Le étranger d’infanterie (le ) est un régiment de la Légion étrangère dans l'Armée de terre française. Il a été créé en 1920 et est héritier du régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE).

Unité d'infanterie des Forces armées en Guyane (FAG), il est stationné au quartier « Commandant Forget », à Kourou en Guyane, après avoir quitté Diégo-Suarez à Madagascar en 1973.

Composé à la fois de légionnaires et d'unités du régime général, il est spécialisé dans le combat en forêt équatoriale. Sa principale mission est d'assurer la surveillance du CSG (Centre spatial guyanais) lors des lancements de fusées. Il est alors déployé tout autour du centre en protection du site. Le régiment joue aussi un rôle primordial dans le maintien de la souveraineté française au cours de missions de présence sur la frontière brésilienne ainsi que lors d'opérations visant à démanteler les sites d'orpaillage clandestins.

Le est le régiment le plus décoré de la Légion étrangère.

Création et dénominations Le est créé le « régiment de marche de la Légion étrangère » à partir des rescapés des , et de marche du et ceux du de marche du . Le , le RMLE devient par changement d'appellation «  étranger » (le ). Le , il devient le «  étranger d'infanterie » (le ). Le , une demi-brigade de Légion étrangère et d'infanterie coloniale est créée à partir d'effectifs du . Elle devient le de la même année le «  étranger d'infanterie de marche » (le ). Le , le redevient le « RMLE ». La guerre terminée, le , le régiment reprend de nouveau son appellation de «  ».

Liste des chefs de corps

Historique des garnisons, campagnes et batailles

Première Guerre mondiale 1916 Le RMLE participe à la prise de Belloy-en-Santerre le .

1917 thumb|left|Drapeau du RMLE en 1917 tenu par le lieutenant colonel Rollet. A gauche l'adjudant-chef Max Mader (1880-1947), « héros légendaire » du RMLE. - Aubérive Chef de corps Lt. colonel Duriez (tué le ) : Commandant Husson de Sampigny : Commandant Waddell : Commandant Deville puis capitaine Lannurien La bataille des monts de Champagne qui se déroule du 17 au se traduit par la mise hors de combat de la moitié des 1500 légionnaires du RMLE et par la perte du chef de corps qui sera remplacé par le commandant Deville.

- Verdun Chef de corps lt. colonel Rollet : Commandant Husson de Sampigny : Commandant Waddell : Commandant Deville Le le régiment est chargé de contre-attaquer afin de soulager la ville. En face de lui quatre régiments ennemis sont retranchés. Le 21 tous les objectifs sont atteints, le RMLE a perforé le front sur de profondeur. C'est lors de ce fait d'armes qu'il gagne sa à l'ordre de l'armée et obtient peu après la Légion d'honneur pour son drapeau.

1918 Le RMLE est engagé lors de la percée de la ligne Hindenburg le . Il est alors commandé par le lieutenant-colonel Rollet. C'est lors de cette attaque que le régiment gagne sa à l'ordre de l'armée et reçoit la fourragère double aux couleurs de la Légion d'honneur et de la croix de guerre 1914-1918.

Par ailleurs, il est le premier régiment de l'armée française à recevoir la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Entre-deux-guerres vignette|redresse=0.5|Tambour - Maroc (1931-1939). En 1920, le RMLE rejoint le Maroc et change de nom. Les combats du Rif et la pacification du Maroc sont alors son lot quotidien.

Seconde Guerre mondiale Au début de l'année 1943, le régiment est intégré au sein du front du Sud-Est algérien, commandé par le général de division Robert Boissau ( - ) il est ensuite un des éléments de l'infanterie de la division de marche du Maroc pendant la campagne de Tunisie ( - ). Il participe, au sein de la , elle-même incorporée dans la du général de Lattre de Tassigny, à la Libération de la France. Il franchit le Rhin et se trouve dans l'Arlberg (Autriche) quand vient la capitulation.

