communautés de Belgique, où la langue officielle est l'allemand. Elle se situe dans l'est de la province de Liège, en Région wallonne, plus particulièrement le long de la frontière allemande.

Son origine est liée à l'octroi des cantons de l'Est à la Belgique en guise de compensation après la défaite de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, rattachant au pays des populations germanophones en plus des populations néerlandophones et francophones déjà présentes dans le royaume. Elle a été officiellement créée le lors de la première réforme de l’État belge, révisant la Constitution et plus particulièrement son , en réponse à la question communautaire en Belgique.

Avec une superficie de et une population de https://www.ibz.rrn.fgov.be/fileadmin/user_upload/fr/pop/statistiques/stat-1-1_f.pdf au , elle est la plus petite des trois communautés du pays, les deux autres étant la Communauté flamande et la Communauté française. Elle représente un peu moins de 1 % de la population et 2,78 % du territoire belge.

À l'instar de ses deux consœurs, la Communauté germanophone de Belgique dispose de ses propres institutions : parlement et gouvernement. Sa capitale est Eupen.

Elle n'est toutefois ni la première, ni la seule zone de Belgique où l'allemand est parlé : le Pays d'Arlon et certaines communes limitrophes du Grand-duché de Luxembourg étant longuement restées bilingues, avant que cette langue n'ait cessée d'être enseignée au début du .

Nom Comme disposé par la Constitution, le nom de l'institution est Communauté germanophone de Belgique, mais depuis le l'appellation Ostbelgien a été annoncée par son ministre-président Oliver PaaschPierre Schoffers, , La Libre Belgique, .

Territoire

thumb|left|Les 9 communes germanophones La Communauté germanophone se situe dans l'est de la Belgique, en Région wallonne et plus précisément en province de Liège, dans l'Arrondissement administratif de Verviers, sur les cantons d’Eupen et de Saint-Vith.

Le territoire de la Communauté germanophone est délimité au nord par les « trois bornes » de la Belgique, de l'Allemagne et des Pays-Bas, à l'est par l'Allemagne, au sud par les trois bornes de la Belgique, de l'Allemagne et du Grand-Duché de Luxembourg et à l'ouest par la région belge de langue française. La Communauté germanophone exerce ainsi ses compétences sur neuf des onze communes appartenant aux cantons de l'Est (cf. en bas). Ces communes sont :

CommunePopulation(01/01/2024).SuperficieDensité depopulationEupen (centre administratif)La Calamine (Kelmis)LontzenRaerenAmblève (Amel)Bullange (Büllingen)Burg-ReulandButgenbach (Bütgenbach)Saint-Vith (Sankt Vith)Communauté germanophoneMalmedyWaimes (Weismes)Cantons de l'Est

Source : Statbel

Le territoire de la Communauté germanophone n’est ainsi pas identique à celui des cantons de l’Est qui reprend, outre les neuf communes précitées, les communes de Malmedy et de Waimes qui se trouvent quant à elles sur le territoire de la Communauté française de Belgique. Ainsi, les cantons de l’Est reprennent le territoire qui fut concédé à la Belgique en 1919 à l’occasion du Traité de Versailles et qui appartenait auparavant (et ce depuis 1814) à la Prusse.

Elle fait également partie de l’Eurorégion Meuse-Rhin et de la Grande Région.

Langues thumb|Signalisation bilingue en allemand et en français à Eupen.L'allemand standard a été introduit sur le territoire de l'actuelle Communauté germanophone de Belgique au , d'abord par le clergé. Cependant, les langues et dialectes traditionnels sont, dans le canton d'Eupen, le francique rhéno-mosellan (ou thiois) ainsi que le francique ripuaire et, dans le canton de Saint-Vith, le francique ripuaire et le francique mosellan (ou luxembourgeois). Ces trois idiomes, tout comme l'allemand standard, font partie du groupe haut-allemand. Les parlers franciques sont cependant en régression. La transmission intergénérationnelle étant en diminution constante, ils sont considérés en danger d'extinction. Bien que l'allemand soit l'unique langue officielle, une situation de multilinguisme semblable à celle du Grand-Duché de Luxembourg prévaut dans la Communauté. En effet, la grande majorité des habitants sont bilingues allemand-français, une portion de la population continue aussi de parler une forme de francique et, dans le canton d'Eupen, la connaissance du néerlandais est fréquente.

