Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti, née en 1637 et morte le à ParisInhumée à l'église Saint-André-des-Arts., est une jeune noble italienne devenue par mariage princesse du sang française.

Biographie

Famille Anne-Marie Martinozzi est la fille d'un comte romain Girolamo Martinozzi et de Laura Margherita Mazzarini, sœur de Jules Mazarin. Elle est ainsi l'une des sept Mazarinettes, les jeunes nièces que le cardinal a fait venir en France.

Épouse du prince de Conti Le , au palais du Louvre, la jeune fille, âgée de 17 ans, est mariée à Armand de Bourbon, prince de Conti, prince du sang, cousin de Louis XIV. Son oncle, le cardinal Mazarin, donne alors à sa nièce une dot de .

Le prince, âgé de , a été quelques années auparavant l'un des meneurs de la Fronde, avec son frère le Grand Condé, et leur beau-frère, le duc de Longueville. Huit mois avant ce mariage, il avait fait sa soumission à . Ce mariage est donc à la fois le signe de son retour en grâce, et un moyen d'abaisser cette lignée de princes du sang en lui donnant pour épouse une jeune femme d'un rang inférieur.

Le prince de Conti souffrait d'une maladie vénérienne, probablement contractée à Montpellier à l', en suivant dans ses frasques libertines le comte d'Aubijoux, alors gouverneur de la ville. Le prince ne tardera pas à contaminer sa jeune épouse.

Dès , le prince doit laisser sa femme à Paris pour prendre le commandement en chef de l'expédition de Catalogne. La princesse se montre éprise, écrivant à son mari de nombreuses lettres. Elle le retrouve le suivant à Remoulins, d'où ils rejoignent leur château de La Grange-des-Prés, près de Pézenas, avant que le prince aille ouvrir les États de Languedoc.

Ils se quittent à nouveau au , le prince de Conti devant retourner combattre en Espagne.

Ils ont pour enfants :

Louis-Armand de Bourbon-Conti (1661-1685), de Conti, marié en 1680 à Marie-Anne de Bourbon (1666-1739)

François-Louis de Bourbon-Conti (1664-1709), de Conti, dit le Grand Conti, marié en 1688 à Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666-1732). La princesse de Conti a été surintendante de la Maison de la Reine auprès de la reine-mère Anne d'Autriche, entre 1657 et 1666.

Veuve janséniste La princesse est veuve dès 1666. Elle prend alors pour médecin le jeune Denis Dodart, qui s'attache aux Conti, et sera le médecin de ses descendants, de même que son fils Claude Jean-Baptiste Dodart. En , elle se porte acquéresse à Paris de l'hôtel de Guénégaud, sur la rive gauche de la Seine, dans le cadre d'une opération d'échanges de biens immobiliers.

Décès Ayant contracté la syphilis transmise par son mari, elle meurt d'une attaque d'apoplexie le . Elle est inhumée dans l'église Saint-André-des-Arts, où ses fils lui font bâtir un tombeau par le sculpteur François Girardon, tandis que son cœur est placé au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Denis Dodart, devenu membre pensionnaire-botaniste de l'Académie Royale des Sciences, a rédigé son épitaphe chez les carmélites :HIC JACET

Cor clarissimae & potentissimae Principis Annae-Mariae Martianozziae, viudae celsissimi & potentissimi Principis Armandi Borboni, Principis de Conti ; quod à media fui parte illuftrissimi ac charissimi comjugis obitu separatum, tantùm Christo gemuit, danec sponso & Deo redderetur, quemunum uterque amaverat. Nullum in eo mundi amor locum habuit. Hoc altare Deo sacrum nullo alio igne coluit, quàm Dei. Amor Christi, amor sponsi, amor liberorum & Ecclesiae illud sibi vindicárunt. Charitas hujus cordi natura est, postquám à Christo creatum est in operibus bonis, quibus plenum perfectè Deo vivere caepit, moriens mundo & sensibus, qui suam illi lucem abscondebant. Si cor Christianum moreretur, obiit prid. non. feb. 1672, aetatis 35.Ses entrailles sont déposées dans l'église de Port-Royal des Champs. Lors de la destruction de l'abbaye janséniste, elles furent transférées dans la sépulture de Saint-André-des-ArtsEmile Raunié, Épitaphier du vieux Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1890-1901, 3, , avec gravure de son mausolée par Charpentier..

Dans son testament, elle ordonne que l'éducation de ses fils soit confiée à leur tante Anne Geneviève de Bourbon-Condé et nomme leur oncle, , en qualité de tuteur.

En 1709, le prince François-Louis de Bourbon-Conti, dit « le Grand Conti », fut inhumé dans le caveau de sa mère, avec son frère aîné Louis-Armand de Bourbon-Conti, décédé en 1685Piganiol, , ..

Le mausolée de la princesse fut élevé au pilier du côté gauche du chœur. Composé d'une statue de marbre blanc en bas-relief, accompagnée des attributs de La Foi, de L'Espérance et de La Charité, encadrée d'ornements en marbre surmontés d'une urne en bronze, le tout dessiné et sculpté par Girardon. L'épitaphe était gravée au-dessous en lettres noires sur une plaque de marbre blanc :

Armoiries .

Notes et références

Annexes

Bibliographie Émile Raunié, Épitaphier du vieux Paris Imprimerie nationale, 1890-1901. 3, . Édouard de Barthélemy, La princesse de Conti d'après sa correspondance inédite : une nièce de Mazarin, Paris : Firmin-Didot et Cie, 1875 (en ligne)

Articles connexes Mazarinettes

Liens externes

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