Le 3e régiment du génie (3e RG) est un régiment du génie de l'armée française constitué sous la Première Restauration. Plus ancien régiment du génie français encore en activité, il est implanté à Charleville-Mézières depuis 1947 et appartient à la 7e brigade blindée de la 1re division de l'armée de Terre. Héritier de plus de deux siècles d'histoire militaire, le 3e régiment du génie constitue aujourd'hui l'un des principaux régiments du génie de combat français. Sa devise, « Ardennes tiens ferme », témoigne de son attachement historique à cette région au passé tumultueux.

Historique Créations et dissolutions du Le régiment du génie a été créé le à Grenoble. Il est alors formé par le lieutenant-général Rogniat à partir de trois unités : le de mineurs, le de sapeurs venant tous deux d'Alexandrie et le de sapeurs en provenance de Metz.

Le , le régiment est licencié avec le reste de l'armée et dissous à la Rochelle.Une compagnie de dépôt est envoyée à Montpellier. Le , il est recréé dans la même ville par le général Nempde sous l'appellation de Régiment du Génie de Montpellier n°3.

En 1870, toutes ses compagnies rejoignent leurs armées respectives face à l'avancée allemande. En 1871, à Arras, il est reconstitué avec les survivants de ces mêmes compagnies.

À la déclaration de guerre en 1914, il est dissous et réduit à un dépôt de guerre, ses compagnies partant encore une fois alimenter les grandes unités. Il est reconstitué à Arras le .

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le , le du génie devient Dépôt de guerre . Le , le Génie est réactivé à Castelsarrasin sous la forme d'un bataillon d'armistice, avec pour particularité d'avoir la garde du drapeau du Génie, le sien ayant disparu au début de la guerre. Ce BG sera dissous lors de l'invasion de la zone libre en 1942.

Le , un du génie de plage est créé à Hussein-Dey, en Algérie. Cependant cette unité sera intégrée le au du génie, qui lui-même servira à la recréation du le . Ainsi les traditions passent à une autre unité.

Un du génie est également créé le avec pour mission de déminer la Normandie suite au débarquement du . Mais hormis le numéro il n'a pas de lien direct avec le Génie. Cependant, le général Jean Delmas s'engagea au sein du bataillon de Normandie puis servit au 3e régiment du génie après-guerre et en devint chef de corps de 1974 à 1976

Le le du génie renaît enfin, à Rastatt, à partir du du génie dont il détient désormais les traditions. Il récupère également son emblème, caché dans une tombe à Montreuil-sur-Mer de 1940 à 1945.

En 1947, le régiment redevient bataillon. Une partie rejoint Mézières sous les ordres du chef de bataillon Serraz tandis que l'essentiel reste en Allemagne pour servir à la création du . Le BG de Mézières devient bataillon de génie de division blindée en . Il est transféré au Maroc, avec son drapeau, en 1956, ne laissant à la caserne Dumerbion qu'un centre d'instruction. Il est ensuite affecté en Algérie de 1958 à 1962. Le du génie est reconstitué à Mézières le à partir des bataillon du génie et bataillon du génie. Il n'a plus été dissous depuis et se trouve toujours dans les Ardennes aujourd'hui.

Les garnisons En 1814, lors de sa création à Grenoble, le régiment est réparti en deux bataillons de 6 compagnies (2 compagnies de mineurs et 5 compagnies de sapeurs).

De 1816 à 1870, le régiment change de garnison en moyenne tous les quatre ans, entre Montpellier, Arras et Metz.

De 1870 à 1939 le régiment est définitivement caserné à Arras.

Après sa recréation en 1946 à Rastatt, il arrive à Mézières le . Hormis la parenthèse de 1956-1962 où il se trouvait mêlé aux opérations au Maroc et en Algérie, le 3e RG n'a plus connu d'autres villes de garnison.

