thumb|Pellicule de film en nitrate La conservation et restauration des films présente un certain nombre de difficultés, différentes suivant les types de supports utilisés.
Restaurer un film consiste à freiner le processus d'altération de son support et améliorer sa lisibilité., généralement en tentant de se rapprocher de sa forme d’origineMcGreevey, Tom. Our Movie Heritage. Rutgers University Press, 1997.. Un énorme pourcentage de films muets et sonores d'avant 1950, sur support pellicule, n'ont pas pu être bien conservés et sont irrémédiablement ou présumés perdus Films muet que l'on croit disparu à jamais.
Conserver
La conservation d'un film comporte plusieurs volets :
construction, aménagement, climatisation et entretien des dépôts ; magasinage et pré-inventaire sur la nature et l'état physique des films originaux ; tirage des copies : contretypes de préservation et de positifs de projection.
Problèmes liés à la conservation Il y a plusieurs méthodes de restauration et de conservation, suivant le support du film à préserver :
film noir et blanc, muet ; film coloré manuellement ou au pochoir, muet ; film parlant ; film en couleur ; film dont la bande sonore est multicanal ; film sur bande numérique ; film sur disque dur.
Films photochimiques thumb|Bobines de films au nitrate mises au rebut.
Le film-nitrate La majorité des films, réalisés jusqu'en 1951 (date à laquelle le film en acétate de cellulose deviendra obligatoire), a été fabriquée sur une pellicule à base de nitrate, extrêmement inflammable (même plongée dans l'eau). À cause du risque qu'ils présentent, ces films sont de nos jours entreposés séparément.
Le syndrome du vinaigre À partir des années 1950, la pellicule nitrate est abandonnée au profit de la pellicule acétate (support dénommé "Security film" ou "Film-sécurité"), nettement moins inflammable. Quelques décennies plus tard, les conservateurs constatent avec horreur que l'acétate se décompose, en dégageant une odeur de vinaigre. La seule solution pour sauver un film est alors d'en tirer une copie.
La couleur Dans les années 1980, un groupe de travail international a donné quelques recommandations:
restaurer l'image et le son ; conserver l'image couleur en tirant 3 internégatifs RGB à conserver à une température d'environ 1 à , dans un environnement exempt d'humidité ; conserver la bande sonore restaurée sur un support magnétique multipistes.
Cassettes numériques Avec le développement du numérique, les chaines de télévision ont demandé que les films qui y sont diffusés soient conservés sur des cassettes au format numérique : Bêta SP, HDCam, etc.
Toutefois, ces supports ne permettent pas une conservation pérenne (délai de conservation inférieur à une vingtaine d'années, dégradation de la qualité des copies d'une génération à l'autre, obsolescence du matériel de lecture/écriture).
Disques durs Dans les années 2020, les films sont majoritairement tournés en numérique. Le fichier de diffusion n'est alors plus directement lié au support.
Il reste important de conserver le codec qui a servi à l'encodage du fichier source en plus des fichiers sources.
Les films, sous la forme de fichiers informatiques, sont généralement sauvegardées sur des serveurs RAID (informatique) composés de plusieurs disques durs physiques qui permettent de garantir la sauvegarde des fichiers y-compris en cas de défaut d'un disque dur.
Restaurer
Restauration de la pellicule Dans le cas où existent plusieurs copies d'un même film, un travail de comparaison et de réfection (décollage, nettoyage, suppression des rayures, réparation des perforations) doit être entrepris pour reconstituer une copie d'archive aussi fidèle que possible à l'œuvre originale.
Certains films - principalement parmi les muets - existent sous une forme lacunaire ou problématique (sans titre original, sans générique, dans un état précaire). Dans ce cas, il faut identifier le film, restituer son origine, son métrage original, ses intertitres La reconstitution d'un film peut nécessiter de rassembler des matériels éparpillés à travers le monde et d'effectuer des recherches dans des fonds de documentation filmographique.
Le format L’image muette, qui remplissait la totalité de la surface du film, a été amputée, fin des années 1920, pour laisser la place à la bande son photographique. Pendant quelques années, c'est sous cette forme carrée que les films furent projetés, mais pour redonner un aspect rectangulaire, on a aussi rétréci la hauteur de l’image et augmenté l’inter-image. Les formats panoramiques, dans les années 1950, ont également diminué la hauteur de l’image.
