thumb|Répartition du chamanisme dans le monde (carte en anglais) Le chamanisme est une pratique spirituelle présente dans diverses cultures et religions du monde. Avec de grandes variations d'ordre géographique, culturel ou historique, il existe d'importants particularismes chamaniques dans le monde.
Eurasie
Chez les Hmong vignette|Diaspora du peuple hmong. Les Hmong forment un groupe ethnique originaire du centre de la Chine, qui continue de maintenir et de pratiquer lUa Neeb. Chez les Hmong, le chamanisme est une vocation ; le rôle principal du chaman est d'apporter l'harmonie à l'individu, à sa famille et à sa communauté au sein de leur environnement en accomplissant des rituels, généralement par la transe .
Les Hmong croient que toute chose sur Terre a une âme (voire plusieurs âmes), chacune étant considérée comme égale et éventuellement interchangeable. Le sacrifice animal est au cœur de ces croyances, où il est considéré comme une demande nécessaire d'emprunter l'âme de l'animal pour guérir l'affliction d'une personne ou pour sauver son âme de la capture par un esprit sauvage pendant une période de douze mois. Lors du Nouvel An Hmong, le chaman accomplit un rituel spécial pour libérer l'âme de l'animal vers une dimension spirituelle. Dans le cadre de son service à l'humanité, l'âme de l'animal se réincarne en un « animal supérieur », devenant éventuellement un membre de la famille d'un dieu (ua Fuab Tais Ntuj tus tub, tus ntxhais) pour vivre une vie de luxe, libérée de souffrance en tant qu'animal. Ainsi, participer à cet échange en étant sacrifié constitue l’un des plus grands honneurs pour l’animal.
Le sacrifice animal fait partie de la pratique chamanique des Hmong depuis ans. Après la guerre du Viêt nam, plus de Hmong se sont installés aux États-Unis et le chamanisme fait toujours partie de leur culture. Avant le combat de coqs sacré, les Hmong du sud-est du Guizhou recouvrent un coq d'un morceau de tissu rouge puis le brandissent pour l'adorer et le sacrifier au Ciel et à la Terre Southeast Guizhou Travel Tips – China Highlights, a division of CITS Guilin, a full-service China travel agency providing China Tours. Lors du procès en 2010 d'un Hmong de Sheboygan (Wisconsin), alors accusé d'avoir organisé un combat de coqs, la cour a jugé la détention de coqs « à la fois à des fins alimentaires et religieuses » comme acceptable et l'affaire s'est conclue par un acquittement.
Outre la dimension spirituelle, les chamanes Hmong tentent de soigner de nombreuses maladies physiques en ayant recours au texte des paroles sacrées (khawv koob).
Au Japon vignette|Danseur traditionnel aïnou, au musée aïnou à Shiraoi (Hokkaido) Le chamanisme fait partie de la religion autochtone des Aïnous et du shintoïsme . Dès le début du Moyen Âge, le shintoïsme connaît l'influence et le syncrétisme avec le bouddhisme et d'autres éléments de la culture continentale de l'Est eurasien. Le livre de Percival Lowell intitulé : « Occult Japan: Shinto, Shamanism and the Way of the Gods Percival Lowell, Occult Japan: Shinto, Shamanism and the Way of the Gods, Inner Traditions International (April 1990), Rochester Vt » approfondit les recherches sur le chamanisme lié à la culture nippone ou relevant du shintoïsme. Le livre Japan Through the Looking Glass: Shaman to Shinto Alan Mcfarlane, Japan Through the Looking Glass: Shaman to Shinto, Profile Books Ltd, Aug 2007, London England révèle les aspects extraordinaires des croyances japonaises.
En Corée Au nord comme au sud, le chamanisme est toujours pratiqué dans les deux Corée. Dans le sud, les femmes chamanes sont connues sous le nom de mudang, tandis que leurs homologues masculins sont appelés baksoo mudang. On peut devenir chaman grâce à un titre héréditaire ou bien une prédisposition naturelle. Dans la société contemporaine, les chamans sont consultés pour les décisions financières et matrimoniales.
En Malaisie droite|vignette| Bobohizan de Sabah, vers 1921. Le chamanisme est également pratiqué au sein de la communauté malaise de la péninsule Malaise et des peuples autochtones du Sabah et du Sarawak . Les personnes qui pratiquent le chamanisme dans le pays sont généralement appelées bomoh, et de manière analogue pawang dans la péninsule. Au Sabah, le Bobohizan est le chaman en chef de la communauté autochtone des Kadazan-Dusun.
En Mongolie alt=Mongolian Shaman performing fire rituals, March 2019. At Khovsogol lake worship|vignette| Chaman mongol effectuant des rituels, (le 3 mars 2019). Au culte du lac Khövsogol, lors de l'événement Blue Pearl en Mongolie Des récits classiques mongols, tels que Histoire secrète des Mongols, fournissent des détails sur les chamanes, hommes et femmes, servant d'exorcistes, de guérisseurs, de faiseurs de pluie, d'oniromanciens, de devins et de fonctionnaires. Les pratiques chamaniques se poursuivent dans la culture mongole actuelle.