Guerre d'Indochine gauche|vignette|redresse=0.5|Porte-fanion (1952-1954). Dès , le rejoint la péninsule indochinoise et s'installe fin 1947 - après l'opération Léa - sur plusieurs postes autour de la (route coloniale ) et de la (route coloniale ).

Le est créée la compagnie parachutiste au sein du régiment. Cette unité fut la première unité de légionnaires parachutistes. L'année suivante, le , la compagnie parachutiste est dissoute et ses effectifs sont affectés au nouvellement créé.

Le à la bataille de Phu Tong Hoa, la compagnie du capitaine Cardinal subit pendant neuf heures les assauts du Việt Minh sans céder.

En , ce sont les tragiques batailles de Cao Bằng et de la Route , au cours duquel le chef de bataillon Forget tombe mortellement blessé et la quasi-totalité du disparaît dans la tourmente.

Le régiment se bat encore à Dong Khe, Bac Khan et à Diên Biên Phu. Il compte jusqu'à cinq bataillons perdus en termes d'effectif. Son drapeau gagne quatre nouvelles citations à l'ordre de l'armée et une nouvelle fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Guerre d'Algérie

Le régiment débarque à Bône en . Il est chargé du difficile secteur des Aurès Nementchas. Au début de , réduit à trois bataillons depuis le départ du pour Madagascar, il intervient efficacement dans le Nord constantinois, le long du barrage tunisien ou au cours des grandes opérations. Il fait alors partie de la , jusqu'en . À la fin de la campagne d'Algérie, il donne naissance au de marche de Légion étrangère.

Madagascar et Guyane

Au mois d', le régiment prend officiellement garnison à Diégo Suarez.

Le , il s'installe à Kourou, et quitte Madagascar, alors que s'éveillent dans l'île de forts courants anti-français, animés entre autres par le futur président malgache, l'amiral Didier Ratsiraka, diplômé de l'École navale de Brest.

Dès son arrivée en Guyane, le perce la route de l'Est à travers la forêt, destinée à relier Cayenne à la frontière brésilienne. Il s'investit également dans l'aménagement du site spatial de Kourou. Il reçoit pour ces travaux la médaille de vermeil du Centre national d'études spatiales. Une fois le site opérationnel, le fera partie intégrante du dispositif de sûreté armée lors des tirs de fusée (opération Titan).

En , la compagnie d'équipement est dissoute. La compagnie d'éclairage et d'appui lui succède et le Centre d'entraînement en forêt équatoriale occupe le camp Szuts sur les rives de l'Approuague. En 1998, le perd sa qui est remplacée par la compagnie tournante, elle-même remplacée en par deux unités « PROTERRE ». En 1999 enfin, la compagnie d'éclairage et d'appuis (CEA) est dissoute.

Du au , la est engagée dans le cadre de l'opération Carbet, au sein du bataillon français de la force multinationale intérimaire en Haïti.

À compter de , le régiment est engagé, en Guyane, dans l'opération Harpie.

En , la est recréée à base de légionnaires permanents (en séjour de deux ans).

Au printemps 2020, le régiment est aussi engagé, sur le territoire national, au sein de l'Opération Résilience.

Traditions

Devise Legio Patria NostraLa Légion est notre patrie étranger d'infanterie : du étranger d'infanterie : France d'abord du étranger d'infanterie : Legio patria nostra (La Légion est notre patrie) du étranger d'infanterie : Legio patria nostra (La Légion est notre patrie) du étranger d'infanterie : Avec le sourire du étranger d'infanterie : Isidore , du étranger d'infanterie : Quo non ascendam (où ne monterai-je pas) C.C.S du étranger d'infanterie : 1° Noël ; 2° Selva

Insigne

Drapeau Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantesDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Camerone 1863 Artois 1915 Champagne 1915 La Somme 1916 Les Monts-Verdun 1917 Picardie-Soissonnais 1918 Vauxaillon 1918 Maroc 1921-1934 Djebel Mansour 1943 Alsace 1944-1945 Stuttgart 1945 Indochine 1946-1954 AFN 1952-1962Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie

Chant

Décorations Héritier du R.M.L.E. (Régiment de marche de la Légion étrangère) son drapeau porte : la Légion d'honneur ; la médaille militaire ; la croix de guerre 1914-1918 avec ; la croix de guerre 1939-1945 avec ; la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec ; le mérite militaire chérifien (Maroc) ; la croix de guerre de l'ordre portugais de la Tour et de l'Épée (chevalier et grand-croix - Portugal) 20px ; la médaille des Volontaires catalans (Espagne) ; la flamme bleue de la Presidential Unit Citation, avec inscription « Rhine - Bavarian Alps » décernée le (États-Unis) 20px ; la médaille de vermeil du Centre national d'études spatiales de Kourou décernée pour la première fois à une formation militaire.

vignette|upright=0.5|Fourragères du . Les militaires du régiment ont l’autorisation de porter : la fourragère double aux couleurs de la Légion d'honneur et de la croix de guerre (récompensant ses neuf citations à l'ordre de l'Armée pendant la Première Guerre mondiale), avec une olive aux couleurs de la croix de guerre 1939-1945 (récompensant ses trois citations pendant la Seconde Guerre mondiale) ; la fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec olive aux couleurs de la croix de guerre des TOE (récompensant ses quatre citations lors des conflits extérieurs) ; le Blue badge ou Distinguished Unit Citation (Presidential Unit Citation à partir du ) américain avec inscription « Rhine - Bavarian Alps ».

Fête du régiment

La fête du régiment est célébrée le , jour commémoratif de la percée de la ligne Hindenburg en 1918.

Faits d'armes

La bataille de Phu Tong Hoa où se battent à 1 contre 50 pendant près de deux jours. Cette bataille est notamment mise en lumière dans le livre "Par le sang versé" de Paul Bonnecarrère.

Le courage de ces hommes est illustré par la phrase du légionnaire Polain : « Tout va merveilleusement bien. […] Les Viets ne sont pas plus de quatre ou cinq mille. Trois ou quatre bataillons. Le capitaine est mourant et il pleut ! À part ça, le moral est bon. »

Personnalités ayant servi au sein du régiment Paul Rollet, général, « le père de la Légion », lieutenant-colonel durant la Grande Guerre, il commande le RMLE en 1917-1918Louis Garros, « Deux de la Légion, Mader et Rollet » in Historama, , juillet 1963, pp. 37-46.. Max Mader (1880-1947), adjudant-chef puis lieutenant, « héros légendaire » du RMLE en 1915-1918Max Mader est né le 18 janvier 1880 à Giengen en Allemagne. Adjudant-chef puis lieutenant, il s'illustre au RMLE au cours de la Grande Guerre. Mentionné dans l'historique du RMLE comme « héros légendaire », il est cité 9 fois et décoré de la Légion d'Honneur le 18 mai 1917 par le général Pétain (Historique du régiment de marche de la Légion étrangère : étranger d'infanterie, Berger-Levrault, 1926, p. 148. En ligne) pour son fait d'arme du 21 avril 1917 au combat d'Aubérive (Historique du régiment de marche de la Légion étrangère : étranger d'infanterie, Berger-Levrault, 1926, pp. 115-117. En ligne. Grièvement blessé le 12 juin 1918. Il doit être amputé du bras droit et il est réformé. Après la guerre, il devient surveillant du palais du Rhin à Strasbourg puis gardien-chef du Château de Versailles. Commandeur de la Légion d’Honneur, titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de Guerre 14-18 avec 9 citations, il meurt le 24 octobre 1947 à Plancher-Bas.. Aage de Danemark (1887-1940), prince danois Blaise Cendrars (1887-1961), écrivain français d'origine suisse Alan Seeger (1888-1916), poète américain Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013), officier français Guy Marchand (1937-2023), acteur et chanteur français Antoine Mattei (1917-1981), légende des combats de la RC4