Les communes de la région de langue allemande sont obligées par les lois sur l'emploi des langues en matière administrative de proposer des facilités linguistiques pour la minorité de francophones vivant en Communauté germanophone. Ainsi, toutes les publications des communes à destination du public en général se font dans les deux langues. Certains panneaux de signalisation sont également bilingues.

Politique : une entité fédérée de l'État belge Compétences Comme les autres communautés de Belgique, elle est compétente dans les domaines de la culture et de l’enseignement, dans l'emploi des langues et dans les matières personnalisables (surtout les soins de santé, l'aide à la jeunesse et le secteur social). S'y ajoute la recherche dans ces domaines. En 2014, s'ajoute le tourisme, qui devient une compétence communautaire (et non plus régionale).

La Constitution belge (Art. 139) autorise la communauté germanophone à obtenir l'exercice de compétences régionales de la part de la Région wallonne pour les régler elle-même. Cet article a été mis en œuvre à plusieurs reprises : en 1994 : les monuments et sites (patrimoine) ; en 1999 : l’emploi (élargi en 2015) et les fouilles archéologiques ; en 2004, 2009 et 2014 : la tutelle sur les communes, les zones de police de la Communauté germanophone, les associations intercommunales, le financement des communes (le fonds des communes et les travaux financés), les fabriques d’église, les funérailles et sépultures ; en 2019 : l'aménagement du territoire, le logement et une partie de la politique de l'énergie.

En revanche, contrairement à la Communauté française et à la Communauté flamande, la Communauté germanophone n’est pas compétente pour l’emploi des langues en matière administrative (qui reste dans le giron fédéral).

Elle dispose, depuis la sixième réforme de l'État, de l’autonomie constitutive qui permet aux entités fédérées de régler par elles-mêmes certains aspects de leur organisation. En ce qui concerne les autres responsabilités, soit l’État fédéral, soit la Région wallonne restent compétents dans leurs propres domaines sur le territoire de langue allemande.

Parlement de la Communauté germanophone thumb|right|Le siège du Parlement de la Communauté germanophone à Eupen.

Le Parlement de la Communauté germanophone se compose d'une part de 25 députés élus directement tous les 5 ans par la population de la région de langue allemande au suffrage universel. La représentation se fait de manière proportionnelle.

D'autre part, le Parlement compte aussi des membres à voix consultative, membres germanophones du : Parlement européen ; Parlement fédéral ; Parlement de Wallonie ; conseil provincial de la Province de Liège.

Les missions du Parlement de la Communauté germanophone consistent notamment à voter des actes à valeur législative (appelés « décrets ») et le budget de la Communauté, à contrôler l'action gouvernementale et a élire le représentant de la Communauté germanophone au Sénat belge.

Gouvernement de la Communauté germanophone thumb|upright=1.2|Le siège du gouvernement de la Communauté germanophone à Eupen.

Le gouvernement de la Communauté germanophone est composé à l'origine de trois ministres et, depuis la législature 2004-2009, de quatre ministres, dont un ministre-président.

Le gouvernement exécute avec l'aide de son administration les décrets qui sont votés par le Parlement, au travers « d'arrêtés du gouvernement ». Celui-ci a également un droit d'initiative au Parlement de la Communauté germanophone, qui lui permet de soumettre des « projets de décret ». Enfin, le gouvernement est politiquement responsable devant le Parlement.