Guerres et batailles vignette|Caserne Dumerbion. De 1814 à 1854 Lors des Cent-Jours, la de mineurs se rallie à l'Empereur, à La Mure, et est alors intégrée à la Garde Impériale avec les capitaines Breistroff, Letier et les lieutenants Lapagne et Pierre. Le , Napoléon entre dans Grenoble. Le , le régiment entre dans Paris. En , le bataillon rejoint l'armée du Nord, l’état-major et le second bataillon retournent à Grenoble pour les armées des Alpes, de l'Est et du Centre. Ils effectuent des travaux de fortification à Lyon, Montereau ainsi qu’Amboise. Après avoir combattu à Ligny, le bataillon à l’armée du Nord est décimé à la bataille de Waterloo (Mont-Saint-Jean) le .

Sept ans après sa recréation, le régiment participe à l'expédition d'Espagne (1823) ainsi qu'à l'expédition de Morée (1828-1833) lors de la guerre d'indépendance grecque. Des détachements sont aussi présents en Algérie de 1830 à 1870, participant aux sièges d'Alger et de Constantine (comme en témoignent les deux inscriptions sur l'emblème).

En 1849, les sapeurs font partie du corps expéditionnaire de la Méditerranée envoyé combattre la République romaine et participe au siège de Rome.

De 1854 à 1871 : Second Empire Pendant le Second Empire, le régiment a participé à de nombreux conflits, campagnes, expéditions : conquête du Sénégal (dès 1853), guerre de Crimée (1854-1855), campagne d'Italie (1859), expéditions de Chine (1859-1860) et de Cochinchine (1861), expédition du Mexique (1861-1867) mais également la guerre franco-prussienne de 1870. Du 9 au , des compagnies du Génie participent à la reprise de la ville de Paris contre la Commune, notamment au cours de la Semaine Sanglante. De 1871 à 1914 Des sapeurs du Génie seront projetés en Tunisie en 1881 mais également pour les différentes guerres coloniales au Tonkin, à Madagascar, au Dahomey et au Maroc ainsi qu'en Chine en 1900.

Première Guerre mondiale Le 3ème régiment du Génie a mobilisé au total 98 compagnies au cours du premier conflit mondial. Celles-ci ont combattu sur tous les fronts, des Flandres jusqu'aux Balkans. Affectations vignette|Portrait de Louis Donnat, un soldat d'une des compagnies du , vers août 1916. Lors de la déclaration de guerre, le du génie, situé à Arras, est dissous et laisse place au dépôt de guerre du Génie no 3.

1914 Dès le les compagnies actives, aussitôt formées, partent à la frontière. Il s'agit de compagnies divisionnaires et de corps d'armée, appartenant aux 122e, 152e, 162e, 169e DI et aux , et CA. Compte tenu des combats, le dépôt de Guerre est replié sur Les Ponts-de-Cé, près d'Angers. Les Allemands, entrés à Arras, pillent la salle d'honneur du régiment, située dans la citadelle.

Des sapeurs du "3" participent, du 28 août au 8 septembre 1914 au siège de Maubeuge mais aussi aux combats du Fort de Leveau et la bataille de l'Yser.

Du 5 au , les sapeurs se battent dans la Marne.

1915 Plusieurs compagnies participent à l'offensive de Champagne. Des soldats du régiment sont distingués cette année-là comme le sergent Donet qui reçoit la Médaille Militaire.

La guerre des mines fait rage, la compagnie 1/3 se distingue notamment à la côte 108 près de Berry-au-Bac et est citée à l'ordre de l'armée en décembre.

1916 En 1916,  le régiment se bat lors de la bataille de Verdun, aux Éparges, dans l'Aisne et la Somme, en Argonne mais également avec l'armée de Salonique durant la campagne d'Orient.

Le la compagnie 3/4 prend par aux combats du fort de Douaumont, aux côtés du 129ème RI (chaque section du génie est rattachée à une compagnie d'infanterie).

1917 Parmi les nombreuses opérations de l'année 1917, l'offensive des Flandres voit les hommes du 3e régiment du génie faire preuve d'un courage exemplaire. Le , la compagnie 1/1 jette sur l'Yser, sous le feu ennemi, sept passerelles pour permettre le passage de l'infanterie. Ce qui lui vaudra une citation à l'ordre du corps d'armée. La compagnie 1/13 se distingue le même jour pour des faits similaires et reçoit également une citation à l'ordre du corps d'armée. À la fin de l'année, cette même unité reçoit une nouvelle citation à l'ordre de l'armée pour ses actions dans les combats d'octobre, menées sous le feu des pièces d'artillerie et des mitrailleuses.