Hiérarchie ancestrale Fondée sur les clans, la tradition spirituelle mongole propose une hiérarchisation des esprits complexe. Le groupe le plus élevé se compose de 99 tngri (dont 55 bienveillants dits « blancs », 44 terrifiants dits « noirs ») et 77 natigai ou « mères de la Terre ». Communs à tous les clans, les tngri ne sont invoqués que par les chefs et les grands chamans. Trois groupes d’esprits ancestraux dominent. Les « Esprits-Seigneurs » sont les âmes des chefs de clan à qui tout membre d'un clan peut faire appel pour obtenir une aide physique ou spirituelle. Les « Esprits-Protecteurs » comprennent les âmes des grands chamans (ĵigari) et grandes chamanes (abĵiya). Les « Esprits-Gardiens » sont constitués des âmes de chamans (böge) et chamanes (idugan) d'ordre mineur et associés à un lieu spécifique (y compris les montagnes, les rivières, etc.) sur le territoire du clan.
Néo-chamanisme Les années 1990 voient apparaître une forme de néo-chamanisme mongol, adoptant une approche moderne du chamanisme. Parmi les Mongols bouriates, répartis entre la Mongolie et la Russie, la prolifération des chamans depuis 1990 est un aspect central d'une lutte plus vaste menée par les Bouriates pour rétablir leurs racines historiques et génétiques, comme l'a largement documenté Ippei Shimamura, anthropologue à l'Institut de recherche en Mongolie et en Russie. Université de la préfecture de Shiga au Japon. Certains chamanes mongols font désormais de leur métier un business et ont même des bureaux dans les grandes villes. Dans ces entreprises, un chaman dirige généralement l’organisation et fournit des services tels que la guérison, la divination et la résolution de toutes sortes de problèmes Balogh, Matyas. "Contemporary Shamanisms in Mongolia." Asian Ethnicity 11.2 (2010): 229–38.. Bien que l’enthousiasme initial pour la renaissance du chamanisme mongol dans l’ère post-communiste/post-1990 ait conduit à une ouverture à tous les visiteurs intéressés, la situation a changé parmi les Mongols cherchant à protéger la base ethnique ou nationale essentielle de leurs pratiques. Avec les années 2010, de nombreuses associations de chamans mongols ont appris à se méfier des chamans occidentaux dit « tradi », « néo- » ou « New Age » et ont restreint l'accès aux seuls Mongols et érudits occidentaux.
Aux Philippines Les babaylan (également balian ou katalonan, parmi de nombreux autres noms indigènes) sont des chamans traditionnels des différents groupes ethniques des îles philippines précoloniales. Ces chamans se spécialisaient dans l'exploitation des pouvoirs illimités de la nature et étaient presque toujours des femmes, hormis quelques hommes féminisés (asog ou bayok). On croyait qu'ils avaient des guides spirituels, grâce auxquels ils pouvaient entrer en contact et interagir avec les esprits, les divinités (anito ou diwata) et le monde des esprits. Leur rôle principal était celui de médiums lors des rituels de cérémonies de pag-anito. Il existait également divers sous-types de babaylan spécialisés dans les arts de la guérison, de l'herboristerie, de la divination et de la sorcellerie.vignette| 1922 : chaman du peuple itneg lors d'un acte d'offrande à l'esprit (anito) d'un bouclier de guerrier (kalasag) vignette| Danseur représentant un chaman lors d'un festival babaylan à Bago (province du Negros Occidental).
En Sibérie et Eurasie du Nord vignette| Sacrifice de l"ours chez les Aïnous. Peinture japonaise sur rouleau, vers 1870. vignette| Chaman dans le sud de la Sibérie, 2014 vignette| Chaman oroqen, au nord de la Chine La Sibérie est considérée comme le chantre du chamanismeHoppál 2005: 13. La région est habitée par de nombreux groupes ethniques différents et nombre de ses habitants observent des pratiques chamaniques, même à l'époque moderne. De nombreuses sources ethnographiques classiques du « chamanisme » ont été enregistrées parmi les peuples sibériens.
Le chamanisme mandchou fait partie des rares traditions chamanistes à avoir détenu un statut officiel jusqu'à l'ère moderne, en devenant l'un des cultes impériaux de la dynastie Qing de Chine (aux côtés du bouddhisme, du taoïsme et de la Bureaucratie céleste). Le Palais de la Tranquillité Terrestre, une des principales salles de la Cité interdite de Pékin, était en partie dédié aux rituels chamaniques. Le dispositif rituel est encore conservé in situ aujourd'hui.
Chez les Tchouktches sibériens, le chaman s'interprète comme une personne possédée par un esprit exigeant que quelqu'un assume le rôle chamanique pour son peuple. Chez les Bouriates, il existe un rituel connu sous le nom de shanar par lequel un candidat est consacré chaman par un autre chaman déjà établi.
Parmi les différents peuples samoyèdes, le chamanisme demeure également une tradition vivante à l'époque moderne, en particulier au sein de groupes isolés (Nganassanes)Hoppál 2005: 92–93. Les dernières séances chamaniques notables chez les Nganassanes ont pu être enregistrées sur film dans les années 1970.
Avec la création de la république populaire de Chine en 1949 et l'officialisation de sa frontière avec la Sibérie russe, les chamanistes de nombreux groupes nomades toungouses (dont les Evenkis) se retrouvent confinés en Mandchourie et en Mongolie-Intérieure. Le dernier chaman des Oroqens, Chuonnasuan (Meng Jinfu), est décédé en .
Néanmoins, chez Dans de nombreux autres cas, le déclin des pratiques chamaniques se constate dès le début du , par exemple chez les Roms.
Eurasie centrale
Influences géographiques sur le chamanisme d'Eurasie centrale