Le gouvernement de la Communauté germanophone est également représenté par un ministre au « comité de concertation » à l'échelon fédéral.

Avenir dans le fédéralisme belge

Suppression des provinces L'idée de plus en plus présente dans le monde politique belge d'une éventuelle suppression des provinces de Belgique a suscité la réaction de la communauté germanophone de Belgique, qui a déclaré le que, si tel devait être le cas, elle quitterait la province de Liège et deviendrait une entité fédérée autonome.

Représentation garantie au Parlement fédéral La communauté germanophone réclame depuis 1977 une "représentation garantie" au sein du Parlement fédéral. Celle-ci l'a partiellement obtenu en 1993 avec la présence garantie d'un seul et unique sénateur. Cette représentation est menacée depuis que le gouvernement De Wever a annoncé, en 2025, son intention de supprimer le Sénat d'ici 2029. La sénatrice Liesa Scholzen (MR) ainsi que le député fédéral Luc Frank (Les Engagés), tout deux issu de la Communauté germanophone, on exprimé leurs inquiétudes face au manque de proposition venant du gouvernement quant au maintien d'une représentation garantieDocument parlementaire, Chambre des représentants, DOC 56 1480/004, 26 juin 2026..

Enseignement

La communauté germanophone de Belgique dispose d'un enseignement en allemand pour lequel elle est compétente depuis la troisième réforme de l'État belge de 1989. L'enseignement secondaire comporte, entre autres, deux athénées royaux, nommés Königliches Athenäum : l'un à Eupen et l'autre à Saint-Vith. Aucune université de langue allemande n'existe toutefois en Belgique. À noter que, jusqu'au début du , l'allemand était la langue de l'enseignement dans l'autre partie germanophone de Belgique, le Pays d'Arlon.

Sécurité et secours thumb|La caserne des pompiers de La Calamine, l'une des 7 casernes de la zone de secours Liège 6, couvrant le territoire germanophone. En ce qui concerne les services de police, le territoire de la communauté germanophone est scindé en deux zones interpolice : au sud : la zone de police Eifel pour les communes d'Amblève, Bullange, Burg-Reuland, Butgenbach et Saint-Vith ; au nord : la zone de police Weser-Göhl pour les communes d'Eupen, La Calamine, Lontzen et Raeren.

Pour les services de pompiers, le territoire est couvert par une zone unique, la zone de secours Liège 6, regroupant les sept anciens services régionaux d'incendie de la communauté.

Culture IKOB – Musée d'Art Contemporain de la communauté germanophone à Eupen Le théâtre AGORA.

Personnalités Serge Brammertz, procureur au TPI pour l'ex-Yougoslavie à partir du Aloys Jousten, évêque émérite de Liège Thierry Neuville (1988-), pilote de rallye Christian Brüls (1988-), joueur de football professionnel Mathias Cormann (1970-), ancien ministre australien, actuel Secrétaire général de l'OCDE Laurenz Rex (1999-), coureur cycliste David Engels (1979-), historien

Média Presse écrite Grenz-Echo, quotidien Wochenspiegel (canton d'Eupen), hebdomadaire gratuit Kurier-Journal (cantons de Saint-Vith et Malmedy), hebdomadaire gratuit

Radio Belgischer Rundfunk, service public éditant deux radios : BRF1 BRF2 Radio Contact (« Ostbelgien Now ») Radio Sunshine Radio 700

Télévision Belgischer Rundfunk, service public éditant une chaîne télévisée : BRF-TV Bürgerfernsehen

Bibliographie

ISTASSE Cédric, Les spécificités institutionnelles de la Communauté germanophone au fil des réformes de l’État (I), Courrier hebdomadaire du CRISP, 2024, n° 1-2 (n° 2586-2587), p. 5-104. DOI : 10.3917/cris.2586.0001. URL : https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2024-1-page-5.htm.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Répartition des compétences dans la Belgique fédérale