Joseph Vincendon, né le à Brézins (Isère) et mort le à Saint-Jean-de-Luz, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur.

Il se distingue particulièrement au sein des zouaves de l'armée d'Afrique au cours de la conquête de l'Algérie et lors de toutes les campagnes du Second Empire. Il combat ensuite durant la guerre franco-prussienne de 1870 au commandement d'un régiment puis participe à la répression de la Commune de Paris lors de la semaine sanglante en .

Capitaine à vingt-trois ans, officier de la Légion d’honneur à vingt-cinq, colonel à trente-sept, général à quarante-deux, huit blessures et titulaires de nombreuses citations à l’ordre, le général Vincendon est une des figures de soldat les plus populaires de son temps.

Biographie Famille Il est le fils de Joseph Vincendon, né en 1804 à Brézins, cultivateur et de Émilie Vinoy (1813-1897).

Il est le neveu du général Joseph Vinoy, grand chancelier de la Légion d'honneur.

Conquête de l'Algérie Il part pour l'Algérie en 1852 et il s’engage, à , au 2e régiment de zouaves le . En décembre de la même année, il est caporal à l’attaque de Laghouat. Il est cité pour sa conduite puis nommé sergent.

En 1853, à l’expédition des Babors, il est cité à l’ordre de la division, pour « son entrain et son ardeur » dans les divers engagements avec les Kabyles.

Guerre de Crimée Il quitte l'Algérie pour prendre part à la guerre de Crimée. Au cours de celle-ci, il est promu sergent-major, puis sous-lieutenant avec plusieurs citations à l’ordre. Il y est blessé trois fois : un coup de feu à la bataille de l’Alma, le , un coup de baïonnette qui lui traverse la cuisse gauche, à l’attaque des ouvrages blancs dans la nuit du 23 au ; et enfin le , à la prise du Mamelon Vert, un coup de feu qui lui traverse le côté droit de la poitrine.

Il sera fait plus tard classe de l'ordre du Médjidié par l'Empire ottoman.

Expédition de Kabylie (1857) En 1856, il participe à l'expédition de la petite Kabylie ; il est de nouveau cité à l’ordre du régiment à la suite de l’attaque et de la prise des Beni-Kouffi. Il est encore cité à l’ordre de l’armée en 1857 pour sa belle conduite pendant l’expédition de la Grande-Kabylie : .

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur et nommé capitaine alors âgé de seulement vingt-trois ans.

Campagne d'Italie (1859) Pendant la campagne d’Italie, il s'illustre lors de la bataille de Magenta livrée le .

Lors de la bataille . On trouve le passage suivant dans une relation de la bataille de Magenta, écrite par l’aide de camp du général de Castagny : .

L’empereur Napoléon III décore par un décret le drapeau du zouaves qui a pris un drapeau autrichien lors de la bataille de Magenta. Le capitaine Vincendon est promu officier de la Légion d’honneur.

Expédition contre les Beni-Snassen (1859) De retour en Algérie, il est envoyé au Maroc lors de l’attaque contre les Beni-Snassem. Le , sa compagnie de zouaves, alors que les soldats sont décimés par le choléra, est en tête de l'expédition. Il est cité à l’ordre de l’armée d’Afrique, et proposé pour chef de bataillon .

En 1860, dans la Kabylie orientale, au combat des Béni-Aïcha, il est proposé pour la deuxième fois pour chef de bataillon.

Expédition du Mexique En 1862, il participe à l'expédition du Mexique.

Il se distingue à l’attaque et à la prise de Las Cumbres. Le , lors de la bataille de Puebla, sa compagnie de zouaves est désignée pour marcher en tête de l’attaque dirigée contre le fort Guadalupe. Malgré une première blessure d’un coup de feu reçu à la cuisse droite, il reste à la tête de ses zouaves. Il atteint le mur d’enceinte et après avoir reconnu l’absence de brèche et de toute issue, il donne le signal de la retraite. Blessé d’un second coup de feu qui lui traverse et brise le pied gauche, il est sur le point de tomber aux mains de l’ennemi, lorsque ses zouaves chargeant à la baïonnette, le dégagent et l’entraînent par les jambes hors des atteintes de l’ennemi.