1918 Lors de la dernière année de guerre, les compagnies du régiment du génie obtiennent de multiples citations en Lorraine, dans l'Aisne à l'ordre du corps d'armée, de l'armée.

Le "3" a également combattu lors de la bataille de Reims, sur le front de Champagne, puis dans les Ardennes.

Au cours de ce conflit, le drapeau s'est alourdi de 4 nouvelles inscriptions tandis que ses compagnies totalisent 67 citations dont 30 à l'ordre de l'armée. Cependant les pertes sont lourdes: 3 108 tués comprenant 75 officiers, 236 sous-officiers et 2 797 caporaux et sapeurs.

Le , le drapeau et sa garde défilent sur les Champs-Élysées à Paris.

Entre-Deux-Guerres vignette|Le colonel, le drapeau et des soldats du du génie avec le général britannique à gauche, le à la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette. Le régiment tient garnison à Arras jusqu'en 1939.

Un détachement est envoyé à Versailles pour participer à l'expérimentation des divisions cuirassées.

Divers détachements participent aux opérations au Maroc, au Levant, à l'armée d'Orient.

Par ailleurs, l’équipe de football militaire du régiment remporte le Bouclier de Brennus en 1939. Elle en est la dernière détentrice avant sa disparition en 1940 (le trophée a été retrouvé en 2021).

Seconde Guerre mondiale Lors de la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale, le régiment envoie ses compagnies regroupées par deux, en bataillons rattachés à des divisions ou corps d'armée, puis cède la place au centre mobilisateur du génie qui fusionnera avec le Dépôt de Guerre.

Mai-juin 1940 En 1940, les compagnies sont déployées dans le Nord et l'Est de la France (Dunkerque, Stonne, Sedan, Rethel) ainsi qu'en Belgique (sur la Dyle, sur l'Escaut). Elles font sauter des ponts pour retarder l'avancée allemande, participent aux combats. De nombreux sapeurs sont cités, ainsi que trois compagnies respectivement à l'ordre de la division, du corps d'armée et de l'armée.

Le du génie, Castelsarrasin Le du génie de l'armée d'armistice est caserné à Castelsarrasin de 1940 à 1942. Ses compagnies participent à de nombreux travaux de reconstruction en zone occupée. Parallèlement, certains sapeurs n'hésitent pas à rejoindre la Résistance (c'est le cas du commandant Donet qui assure l'intérim du chef de corps en et qui appartient au réseau Mithridate). Le bataillon est dissous en 1942 à l'invasion de la zone libre.

Le du génie En 1943 est créé le à partir de la société de chemin de fer Méditérannée-Niger militarisée précédemment. Ce bataillon participe à la reprise de la Corse puis de l'île d'Elbe. Il est élément génie du corps expéditionnaire français en Italie et se distingue au Garigliano en .

En , ses sapeurs débarquent en Provence et prennent part aux combats de la Libération. Ils construisent des ponts et rétablissent des itinéraires notamment lors de la reprise de Belfort. En , à Strasbourg, le « 180 » construit le pont flottant de Kehl, malgré les bombardements allemands, permettant à la française de franchir le Rhin.

Le est l'héritier des traditions du du génie depuis 1946.

De 1945 à nos jours En 1946, le RG est recréé à Rastatt à partir de divers éléments, principalement issus du "180".

En 1947, les Troupes d'Occupation Allemandes et les Forces d'Occupation d'Autriche sont restructurées. Le régiment du génie est dissous, ses traditions sont transférées à la nouvelle unité créée à Mézières.

En France, dans les Ardennes, le du Génie est destiné à la Division Blindée.

En 1953, le régiment participe aux opérations de secours en Hollande lors des inondations.

La portion centrale de ce bataillon part au Maroc en 1956, puis passe en Algérie en 1958. En 1962 le drapeau du "3" rentre en France, à Mézières.

Le régiment du génie est reconstitué à partir des 37e, 51e et 63e BG ainsi que des éléments du 3e BG de retour d'Algérie.