La perception humaine est l'activité par laquelle un sujet fait l'expérience d'objets ou de propriétés présents dans son environnement. Cette activité regroupe l'ensemble des mécanismes de détection, d' et de reconnaissance d'une stimulation sensorielle. Elle repose habituellement sur des informations fournies par ses sens et est aussi liée aux mécanismes de cognition. Le mot « perception » désigne : soit le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle ou sensible (en psychologie cognitive par exemple) ; soit la prise de conscience qui en résulte. (en philosophie de la perception notamment).
En psychologie expérimentale, chez l'être humain en particulier, des échelles de perception consciente d'une part, et la perception inconsciente, d'autre part. Celle-ci est qualifiée parfois d'« implicite » ou « subliminale ». Cette distinction a été étendue aux autres animaux dans la mesure où ils peuvent être entraînés et conditionnés à indiquer s'ils ont perçu ou non un stimulus.
La perception d'une situation fait appel tout à la fois aux sens physiologiques d'un organisme et à ses capacités cognitives, à un niveau élémentaire ou conscient.
Perception sensorielle
La perception sensorielle est la perception « immédiate » que les sens livrent, comme des informations directes. Le terme de « sensation » est parfois utilisé dans un sens plus large (recouvrant aussi les émotions) ; donc le retenir pour dénommer cette forme de perception.
En psychologie cognitive, la perception est définie comme la réaction du sujet à une stimulation extérieure qui se manifeste par des phénomènes chimiques, neurologiques au niveau des organes des sens physiologiques et au niveau du système nerveux central, ainsi que par divers mécanismes qui tendent à confondre cette réaction à son objet par des processus tels que la représentation de l'objet, la différenciation de cet objet par rapport à d'autres objets.
Mesure Les phénomènes perceptifs ne possèdent pas d'échelle de mesure continue. Ce sont avant tout des phénomènes temporels, c'est-à-dire que leur mesure n'est pas constante pour tous les instants (t). Chez l'humain, l'ouïe et la vue sont les deux sens qui transmettent des informations les plus importantes sur le temps et sur l'espace ; mais l'inégalité entre les rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup à l'origine d'une flagrante inégalité entre ces sens. Le seuil de perception d'un son par l'oreille est situé à 10−16 W, quand le seuil de perception d'une source lumineuse ponctuelle (à l'œil nu) est situé à 10−18 W. La vue est donc un sens réservé à l'immédiat. L'ouïe, en véhiculant des indications d'un autre ordre, renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l'émotion, des sentiments : par exemple, outre qu'elle peut porter plus d'informations, la voix au téléphone en dit plus sur l'état «psychologique» de l'interlocuteur qu'une photo.
Mesure de la sensation Les quantités mesurables apprennent peu de choses sur les phénomènes perçus, comme l'attestent les illusions d'optique où, par exemple, un même objet peut apparaître plus clair ou plus foncé suivant la luminance des objets qui l'entourent. La psychologie de la perception cherche donc à établir le lien qui existe entre l'objet physique et la perception qu'on en a.
Les théories physicalistes du ont tenté de relier, de façon bilatérale et univoque, sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait à exprimer des grandeurs affectives en fonction de données empiriques (degrés de hiérarchie des perceptions, comparaison de leur somme et de leur différence), des attributs sensibles en fonction de mesures physiques (définissables a priori). L'approche psychophysique a, par la suite, entrepris de mesurer précisément notre sensibilité à différents paramètres physiques (comme la couleur ou l'intensité sonore) afin de déterminer ce qui seraient les lois générales de la perception, comme la loi de Weber-Fechner.
Selon une autre approche, les courants inspirés de la psychologie de la forme (Gestalt) ont cherché à comprendre comment se structurait la perception autour de principes généraux. Par exemple, selon le principe de clôture, une forme sera plus facilement perçue si elle est fermée que si elle est ouverte ; une illustration de ce principe dans le triangle de Kanizsa où l' spontanément un triangle blanc alors que seuls trois disques noirs sont dessinés.
Les illusions visuelles fournissent une explication potentielle aux illusions de jugements ou illusions cognitives. À titre d'exemples : les dessins bien connus de W. E. Hill (ma femme et ma belle-mère ainsi que le dessin de l'homme barbu). Les gestaltistes ont beaucoup travaillé sur ces équilibres visuels : premier plan et arrière-plan, zones claires et zones sombres, contours convexes et concaves. Une fois que l'expérience a permis de comprendre la dualité de l'image, les limitations dans la perception ou dans le jugement peuvent être facilement vaincues. Comme l'affirmait Goethe, l'humain ne voit que ce qu'il sait. Et, « la découverte consiste à voir ce que tout le monde a déjà vu et à penser ce que personne n'a encore pensé ».
mentionner les approches physiologiques qui cherchent à comprendre quels sont les mécanismes qui permettent la perception aussi bien au niveau des organes des sens que des neurones du système nerveux.
Perception visuelle
L'œil ne fonctionne pas comme un capteur photographique d'appareil numérique.
L'œil comprend deux systèmes complètement différents : le système fovéal qui donne la possibilité d'examiner des points d'environ 2 degrés d'angle par seconde. C'est un système très lent avec un excellent pouvoir de résolution et un bon rendement des couleurs ; le système de la rétine périphérique qui rend jusqu'à 90 images par seconde sur un angle d'environ 180 degrés, avec une mauvaise résolution. Il sert à donner l'impression globale de la situation. Ces deux systèmes relient le monde extérieur avec sa représentation intérieure. La perception visuelle est donc un système d'identification. Il permet d'identifier par exemple une personne par la comparaison de quelques points critiques et l'impression globale avec les images internes. Pour percevoir un objet, il faut avoir vu des objets similaires.