La fréquence de l'image La lecture du son optique rendait indispensable la stabilité rigoureuse de la vitesse de défilement du film, et donc la normalisation de sa cadence de projection. La cadence n'a, historiquement, jamais été fixe : au tournage, avant l’arrivée du moteur, les scènes pouvaient être tournées à des vitesses sensiblement différentes pour des raisons de mise en scène – pour les scènes d’action, par exemple –, dues à la fatigue du cadreur ou les contingences techniques.
Les films muets ont pu être tournés à une cadence de 16 à par seconde (IPS). Il existe des cue sheet (feuilles d’indication), souvent très claires, suggérant des thèmes musicaux, mais aussi la vitesse correcte de défilement d’un film.
En général, les films doivent défiler à une vitesse qui réduit l’effet de clignotement et qui favorise la fluidité des mouvements. Les films nitrates, hautement inflammables, devaient être projetés moins rapidement, pour éviter l’embrasement. Le projectionniste lui-même modifiait la vitesse de défilement, parce qu’il trouvait cela mieux, ou pour rattraper du temps sur le programme. Les films muets étaient couramment projetés à une vitesse bien plus rapide que celle utilisée lors du tournage.
La bande sonore Principalement, la restauration de la bande sonore s'affine avec l'apparition des outils de traitement numériques dans les années 1990.
Restauration d'un fichier numérique Les fichiers numériques peuvent également connaitre des problèmes d'altération. Généralement, les fichiers sont reconstitués à l'aide des mécanismes de correction d'erreur algorithmiques.
Restauration et intelligence artificielle En 2025, de nombreuses solutions de restauration indiquent utiliser l'intelligence artificielle pour restaurer des films sur pellicule numérisés (colorisation, amélioration de la netteté, agrandissement). Ces services sont basés sur des modèles statistiques qui ne permettent pas de s'assurer de la fiabilité ou de la qualité de la restauration sans intervention humaine. La plupart de ces modèles génère des hallucinations, ce qui peut produire des modifications importantes sur un document d'archive. D'autres modèles se veulent être une boite à outil à disposition du restaurateur. L'INA a également développé un outil d'IA pour lui permettre de valoriser son catalogue composé de d'archives.
Diffuser
Certains puristes considèrent que la solution idéale consiste à projeter le film restauré à l’identique avec un matériel, devenu rarissime, adapté au film muet, en respectant le cadre (utilisation de fenêtre adaptée), la fréquence (utilisation de matériel permettant la vitesse variable) et en disposant d'un orchestre en direct au moment de la projection ou de la diffusion d’une musique enregistrée, sur le film ou par synchronisation. Cette position est à relativiser compte tenu de l'absence d'étalonnage et de mesure étalon entre les différents lieux de projection au début du cinéma (pour l'image comme pour le son). Toutefois, de telles expériences peuvent être mises en place dans des lieux spécifiques (cinémathèques).
Généralement, les films restaurés sont diffusés sur de nouveaux médias, dans des formats adaptés : l'image peut être recadrée, coupée (crop), déformée selon la volonté du diffuseur. La fréquence d'image est généralement modifiée pour correspondre aux standards cinématographiques (24 ips) ou télévisuel (25 ips en France) ce qui peut avoir un impact sur la durée du film. Toutefois, en 2025, les projecteurs numériques installés dans les salles de cinéma permettent théoriquement de diffuser un film à une fréquence hétérodoxe (comme 16 ips par exemple). Les modifications peuvent encore plus conséquent pour une diffusion sur un réseau social ou sur téléphone.
La modification du format de diffusion peut interroger sur le respect de l’œuvre telle que conçue par un réalisateur. Dans certains cas, ces modifications font l'objet de négociations contractuelles (suppression ou accélération d'un générique pour une diffusion à la télévision ou sur un service de média audiovisuel à la demande par exemple).
Notes et références
Annexes Bibliographie
Eric Le Roy : Cinémathèques et archives du film. Armand Colin, Paris, 2013 Paul Read et Mark-Paul Meyer (éd.): Restoration of motion picture film. Oxford, 2000 La Restauration numérique des films cinématographiques. Commission supérieure technique de l'image et du son, Paris, 1997.
Articles connexes
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Liens externes
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Catégorie:Technique cinématographique