À la suite de ce combat, le capitaine Vincendon est cité à l’ordre et nommé chef de bataillon ; il a alors vingt-neuf ans et dix ans de services.

La gravité de ses blessures ne permet de l’évacuer sur la France qu’au mois de , et son état de faiblesse nécessite pendant le voyage, son débarquement à la Martinique, pour reprendre le bateau suivant.

Il est décoré de la médaille du Mexique et fait officier de l'ordre de Notre-Dame de Guadalupe.

Retour en France Il se rétablit rapidement, et reçoit, en 1864, le commandement du 8e bataillon de chasseurs à pied. Les succès de ce bataillon aux manœuvres de Châlons, sous le commandement du maréchal Niel en 1866, après trois inspections générales des plus brillantes, valent au chef de bataillon Vincendon une proposition pour le grade de lieutenant-colonel avec le corps d’armée.

Nommé lieutenant-colonel le , il est placé au 39e régiment d'infanterie qu’il commande pendant six mois.

Guerre de 1870 Il est promu colonel du 4e régiment d'infanterie en 1870 devenant à le plus jeune colonel de l'armée. Durant la guerre de 1870, il commande ce régiment au sein du corps du maréchal Canrobert. À la bataille de Gravelotte, il est légèrement blessé d’un éclat d’obus. À Saint-Privat, le de ligne défend le village contre la garde prussienne, qui est fauchée par des feux de salve, au commandement du colonel, ainsi que le rapporte l’« Histoire officielle de la guerre » par le grand état-major allemand.

Il est fait prisonnier après la capitulation de Metz le .

Commune de Paris De retour de captivité, le colonel Vincendon arrive à Paris le . Au commandement du provisoire (futur d'infanterie), il prend part lors de la répression de la Commune de Paris au siège du fort d’Issy, aux travaux d’approche devant le Point-du-Jour et aux combats de la prise de Paris.

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur au mois de septembre suivant.

Le , le colonel Vincendon est nommé général de brigade et placé à la tête de la brigade ( d'infanterie) à Limoges puis de la brigade de cavalerie. Après deux ans de stage dans cette arme, il est nommé au commandement de la brigade ( d'infanterie) à Marseille. Campagne de Tunisie (1881) En 1881, le général Vincendon est le premier général désigné pour faire partie de l'expédition de Tunisie au sein d'un petit corps expéditionnaire organisé pour soumettre la Kroumirie .

Dernières années En 1884, il est nommé général de division et commande la division d'infanterie entre 1884 et 1898.

Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le puis passe grand-croix le , décoration remise par le président Félix Faure, récompense d'une carrière d'exception.

En 1898, il passe au cadre de réserve.

Il est nommé président d'honneur de la « Société des vétérans des armées de terre et de mer 1870-1871 » le .

Il meurt le à Saint-Jean-de-Luz.

Ses obsèques sont célébrées le , à l'église paroissiale de Saint-Jean-de-Luz devant plusieurs milliers de personnes.

Il était connu à St-Jean-De-Luz pour ses nombreuses villas portant les noms de batailles auxquelles il avait participé :« Icheriden », « L'Alma », « Magenta », « Solferino », « Puebla », « Cumbrès ».

Hommages .

Décorations

Grand officier le Commandeur le Officier le Chevalier le

Références

Bibliographie Sources contemporaines . .

Sources modernes . Dossier au Service Historique de la Défense : côte 9 YD 42.

Voir aussi Articles connexes Conquête de l'Algérie par la France Guerre de 1870 Liens externes

Le général Vincendon sur le site de military-photos.com.

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