La perception des visages fonctionne depuis la naissance. Mais la discrimination de plusieurs visages est une capacité qui s'apprend.
Perception auditive
La branche de la psychophysique qui étudie la façon dont sont perçus les sons est la psychoacoustique.
Mécanisme de l'audition La chaîne de l'audition est complexe. Ses mécanismes sont développés dans l'article Ouïe. Les sons transmis par l'air sont captés et amplifiés par le pavillon qui les focalise vers le conduit auditif jusqu'au tympan, membrane qui entre alors en vibration. La chaîne des osselets transmet et amplifie ces vibrations (conduction mécanique) et elles sont transmises à l'oreille interne. Elles provoquent des ondes de pression correspondant aux ondes sonores. Ces ondes de pression permettent de communiquer les vibrations à la partie la plus délicate et la plus interne de l'oreille humaine, la cochlée. Les ondes mécaniques font bouger les cils de l’oreille interne, ce qui active la production d'influx nerveux chargés de transmettre l'information au nerf auditif, jusqu'au cortex auditif.
Perception olfactive La perception olfactive est relativement délaissée par beaucoup d'humains, et beaucoup plus utilisée par certains animaux. cependant souvent sans s'en rendre compte. Il participe, avec la perception gustative, à la sensation du goût.
Mécanisme de l'odorat : voir le nez.
Perception tactile La perception tactile est la perception par l'homme ou l'animal de sensations par le toucher transmise par l'intermédiaire de la peau, des muqueuses (langue) ou des dents (mécanorécepteurs du parodontePfaffmann C, Afferent impulses from the teeth due to pressure and noxious stimulation, J Physiol 97, 1939:207-219Hämmerle CHF, Wagner D, Brägger U, Lussi A, Karayiannis A, Joss A, Lang NP, Threshold of tactile sensitivity perceived with dental endosseous implants and natural teeth, Clin. Oral Impl. Research 6.2, 1995:83-90Trulsson M, Francis ST, Bowtell R, McGlone F, Brain activations in response to vibrotactile tooth stimulation: a psychophysical and FMRI study, J. Neurophysiol. 2010 Oct;104(4):2257-65.). Elle inclut non seulement la perception tactile au sens étroit (reconnaissance de textures, d'élasticité, lecture en braille, etc.) mais aussi la perception thermique (sensation de chaud ou le froid), et même des perceptions émotionnelles, telles la douleur ou la sensualité.
Mécanisme du toucher : voir toucher, peau et nerfs.
Perception gustative C'est la perception du goût.
Mécanisme du goût : voir aussi la langue et le palais.
Perception de l'équilibre L'équilibrioception, qui est le sens de l'équilibre. Elle est assurée par le système vestibulaire de l'oreille interne. Ce système assure aussi la perception du mouvement.
Perception du temps Si l'humain possède des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un nez pour sentir, il n'a pas de récepteurs sensoriels spécifiques dédiés à la perception du temps. Or il est pourtant capable de percevoir l'écoulement du temps. L'étude de la perception du temps se confronte donc à un paradoxe qui renvoie à la nature même du temps où se rencontrent les expériences psychologiques, les réflexions philosophiques, notre compréhension du fonctionnement du cerveau et nos connaissances des cycles circadiens.
La perception temporelle fait l'objet de nombreux travaux depuis les premières études psychophysiques au jusqu'aux explorations en imagerie cérébrale. Les expérimentateurs s'attèlent à distinguer différents types de phénomènes qui relèvent tous de la perception du temps : la perception des durées, la perception et la production de rythmes, et la perception de l'ordre temporel et de la simultanéité. La question reste posée de savoir si ces différents domaines de la perception temporelle procèdent des mêmes mécanismes ou non, en particulier d'autres distinctions ont été introduites sur la base de l'échelle de temps considérée. Ainsi selon le psychologue français Paul Fraisse, il convient de distinguer la perception (pour des durées relativement brèves jusqu'à quelques secondes), de l'estimation temporelle, qui, elle, désigne l'appréhension de durées longues (supérieures à plusieurs secondes jusqu'à des heures ou davantage).
Perception de l'espace
De même que la durée, les distances entre les objets peuvent faire l'objet d'une perception. Ainsi, il est possible de dire si tel objet est plus proche que tel autre ou encore qu'un tel est plus grand qu'un autre. L'argument pour isoler une perception de l'espace à côté des sens physiologiques (tels la vision ou l'audition) repose sur l'observation que l'information spatiale que l'on extrait de l'environnement semble être supra-modale, c'est-à-dire partagée entre les différentes modalités sensorielles de localisation. Ainsi, il est possible de dire si un son provient d'un objet visuel. Le lobe pariétal du cerveau joue un rôle important dans la perception de l'espace.
Perception et audiovisuel La perception par l'œil ou par l'oreille des phénomènes qui entourent est limitée par les récepteurs mis en jeu. L'oreille humaine ne capte les signaux sonores que dans une gamme de en moyenne. L'œil, pour sa part, est limité aux longueurs d'onde comprises entre et ; c'est la lumière visible.
De plus, il semblerait que l'interprétation par le cerveau des images transmises par l'œil ne puisse être considérée comme copie conforme de la réalité, mais plutôt comme des références à des images (ou à des portions d'images) déjà imprégnées dans la mémoire de l'individu. Grâce à cela, un petit morceau d'assiette cassée alors qu'un ordinateur, lui, en sera complètement incapable.